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samedi, 22 novembre 2014

Trop de bureaux à Paris : La BNP reçoit la visite des mal-logés

BNP Real Estate, Unibail, BNP Corporate, Tour Triangle , Anne Hidalgo, Ian Brossat, François DagnaudCe mercredi 19 novembre, environ 70 demandeurs de logement ont occupé jusqu'en fin d'après-midi l'un des immeubles flambants neufs de la BNP Paribas dans la ZAC MacDonald du 19ème arrondissement. En tout ce sont presque 50 000 m2 de bureaux dont la construction sur cette zone a été autorisée par la Ville pour la seule BNP Paribas .

Pourquoi construire encore des bureaux, quand un million et demi de m2 sont vides dans la capitale et qu'on manque de foncier pour le logement ? Pourquoi la BNP Paribas n'a-t-elle pas acheté des bureaux déjà construits ? Pourquoi la Ville investit-elle de l'argent public pour transformer des bureaux en logements dans certains quartiers et renonce-t-elle à des parcelles publiques au profit d'autres bureaux ?Pourquoi la mairie juge-t-elle qu'une Tour Triangle, c'est très beau quand c'est du bureau, mais très moche si c'est du logement ?

Ces questions parfaitement légitimes ne reçoivent jamais de réponse, à part l'éternel argument de la "mixité sociale", comme si la construction d'immenses surfaces de bureaux qu'on n'est même pas sûr de remplir était en soi un gage de mixité et de vie dans les quartiers. Comme si ce qui rendait la ville inhumaine et difficile à vivre n'était pas avant toute chose le mal-logement, la souffrance des 150 000 Parisiens en attente d'un logement social et qui survivent dans les pires conditions. Comme si l'on pouvait se satisfaire d'une mixité sociale dont la réalité nue est avant tout celle de ces personnes qui dorment dehors au pied d'immeubles higtech et bio-compatibles.

A la veille de l'inauguration en grande pompe par Anne Hidalgo et les dirigeants de BNP Paris Real Estate de nouvelles surfaces de 8000m2 dans la ZAC MacDonald, nous avons donc manifesté pendant quatre heures au siège de BNP Corporate pour leur rappeler l'existence des mal-logés et notre droit au logement.

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Le tract diffusé sur place

8000m2 supplémentaires de bureaux dans le 19ème  pour BNP Paribas,La galère pour les Parisiens mal logés.

 

 Jeudi 20 novembre, Mme Hidalgo inaugurera avec la BNP Paribas un immeuble de 8000 m2 au cœur de la ZAC Mac Donald. . Au sein de la ZAC Mac Donald, la BNP aura finalement obtenu presque 50 000 m2 sur plusieurs parcelles  !

 On ne parle que de ça, en ce moment, dans la capitale. La maire de Paris est déterminée à faire passer le projet de la Tour Triangle dans le 15ème arrondissement. Dans les arrondissements populaires comme le 19ème, les espaces de foncier disponibles sont également voués pour beaucoup à créer bureaux, «  locaux d'activités  », «  pépinières d'entreprises  » et autres «  incubateurs  ». Sous prétexte de mixité sociale, les besoins urgents en logement sont négligés.

 Mais quelle mixité sociale apportent les 1,4 millions de m2 de bureaux vides à Paris  ? Pourquoi ne pas les remplir, au lieu d'imaginer des montages complexes, consistant éventuellement à faire payer une taxe sur ces espaces vacants tout en laissant les gros investisseurs immobiliers comme la BNP Paribas ou UNIBAIL en construire de nouveaux  ?

Certes , les demandeurs de logement n'ont pas tous de grands diplômes d'urbanisme, et les élus ont l'habitude de balayer nos remarques en nous rappelant qu'ils ont des ambitions d'intérêt général pour Paris, tandis que nous ne sommes préoccupés que de nos intérêts particuliers de mal-logés, et qu'on ne peut pas décemment nous écouter sans quoi la capitale serait couverte de barres HLM.

Mais force est de constater que les collectifs de mal-logés avaient raison quand ils dénonçaient par exemple les coûts faramineux induits par l'aménagement de l'espace urbain nécessaire à la construction du centre commercial Millenium, censé selon les élus parisiens et ceux des communes limitrophes , être un lien prestigieux entre le 19ème arrondissement et sa banlieue  : ce centre commercial est un échec, sa fréquentation est dérisoire et des magasins ont déjà du fermer, parce qu'il ne répondait à aucun besoin.

Nous manifestons donc aujourd'hui au siège de BNP Paribas Corporate, pour que cesse une situation indécente et inhumaine: dans le 19ème arrondissement la mixité sociale, c'est d'un côté , les constructions high-tech, lumineuses et aérées des investisseurs immobiliers de prestige. Et de l'autre, des hôtels miteux, des chambres de bonne étouffantes et sans sanitaires où s'entassent des familles entières, des logements mal isolés où l'on souffre du froid tous les hivers pour ne pas voir exploser sa facture EDF.

