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mercredi, 28 janvier 2015

Les "déchets" se rebiffent: manifestation des mal-logés au Syctom.

 

«  Il fut un temps où Paris nous envoyait ses déchets, ses logements sociaux, ses cimetières, ses usines d’incinération… Et ça recommence : voyez les 2 000 logements sociaux de Paris Habitat, à Boulogne ! Construisez-les donc à Paris !  » (1)

Ces phrases ont été prononcées dans l'enceinte du Sénat, par le sénateur des Hauts de Seine, Hervé Marseille, le 22 janvier, pendant les débats sur la loi du Grand Paris.

Alors que plus de 450 personnes sont mortes dans la rue, faute de logement l'an dernier, alors que 3,5 millions de personnes sont mal-logées dans ce pays, un élu, un représentant de la République du plus haut niveau peut comparer les demandeurs de logement et les déchets, sans aucune honte.

Mr Marseille est, en sus de ses autres nombreuses fonctions, président de l'agence métropolitaine des déchets ménagers d'Ile de France. Mal-logés ou sans logis, nous sommes donc venus le rencontrer collectivement au Syctom, afin qu'il nous explique précisément en quoi nous ressemblons aux ordures qu'il est chargé de gérer, en quoi , si nous devenions des habitants de logement sociaux dans son département, notre présence serait comparable à celle d'une décharge publique ou d'une usine d'incinération.

Joint au Sénat, Monsieur le Sénateur Maire de Meudon, par l'intermédiaire de son directeur de cabinet, nous a fait savoir que nous "manquions de respect" à un homme de son importance en nous invitant au Syctom et qu'il convenait de rentrer chez nous, et éventuellement de lui écrire une lettre.

Manifestement, Hervé Marseille n'a pas appris dans sa banlieue cossue des Hauts de Seine, ce qu'était le respect mutuel. Nous avons donc refusé de partir et manifesté plusieurs heures dans les lieux.

Les mots aussi graves soient-ils ne sont pas que des mots, lorsqu'ils sont prononcés par des élus de ce niveau. Ils traduisent une politique concrète : dans les Hauts de Seine, nombreuses sont les communes qui n'ont jamais levé le petit doigt pour tenter de répondre aux objectifs, pourtant déjà insuffisants, fixés par la loi SRU. Nombreux sont les élus qui utilisent tous les moyens à leur disposition, de la préemption du foncier disponible au blocage administratif et judiciaire des projets de l'Etat ou des bailleurs sociaux pour qu'aucun nouveau logement social ne soit construit sur leur territoire. Nombreux sont aussi les élus qui contournent la loi, en ne faisant que du PLS, le plus cher des logements sociaux. A Meudon, dont Mr Marseille est maire, 73% des logements construits sont des PLS, alors que 93% des demandeurs de cette seule commune ne peuvent accéder qu’à un logement très social ( PLA-I) (2). Après les changements d'équipe municipale suite aux dernières élections , ce sont 10 000 logements en projet que des maires tentent de faire annuler. La rhétorique de Mr Hervé Marseille fait écho à toutes les campagnes menées pour que les gens assimilent «  logement social  » à « problème social ».

Mais le problème social, ce sont les 3,5 millions de personnes qui vivent le mal-logement, alors qu’on pourrait construire des logements sociaux. Le problème social, ce sont toutes celles et ceux qui vident les poubelles dans les Hauts de Seine et ailleurs, dans les bureaux et dans les immeubles confortables où vivent notamment des élus comme Mr Marseille, ce sont celles et ceux qui construisent ces immeubles, et qui non seulement ne sont pas logées, mais doivent encore subir le mépris et les insultes.

D’ailleurs ce mépris s’est tellement banalisé que les propos de Mr Marseille au Sénat n’ont guère eu d’écho. Mal-logés, nous ne les avons pas moins pris pour ce qu’ils sont, une dangereuse stigmatisation qui, parmi d’autres, ne peut qu’aggraver notre sort. Nous ne les laissons pas passer.


