Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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lundi, 26 janvier 2009

Les mal-logés s'invitent aux Etats Generaux des SDF

Une centaine de mal logés se sont invités aujourd'hui aux Etats Generaux des SDF, organisés par Nicole Guedj, notamment pour y interpeller Mr Alain Regnier super préfet à l'hébergement, qui a finalement accepté de nous recevoir dans les plus brefs délais.

Le texte suivant a été lu à la tribune :

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Comment se fabriquent les SDF, ou l'expérience des mal logés.

 

Le collectif Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui au Etats Généraux des SDF, qui se tiennent à l'école de Sciences Po : à la tribune, ni mal logés ni SDF, mais notamment le Président du Samu Social, le super préfet à l'hébergement, et le préfet de police.

 

Sans domicile fixe, c'est la signification du sigle SDF : nos politiques semblent l'oublier un peu trop souvent, cette définition, pour créer de toutes pièces, un être à part, dont la condition serait finalement inexplicable par le seul manque de logements accessibles à tous.

 

Comment devient-on SDF ? Pourquoi sont-ils si nombreux, pourquoi le SAMU social est-il engorgé ?

 

A partir de combien de temps le mal logé en errance devient-il SDF ?

 

Nous avons la réponse car nous la vivons en direct.

 

A partir du 15 mars, un certain nombre d'entre nous seront mis à la porte de leur logement, parce que le propriétaire vend, parce que nous l'occupons sans le titre ni le droit qu'on n'a pas voulu nous donner. On leur donnera, au mieux une chambre d'hôtel, et grâce au nouveau système SAMU social, probablement dans un autre département, ou ils seront interdits de services sociaux, peut-être interdits d'école, parce que chaque ville considère avoir assez à faire de « ses »  mal logés. Comme tant d'autres, déjà expulsés, on les changera d'hôtel parce que celui-ci est trop pourri, parce que l'hôtelier ne veut plus de familles, pour un autre hôtel plus loin. Ca y est , ils sont SDF.

 

Pas mal de SDF ne dorment pas tous les soirs dehors. Seulement une semaine sur deux et leur adresse administrative est celle d'un tiers. Des dizaines de milliers de personnes sur toute l'Ile de France, SDF invisibles, dorment une semaine chez les parents, une semaine dans un hôtel qu'on paye de sa poche, une semaine dans la rue. Jusqu'au jour ou les tiers disent non. Ca y est , ils sont officiellement SDF.

 

Pourquoi ? Simplement parce qu'on ne leur pas attribué de logement social. Parce que les politiques et les bailleurs n'en construisent pas ou presque pas, parce qu'ils en détruisent et en vendent des centaines de milliers. Et parce que le logement social disparaît, alors les prix du privé augmentent en toute liberté, avec la demande.

 

Et ensuite, le problème non résolu est pris sciemment à l'envers : ne pas avoir de logement fixe détruit les mal logés, et les politiques viennent ensuite parler de l' « impossibilité d'accéder à un logement autonome », de la « désocialisation », et de « solution adaptées » c'est-à-dire toute la gamme des hébergements précaires, des résidences sociales aux hébergements de stabilisation, tous ces « logements passerelles »  qui deviennent vite des impasses, car il n'y pas de logement social à la clé.

 

Et en bas de cette chaîne infernale, qui pourrait être rompue simplement en mettant l'argent nécessaire dans le logement social, le tri se fait à nouveau car l'hébergement précaire devient lui-même rare : et le super préfet, et le SAMU social viennent présenter comme un grand progrès le fait que les places en CHRS , dans les foyers et les dortoirs humanisés ( ?) soient désormais gérées de manière « régionale », ce qui signifie tout bonnement que certains d'entre nous vont courir chaque jour d'un bout à l'autre de l'Ile de France pour un lit de camp et une soupe.

 

Nous les premiers concernés par ce colloque, nous sommes venus rappeler l'évidence, comme nous l'avons fait en occupant Dexia au lendemain de l'annonce des milliards d'euros trouvés en vingt quatre heures pour les banques : que les mêmes sommes soient mises immédiatement dans le logement social et il n'y aura plus de mal logés, et la machine à fabriquer des SDF s'arrêtera.

