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« 16ème arrondissement: la mairie évacue les mal logés au lieu de les reloger | Page d'accueil | Occupation de la DRIHL: les logements en Ile de France, c'est pour quand ? »

vendredi, 31 décembre 2010

Sur les "exactions" dans le 16ème arrondissement.

Goasgen-mairiedu16éme.jpgLes membres de notre collectif ont appris par la presse que Mr Goasguen, maire du 16ème arrondissement qualifiait notre occupation de la mairie ce jeudi 30 décembre d’ « exaction violente ».


Nous tenons à rappeler quelques faits et définitions.


Nous sommes venus collectivement à la mairie du 16ème arrondissement en juin 2010 demander un rendez-vous avec le maire. Demande parfaitement légitime dans la mesure ou des membres du collectif sont habitants de l’arrondissement, dont des locataires menacés par un congé pour vente et des personnes habitant l’arrondissement depuis plus de vingt ans dans des conditions indignes.
Ce jour là, le cabinet du Maire s’est engagé à nous proposer un rendez-vous avec Mr Goasguen, mais aussi un suivi des dossiers.
Nous avons attendu six mois avant de revenir.


Le mot "exaction" a la signification suivante , d’après le dictionnaire : « Action d'exiger plus que son dû en profitant de son pouvoir ».
Il nous semble que le logement est encore dans ce pays un droit fondamental inscrit dans les textes.
De ce que la loi en dit, il paraît même depuis 2007 qu’il s’agit d’un droit « opposable ».


Au-delà des obligations légales, nous avons comme tout le monde entendu le président de la République, membre du même parti que les élus de la Mairie du 16ème , promettre en 2007 qu’il n’y aurait plus aucune personne dormant dans la rue à la fin de sa mandature. Ses prédecesseurs de droite ou de gauche avaient d’ailleurs promis la même chose.
Nous n’avons donc pas exigé plus que notre dû lors de notre occupation.


Par contre, Mr Goasguen, lui-même,  à propos des recours intentés par d’autres habitants du 16ème contre la construction de 407 logements sociaux disait  au Parisien : « Il est vrai que dans le 16ème, plus qu'ailleurs, les habitants disposent de moyens financiers qui leur permettent d'aller devant les tribunaux, de payer un avocat, d'aller au bout des procédures et de bloquer certains programmes ».
Le maire admet donc qu’il y a des Parisiens qui ont le pouvoir de faire en sorte que d’autres n’aient pas accès au minimum, un logement décent. Interdire à d’autres de se loger quand on est soi même bien logé, c’est exiger un peu plus que son dû.
Nous nous étonnons donc que le maire du 16ème arrondissement n’ait pas choisi plutôt cette occasion là d’employer le mot exaction dans son véritable sens.


Le seul pouvoir des demandeurs de logement en souffrance, c’est celui de se montrer, d’être visibles par l’action collective, de ne pas mourir en silence comme 400 personnes qui décèdent dans la rue chaque année.
Comme chacun peut le voir dans notre vidéo, le bruit est la seule arme que nous ayons utilisée lors de cette occupation de la mairie du 16ème.


Nous avons dérangé, tant mieux, ce ne sera ni la première, ni la dernière fois.
Et ce ne sont pas des accusations absurdes comme celle d’avoir «  abimé les murs et les portes » qui vont nous décourager. Elles reflètent simplement l’indécence d’un maire qui ferait bien d’aller voir les chambres de bonne pourries ou les taudis bien cachés derrière les façades des immeubles bourgeois, pour savoir ce qu’est une porte ou un mur « abimé ».
Elles montrent une fois de plus le mépris dans lequel les élus tiennent les personnes aux revenus modestes : dans leurs discours insultants la présence de cent mal logés abime à elle seule les portes et les murs de la mairie du 16ème, comme les HLM et leurs habitants abiment le paysage, sans doute.Il est vrai que le maire avait également pointé l’insécurité en soi que représentaient des logements sociaux « non loin des ambassades ».


Le droit de choisir ses voisins n’est pas encore reconnu légalement, pas plus que celui des maires à faire le tri entre les habitants qui leur conviennent et ceux qu’ils voudraient bien voir déménager.
Quelles que soient les intimidations, le Collectif des Mal Logés en Colère continuera donc ses actions, comme ces six dernières années pour faire cesser les exactions de tous ceux, quelle que soit leur couleur politiques qui entendent abuser de leur pouvoir pour empêcher les demandeurs de logement d’obtenir leur du.


Paris : Manifestation de mal-logés à la Mairie du 16éme
envoyé par HLMPOURTOUS. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

 

Ci dessous la dépêche de presse en question :

PARIS - Près d'une centaine de mal logés qui occupaient des locaux de la mairie du XVIe arrondissement de Paris pour protester contre le manque de logements sociaux ont été évacués par la police jeudi en fin de matinée, a-t-on appris auprès de la mairie et du collectif des mal logés.

M. Goasguen met en garde "le maire de Paris et la municipalité parisienne contre les propos caricaturaux qui ont été tenus ces derniers mois à l'égard du XVIe arrondissement sur les logements sociaux, tout en sachant pertinemment que les maires d'arrondissement n'ont aucun pouvoir dans ce domaine".

Selon la mairie, entre 60 et 80 personnes sont montées dans la matinée dans les étages de l'Hôtel de Ville et ont forcé la porte de la salle des mariages.

Les mal-logés ayant refusé de mettre un terme à leur action "un peu violente", des murs et des portes ayant été abîmés, le maire a demandé l'intervention de la police qui a procédé à leur évacuation "dans le calme", a-t-on indiqué de même source.

Le collectif a confirmé l'évacuation d'"une centaine de mal logés, dont de nombreux demandeurs de logements du quartier".

"Que le maire du XVIe et ses riches administrés ne veuillent pas de gens aux revenus modestes comme voisins, c'est leur problème: mais dans ce cas, que le député Claude Goasguen cesse de mener une politique de destruction du logement social avec le gouvernement qu'il soutient", écrit-il dans un communiqué.

Le maire UMP du XVIe, Claude Goasguen, a protesté pour sa part dans un communiqué "avec la plus grande vigueur contre les exactions commises par un groupe violent appartenant au +Collectif des mal logés en colère+".

13:19 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : goasguen, sru, mal-logement, mixité-sociale, hlm, anru, apparu | | |  Facebook

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