Hervé Maire assimile logements sociaux et... par HLMPOURTOUS

 

Source:(1)https://www.lejournaldugrandparis.fr/la-metropole-du-grand-paris-loin-du-consensus-au-senat/

Source :(2) http://www.campagnelogement92.org/Meudon-Jasserand.pdf

22:27 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : hervé marseille, mépris, stigmatisation, meudon, stycom | | |  Facebook

mercredi, 21 janvier 2015

ADOMA et SNI: les mal-logés vigilants sur l'avenir du patrimoine public de logements

adoma, logo70 demandeurs de logement ont rendu aujourd’hui une visite collective au bailleur public ADOMA,  qui gère plus de 70 000 logements et hébergements.

ADOMA va prochainement passer sous le contrôle de la SNI, le bailleur public de la Caisse des Dépôts : comme nous l’avons dénoncé lors de précédentes actions ( occupation de la SCET, manifestation devant le siège de la SNI )la politique actuelle de la SNI et de ses filiales privilégie le logement intermédiaire et les PLS ( les plus chers des logements sociaux ) à Paris et dans la petite couronne, tandis que les logements très sociaux produits le sont plutôt en grande banlieue ou dans des zones défavorisées et peu accessibles en transport.

Le patrimoine d’ADOMA est situé à 80% en zone tendue ou très tendue  en matière d’immobilier : une partie de ce patrimoine sera vendue ou changera d’affectation dans les prochaines années. Pour le moment, rien ne garantit que les biens vendus le seront pour produire du logement social dans les mêmes zones. Le risque est donc grand qu’encore une fois, derrière une mixité sociale de papier, sur le terrain, les logements accessibles aux classes populaires soient relégués toujours plus loin.

Le Collectif a été reçu par le directeur délégué d’ADOMA : l’occasion de lui poser des questions sur des ventes déjà réalisées comme celle d’un foyer à Levallois Perret. Selon lui les informations parues dans la presse(voir tract ci-dessous) sont fausses, et les logements vendus seront rebâtis en nombre un peu supérieur dans une zone tout aussi attractive de la commune.

Par contre, la direction d’ADOMA a bien reconnu que certaines propositions faites sur le parc d’ADOMA à des personnes en urgence sociale correspondaient à des hébergements dégradés dans un parc à rénover, mais qu’il n’y avait « pas le choix », car la réhabilitation de l’ensemble du parc prendra au moins dix ans.

Une réponse qui montre à quel point le droit à un logement décent est devenu un droit au rabais, faute d’investissement financier et de volonté politique. Le «  c’est toujours mieux que la rue » se traduit ainsi par des « solutions » qui sont une autre forme de mal-logement, dans le parc public. Face à une situation d’extrême urgence vécue par des millions de personnes, l’horizon institutionnel de résolution de la crise s’inscrit toujours à dix ans, au mieux.

Nous ne serons pas patients, le respect des droits fondamentaux n’attend pas.

Le tract diffusé sur place

 

ADOMA  : un patrimoine public menacé

Dans quelques mois, la SNI premier bailleur public français sera actionnaire majoritaire d'ADOMA. Dès lors la direction de la SNI aura tout pouvoir pour gérer un patrimoine de 70 000 logements et foyers, qui a aussi une énorme valeur marchande.

 

 La réputation d'ADOMA est mauvaise  : on pense immédiatement aux foyers non entretenus, avec leurs chambres exigües et sans confort. De fait, c'est bien la réalité que vivent des milliers et des milliers de résidents  : dans son rapport 2014, la MILOS notait que la société n'a pas respecté ses engagements concernant la rénovation d'une grande partie de ces foyers.

Mais le dégradé du bâti cache une autre réalité  : 80% des propriétés d'ADOMA sont situés sur des zones géographiques où le marché immobilier est tendu ou très tendu. C'est à dire des zones où la moindre parcelle de foncier constructible se négocie très cher. Mais aussi des zones où le logement social et très social est très insuffisant.

