Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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lundi, 09 février 2009

Pantin: le maire décrète le bannissement de 4000 habitants

bertrand kern.jpgEst-on encore Pantinois quand on est mal logé ?

Pour Bertrand Kern et ses adjoints, manifestement non. Ce samedi matin, le maire proposait une visite guidée de la commune aux nouveaux habitants, dont presque la moitié arrivent de Paris, ou beaucoup ne peuvent plus se loger.

Nous étions donc venus, à une centaine de mal logés, parmi lesquels de nombreux Pantinois, rencontrer le maire, puisque malheureusement, celui-ci a toujours opposé une fin de non recevoir à nos demandes de rendez-vous, collectives ou individuelles.

Nous avons finalement bien rencontré une trentaine de nouveaux habitants, pour beaucoup réceptifs à nos revendications et qui ont pu découvrir que leur nouvelle commune, ce ne sont pas seulement les Grands Moulins, siège de la BNP, mais aussi des voisins entassés dans des taudis insalubres, hébergés à droite à gauche, ou menacés d'expulsion à cause de la vente de leur logement.

Mr Kern lui s'est calfeutré dans sa mairie. La première adjointe à l'urbanisme, Madame Aline Archaimbault était présente, mais elle nous a exposé sa conception de son mandat: selon elle, ni Monsieur Kern, ni aucun élu ne nous recevront, puisque de toute façon, nos demandes de logement, et celle de l'immense majorité des demandeurs pantinois ne seront pas satisfaites. Il n'y aurait tout simplement pas de place pour nous.

Bref les 4000 mal logés pantinois devraient donc plier bagage, au lieu d'exiger leur relogement. Les mal logés ne sont  donc plus seulement des habitants de seconde zone, ils ne sont plus Pantinois du tout.

Les élus présents, dont Nathalie Berlu, adjointe à la Culture et Alain Amsterdammer ont donc appelé la police pour nous évacuer de la place de la Mairie.

Mais finalement devant notre détermination à rester dans les rues de ce qui reste légalement notre ville, Mr Kern et ses élus ont préféré priver les nouveaux habitants de la visite prévue. Aucun Pantinois n'aura donc vu son maire ce samedi matin.

Mais ce n'est que partie remise en ce qui concerne les mal logés du collectif. Nous sommes des habitants comme les autres,et nous attendons du maire de Pantin, élu pour résoudre entre autres nos problèmes de logement, qu'il les prenne en compte, dans l'urgence que nos conditions de vies intolérables lui imposent.

UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE DANS NOTRE COMMUNE


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Le tract diffusé aux "nouveaux habitants" :


Pantin, son cadre de vie accueillant, ses Grands Moulins…..et ses 4000 mal logés

 

Aujourd’hui, Bertrand Kern organise une visite guidée de la Ville pour les  nouveaux habitants. Quarante deux pour cent d’entre eux  viennent de la capitale, et beaucoup ont quitté Paris, parce que le prix des logements y est trop cher , que trop peu de nouveaux logements sociaux sont mis sur le marché, ce qui entraîne forcément une augmentation des loyers du privé.

 

tacho pantin.jpgMais ce mouvement de départs vers la périphérie n’est pas spécifique à Paris. Nous, les « anciens »  habitants de Pantin, sommes condamnés à suivre le même chemin, mais cette fois bien plus loin, si Bertrand Kern n’agit pas de manière efficace pour proposer une offre de logement en rapport avec la demande des Pantinois.

 

Aujourd’hui le visage apparent de Pantin, ce sont les Grands Moulins, les petites résidences en accession à la propriété, des espaces verts réaménagés.