 Paris a besoin de logements, et essentiellement de nouveaux logements sociaux pour offrir des conditions de vie normales et acceptables à ses habitants , qui font vivre la ville. Les immeubles de logements, ce n'est pas plus moche que des tours de bureaux pharaoniques. Et des quartiers animés et peuplés sont plus valorisants que des bureaux vides qui se dégradent.

17:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : bnp real estate, unibail, bnp corporate, tour triangle, anne hidalgo, ian brossat, françois dagnaud | | |  Facebook

mercredi, 12 novembre 2014

Sylvain Mathieu, directeur de la DIHAL reçoit la visite des mal-logés au Ministère

sylvain mathieu,dihal,hébergement d'urgence,samu social,plan grand froid,dalo,115,décrets alur,péril,insalubrité,saturnisme,anah,sylvia pinel,accueil inconditionnel,errance urbaine70 mal-logés ont fait irruption cet après-midi dans les locaux fraîchement rénovés du Ministère de l'Ecologie, boulevard Saint Germain. C'est désormais ici que siège le nouveau délégué à l'Hébergement et au Logement, Sylvain Mathieu. Celui-ci a remplacé Alain Régnier, dont les positions contre les expulsions avaient déplu.
 
En ce début d'hiver, nous sommes venus montrer la réalité en face au nouveau délégué: celles de tous les hébergés, de toutes les victimes d'insalubrité , de toutes les personnes en errance urbaine qui vont passer une nouvelle saison dans des hôtels pourris aux quatre coins de l'Ile de France, dans des logements ultra-humides avec des chauffages d'appoint chers et dangereux. Celle de foyers qui attendent un logement depuis dix ans, depuis vingt ans, à qui l'on demande sans cesse de faire des nouvelles procédures, de nouveaux dossiers qui n'aboutissent jamais à rien.
 
Reçus par le directeur de cabinet de Sylvain Mathieu, qui était en réunion à Matignon, nous avons exigé et obtenu l'engagement d'un rendez-vous avec le délégué lui-même. Cet hiver nous ne souffrirons pas en silence, et nous comptons bien multiplier les actions pour le respect d'un droit minimum et élémentaire, le logement.

 


Le Ministère de l'Ecologie (DIHAL) occupé par... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place
 
Plan Grand Froid  : le mal-logement n’est pas un accident climatique, l’urgence sociale ne dépend pas du thermomètre.


Depuis des années, les gouvernements successifs promettent d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence. Mais chaque année, dans le plan Grand Froid hivernal, il faut bien inclure des mesures concernant les sans abri et les mal-logés. Tout simplement, parce que le problème de fond du mal-logement n’est pas traité.


En ce début d’hiver 2014, la situation s’aggrave. En Ile de France, la majorité des appels d’urgence au SAMU social ne débouche sur rien  : à Paris, ce sont 205 personnes en famille, qui chaque soir  n’avaient aucune solution cet automne.
Le nombre de refus de prises en charges par le SAMU social, qui est pourtant le dernier recours, n’a fait qu’augmenter ces dernières années  : au lieu d’agir en amont, cet automne, les Préfectures ont aggravé la situation, en donnant le feu vert même pour les expulsions des prioritaires DALO, les seuls mal-logés à être protégés par une circulaire précédente

.
La saturation de l’hébergement d’urgence fabrique l’errance urbaine, crée et aggrave la précarité sociale et professionnelle  : aujourd’hui 70% des familles hébergées en hôtel en Seine Saint Denis ou dans le Val d’Oise viennent de la capitale et y ont leurs enfants scolarisés. Pour ces familles, garder un emploi ou en retrouver un, mettre à jour sa situation administrative, avoir accès aux soins, à une scolarité normale est impossible ou rendu terriblement difficile .Et à ces  mêmes familles, les bailleurs sociaux opposeront des refus de relogement parce que leur dossier est trop précaire.


L’hiver 2014, comme les précédents sera marqué par les conséquences d’une autre forme de mal-logement. Parmi les victimes du fléau des intoxications au monoxyde de carbone, beaucoup le sont à cause de l’insalubrité des logements qui obligent à utiliser des chauffages d’appoint pour moins souffrir du froid. Beaucoup de ménages finissent avec des dettes de loyer et du surendettement à cause des factures énormes pour simplement chauffer des taudis mal isolés.


Dans ce domaine là aussi, l’attentisme est de rigueur  . Confronté à l’habitat indigne, les mal-logés subissent aussi les aléas de l’usine à gaz censée le traiter. Derrière les cas symboliques de marchands de sommeil mis hors d’état de nuire se cache la réalité des centaines de milliers de logement dégradés où le locataire, renvoyé de sa mairie à sa Préfecture, doit attendre que les pouvoirs publics aient classé son problème dans une des innombrables catégories légales qui déclenchent chacune des procédures distinctes et interminables. C’est ainsi que les affections respiratoires graves et chroniques se répandent chez une partie de la population qui passe des hivers sans fin dans des logements pourris par l’humidité , pendant que des propriétaires très au fait des moyens de se protéger encaissent les loyers.