 

DES VRAIS LOGEMENTS MAINTENANT POUR TOUS !

 

19:20 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sdf, dalo, prefet reigner, hebergements, samu social | | |  Facebook

mercredi, 21 janvier 2009

Solibail: Le rêve pour les propriétaires, toujours rien pour les mal logés

Le dispositif "Solibail" ou "Louez Solidaires" consiste à offrir aux propriétaires des travaux gratuits, des déductions d'impôts sur les revenus des loyers, et des subventions pour la rénovation lourde, dès lors que ceux-ci accpetent de louer leurs logement à des demandeurs de HLM.

Présenté comme un palliatif à l'hébergement d'urgence en hôtels, mais aussi comme un moyen de ne pas laisser à la rue les mal logés dans l'attente de leur relogement, ce dispositif est financé par l'argent du logement social.

Un an et demi après sa mise en oeuvre sur Paris, malgré les dépenses de communication engagées, seuls 200 appartements, la plupart de petite taille ont été débloqués: loin des proclamations triomphales des éluES, la réalité des mal logéEs n'a pas changé.

Le collectif Mal Logés en Colère a donc commencé une campagne , pour que Solibail soit l'hébergement minimum àpour tous ceux qui sont en hôtels dans la rue et en errance et le souhaitent, mais que ce type de dispositifs ne soit pas en réalité une nouvelle manière de pomper l'argent du logement social pour financer les propriétaires privés et la spéculation.


Le 8 janvier, l'occupation d'Habitat et Développement se concluait par une évacuation policière, et un refus de la Ville de Paris de toute discussion, le directeur de cabinet de Jean Yves Mano nous ayant enjoint de "nous démerder ".

Le 15 janvier, une centaine d'entre nous se sont donc invités à un débat organisé par la Ville sur "Le Logement des plus démunis " en présence de Patrick Doutreligne de la Fondation Abbé Pierre.

 

Nos deux communiqués ci dessous :

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logo_H&D_nouveau.JPGOCCUPATION d'HABITAT ET DEVELOPPEMENT

 

Les Mal Logés en Colère sont donc aujourd'hui au siège d'Habitat et Développement, cette « réussite «  , vantée à la fois par Bertrand Delanoe et Christine Boutin tardant à avoir des effets ailleurs que dans les communiqués de presse.

 

Malgré des campagnes de communication couteuses et omniprésentes, malgré les fonds versés aux associations censées développer ce dispositif à Paris, seuls 220 logements  avec un bail précaire ont été débloqués en un an et demi, soit moins de quinze par mois. La plupart sont de petits logements, et ne répondent donc pas aux besoins criants des familles franciliennes. Ce dispositif côute très cher, peut-être un peu moins que les hôtels, mais rien n'est moins sûr, si en plus des loyers un peu inférieurs au prix du marché,  l'on compte les déductions d'impôts de 30 pour cent sur les revenus dégagés par les loyers, les travaux de remise en état totalement pris en charge, le coût de la « médiation », et les possibilités de subvention de travaux lourds ouverts par l'ANAH. Autant d'argent pris sur le budget du logement social, pour une solution qui ne met à terme aucun HLM sur le marché.

 

Mais effectivement, pour les concerné€s c'est toujours mieux que l'hôtel, la rue ou un hébergement précaire. Seulement comme toutes les mesures annoncées en grande pompe, pour pallier aux hébergements pourris, les mal logé(e)s en voient peu la couleur : hébergements de « stabilisation » , maisons relais, résidences sociales, lorsqu'on lit la communication des Ministères et des collectivités territoriales, on se demande pourquoi des gens meurent dans la rue, pourquoi les logements insalubres trouvent encore preneur, pourquoi les hôtels sont toujours pleins.

 

C'est simple : il ne s'agit toujours que de quelques hébergements témoins qu'on fait visiter à la presse en leur promettant des milliers d'autres pour la suite, qui ne viennent jamais.