 

Mais derrière, il y a ces générations entassées des logements trop petits, des centaines de personnes hébergées chez des proches, et dont la Mairie considère la demande de logement non prioritaire. Il y a tous ces locataires qui payent à prix d’or des taudis plus ou moins insalubres, ou les propriétaires reçoivent des subventions pour des travaux qui ne règlent en rien les problèmes de suroccupation et de dégradation lourde du bâti. Il y a les congés pour vente qui s’accumulent car les propriétaires profitent évidemment de la montée des prix. Il y a ces Pantinois en sursis permanent , les squatters des logements HLM laissés vides, que Pantin Habitat expulse par vague chaque été, quand bien même beaucoup ont payé des indemnités pendant des années. Du côté de l’Etat, nos demandes restent lettre morte, on nous répond que c’est la mairie qui a la libre disposition de la totalité des logements sociaux pantinois et de leur attribution

 

Et pour Bertrand Kern, malgré les milliers de mal-logés de la commune, il y a bien assez de logements sociaux à Pantin, il faut favoriser la mixité sociale. Pour nous les mal logés pantinois, cela signifie que nous devons, soit continuer à vivre dans des conditions insupportables, soit quitter la commune.

 

Un Pantinois mal logé reste un Pantinois, et Bertrand Kern a été élu pour satisfaire les besoins de tous les habitants, y compris les mal logés Il y a de la place pour tout le monde ,à condition de ne pas privilégier systématiquement les bureaux et les sièges sociaux, comme sur le site des Grands Moulins, cédé dans sa totalité à la BNP. A condition de ne pas détruire de logements sociaux qui auraient pu être rénovés, comme aux Courtillières.

 

C’est pourquoi nous demandons à Mr Kern de nous reloger, et de cesser de traiter par le mépris nos demandes : si nous intervenons ici et aujourd’hui, c’est que nous, qui habitons Pantin depuis longtemps n’avons jamais été reçus par Mr Kern, un minimum que celui-ci accorde pourtant volontiers à d’autres.


Le Collectif Mal Logés en Colère

 

 

 

20:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : bertrand kern, mal logés, grands moulins, logement social, bnp, spéculation | | |  Facebook

jeudi, 05 février 2009

Des mal logés trainés au tribunal par la Pérfecture: occupation du Pacte de Paris

Une centaine de mal logés ont occupé aujourd'hui le Pacte de Paris, un opérateur privé financé par la Préfecture et la Mairie pour "résorber" l'insalubrité": dans les faits, il s'agir surtout d'offrir aux propriétaires des subventions avantageuses pour des travaux, sans garantie de relogement pour les occupants.

Nous étions là pour exiger le retrait d'une assignation en justice de la Préfecture à l'encontre d'une famille mal logée: celle-ci exige un vrai relogement et pas des travaux "palliatifs" inefficaces pour le traitement du plomb, dans un immeuble ou d'autres logements ont déjà été traités, et ou le plomb est toujours présent.

Nous avons rappelé au directeur du Pacte de Paris, que le saturnisme est une maladie de la misère et des taudis, une parmi d'autres tout aussi dangereuses. Aujourd'hui, ce sont la Préfecture , la mairie et le Pacte qui décident seuls des immeubles et des logements à diagnostiquer, et les signalements des mal logés eux même ne sont jamais suivis d'actions.

Comme les constats d'insalubrité entrainent l'obligation de relogements urgents par la Préfecture et la Ville, ceux ci sont délivrés au compte goutte, et des dizaines de milliers de personnes continuent à croupir dans des taudis non recensés.

Assez de travaux bidon!

Assez de temps perdu!

Des logements maintenant

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Communiqué diffusé sur place

 

Occupation du Pacte de Paris : le seul palliatif à l'insalubrité c'est le relogement.

 

Alors que la Préfecture vient d'assigner en justice une mère de famille du collectif qui refuse des travaux dits palliatifs dans un taudis insalubre du 10ème arrondissement, une centaine de mal logés occupent  le Pacte de Paris,28, rue Tronchet,  chargé de la résorption de l'insalubrité par la Préfecture et la Ville.

 

Depuis des années, la Préfecture et la Ville, au lieu de reloger immédiatement les occupants des logements oùl la présence de plomb est avérée, se contentent de « travaux palliatifs » qui consistent à apposer un revêtement dégradable sur les « parties accessibles « .On cache la misère et on ferme les yeux sur le vrai problème, le mal logement.

 

La Préfecture accuse les familles qui refusent ces travaux de mettre sciemment en danger la vie de leurs enfants, pour obtenir un relogement plus vite.

Cette accusation est non seulement insupportable, mais elle masque la réalité, à savoir l'inefficacité des politiques « palliatives «  dans le traitement de l'exposition au plomb, Et aux autres maladies de l'insalubrité.