La solution chacun la connaît  : reloger décemment. Seulement, chaque année, les Ministres réaffirment qu’il faut réellement mobiliser le contingent du 1% patronal. Chaque année, on constate l’insuffisance de la production de logements très sociaux, la nécessité d’imposer le respect de la loi SRU, ou d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence.Et chaque année, on ouvre des gymnases et les salles d’attente des hôpitaux après avoir constaté que les objectifs de construction n’étaient pas remplis, que les hébergements d’urgence comme l’hôtel ou les foyers sont devenus un piège dont les mal-logés ne sortent pas.


Nous sommes venus dire la colère des demandeurs de logement au nouveau Préfet National chargé de l’Hébergement et du Logement, Sylvain Mathieu. Nous sommes venus lui rappeler nos attentes sur son rôle  : pas la distribution de miettes de droit, de nuitées d’hôtel au compte gouttes, ou d’un coup de peinture pour cacher la misère dans nos taudis, mais le respect du droit au logement pour tous, et un vrai plan d’urgence pour le logement.
 

17:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sylvain mathieu, dihal, hébergement d'urgence, samu social, plan grand froid, dalo, 115, décrets alur, péril, insalubrité, saturnisme, anah, sylvia pinel, accueil inconditionnel, errance urbaine | | |  Facebook

jeudi, 30 octobre 2014

Dans le 11ème comme ailleurs, le droit au logement n'est pas sur concours.

 mairie 11ème, cotation,ian brossat,françois vauglin,dalo,demande de logement,insalubrité,pla-iCe mercredi 29 octobre, une nouvelle manifestation de mal-logés a eu lieu devant la mairie du 11ème arrondissement.

Il y a dans le 11ème, comme ailleurs à Paris des retraités qui attendent un logement depuis 19 ans, des familles qui vivent dans des taudis dont le plafond contaminé à l'amiante et noir de moisissure dégage une odeur pestilentielle, des logements où s'entassent trois générations. Derrière l'image moderne et dynamique de l'arrondissement, des réalités dignes du 19ème siècle pour les Parisiens des classes populaires. Lors de nos précédentes rencontres avec des élus, lorsque nous exposons ces situations insupportables, on nous rétorque qu'  «  on n'obtient pas un logement avec des manifestations  ».

 Mais manifester et rendre visible les conditions de vie qui nous sont faites , c'est le seul droit accessible quand on nous refuse les autres.

Car le problème est là  : ouvriers, employés, précaires, retraités modestes ne peuvent accéder qu'à un logement très social, le PLA-I. Mais celui-ci, mal vu par les élus ne représente que 20% de la production depuis quinze ans, alors qu'il correspond aux besoins de 70% des demandeurs de logement parisiens.

 Aujourd'hui, la mairie de Paris a mis en place un nouveau système de «  cotation  » des demandes, et nous promet que les dossiers les «  plus urgents  » seront ainsi traités. Cela ne va pas nous rassurer  : cela fait sept ans que le DALO est en place, qui devait permettre lui aussi de traiter l'  «  urgence  ». Résultat  ? Il y a 27 000 dossiers labellisés en attente. Et le DALO est surtout utilisé pour justifier le non-relogement de ceux qui ne sont pas labellisés  ! Aussi, un nouveau système de tri, avec de nouveaux critères ne permettra pas plus de relogements sans la volonté politique  : à la place, les demandeurs auront surtout droit à un gain de complexité dans l'élaboration de leurs dossiers, et toujours plus de choses à prouver, pour seulement «  entrer dans les critères  » et avoir une bonne note finale.

Ainsi, certains ont appris que l'ancienneté de la demande ne serait désormais plus prise en compte. D'autres peuvent certes faire valoir une procédure d'expulsion, mais seul le stade de la lettre du commissariat leur vaudra le nombre maximum de points: la veille de la mise à la rue, on aura donc une très bonne cotation, quelle consolation !

La justice et la transparence, ce ne peut pas être un concours du mal-logement entre les 150 000 demandeurs parisiens, avec chacun sa note unique: le droit au logement, pas plus que les autres droits ne peut être un droit au rabais, dont l'application serait conditionnée à des "points", et auxquels certains devraient de fait renoncer, parce qu'ils n'ont pas eu la bonne note nécessaire.

UN LOGEMENT POUR TOUS !


Paris 11ème: nouvelle mobilisation des mal-logés par HLMPOURTOUS

11:47 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cotation, ian brossat, françois vauglin, dalo, demande de logement, insalubrité, pla-i | | |  Facebook

 
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