Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

Avertir le modérateur

jeudi, 22 juillet 2010

Vendôme sécurité au 104: un message pour les mal-logés du quartier

Une cinquantaine de mal logés ont manifesté ce matin au 104, rue d'Aubervilliers pour s'opposer à la décision de la Ville de Paris de consacrer 800 000 euros à une société de sécurité, présidée par un militant d'extrême droite, pour ce lieu soi disant ouvert au quartier.

Nous avons exigé des explications immédiates de la direction du 104, devant cette provocation manifeste : deux membres de cette direction nous ont confirmé le maintien de cette décision, tout en reconnaissant qu'elle "pouvait sembler extrêmement étrange et absurde".

Incapables de nous citer le moindre exemple des "problèmes de sécurité" censés justifier un budget aussi important, la direction du 104 nous a déclaré que le choix de cette société, parmi huit autres lui semblait le plus "cohérent par rapport au lieu et au quartier"...

La direction a cependant souhaité nous "rassurer": le recours à cette société, le budget sécuritaire énorme du lieu ne changera rien, et n'aurait absolument rien à voir avec le fait que les mal logés, parmi d'autres habitants du 19ème se sont effectivement réappropriés de nombreuses fois, cet espace de 40 000 m2, dont la sous utilisation a été dénoncée par beaucoup, pour leurs occupations, pour faire entendre leurs revendications.

Les mal logés n'ont pas besoin d'être rassurés, ils ont besoin des 800 000 euros versés à Vendôme Sécurité au titre de la culture (!!!), ils en ont assez qu'il y ait de l'argent pour tout à Paris, même pour rénumérer des sociétés privées dirigées par des militants d'extrême droite, pour tout,... sauf pour loger les Parisiens correctement.


Paris 19éme : 800 000 euros pour l'Extreme Droite ?
envoyé par HLMPOURTOUS. -

 

 

Le communiqué diffusé sur place

Le 29 juin 2010, le Conseil d'Administration du 104, rue d'Aubervilliers a pris la décision d'allouer 10% du budget du lieu, soit 800 000 euros, à la sécurité. La société choisie , Vendôme Sécurité, est celle d'un militant actif d'extrême droite.

Le Collectif des Mal Logés en Colère vient donc aujourd'hui demander des comptes sur ce nouveau gaspillage d'argent, doublé d'une provocation à l'égard des habitants du quartier, notamment les mal logés, pour qui le 104, est depuis son ouverture, un lieu de manifestation et de revendication.

Notre collectif, qui regroupe entre autres de très nombreux demandeurs de logement du quartier avait occupé le local de préfiguration du 104, en octobre 2008 et s'était également invité à la pré-inauguration par le Maire de Paris, alors que le bâtiment était encore en pleine rénovation.

Les mal logés ne sont pas contre la culture: mais déjà à l'époque, nous savions que le 104 ferait augmenter les prix de l'immobilier autour, nous savions aussi que nous ne profiterions de rien du tout dans ce lieu, sans une politique conséquente de relogement qui nous permette de sortir du quotidien des taudis, des expulsions, de la suroccupation que nous sommes des milliers à connaître dans le quartier.

Le nombre de demandeurs de logement n'a cessé d'augmenter depuis 2008, dans le quartier comme dans toute la capitale. Si l'Etat et la Ville de Paris tentent de cacher le problème des bidonvilles et des campements en plein Paris, en les évacuant par la force et en faisant comme s'il s'agissait d'un problème d' « immigration », nous, nous ne sommes pas dupes, car nous sommes concernés, et ceux qui dorment au bord du canal et sous les porches sont simplement tous ceux qui n'ont pas les moyens de se loger dans le privé et dont on ne respecte pas le droit au logement.

En changeant la direction du 104, la Ville de Paris a elle même reconnu l'échec du projet, un échec à huit millions d'euros par an, quand il n'y jamais d'argent pour les SDF et les mal logés.

A titre de comparaison, le budget total consacré au dispositif Louez Solidaires , c'est moins de deux millions d'euros.

 

Mais aujourd'hui, un nouveau pas est franchi: il ne s'agit plus seulement de donner la priorité financière à des projets comme le 104, mais de les interdire aux habitants du quartier.

Quel autre objectif pourrait justifier qu'on choisisse de verser 800 000 euros par an à une société de vigiles pour ce qui est censé être un lieu ouvert ?

 

La Ville de Paris, rappelons le, dispose de son propre contingent de salariés vigiles. Il est vrai que beaucoup d'entre eux sont également mal logés, et donc peu disposés à faire du zèle lors des nombreuses occupations menées notamment par notre collectif dans des lieux appartenant à la Ville, pour dénoncer l'indigence de la politique menée, sa totale inadéquation avec les besoins des parisiens mal logés.

