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mercredi, 25 mars 2015

EFIDIS : le bailleur social aux loyers trop chers pour les demandeurs de logement !

logo-efidis.jpgA la veille du conseil de surveillance de la SNI, le Collectif des Mal Logés en Colère poursuit sa campagne pour que le premier bailleur public d'Etat prenne en compte les besoins réels des demandeurs de logement social: plus de 70 mal-logés ont occupé aujourd'hui EFIDIS, une des filiales du bailleurs, place des Vins de France à Paris.

Le gouvernement a récemment dénoncé l'absence de mixité sociale dans les attributions de logements sociaux : pour le premier Ministre et pour la Ministre du Logement, on doit arrêter de reloger les ménages aux revenus modestes dans des communes déjà pauvres , et faire en sorte que les logements sociaux soient mieux répartis.

Au quotidien, le premier bailleur social public, bras de l'Etat pour la politique du logement, la SNI devrait mettre en œuvre cette politique de mixité sociale. Or c'est tout le contraire. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le parc de ses deux sociétés de logement social, EFIDIS et OSICA, désormais regroupées dans un nouvel ensemble «  Grand Paris Habitat ».

D'un côté , OSICA , avec ses niveaux de loyers majoritairement PLUS et PLA-I : le parc d'OSICA est essentiellement situé dans les banlieues populaires du 95 et du 93. C'est d'ailleurs OSICA qui assure aujourd'hui la plupart des relogements DALO de la SNI.

De l'autre EFIDIS possède un parc de qualité très supérieure , et très bien situé avec de nombreuses adresses dans capitale ou dans des communes riches et attractives : mais très peu de constructions récentes intègrent une part conséquente de logements familiaux très sociaux. Il suffit de consulter la liste du parc disponible sur le site : des immeubles entiers en loyers libres, ou en PLS un peu partout dans la capitale. Quand un programme neuf annonce du « logement » très social, il s'agit le plus souvent d'hébergements temporaires du type résidence sociale.

Aujourd'hui, Manuel Flam directeur général de la SNI en charge du logement social annonce un doublement de la production , dans le cadre du « Grand Paris » : mais il ne dit rien sur le type de logements sociaux qui vont être produits , et rien non plus sur leur répartition sur le territoire.

Les demandeurs de logement aux revenus modestes ont tout à craindre de ce flou .Car le gouvernement a été très clair sur un point : bloquer le relogement , notamment des prioritaires DALO, mais plus globalement des publics modestes dans les communes qui ont déjà 50 % de logement social. On ne nous relogerait donc plus à Sarcelles où à Pierrefitte.

Mais où alors ? Les demandeurs de logement parisien connaissent déjà la réponse : nulle part.

Aujourd'hui certains ménages restent bloqués dans des hébergements temporaires et des résidences sociales pendant des années et des années. D'autres stagnent à l'hôtel. Ce blocage entraîne une saturation de l'hébergement et aboutit à ce que la majorité des appels au 115 restent sans réponse, faute de place.

La priorité pour la mixité sociale, aujourd'hui, c'est la mise en location et la construction de logements très sociaux dans les zones tendues, dans la capitale, et en petite couronne : or, pour le moment, les programmes de logement intermédiaires lancés par la SNI avancent très vite. Outre des financements étatiques et privés, et des accords sur le foncier disponibles, ils ont bénéficié d'un apport de 16 millions d'euros des collecteurs du 1 % Logement.

A l'inverse, la promesse de 11 000 logements sociaux faite par la SNI reste très vague, sur la date de réalisation, sur la location et sur le type de loyer des futurs logements. Et la réalité , c'est la baisse de 9 % de la production de logements sociaux l'année dernière sur l'Ile de France.

 Il y a urgence sur le logement très social et c'est au premier bailleur social d'Etat d'y répondre au plus vite. Demandeurs de logement, nous sommes venus manifester au siège d'Efidis pour avoir des réponses.


EFIDIS: la filiale de la SNI occupée. par HLMPOURTOUS

17:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : efidis, osica, adoma, scet, sni, andre yche, pierre rené lemas, mixité sociale | | |  Facebook

mercredi, 18 mars 2015

Paris: l'Aide Sociale à l'Enfance doit cesser d'exclure une partie des habitants

Une cinquantaine de mal-logés ont manifesté aujourd'hui devant le siège de l'Aide Sociale à l'Enfance ( ASE) , quai de la Râpée à Paris.

« Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique aux mineurs, à leur famille, aux mineurs émancipés et aux majeurs âgés de moins de 21 ans confrontés à des difficultés sociales susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ». C'est ainsi que la loi définit la mission de l'Aide Sociale à l'Enfance.

 Le mal-logement et l'errance urbaine font évidemment partie des difficultés sociales susceptibles de compromettre l'équilibre des mineurs : on ne peut pas avoir une scolarité normale quand on a deux heures minimum de trajet quotidien entre l'hôtel et l'école primaire. On ne peut pas avoir une enfance épanouie quand on doit faire ses devoirs aux toilettes. On ne peut pas grandir normalement lorsque l'asthme et les pathologies respiratoires nécessitent des hospitalisations en urgence dès le plus jeune âge.

 Il y a encore dix ans, les familles mal-logées étaient donc soutenues par l'ASE. Avec la décentralisation, le département de Paris leur a fait payer le désengagement financier de l'Etat : petit à petit, le mal-logement a été considéré comme ne faisant pas partie des difficultés sociales nécessitant l'intervention de l'ASE, sauf « cas exceptionnels ». C'est d'ailleurs le même processus qui est appliqué aux mineurs étrangers isolés, de plus en plus souvent rejetés par le Département.