Que va faire ADOMA de ce patrimoine qui vaut de l'or, quand la société passera sous le contrôle de la SNI  ? Malheureusement, la politique pratiquée depuis des années par la SNI ne laisse pas présager une orientation sociale prenant en compte le mal-logement, et les besoins en logement très social dans les zones où l'immobilier privé est hors de prix. Au travers de la production de ses sociétés EFIDIS et OSICA, la SNI applique déjà depuis des années une vision bien particulière de la mixité sociale  : dans la capitale et en petite couronne , EFIDIS propose surtout de nouveaux PLS, et de manière générale, son patrimoine a des loyers élevés peu compatible avec les revenus des classes populaires. OSICA fait beaucoup plus de logement très social...mais dans des zones plus éloignées de la capitale, souvent mal desservies en transport.

 

Depuis quelques années , la participation accrue de la SNI dans le patrimoine d'ADOMA a conduit cette société à pratiquer ce qu'elle est appelle des «  dégagements de plus value  », c'est à dire la vente d'immeubles, en zone tendue. Par exemple, à Levallois Perret, un foyer particulièrement bien situé a été revendu  à une société détenue par les Balkany qui n'y feront évidemment pas de logement social.

 

Si cette politique s'amplifie, ce sont une nouvelle fois des zones entières d'habitat à prix abordable qui vont disparaître, là où le manque de logement social est criant. Un Grand Paris à deux vitesses va donc continuer à se construire  : une zone centrale élargie à la petite couronne, où domineront les loyers chers, le logement intermédiaire financé par des fonds publics coexistant avec le logement privé. Logements sociaux et hébergements d'urgence continueront à être relégués en masse dans des zones de plus en plus lointaines.

 

Sur le papier, la production de l'ensemble des sociétés de la SNI respectera la mixité sociale, avec une répartition numérique qui comptera des logements très sociaux. Sur le terrain, quelles que soient leur attaches sociales et professionnelles, les demandeurs de logement social seront en majorité exclus du patrimoine situé en zone tendue ou très tendue.

 

Le patrimoine d'ADOMA a été construit avec des fonds publics, comme celui de l'ensemble de la SNI  : il doit être utilisé pour l'intérêt exclusif du logement social et très social, et pour répondre à la demande des foyers aux revenus modestes.

 

 

 

18:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : adoma, sni, efidis, grand paris habitat, caisse des dépôts, mixité sociale, logement intermédiaire argos | | |  Facebook

vendredi, 02 janvier 2015

Sans abri en danger : occupation du Commissariat Général à l’Egalité des Territoires.

CGET, commissariat général égalité des territoiresLe budget du Logement en 2014, c’était 7,8 milliards d’euros,  et dans ces sommes, sont incluses les aides aux investisseurs immobiliers. L’hébergement d’urgence a été crédité à hauteur de 1,3 milliard d’euros.

La décision d’abandonner l’écotaxe pour satisfaire les entrepreneurs aura à elle seule coûté 2 milliards d’euros, soit presque le double du budget de l’hébergement d’urgence. Les aides consenties aux entreprises dans le cadre du Pacte de Responsabilité sont de 50 milliards d’euros.

Cette simple comparaison amène à une conclusion logique et terrible : en fixant la lutte contre le mal-logement comme une priorité, on pouvait sauver les vies de toutes celles et ceux qui sont morts dans la rue ces derniers jours. On pouvait libérer des places en hébergement d’urgence en logeant ceux qui y attendent depuis des années. On pouvait reloger les personnes expulsées ce printemps et cet automne.

Ce 2 janvier, demandeurs de logements, mal-logés, sans abri, en errance urbaine, locataires menacés d’expulsion, hébergés dans des hôtels sordide, en famille et célibataires, nous sommes venus collectivement au Commissariat Général à l’Egalité des Territoires pour dénoncer la réalité brute : nos vies valent moins que beaucoup d’autres choses pour notre gouvernement.

Si nous avons obtenu un rendez-vous au Ministère grâce à notre mobilisation, la direction du Commissariat Général à l’Egalité des Territoires nous a tout de même fait remarquer, que nous n’avions pas choisi le bon jour, et qu’il n’y avait pas grand monde un 2 janvier. Décidément, il est toujours urgent d’attendre, pour reloger les gens, et l’on pourrait même penser que nos politiques sont surtout impatients que les températures baissent, et qu’on parle moins des SDF qui meurent.