Le choix d'une société présidée par un membre notoire de l'extrême droite parmi huit autres candidates, se justifie-t-il par son efficacité potentielle face aux actions revendicatives de ces Parisiens ?

 

Nous sommes venus aujourd'hui dire à la nouvelle direction du 104 que c'est un très mauvais choix, que cela n'empêchera pas les mal logés de venir revendiquer dans ce lieu immense , qu'on leur donne enfin la place qui leur revient dans la capitale:

UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE !

 


Vendome-sécurité : les explications de la direction du 104
envoyé par HLMPOURTOUS. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

19:18 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mal-loges, vendome-securite, budget-logement, extreme-droite, manifestation | | |  Facebook

jeudi, 08 juillet 2010

Paris, les mal-logés annoncent leur plan d'été pour les Sans-Domicile-Fixe

Collectif des Mal-logés en Colère.jpgCe jeudi 8 juin, une cinquantaine de mal-logés dont des Sans-Domicile-Fixe ont occupés l'Espace solidarité insertion Halle Saint-Didier, dans le 16éme arrondissement de Paris.

Olga Trostiansky, adjointe au Maire de Paris chargée de la lutte contre l'exclusion y tenait une conférence de Presse afin d'annoncer la politique d'été de la Ville en faveur des demandeurs de logements que sont les sans-abris : quelques places d'hebergement, accueil de jours, et bouteilles d'eau.

Nous sommes venus rappeler que la seule solution, en été comme en hiver, pour les sans abris comme pour les autres demandeurs de logement, c'est un relogement.

 

Le communiqué diffusé sur place :

Aujourd'hui la Ville de Paris présente son plan d'été pour les sans abri.

 

Des points d'accès à l'eau potable, des distributions de nourriture et après ? A quand les relogements ?

Cet été de nombreuses personnes deviendront SDF: les expulsions programmées sont nombreuses et la Préfecture n'entend pas les interrompre. Déjà, en période hivernale, les services sociaux du Département de Paris ne sont pas en mesure de proposer ne serait-ce qu'un hébergement stable, et renvoient souvent les expulsés vers le SAMU social. En été, c'est pire.

De toute façon, à Paris et en banlieue, c'est un secret de polichinelle, le nombre de SDF est sous estimé: une grande partie des hébergés sur le papier , chez de la famille, chez des tiers , passe une partie de ses journées et de ses nuits dans la rue, car la promiscuité n'est pas tenable. Cette catégorie de mal logés est en perpétuelle augmentation, car les hôtels meublés ferment les uns après les autres, ou ne sont plus financés par l'Aide Sociale à l'Enfance: l'augmentation constante du nombre de demandeurs de logement à Paris montre bien que la restriction de l'accès à ce type d'hébergements n'a pas été accompagnée d'une politique de vrais relogements.

Les hébergements d'urgence tiennent désormais lieu de solution permanente: chaque place de foyer est d'ailleurs comptabilisée comme un demi-logement dans les chiffres de production de nouveaux logements sociaux. Des demandeurs de logement vivent donc des années entières dans des lieux qui ne permettent pas une vie privée normale, ni une véritable stabilisation.

Nous ne nous résignons pas à ce que le mal logement soit considéré comme un domicile fixe.

Nous ne nous résignons pas à la fatalité des expulsions programmées, qui créent chaque jour des nouveaux SDF

Nous attendons de l'adjointe aux Affaires Sociales de la Ville de Paris, un peu plus que des bouteilles d'eau , des assiettes de soupe et une chaise dans les espaces d'accueil de jour en guise de politique sociale.

Nous exigeons autre chose que l'urgence permanente, et nous ne voyons pas comment Olga Trostiansky ne pourrait pas nous écouter et agir, elle qui déclarait à l'Hôtel de Ville, il y a quelques semaines, à l'occasion d'une exposition de photographies de populations précaires

« Le plus souvent, les images de la misère font appel à la compassion, à lmotion.

Elles suscitent tout naturellement une réaction en urgence pour parer aux symptômes de la grande pauvreté. « Donnons des vêtements à ces enfants ! donnons à manger à ces sans abris ! ne les laissons pas mourir de froid dehors ! ».

Faire appel à l'analyse de l'exclusion est bien plus complexe et appelle des réponses qui seront très différentes et bien moins photogéniques »

Aujourd'hui, nous mal logés parisiens, précaires en chair et en os attendons ces réponses

UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE

 

15:25 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris, sdf, mal-logés, trostiansky, expulsion, centre-d'hebergement | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu