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jeudi, 26 février 2015

Batigère vend des logements sociaux en zone tendue.

 logo-batigere.pngUne manifestation surprise des mal-logés a eu lieu ce matin devant le siège de Batigère IDF, pour protester contre la vente de logements sociaux dans des zones où des centaines de milliers de demandes sont en attente.

Plusieurs  quatre pièces proche du métro , à Boulogne Billancourt, au cœur d'une ville et d'un département où la loi SRU est peu respectée . Des appartements de deux ou trois pièces à Puteaux, Pantin, Créteil, Rueil Malmaison, là où la demande de logement est très forte et jamais satisfaite. Voilà le genre d'annonces qu'on trouve actuellement dans la rubrique «  Logements  à vendre » du bailleur social Batigère Ile de France.

De qui se moque-t-on ? On vient d'apprendre que la production neuve avait baissé de 9 % en Ile de France cette année, et que le nombre de logements très sociaux sortis de terre n'avait jamais été aussi bas. Des milliers de familles galèrent entre l'hôtel et la rue, des salariés dorment dans leur voiture, d'autres ont des heures de transport pour venir travailler dans la métropole. Des retraités se privent de manger pour payer un loyer exorbitant dans le privé.

Demandeurs de logement dans l'urgence, nous manifestons aujourd'hui devant le siège social de Batigère Ile de France pour que ce bailleur cesse immédiatement de vendre des logements sociaux. Sa direction peut bien nous rétorquer que ces ventes sont « peu nombreuses ». Les logements sociaux disponibles sont eux aussi très peu nombreux, si peu nombreux, qu'un demi million de demandes sont en attente sur l'Ile de France, et que même les rares demandeurs soit-disant ultra-prioritaires reconnus par l'Etat sont 47 000 sans relogement au titre du DALO. De plus, l'argument de la « vente aux locataires » déjà contestable en soi, dans une période de pénurie totale de logements sociaux disponibles à la location ne tient pas. Désormais 35 % des ventes sont faites à des investisseurs non-locataires, et un rapport récent pointe

Des milliers de logements sociaux sont ainsi privatisés chaque année, tandis que la production neuve baisse en quantité et que les loyers y sont de plus en plus chers. C'est d'autant plus scandaleux en ce qui concerne Batigère, une émanation du deuxième collecteur français du 1 % Logement, Cilgère. En effet, les collecteurs du 1 % Logement n'ont jamais respecté leur obligation de réservation de 25 % de leur contingent aux demandeurs les plus modestes, notamment ceux orientés par les Préfectures. Dans les faits, si le nombre de logements qu'ils proposent a un peu augmenté, c'est à cause de propositions quasi-systématiquement faites dans la partie la plus dégradée de leur parc, et la plus éloignée des centres économiques des métropoles.

La politique de Batigère Ile de France est à l'unisson des volontés de mutation du bailleur social : dans le communiqué de création d'une nouvelle société « Novigère » ( http://www.batigere.fr/actualites/20141103-1641-novigere-l-energie-du-logement-social/), les dirigeants de Batigère disent « rechercher une diversification de l’offre sociale, hors du logement familial, segment traditionnel des ESH. ». « Diversifier l'offre sociale au détriment du logement familial, c'est concrètement privilégier les foyers, les résidences étudiantes, et autres structures où les baux sont précaires, les surfaces beaucoup plus petites et donc beaucoup plus rentables. C'est aussi grignoter petit à petit le principe de stabilité et de sécurisation des locataires, l'accès à un logement durable, que le propriétaire ne peut remettre en cause quand il le souhaite. Diversifier l'offre sociale au détriment du logement familial, c'est aussi, tout simplement aller à l'encontre de la demande existante et urgente de logements sociaux.

 

14:16 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : novigere, erigère, vente logements sociaux, loi sru, zones tendues, foncier public, loi sru hauts de seine | | |  Facebook

jeudi, 12 février 2015

Centenaire de Paris Habitat OPH: les mal-logés y étaient

paris habitat logo.jpgDemandeurs de logement et locataires, nous avons choisi de célébrer le centenaire du premier bailleur social européen en manifestant ce soir devant l'inauguration de l'exposition qui lui est consacrée au Pavillon de l'Arsenal. A cette occasion, nous invitons la direction actuelle à se souvenir et à méditer sur l'appellation initiale de l'Office  : Office PUBLIC d'Habitation A BON MARCHE.

Nous manifestons parce que derrière le symbole des cent ans, il y a la dégradation, depuis dix ans, de la vocation première du bailleur public  : permettre aux salariés modestes, aux retraités, aux précaires, aux familles d'ouvriers et d'employés de se loger dans de bonnes conditions.

Paris Habitat OPH a cent ans. Une belle longévité, un beau patrimoine, un symbole concret d'un acquis social majeur  : les HLM sans lesquels il n'y aurait jamais eu de droit au logement pour les classes populaires.

L'écart entre l'offre et la demande ne cesse de se creuser  : 80% des Parisiens demandeurs de logement ne peuvent accéder qu'à un PLA-I, la catégorie de logement social aux loyers les plus abordables. Depuis des années, moins de 30% des nouveaux logements relèvent de cette catégorie. Aujourd'hui Paris Habitat OPH , comme les autres bailleurs parisiens sur-produit du PLS , la catégorie aux loyers les plus chers. La majorité de ces logements sont attribués à des foyers en dessous des plafonds qui ont ensuite des difficultés à payer leur loyer.Mécaniquement les loyers deviennent de plus en plus chers dans le parc de Paris Habitat OPH.