 

Résultat : pour les mal logés en urgence, c'est toujours rien.

 

Nous sommes donc venus exiger des solutions immédiates, des Solibail tout de suite pour ceux qui le souhaitent , et si ce n'est pas possible un vrai logement maintenant !

 

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Que Faire à Paris pour le relogement des plus démunis ?

Des logements sociaux maintenant, évidemment !

 

img_21262-90x130.jpgLe Collectif Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui au débat organisé par la Délégation à la Politique de la Ville et à l'Intégration de la Ville de Paris, en présence de Patrick Doutreligne, président de la Fondation Abbé Pierre. Dans les médias, Bertrand Delanoe avait annoncé que Mr Doutreligne et la Fondation Abbé Pierre seraient chargés de l'Observatoire Parisien de la Politique du Logement.

 

Les mal logés ne sont-ils pas parmi les mieux placés pour répondre à la question posée dans ce débat organisé par les responsables de la politique du Logement à Paris ?

 

Ce n'est manifestement pas ce que pensent les élus parisiens qui la mettent en œuvre, mais traitent avec le plus profond mépris les collectifs de mal logés qui osent mettre en doute ses résultats.

 

Ainsi, une grande part de ce débat sera certainement consacrée à la mise en œuvre du dispositif « Louez Solidaires », censé permettre à des mal logés en situation d'errance ou en hébergements précaires d'accéder à des logements avec bail précaire , en attendant un éventuel relogement dans le parc social.

Ce dispositif offre aux propriétaires des travaux de remise en état gratuit, des déductions d'impôts très avantageuses. Les propriétaires bénéficient par ailleurs d'un « accompagnement » sans failles, proposé par l'association Habitat et Développement, qui dispose de fonds publics sur le budget du logement pour leur offrir ce service.

 

Nous sommes allés le 8 janvier demander collectivement à Habitat et Développement de permettre aux mal logés d'accéder à ce dispositif.

En effet, au-delà des annonces médiatiques, l'immense majorité des mal logées concernés n'a même pas la possibilité de déposer un dossier : les travailleurs sociaux surchargés des quartiers populaires parisiens n'ont tout simplement pas le temps de traiter les demandes.

 

Contrairement à ce qui est dit, ce dispositif ne s'adresse pas à tous les mal logés en urgence, mais uniquement à ceux qui vivent en hôtel : les habitants des taudis, les hébergés de manière très précaires, la plupart des SDF en sont exclus ! Et même pour les résidents en hôtel, ceux qui sont contraints de survivre dans les plus dangereux, ceux dont les services sociaux de la Ville refusent le financement des nuitées sont interdits de dispositif !

 

Le 8 janvier, nous avons été expulsés par la police. Habitat et Développement nous a indiqué qu'elle s'occupait des propriétaires, pas des mal logés. L'association a tenté de nous obtenir un rendez –vous avec l'adjoint au Logement mais son directeur de cabinet nous a fait savoir par téléphone que nos problèmes ne l'intéressaient pas et que « nous n'avions qu'à nous démerder (sic) tous seuls ».

 

Voilà la réalité de ce dispositif, celles que vivent au quotidien les mal logés de notre collectif et les autres, pendant que les élus se vantent de sa réussite ( 200 logements en bail précaire et pour quel prix de revient ?)

 

Depuis cinq ans, ni le mépris, ni les évacuations policières ordonnées par les élus de la Ville, ni l'expulsion de notre local du 19ème arrondissement également du fait de la Ville, ne nous ont empêché de continuer notre lutte, notamment en dénonçant au grand jour le décalage entre les effets d'annonce et la réalité des politiques menées.

 

Nous continuons, parce que le relogement des « plus démunis », qu'on nous présente comme un problème insoluble n'est qu'une question de volonté dans une des Villes les plus riches du monde qui ne peut prétendre manquer de moyens pour le mettre en œuvre immédiatement.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE

 

20:30 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : solibail, louez solidaires, logement, paris, habitat et développement, doutreligne | | |  Facebook

 
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