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mercredi, 15 mai 2013

Appartements insalubres à Paris Habitat OPH: le Préfet interpellé par les mal-logés

Demandeurs d'un logement HLM et locataires du parc social ont manifesté une nouvelle fois ensemble devant le siège du premier bailleur social parisien Paris Habitat OPH pendant la signature d'une convention pour l'embauche de contrats d'avenir entre l'USH-Ile de France ( AORIF), et la préfecture de région, en présence du préfet Jean Daubigny.

C'était l'occasion pour nous d'interpeller simultanément des interlocuteurs, qui en temps normal, se renvoient la balle mutuellement sur les problèmes d'insalubrité du parc social.

Ceux-ci deviennent récurrents en Ile de France, pour plusieurs raisons : le manque de budget alloué à la rénovation, le rachat d'immeubles anciens , sans remise à neuf du bâti. Désormais les nouveaux entrants dans le parc social se voient ainsi confrontés à des problèmes d'installations électriques , à des infestations de nuisibles non traitées, à des carences graves en matière d'isolation thermique.

Mais aussi et c'est un comble, à la présence de peintures au plomb, et donc au risque de saturnisme : c'est le cas pour un immeuble de Paris Habitat du 10ème arrondissement, où la Préfecture a reconnu ce critère d'insalubrité grave ( voire notre article précédent avec le courrier préfectoral )...mais où l'attribution du label DALO aux personnes concernées est rejeté au motif que «  le bailleur social ne reconnaît pas l'insalubrité » (clickez sur l'image ci-dessous pour afficher le courrier de la commission DALo reçu par le demandeur concerné).

 

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En clair, là où un propriétaire privé se verrait taxé de « marchand de sommeil », un bailleur social peut non seulement se permettre de ne pas reloger son locataire et de le laisser exposé au danger du plomb, mais son avis détermine également le refus du label DALO qui pourrait permettre un relogement préfectoral.

Globalement , aujourd'hui 30% des demandes de logement sont des demandes de mutation au sein du parc social ; motivées aussi par la suroccupation. Or si les bailleurs sociaux se plaignent sans arrêt du faible taux de rotation au sein du parc social, ils ne font rien pour l'améliorer : ainsi nombre de petits logements pourraient être libérés en accordant des logements de taille adaptée aux familles qui galèrent depuis des années dans un appartement devenu trop exigu. Au lieu de ça, certains bailleurs , notamment à Paris envisagent notamment de créer des « colocations » pour célibataires au sein de logements familiaux !

Aujourd'hui la Préfecture, les bailleurs sociaux et notamment Paris Habitat vont donc signer une convention pour embaucher des précaires en contrat d'avenir : mais vont-ils les loger ? Probablement pas, puisque toutes ces institutions pointent sans cesse le manque de ressources suffisantes pour attribuer des logements sociaux aux salariés en CDD, en temps partiel , au SMIC mensuel, ou en dessous et continuent à ne pas prendre en compte le besoin réel en PLA-I et à faire du PLS dans leurs nouvelles constructions.

 La précarité du logement et la dégradation du parc social ça suffit


 Insalubrité à Paris Habitat OPH: les mal-logés... par HLMPOURTOUS

21:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paris habitat oph, insalubrité, saturnisme, dégradation du parc social, rénovation urbaine acquisition-réhabilitation, dalo | | |  Facebook

jeudi, 02 mai 2013

Cecile Duflot fait expulser les mal logés de la Caisse de Garantie du Logement Social

La droite expulsait, la gauche continue: où est le changement ?

Ce matin, soixante-dix mal-logés ont été évacués par la police des locaux de la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social: cet organisme public, placé conjointement sous la tutelle du Ministère du Logement et des bailleurs sociaux est censé garantir la construction de logements sociaux et l'entretien du parc social.

Aujourd'hui, les nouveaux logements sociaux se font attendre, et le parc existant se dégrade: il y a un an presque jour pour jour que ce nouveau gouvernement s'est installé, et la situation du logement reste catastrophique. L'ensemble des mesures proposées et mises en application s'avère très mince au regard des besoins: que ce soit dans la première loi sur le logement votée en janvier ou dans celle qui est annoncée, la priorité n'est absolument pas donnée au vrai logement social, à loyers abordables.