 

L'offre pour les foyers modestes se réduit : le bailleur ne peut faire face à ses obligations de relogement , même lorsqu'ils sont imposés par la loi DALO et recourt à des expédients peu honorables. Aujourd'hui, entre une «  proposition de logement  » et un relogement effectif, il peut s'écouler six mois  : pour compenser une réduction de l'offre et maintenir sur le papier un nombre important de propositions annuelles, Paris Habitat OPH propose des logements en travaux longs, ou encore occupés. Quant aux locataires qui souhaitent une mutation, les délais ne cessent de s'allonger  : certains sont désormais en demande depuis dix ou quinze ans, sans proposition.

Depuis des années, la production nouvelle est constituée en grande partie d'achats d'immeubles au privé et non de constructions neuves  : cette politique a un coût énorme, au vu du marché de l'immobilier, surtout pour les achats dans les beaux quartiers. Les logements achetés sont souvent occupés, le restent pendant des années, et cette politique ne répond donc pas à la demande de logement sur le court et le moyen terme. En 2010, à cause de cette politique très couteuse, la production globale du bailleur chutait de 80%

 Si la production neuve présente des garanties de confort et de bas coût énergétique, ce n'est pas le cas des logements rachetés dans le parc ancien  : souvent les travaux de réhabilitation sont faits à minima dans des immeubles présentant des problèmes de bâti et très énergivores en chauffage. D'ailleurs, le dossier de presse de l'exposition des cent ans présente uniquement des photos d'immeubles neufs pour illustrer la production récente du bailleur, et pour cause, les logements rachetés sont souvent beaucoup moins photogéniques.

Cette politique va être amplifiée  : en sus des immeubles, des appartements isolés dans des copropriétés privées vont être acquis par l'office . Rien n'est dit sur le coût à long terme de cette politique  : Paris Habitat OPH sera forcément amené à financer en partie l'entretien, les charges, la réhabilitation d'immeubles qui resteront dans le secteur privé, et ce sera autant d'argent en moins pour le logement social  !

 Paris Habitat OPH est notre bien commun, et quasiment le seul espoir de logement décent , à prix abordable pour les mal-logés de la capitale car même les autres bailleurs de la Ville de Paris ont des loyers beaucoup plus chers. Nous sommes là pour défendre notre patrimoine social et son avenir, même si sa direction actuelle estime que les mal-logés n'ont pas leur mot à dire et nous refuse toute possibilité de dialogue.

Notre dossier Paris Habitat OPH


Les mal-logés fêtent le centenaire de Paris... par HLMPOURTOUS

00:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris habitat oph, stephane dambrine, anne hidalo, mal-logement, ian brossat, mixité sociale, pla-i, pls | | |  Facebook

mercredi, 04 février 2015

Paris 18ème: nous voulons plus d'attributions, pas un système de cotation !

Depuis la rentrée, les 140 000 demandeurs de logement se sont vu attribuer des notes par la Ville de Paris, notes qui sont censées déterminer le caractère prioritaire ou pas de la demande, selon des critères fixés par la mairie.

Il s'agit donc d'un DALO municipal, sans même une possibilité d'opposabilité du droit au relogement en justice.

Comme le DALO national, ce système de cotation ne crée pas un seul logement de plus, et ne change rien au nombre de ceux qui sont proposés en commission d'attribution. De plus, malgré les apparences, il n'instaure en rien l'égalité entre les demandeurs. En effet, 80% de ces demandeurs ne peuvent accéder qu'à un logement PLA-I, le vrai logement social. Mais les PLA-I ne constituent qu'un peu plus de 25% de la production parisienne de ces dernières années, et encore ce chiffre inclut les hébergements.

En commission d'attribution de la Ville, ce type de logements est rare, contrairement aux PLS, les plus chers des logements sociaux, qui sont en surnombre. Quelle que soit la cotation d'une demande de logement, si le demandeur ne peut accéder qu'à un PLA-I, de toute façon, le nombre d'attributions pour lesquelles son dossier peut être sélectionné restera très faible.

Quelques mois après la réforme, d'ailleurs, du côté des permanences logement tenues par les élus, les réponses opposées sont les même qu'avec le DALO: le demandeur qui a une mauvaise cotation se voit opposer les demandes considérées comme plus urgentes que la sienne, mais celui qui a une demande jugée urgente selon les critères municipaux s'entend répondre qu'il n'est pas le seul dans ce cas.

Le droit au logement n'est pas sur concours: nous voulons une politique de relogement massif, qui seule, peut faire que le système d'attributions soit juste.

Nous avons manifesté en ce sens devant la mairie où est élu Ian Brossat , l'adjoint au Logement de la Ville.


Mal-logement: manifestation devant la mairie du... par HLMPOURTOUS

19:16 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cotation ville de paris, critères, pla-i, plus, pls ian brossat, dalo, attribution, mixité sociale | | |  Facebook

 
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