 Les familles à la rue ou celles qui sont expulsées ont été abandonnées et renvoyées au SAMU social, qui envoie la majorité d'entre elles dans des hôtels de grande banlieue, et les change d'hébergement souvent du jour au lendemain. Les travailleurs sociaux du département sont réduits à l'impuissance pour tout ce qui concerne le mal-logement : d'une part, on les contraint à rejeter une partie des familles vers le SAMU, d'autre part, ils n'ont plus les moyens, ni le temps de soutenir concrètement les familles dans leur démarche, qu'il s'agisse de monter un dossier DALO ou de faire reconnaître l'insalubrité d'un logement.

Par contre bien souvent, les mineurs mal-logés et leurs parents sont mis en cause et montrés du doigt : les ravages du mal-logement ne sont plus considérés comme relevant des « difficultés sociales » devant susciter l'intervention de l'ASE, mais les parents sont vite accusés de « carences éducatives ». Lorsque les enfants s'endorment en classe, lorsqu'ils sont suractifs parce que l'école est le seul lieu où ils ne sont pas confinés dans un espace restreint, lorsque leur niveau scolaire chute après une expulsion, les parents sont convoqués et rappelés à leurs « responsabilités ».

Lorsqu'elle était Défenseuse des Enfants, en 2011, Dominique Versini, actuelle adjointe à la Maire de Paris, chargée de l'exclusion et de la protection de l'enfance, dénonçait « « les reculs » et les « insuffisances » de la politique de protection de l'enfance, l’aggravation de la pauvreté, la détérioration de la santé générale des enfants ». Aujourd'hui, elle pourrait changer la donne, mais la politique menée persiste à exclure les familles mal-logées du droit commun de la protection de l'enfance.

Dans le même temps, l'adjoint au Logement, Ian Brossat, renvoie pourtant notre collectif vers Mme Versini et l'Aide Sociale à l'Enfance, quand nous évoquons ces problématiques.

C'est la raison pour laquelle nous manifestons aujourd'hui au siège de l'ASE parisienne.


Aide sociale à l'enfance de Paris : les... par HLMPOURTOUS

22:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : versini, ase, dases, mie, ian brossat, samu social, errance urbaine, hôtels sociaux | | |  Facebook

mardi, 10 mars 2015

Foncier public: les décideurs débattent, les mal-logés se battent

Une mobilisation du foncier public sans précédent et en urgence pour construire du logement social, c’est ce qu’annonçait la Ministre du Logement Cecile Duflot en juillet 2012. L’urgence a fait long feu, de même que la longue liste des terrains immédiatement mobilisables qui avait été présentée à l’époque.

Deux ans et demi plus tard, élus franciliens et décideurs institutionnels participaient ce soir un débat organisé à par l’Ordre des Architectes intitulé : « Crises du logement : quelles voies pour le foncier ». Demandeurs de logement et victimes de cette crise, nous sommes venus demander collectivement au directeur de l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, au directeur adjoint de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris et à l’ensemble des élus présents à quoi servaient les mêmes débats organisés il y a des années par ces mêmes décideurs. A quoi ont servie ensuite ceux qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale et au Sénat, puis le vote d’une loi sur le foncier public, puis les décrets d’application de cette même loi. …pour recommencer aujourd’hui à débattre.

Finalement, il n'y avait pas de place pour les mal-logés à ce débat sur la "crise du logement"....Les CRS nous attendaient devant l'entrée de la Chapelle du Couvent des Récollets, et des renforts policiers absurdement nombreux sont arrivés tandis que Jacques Baudrier , adjoint à la Ville chargé du Renouvellement Urbain, et président de la SemPariSeine se décidait à venir à notre rencontre.

En deux ans et demi, le nombre de demandeurs de logement franciliens a nettement augmenté, nous sommes aujourd’hui un demi-million d’inscrits dans les fichiers. La production nationale de logement social a baissé de 9% cette année : le nombre de logements très sociaux aussi, en Ile de France, seules 9500 unités ont été comptabilisées cette année, et ce chiffre inclut les hébergements. Les mêmes communes bafouent impunément la loi SRU, votée il y a quinze ans. Les bailleurs sociaux évoquent 10 000 logements HLM déprogrammés par les collectivités territoriales depuis les municipales. Chaque soir, en Ile de France, le SAMU social laisse à la rue même des enfants. Le financement étatique des logements sociaux ne cesse de baisser, ce qui a des conséquences surtout pour le logement très social, les bailleurs privilégiant le logement intermédiaire ou les PLS, les plus chers des logements sociaux, plus rentables pour leurs budgets.

Mal-logés, nous n’avons pas la prétention d’être des spécialistes de l’action foncière et du renouvellement urbain : cependant, nous avons des yeux pour voir, et faire des constats simples. Partout en Ile de France, sans débats interminables, ni nouvelles lois, on a beaucoup construit ces deux dernières années : des zones d’activité commerciale, des centaines d’immeubles de bureaux et même une nouvelle tour à La Défense. A Paris, le Balardgone, le nouveau Forum des Halles, l’immense parc du Millénaire , le nouveau Palais de Justice et autres constructions massives se font sans difficultés.

Ce soir étaient annoncés comme thèmes de débat : «  Où construire en Ile de France », « Comment innover sur le foncier ». Notre manifestation est en tout cas venue combler un manque dans les sujets abordés : la question que nous sommes venus poser, c’est «  La volonté politique et publique, un levier nécessaire, mais souvent oublié ?

22:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : epfif, foncier public, loi alur, jacques baudrier, ian brossat, grand paris aménagement, loi sru, mal-logement | | |  Facebook

 
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