Toujours condamnés aux expulsions, aux hébergements précaires quand ce n'est pas à la rue, toujours abonnés aux loyers exorbitants qui plombent leur budget et les contraignent à se priver du nécessaire, les ouvriers, les employés, les retraités, les jeunes actifs, les précaires en ont assez d'attendre un changement qui ne vient pas.

Les expulsions policières n'éteindront pas notre colère.

Voir aussi l'article de Business Immo sur notre occupation

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Caisse de Garantie du Logement Social: les mal... par HLMPOURTOUS

MAL LOGEMENT : le Changement , on l'attend !

 

Ce jeudi 2 mai, Cecile Duflot présente un nouveau projet de loi sur le logement : un an presque jour pour jour après l'arrivée du gouvernement qui nous promettait le changement maintenant, nous occupons la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social pour que les choses changent vraiment et en urgence pour les mal-logés. Etablissement public administratif administré par l’Etat et les bailleurs sociaux, la Cglls a pour vocation de permettre aux organismes de logement social de construire, entretenir et réhabiliter les logements locatifs sociaux . Ces missions aujourd'hui ne sont pas remplies.

On nous promettait 500 000 logements neufs par an, si l'on atteint les 300 000 , ce sera déjà inespéré. Parmi ces logements, la majorité ne sera pas accessible aux demandeurs de logements des classes populaires. Jusqu'ici, aucune mesure n'a été prise pour imposer la construction de vrais logements sociaux, les PLA-I : la loi SRU permet de faire du logement intermédiaire comme le PLS, et de la même manière, la cession à prix réduit des terrains publics organisée par un décret récent pourra se faire pour des PLS, et même pour de l'accession à la propriété. Par conséquent, les bailleurs sociaux, comme les collectivités territoriales qui souhaitent s'en tenir à ce type de logements de loyers élevés n'auront aucune contrainte leur imposant de construire des HLM à prix abordable.

La réquisition-réhabilitation des logements vides était présentée comme une autre manière de répondre en urgence aux besoins des mal-logés. Un an et une bonne vingtaine de conférences de presse après, le résultat est purement symbolique : quelques bâtiments de l'Etat ont été transformés en hébergement d'urgence précaire, deux immeubles seront -peut-être - transformés en logements sociaux, et 372 logements seront éventuellement réquisitionnés pour toute l'Ile de France.

Quant au parc social, son état se dégrade à la vitesse grand V : les crédits de l'ANRU ont servi et servent surtout à détruire, pour reconstruire avec des niveaux de loyers plus cher. Le parc de nouveaux logements sociaux continue à être majoritairement composé de PLS, et au sein du parc ancien, une population de plus en nombreuse vit en état de suroccupation, avec plusieurs générations dans le même logement, et des drames de l'insalubrité.

Certes la nouvelle loi annoncée propose de bonnes pistes , comme transformer les millions de m2 de bureaux vides : mais là , encore, il n'y a aucune certitude sur la nature de ces futurs logements, privés ou pas, et à quels niveaux de loyer ?

Bref le changement annoncé, les mal-logés l'attendent toujours et dans les pires conditions qui soient : les expulsions continuent, l'hébergement d'urgence est toujours saturé, et si les ventes de logement stagnent, cela n'empêche pas les propriétaires de continuer à multiplier les congés pour vente. Les loyers sont toujours aussi chers, et les ouvriers, les employés, les retraités, les chômeurs continuent à se priver de tout pour les payer.

L'arrêt total des expulsions, des mesures d'urgence pour reloger massivement, et la programmation de vrais logements sociaux en nombre correspondant aux besoins, voilà ce que nous attendons de ce gouvernement.

Le mal-logement n'est pas une fatalité, dès lors qu'on a la volonté de le combattre.

UN LOGEMENT POUR TOUS , MAINTENANT

16:52 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook

mercredi, 17 avril 2013

Inauguration du Louxor: les mal-logés s'invitent à la première séance

Bertrand Delanöe avait oublié d'envoyer des invitations à une partie des Parisiens concernés pour l'inauguration du cinéma Le Louxor, un des derniers équipements culturels «  à vocation populaire » de la mandature.

 Peu importe, nous étions là quand même, pour rappeler une évidence : sans accès au droit à un logement décent, les 126 000 demandeurs de logement de la capitale ne risquent pas de profiter des initiatives municipales.

