web analytics

Avertir le modérateur

« Semaine du développement durable: détruire le logement social, c'est écologique ? | Page d'accueil | Les mal logés en colère devant ADOMA : VIDEO »

vendredi, 09 avril 2010

Conseil Régional IDF: les mal logés posent leurs exigences

Ce vendredi 9 avril, une centaine de membres du Collectif des Mal Logés en Colère ont occupé le Conseil Régional d'Ile de France, jusqu'à la venue d'Emmanuelle Cosse vice présidente en charge du Logement.

Pendant la campagne électorale nous avons attentivement écouté les promesses des uns et des autres en matière de logement et d'aménagement du territoire: l'échelon régional est en effet très important, car la Région influe sur la politique en matière d'aménagement du territoire  ( bureaux ou logements ) , au travers d 'établissements publics , notamment l'EPF, qui revendique la mise en place d'un million de m2 de bureaux , mais aussi à travers l'Agence Régionale de Développement, dotée d'un budget énorme destiné à faciliter l'installation et l'implantation durable d'entreprises sur le territoire.

On rappelle assez souvent aux mal logés que "Paris et sa proche couronne ne sont pas extensibles" pour que nous sachions très bien ce que signifie concrètement la priorité accordée par la Région aux espaces dédiés à l'activité économique: les demandeurs de logement sont condamnés , de plus en plus à aller là ou les bureaux ne sont pas, c'est à dire loin , très loin en grande banlieue. La Région participe d'ailleurs financièrement aux opérations de démolition de l'ANRU, qui aboutissent en termes de reconstruction, à moins de logements à bas prix et plus de bureaux sur les mêmes sites.

En Ile de France, la question de la place laissée au logement social dépend d'institutions multiples, raison pour laquelle nous multiplions les interpellations, de l'association du Grand Paris crée par le gouvernement, au Forum Paris Métropole, mis en place par des élus des communes franciliennes.

La vice présidente nous a reçu pendant plus d'une heure, et répété que le Conseil Régional "voulait avoir une parole forte sur les questions du logement".

Une "parole forte", pour une instance décisionnaire, ce sont des actes.

Or à ce niveau, ce n'est pas gagné

- Le conseil Régional investit 210 millions d'euros par an dans le logement, social et non social y compris, puisqu'une partie des fonds vont à l'aide aux propriétaires privées, et pas forcément occupants. Mais si l'on retire de cette somme, le financement des PLI, logements intermédiaires, des PLS logements sociaux inacessibles aux revenus modestes, le financement de l'ANRU, et surtout le financement d'hébergements toujours d'urgence , toujours temporaires , combien reste-t-il pour de vrais logements sociaux, et combien à Paris et en proche banlieue, là où la demande est la plus forte ?

Et ce chiffre inclut aussi la réhabilitation de l'existant, nécessaire et normale mais qui ne produit aucun nouveau logement.

- sur la question des hébergements, Emmanuelle Cosse a pointé leur nécessité , "pour faire sortir les gens des hôtels", mais aussi pour des "personnes en processus medicaux" en ce qui concerne les CHRS: mais en quoi, les mal logés ont-il besoin d'un foyer, d'une maison relais, d'une résidence sociale plutôt qu'un vrai logement ?

Emmanuelle Cosse le disait pourtant elle même en 2007 , à propos des mal logés expulsés du squat de Cachan "Nicolas Sarkozy en avait fait un problème d’immigration parce qu’il était incapable, tout comme le président de la région et celui du conseil général, de répondre à la demande sociale posée : un logement près de mon travail, près de mon école, près de mes proches, bref, là où je vis. Il a fallu une très forte solidarité pour trouver une solution plus ou moins pérenne aux familles de Cachan, qui commençaient visiblement à gêner par leur résistance. Et depuis, ceux qui avaient accepté des solutions temporaires tels des hébergements en hôtel ne sont guère plus avancés."

C'est effectivement la solidarité et la lutte qui peuvent permettre aux demandeurs de logement social d'imposer leur exigence : un logement pour tous maintenant, et de faire en sorte que les décisionnaires ne se contentent pas de mesures cache misère .

La vice présidente chargée du logement nous a finalement proposé un nouveau rendez-vous dans un mois. Nous lui avons signifié que la lutte des mal logés sera un élément à prendre en compte toute la nouvelle mandature qui s'ouvre, et jusqu'à ce qu'il y ait en Ile de France comme ailleurs, un logement pour tous !

 

Sur le même sujet, voir également:

Occupation de l'EPF Ile de France

Les mal logés au forum de Paris Métropole

Les mal logés expulsés du Grand Paris

 

18:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : emmanuelle-cosse, logement, conseil-régional, hébergement, huchon, foncier, aménagement, ard, epf | | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu