Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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jeudi, 24 février 2011

Paris Habitat: le compte n'est pas bon pour les mal-logés

Jeudi dernier, une centaine de demandeurs du logement du collectif des Mal-Logés en Colère manifestaient devant le siège social du premier bailleur parisien suite à la publication du Rapport de la Cour des Comptes, qui confirme le cout exorbitant de ce nouveau siège.

Comment comprendre la politique de Paris Habitat ? Incapable de faire face à la demande de logement ( 120 000 demandeurs à Paris ), incapable de répondre aux demandes de changement de ses propres locataires en suroccupation ou en situation de handicap, le bailleur social trouve par contre les fonds pour un siège de luxe, pour la location supplémentaire de bureaux dans le privé, et surtout pour l'achat d'immeubles déjà occupés dans les beaux quartiers !

Sourde à toute critique, la direction générale du bailleur social avait refusé de nous recevoir la semaine dernière, estimant n'avoir aucun compte à rendre aux demandeurs de logement et aux locataires.

Aujourd'hui, nous avons donc décidé d'occuper les locaux loués par le bailleur à un propriétaire privé, en l'occurrence plusieurs étages dans un immeuble luxueux juste en face du Jardin des Plantes, au 27, rue Buffon !

Pendant que les mal logés se privent de tout, le bailleur ne se prive de rien.

Nous avons maintenu l'occupation jusqu'à être reçus au siège par la direction : Mr Bethiol directeur de cabinet de Pierre Lemas, Mme Barron , secrétaire générale de l'OPH, Mr Collin directeur chargé des locations, Mr Romano, directeur adjoint .

Les explications sur le cout du nouveau siège ne nous ont évidemment pas convaincus : comment est- il possible qu'un bailleur social, spécialiste en immobilier ait pu ne pas vérifier la nécessité d'un désamiantage du bâtiment ? Ce n'est pas très rassurant pour les locataires d'immeubles rachetés ...

Cependant, nous nous félicitons d'avoir ramené la direction de Paris Habitat à la réalité : la politique du premier bailleur social ne se mènera pas dans le mépris des premiers concernées. Si elle ne répond pas à l'objectif premier d'un bailleur social, le relogement rapide des demandeurs, les mal-logés en colère seront là pour maintenir la pression.

 

 

Le communiqué diffusé sur place

OU VA PARIS HABITAT ?

Une centaine de mal-logés occupent aujourd'hui les locaux loués par Paris Habitat Rue Buffon pour ses services informatiques.

Ces locaux, loués très cher dans un quartier riche de la capitale alors que le nouveau siège devait accueillir toutes les activités centrales, sont symboliques de la dérive incompréhensible de la politique du premier bailleur social parisien.

Ces dernières années, les grands projets « innovants » n'ont pas manqué à Paris-Habitat OPH :

  • - Le nouveau siège: la vente de l'ancien devait dégager des fonds pour la construction de logements, et le bâtiment choisi économiser de l'énergie. A la finale, il faut louer des locaux à l'extérieur pour accueillir tous les salariés, le nouveau siège est plus énergivore que l'ancien et le surcoût est de 90 millions d'euros par rapport au projet initial.

 

  • - Les logements dans les beaux quartiers: Paris Habitat s'est lancée d'une part dans l'acquisition d'immeubles occupés, là où le prix du m2 est le plus cher. Alors que la demande de logement social explose, que l'urgence est reconnue par tous, ces acquisitions portent sur des appartements qui se libèrent en moyenne au bout de dix ans.

Dans le même temps, dans les quartiers moins chers de la capitale, on laisse les investisseurs             privés récupérer le foncier disponible !

Le résultat est là : Paris Habitat premier bailleur social ne répond plus à la demande, ne remplit plus son objectif premier, loger les salariés et les personnes aux revenus modestes et moyens. Non seulement, le nombre d'attributions est ridicule au regard des besoins, mais Paris Habitat a de plus en plus de mal-logés à l'intérieur de son parc de logements sociaux : aucune mobilité n'est possible, les grands logements manquent et des milliers de familles sont donc en suroccupation !

Le handicap n'est pas pris en compte non plus, faute de logements adaptés et personnes âgées et/ou invalides vivent donc dans des conditions épouvantables.

Paris Habitat répond à ses usagers par le mépris : quand bien même les 120 000 demandeurs de logement sociaux sont là pour démontrer l'inadéquation de sa politique, la direction du bailleur continue la politique de la porte fermée, malgré les manifestations qui se multiplient devant son siège, notamment.

Les mal -logés n'ont donc pas d'autre choix que maintenir la pression pour que le bailleur revienne à l'essentiel : construire maintenant du logement neuf, ce n'est pas du luxe !

Paris Habitat, c'est notre argent, c'est nos logements !

Voir aussi :

http://mal-logesencolere.20minutes-blogs.fr/archive/2010/...

http://mal-logesencolere.20minutes-blogs.fr/archive/2010/...

http://mal-logesencolere.20minutes-blogs.fr/archive/2010/...

http://mal-logesencolere.20minutes-blogs.fr/archive/2009/...

 

17:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris-habitat oph, cour des comptes, mal-logement, sru, dalo | | |  Facebook

jeudi, 17 février 2011

Rapport de la Cour des Comptes : une centaine de mal-logés manifestent devant le siège de Paris Habitat.

Ce matin, suite à la publication du Rapport de la Cour des Comptes , une centaine de demandeurs de HLM du collectif des MalLogés en Colère a manifesté devant le siège social du premier bailleur parisien, pendant plusieurs heures.

La direction « en réunion » n’a pas souhaité nous recevoir et a préféré faire déployer un dispositif de police devant ses portes.

Il faut dire qu’il aurait été difficile de trouver les arguments pour nous répondre, sur ce que la Cour des Comptes appelle des « défaillances difficilement compréhensibles », concernant le nouveau siège social inauguré en grande pompe en 2009. « Défaillances » qui on abouti à un cout total de 139 millions d’euros pour un bâtiment qui ne peut même pas accueillir toutes les activités du bailleur, ce qui a rendu nécessaire la location de nouveaux bureaux à 5 mn du siège !

Dès les début du projet, notre collectif avait mené de nombreuses actions de protestation contre cette opération pharaonique totalement absurde, puisque l’ancien siège se situait non loin de celui-ci : à l’époque, la direction de Paris Habitat prétendait que la vente de l’ancien siège permettrait de dégager des excédents pour la construction de nouveaux logements, à la finale, il a fallu puiser sur les fonds propres du bailleur ! On nous avançait aussi l’argument « écologique », il s’avère que les charges de chauffage et d’électricité sont deux fois plus importantes qu’avant !

En octobre 2009, suite à une occupation, nous avions été reçus par Mr Romano , de la direction générale : celui-ci avait balayé nos demandes d’explication suite à la publication d’un rapport de la Cour Régionale des Comptes qui pointait déjà ces défaillances. Selon ses dires, ce rapport émanait d’une instance « mineure » , et ne signifiait rien.

Aujourd’hui, c’est la Cour des Comptes nationale qui renchérit dans le même sens, et arrive aux mêmes conclusions que notre collectif.

Ou va Paris Habitat ? Comment le premier bailleur social parisien , qui avait des fonds propres importants il y a encore cinq ans, en est-il venu à voir sa marge de manœuvre totalement réduite pour la construction neuve ?

A l’instar de l’affaire du siège, la politique menée dans d’autres domaines pose clairement le problème de l’utilisation des fonds du logement social : rachat d’immeubles quasi-totalement occupés dans les quartiers les plus chers de la capitale ( notamment ceux de la Caisse des Mines), rachat des ex-logements de la SAGI à des conditions extrêmement défavorables, augmentation des loyers…

Depuis des mois nous organisons de nombreux blocages du siège, pour dénoncer cette politique et pour que Paris Habitat remplisse sa mission première : reloger les demandeurs de logement aux ressources modestes et moyennes.

La politique de la porte fermée pratiquée par la direction générale, manifestement embarassée, ne nous découragera pas .

Paris Habitat, c’est notre argent, c’est nos logements


Paris-Habitat OPH, les mal-logés veulent une autre politique
envoyé par HLMPOURTOUS. - L'info video en direct.

17:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris-habitat oph, cour des comptes, mal-logement, sru, delanoé | | |  Facebook

jeudi, 10 février 2011

UNPI: nouvelle provocation sur les chiffres du mal-logement

Ces derniers jours, l'Union Nationale des Propriétaires Immobiliers a diffusé des chiffres, repris dans les médias , qui voudraient démontrer que la crise du logement n'existe pas , que les mal-logés sont une infime minorité de la population, et que l'argent public du logement devrait être consacré en grande partie à l 'aide financière aux propriétaires bailleurs.