 Comme souvent, notre manifestation a fortement irrité les élus, qui n'ont pas hésité à demander à la police de tenter de nous refouler physiquement loin de la presse présente. Mais quelques violences policières sont toujours moins graves que ce que nous subissons de toute façon au quotidien, notamment dans le 10ème arrondissement, où même certains locataires de logement social se voient à leur tour touchés par l'insalubrité et la présence de plomb, où les expulsions pour congés pour vente se multiplient. Nous sommes donc restés sur place, jusqu'à avoir l'assurance d'une rencontre dans les quarante-huit heures avec les responsables du logement de la mairie du 10ème et de la mairie centrale.


Inauguration du Louxor : les mal-logés repoussés par HLMPOURTOUS

 Le mal-logement, c'est pas du cinéma.

 

 L'inauguration du Louxor est un des derniers grands évènements de la mandature , une manière de résumer des années de politique culturelle dans la capitale. Mal-logés en lutte, nous avons été présents à nombre d'autres inaugurations du même type dans les quartiers populaires pour exiger une politique du logement aussi volontariste que celle menée dans le domaine de la culture : nous étions là quand notre maire a inauguré le Jardin d'Eole, le Centre Musical Fleury Goutte d'Or, le 104, Paris Plage 19ème et bien d'autres équipements dont nous ne contestons pas l'utilité.

Nous sommes encore là aujourd'hui, car malheureusement, durant toutes ces années, le mal-logement n'a pas reculé massivement, parce que la production de logement social ne correspond toujours pas aux besoins des demandeurs de logement. Nous sommes là parce que près de 80% des 126 000 demandeurs ne peuvent accéder qu'à un PLA-I : or seuls 13 938 PLA-I ont été produits entre 2001 et 20011. Encore faut-il inclure dans ce chiffre, les places de foyer et d'hébergement d'urgence. Nous sommes là parce que seuls 15% des demandeurs peuvent accéder à un PLS, le plus cher des logements sociaux : or 14 660 logements PLS ont été construits entre 2001 et 2011*.

Ce décalage absurde et gigantesque entre les besoins et l'offre de nouveaux logements en terme de loyers aboutit aujourd'hui à ce que 78% des PLS soient attribués à des foyers en dessous des plafonds*. (*source : APUR) Concrètement, cela signifie que l'on propose à des familles modestes, à des retraités, à des ouvriers et à des employés des 4 pièces à 1200 euros comme seule solution pour échapper au mal-logement.

Dans le 10ème arrondissement, spécifiquement, la situation est aussi dramatique qu'au début de la mandature, même si cela se voit moins : des hôtels insalubres ont fermé, mais leurs habitants au lieu d'être relogés ont pour beaucoup été renvoyés dans d'autres hôtels en banlieue, et ce même si les enfants sont toujours scolarisés sur l'arrondissement, si les parents travaillent à Paris. Les congés pour vente et les expulsions qui vont avec continuent. Pire, au sein même du logement social, on trouve de l'insalubrité grave : certains logements de Paris Habitat OPH sont contaminés au plomb, les murs dévastés par l'humidité, et malgré les signalements, la Ville ne bouge pas. Et les élus d'arrondissement promettent aux mal-logés de les recevoir comme lors d'un rassemblement organisé la semaine dernière, mais ne respectent même pas leur engagement par la suite !

Des situations de ce genre ne seraient jamais arrivées si la Ville et les bailleurs n'avaient pas privilégié le rachat de vieux logements ( en l'occurence ceux de la SAGI ) sur la construction neuve , souvent réservée à des plafonds de loyer élevés. Dans le 10ème 90% des demandeurs ne peuvent accéder qu'à un PLA-I mais dans les nouveaux programmes comme celui du Passage Delessert, seuls 25% des 69 logements en sont.

 Les mal-logés ne sont pas des Parisiens de seconde zone, mais des acteurs à part entière de la vie de la capitale : et nous comptons bien être présents à tous les événements de cette campagne électorale qui débute pour que la question du mal-logement ne figure pas au second voire au dernier plan du scénario des municipales .

 

 

13:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : louxor, anne hidalgo, municipales 2014, paris | | |  Facebook

 
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