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lundi, 11 mai 2009

Paris : lutte contre l'insalubrité ?

 

 

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Lutter contre les marchands de sommeil ?

La Mairie de Paris préfère s’attaquer aux mal logés.

 

 

 

Une mal logée du collectif convoquée au commissariat suite à une plainte de la Ville de Paris

 

Le 25, rue de l’Argonne est un taudis parmi d’autres du 19ème arrondissement : un taudis qui rapporte gros pour pas cher, infesté de plomb, aux murs dévastés par l’humidité. Le propriétaire, grâce à la crise du logement n’a aucun mal  à piocher dans les demandes de logement social non satisfaites pour prendre environ 800 euros pour un deux pièces insalubre..

De plus, grâce aux nombreuses possibilités de subvention préfectorales et municipales pour la résorption de l’insalubrité, et à la spéculation, la valeur de l’immeuble ne cesse d’augmenter, quel que soit son état réel.

Pendant des années, Mme B. et ses enfants ont du vivre dans ce taudis et affronter les pressions du propriétaire : celui-ci , n’hésitera pas , par exemple à la harceler par voie d’huissier pour des loyers légalement non demandables du fait des travaux non effectués.

Malgré ses problèmes de santé et ceux des enfants, malgré les nombreuses demandes et signalements faits à la Ville, Mme B/ n'obtient pas de relogement et le taudis reste en l'état

Jusqu’à ce jour de 2007, ou elle apprend par voie d’affiche que la Ville de Paris envoie des agents pour visiter l’immeuble une énième fois.

Ce jour là, en solidarité, le Collectif Mal Logés en Colère organise une manifestation devant l’immeuble.

Evidemment le propriétaire, présent n’apprécie pas : devant la soixantaine de personnes présentes, il menace Mme B. de représailles en tout genre, se vante d’avoir le bras long à la Préfecture comme à la Mairie, et nous affirme que le 25, rue de l’Argonne n’est pas sa première opération immobilière, qu’il a déjà revendu à la Ville un immeuble rue Myrrha et que nous ne l’empêcherons pas de mener ses affaires comme il le souhaite.

Lorsque nous demandons aux agents de la Ville ce qui se passe sur cet immeuble, quelles sont leurs conclusions, ceux-ci nous répondent alors qu’ils n’ont pas de comptes à rendre aux locataires, mais seulement au propriétaire avec qui ils vont décider des travaux à effectuer.

Lorsqu’ils repartent accompagnés du marchand de sommeil, nous les suivons donc en manifestation, sans répondre aux provocations verbales de celui-ci.

Quelques jours plus tard, Mme B recevra enfin une proposition de logement, preuve que la lutte paye.

Mais depuis, le propriétaire a reloué son taudis, hormis quelques coups de peinture, ici et là, absolument rien n’a changé au 25, rue de l’Argonne dont la rénovation nécessite des travaux lourds sur le bâti, et le relogement préalable des occupants.

Seule avancée, après des années de signalement, la Préfecture de Police reconnaît l'insalubrité de l'immeuble en mars 2009, mais n'adresse qu'une énième injonction de travaux au propriétaire. Bien que la dangerosité de l'installation électrique soit avérée et soulignée ( voir l'arrêté de la Préfecture en bas d'article ), les habitants ne sont pas pour autant relogés

Si le propriétaire du 25, rue de l’Argonne peut continuer à s’enrichir en paix grâce au mal logement, Mme B, deux ans et demi après cette manifestation, a reçu une convocation au commissariat suite à une plainte de la Ville, qui nous accuse apparemment d’avoir insulté ses salariés. Dénoncer publiquement l'inaction de la Ville pourtant, cela n'a rien à voir avec une mise en cause personnelle d'agents au rôle purement technique.

Notre collectif organise systématiquement des rassemblements devant les taudis où la Ville subventionne des propriétaires avec l’argent du logement social, pour des travaux , le plus souvent cache misère et qui de toute façon n’ont pas à être financés par l’argent public : les propriétaires d’immeuble insalubres ne sont pas des nécessiteux, bien au contraire, les loyers encaissés pendant des années pour des taudis leur rapportent bien plus qu’au propriétaire d’un logement en bon état qui assume les travaux nécessaires.

Evidemment, ces rassemblements dérangent, car ils rendent visibles un fait que la Ville de Paris masque à grand renforts de communication : l’insalubrité est toujours là, les taudis, hôtels ou pseudo logements aussi.

Le seul moyen d’éradiquer les marchands de sommeil, c’est le logement social, car avec une offre de logement suffisante , les taudis ne trouveraient pas preneur. Or en huit ans de mandature Delanoe, le nombre de demandeurs de logement n’a fait qu’augmenter, notamment dans le 19ème arrondissement, où pourtant Roger Madec refuse de construire un logement social de plus.

Le mal logement est une répression permanente, que la Ville choisisse d’y ajouter une nouvelle fois la répression policière ne risque pas d’entamer la détermination des mal logés.

Mais porter plainte contre les victimes et subventionner les propriétaires des taudis, c’est une bien étrange manière de lutter contre l’insalubrité.

L'arrêté de la Préfecture de Police sur le 25, rue de l'Argonne (lien ci-dessous)

argonne_19eme_20090313 .pdf

19:40 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : insalubrité, delanoe, logement social, taudis, saturnisme, mal logés | | |  Facebook

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