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jeudi, 20 janvier 2011

Le Préfet du logement, Alain Regnier, interpellé par des mal-logés

Ce matin, quatre- vingt mal logés ont interpellé de vive voix Mr Alain Régnier, préfet délégué général pour la coordination de l'hébergement et l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, à l’occasion d’un colloque européen sur le logement social à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.
Hier, suite à l’occupation de la DRIHL, nous étions reçus par Jean Martin Delorme chargé des mêmes missions que Mr Régnier,  mais uniquement pour l’Ile de France.  Face à l’urgence de la situation sur le front du logement, Mr Delorme qui s’exprimait également au nom du Préfet, n’a su que nous répéter des chiffres censés démontrer que la situation s’améliore , malgré l’évidence de la dégradation des conditions de vie de millions de mal-logés en France.
On nous annonce des « records » de construction de logements sociaux en 2010, mais le Ministère passe sous silence, les dizaines de milliers de logements sociaux vendus chaque année, et les centaines de milliers d’appartements démolis par l’ANRU depuis le début des années 2000. Les élus font comme si la spéculation immobilière n’existait pas, comme si en dix ans, les logements du parc privés à bas prix n’avaient pas totalement disparu. Le chiffre de 3, 5 millions de mal logés n’existe tout simplement pas à leurs yeux.
Face à ce déni de réalité, face à ce refus de l’Etat de satisfaire un besoin fondamental, l’accès au logement, face à la volonté manifeste d’ignorer et de décourager les mal-logés en lutte, nous avons donc décidé de réagir immédiatement.
Puisque qu’on ne veut pas nous entendre au niveau régional, nous sommes donc allés  à la rencontre de celui qui a été nommé directement par François Fillon, pour réaliser les engagements pris en 2009 sur la résorption du mal-logement, et réitérés fin 2010 dans une circulaire adressée à tous les Préfets.
Puisque les promesses n’engagent que ceux qui les croient, les mal-logés entendent bien les rappeler quotidiennement à ceux qui les font.
Alain Régnier s’est engagé à nous recevoir mardi, pour notre part, la lutte continue jusqu’au relogement de tous.

Voir le communiqué diffusé sur place ci dessous


Mal-logement : Le Prefet Regnier interpellé en direct
envoyé par HLMPOURTOUS. -

 

Mal-logement : nous méritons mieux qu’une politique résiduelle et nous l’obtiendrons.


Si nous sommes aujourd’hui une centaine de demandeurs de logement à nous inviter au colloque organisé par le Préfet Alain Régnier, colloque intitulé «  Le logement social dans tous ses états », c’est que le temps presse, et que l’Etat  n’a pas l’air de s’en rendre compte.
En 2008, Mr Alain Régnier était nommé par François Fillon délégué général pour l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées. Un an plus tard le 16 mars 2009, dans un entretien consultable sur le site du Ministère,  Mr Régnier affirmait que l’objectif était  « qu'à l'horizon 2012, nul ne soit contraint de vivre dans la rue ou dans un habitat indigne ».

Si nous parlons la même langue que notre Préfet, l’ « horizon 2012 », c’est dans un an.


Un an pour reloger ne serait-ce que 374 000 demandeurs de logement franciliens recensés, alors que la DRIHL annonce comme une extraordinaire bonne nouvelle, le fait que 570 demandeurs DALO soient relogés chaque mois , ce qui permettrait au mieux d’arriver à moins de 7000 demandes de logement  satisfaites d’ici la fin de l’année ?
Et cela seulement si le mal-logement ne frappait sans cesse de nouveaux foyers…Or la reprise de la hausse des prix immobiliers en 2010, conduit mécaniquement à une hausse des congés pour vente, des impossibilités de faire face au paiement du loyer et donc des expulsions pour 2011 et 2012.


Nous n’entendons pas empêcher les chercheurs de chercher, mais nous n’acceptons plus que la politique du logement social se résume à une communication permanente du Ministère, à coups d’études et de colloques , pour nous persuader  que tout va de mieux en mieux et que les chiffres qui font état d’une augmentation constante du nombre de mal-logés ne sont pas ceux qui comptent. Nous ne pouvons rester sans réaction devant  un évènement officiel , organisé par le gouvernement et ses représentants, et dont l’un des sujets traités est « Et si ce n’est pas le logement social, quel secteur prend en charge les populations perçues comme indésirables ? »

Quelles sont  ces « populations perçues comme indésirables »? Sans aucun doute les demandeurs de logement social dans leur ensemble, puisque ce colloque est notamment consacré à l’exposé de la conception «  résiduelle » du logement social, selon laquelle celui-ci devrait être réservé aux « personnes les plus défavorisées ».


Le collectif des Mal Logés en Colère est donc venu aujourd’hui rappeler que le logement social n’est pas une « mesure d’urgence » pour quelques pauvres méritants et triés sur le volet, mais une conquête sociale, la possibilité pour toutes les personnes aux revenus modestes de se loger décemment sans y consacrer tout son budget.
Nous comprenons bien que notre démarche nous classera immédiatement dans ces « populations indésirables » qui rappellent en 2011 aux représentants de l’Etat les engagements pris en 2009.
Mais nous sommes là quand même, et notre lutte constante et déterminée démontre en tout cas que le mal-logement ne sera pas un problème résiduel pour les responsables de la situation.

15:03 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : benoist apparu, construction, logements sociaux, sru, hlm, dalo, mal-logement | | |  Facebook

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