Et les mal-logés savent bien qu’effectivement, dans quelques semaines, voire dans quelques jours, les médias en parleront moins. Ce n’est pas ce silence qui empêchera les luttes et les solidarités de continuer.


Sans abris et mal-logés occupent le... par HLMPOURTOUS

Le communiqué diffusé sur place

 MORTS DE LA RUE : il n’y a pas de fatalité.

Face au décès de six sans abri dans la rue, le premier Ministre a appelé à la « vigilance » de chacun pour protéger les personnes en danger.

Nous sommes donc venus aujourd’hui au Commissariat Général à l’Egalité des Territoires, vigilants et solidaires pour dire qu’il y a aujourd’hui 3,52 millions de mal-logés en France, 3, 52 millions de personnes en danger constant. Nous sommes venus pour dénoncer l’absence d’une politique volontariste pour éradiquer le mal-logement et ne plus subir ses conséquences les plus dramatiques.

Quatre cent cinquante quatre personnes sont mortes dans la rue en 2013. C’est une moyenne sinistre qui n’a fait qu’augmenter ces dernières années, en même temps qu’augmentaient toutes les formes de précarité du logement. Le lien est mécanique entre les deux phénomènes et seule une hypocrisie insupportable peut amener certains politiques à chercher des causes autres, à reprocher aux personnes d’avoir refusé un hébergement d’urgence, ou « de ne pas sêtre signalées aux services sociaux ». Au mois de novembre, en Ile de France, 9000 appels sur 17 000 passés au SAMU Social n’ont débouché sur rien.

La mort, dans la cinquième puissance économique mondiale est le bout de la chaîne du mal-logement, après la rue dans laquelle chacun de nous peut basculer.

Quand il n’y a pas de solution de relogement , ni dans le social, ni dans le privé, tout peut aller très vite : l’expulsion à cause d’un loyer trop cher ou d’un congé pour vente, la rupture d’un hébergement chez des proches, la mise à la rue parce qu’on n’a pas la protection d’un bail et qu’on a loué au noir chez un marchand de sommeil, une prise en charge SAMU social qui s’interrompt, et c’est l’errance urbaine.Le nombre de 111 000 SDF avancé officiellement  ne prend pas en compte celles et ceux qui vivent une partie du temps à la rue , dans leur voiture , entre deux périodes de logement ultra-précaire.

Chaque année, au moment des grands froids, les gouvernements  font  mine de n’avoir aucune autre solution que l’ouverture de gymnases ou de réservations de nuitées d’hôtel en grande banlieue. Chaque année, pour se justifier, les Ministres successifs invoquent l’augmentation du nombre de places d’hébergements.

Mais lorsque l’accès au logement est interdit à une part croissante de la population à cause de l’augmentation des loyers du privé et de la raréfaction du logement vraiment social, ceux qui sont déjà hébergés stagnent dans les hébergements. Il ne s’agit pas de créer de nouvelles « places » se résumant bien souvent à des lits-dortoirs, mais de créer de nouveaux LOGEMENTS  sociaux, en masse et pas en saupoudrage, pas avec des loyers trop élevés.

Les mal-logés n’ont pas besoin de visites ministérielles médiatiques et rituelles dans les centres d’hébergement, mais de volonté politique et de moyens concrets. Le mal-logement ne se résorbera pas parce qu’on aura laissé les gymnases ouverts aux sans abri jusqu’en mars, où ceux qui seront remis dehors mourront sans attirer l’attention parce qu’il fera moins froid.

Le gouvernement  a bien trouvé 50 milliards destinés aux entreprises pour alimenter un « Pacte de Responsabilité » .Il en faudrait beaucoup moins pour un plan de relogement massif. Et la responsabilité de la Ministre du Logement et du gouvernement aujourd’hui,  c’est celle de faire le choix de sauver des vies maintenant et durablement.

 

15:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cget, égalité, territoires, sylvia pinel, sans abri, sdf, samu social, hébergement d'urgence | | |  Facebook

 
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