 

L'exposition au plomb est rarement la seule source d'insalubrité dans un logement : en Ile de France, dans plus de la moitié des dépistages positifs chez l'enfant, le logement de la famille est dégradé et insalubre, et dans 87 pour cent des cas, le foyer vit en état de suroccupation. ( étude de l'INVS juillet 2008)

 

Ces deux critères ont été avant même le vote de la loi DALO, des critères légaux de relogement urgent et prioritaire : l'exposition au plomb est donc d'abord le résultat de l'inaction de l'Etat et des pouvoirs publics.

 

Ceux-ci ont fixé arbitrairement un seuil au-delà duquel la quantité de plomb dans le sang présenterait des effets toxiques durables : or des études menées en France et dans le monde entier concluent que ce seuil de 100 micro unités n'a aucune valeur scientifique et universelle : des déficiences mentales, dans la concentration, dans les compétences établies par les tests de QI, mais aussi des problèmes physiques, notamment d'équilibre et de perception des couleurs ont été constatés bien avant ce seuil.

 

De plus, la contamination des adultes, contre laquelle aucune mesure n'est prise, notamment en cas de travaux dans les immeubles, ou seules les familles avec de jeunes enfants sont déplacées, n'est pas sans risques sur la santé : et notamment, pour les femmes, puisque le plomb se fixe définitivement sur les os et passe dans le placenta en cas de grosesse.

 

Et si des mal logés refusent les travaux dits palliatifs , c'est tout simplement parce qu'ils n'ont pas d'efficacité durable dans les taudis. Ce ne sont pas les mal logés qui l'affirment mais la circulaire prise à la suite de la loi de 98 qui a rendus ces travaux obligatoires, mais pas l'obligation de relogement.

 

Extrait de la circulaire d'application de la loi contre l'exclusion de 1998, articles relatifs aux mesures obligatoire en cas de déppistage plomb positif

 

Les dégradations des peintures (cloquage, écaillage, faïençage, fissuration, chocs...) ont des origines souvent plus graves comme le vieillissement général du bâti, associé à un défaut d'entretien, des problèmes d'humidité, d'infiltration ou de remontées capillaires, de condensation.
Les travaux dits palliatifs n'ont pas pour but de traiter les causes profondes des dégradations mais de stopper le processus d'intoxication en mettant une barrière entre les éléments toxiques et les occupants. C'est pourquoi ils n'offrent pas, a priori, de garantie de durabilité.

 

 

Nous avons la preuve pratique de l'inefficacité de ces travaux, dans plusieurs immeubles

-Au 24, rue Louvel de Tessier dans le 10ème, un appartement déjà traité, est soumis aujourd'hui à de nouveaux travaux, à peine un an après les premiers

-Au 211, rue Saint Maur, le taux de plomb dans le sang de certains enfants a continué à grimper après ces travaux. Selon l'étude de l'INVS de juillet 2008 , au moins 10 pour cent d'enfants auraient ce problème dans des logements récemment traités, et il ne s'agit que des enfants contrôlés régulièrement, c'est-à-dire ceux dont le taux de plomb dans le sang est déjà supérieur à 100 mg.

 

 

Voilà pourquoi les familles refusent, non pas les travaux en eux même, mais le traitement dégradant qui consiste à les sortir quelques jours de leurs taudis, à poser une couche de papier puis à les laisser livrées à elle-même et à tous les dangers de l'insalubrité.

 

Nous occupons donc aujourd'hui le Pacte de Paris, principal opérateur de la résorption de l'insalubrité dans la capitale, pour dénoncer l'inefficacité totale de cette politique, pour exiger le relogement immédiat de tous les mal logés victimes de l'insalubrité.

 

Nous n'acceptons pas que la Préfecture pousse le cynisme et la provocation jusqu'à assigner au tribunal une famille dont le dossier a été considéré comme urgent et prioritaire par la commission de médiation DALO, et pour laquelle l'Etat ne respecte pas sa propre obligation de relogement immédiat.

 

Un taudis repeint reste un taudis

Nous voulons de vrais logements maintenant !

21:14 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pacte de paris, insalubrité, saturnisme, mal logés, dalo, anah | | |  Facebook

 
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