L'UNPI réagissait aux chiffres publiés dans le rapport de la Fondation Abbé Pierre, avec une méthode sans doute inspirée de celle du Secrétariat d'Etat au Logement, qui, lui, affirmait quelques jours auparavant que la construction de logements sociaux battait tous les records.

L'UNPI  ose affirmer qu'il n'y a que 250 000 personnes « privées de logements », et qu'il suffirait donc de construire 250 000 HLM pour que le problème soit réglé.

Mauvaise plaisanterie ou ignorance totale de la situation ? La catégorie « privé de logement » n'inclut pas les personnes victimes de l'insalubrité, les personnes hébergées chez leur famille, chez des tiers, et toutes celles qui souffrent de la sur-occupation. Elle n'inclut pas tous ceux qui se privent et survivent à peine pour payer un loyer dans le privé, ni les propriétaires qui voudraient devenir locataires parce que le logement est trop petit.  . Quand on a la chance de ne pas souffrir du mal-logement, le minimum de décence consiste à ne pas dire des énormités pareilles.

Pour l'UNPI, tout est simple : il suffit de « réhabiliter l'ancien » et donc d'augmenter le financement public aux propriétaires bailleurs. Cela a déjà été fait, par l'ANAH, aujourd'hui le taux de prise en charge des travaux de mise aux normes est quasiment de 50%, la moitié des propriétaires qui en bénéficient  y ont droit sans aucune condition de ressources.

L'UNPI, qui se plaint des « taxes » contraignantes, ignore-t-elle par exemple, l'existence de l' « usufruit social » : il consiste en une exonération quasi-totale des impôts immobiliers à l'achat du bien, en échange de sa location pendant quinze ans au taux de loyer le plus élevé du logement social ( PLS ), et exonération de l'impôt sur la plus-value en cas de vente du bien immédiate après les quinze ans. Et toujours sans conditions de ressources ...

L'UNPI exige de nouvelles règles plus avantageuses pour la « garantie des risques locatifs » : les dispositifs financés par l'Etat et le 1% logement, issu des cotisations salariales existent, mais les garanties demandées sont toujours plus importantes, les loyers toujours plus élevées, les catégories sociales refusées par les bailleurs de plus en plus nombreuses.

Tout ceci n'a pas empêché la crise du logement de s'amplifier, et l'incitation financière ne marche manifestement pas sur les propriétaires bailleurs.

Le logement social construit en masse a par contre montré son efficacité pour tous : il répond à la demande des revenus modestes, il permet  de multiplier l'offre et de faire que tous les bailleurs privés soient amenés à proposer des loyers raisonnables, des logements corrects, et empêche la spéculation immobilière, rendant ainsi la propriété accessible à ceux qui le souhaitent.

Des logements sociaux en masse maintenant !

14:16 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : unpi, apparu, mal-logement, fondation abbé pierre, anah, garantie risques locatifs, usufruit social | | |  Facebook

jeudi, 03 février 2011

Loi SRU: la fête à Neu-Neuilly...

Aujourd'hui, à l'Assemblée Nationale, Benoist Apparu et les parlementaires célèbrent les dix ans de la loi SRU.

Le Collectif des Mal Logés en Colère a choisi la Mairie de Neuilly pour cet anniversaire : hormis dans cette ville qui n'a même pas atteint 4% de HLM en dix ans, où pourrait-on trouver quiconque pour se réjouir de la situation ? Nous avons donc occupé l'Hôtel de Ville à une centaine de personnes, ce qui a occasionné l'arrivée en quelques minutes d'un dispositif policier impressionnant, sans doute pour que les habitants de Neuilly  comprennent à quel point des demandeurs de logement social seraient de dangereux voisins. Mais le maire a quand même du s'engager à nous recevoir rapidement pour nous expliquer sa méthode pour ne pas payer d'amende tout en construisant si peu.

Les mal-logés n'ont aucune raison d'être optimistes après les déclarations de Benoist Apparu sur la loi SRU : selon lui « le problème existe aussi bien pour les villes qui ont moins de 20 % de logements sociaux que pour celles qui en ont  70 % »

C'est un bilan réaliste : la loi SRU n'a pas permis en dix ans de construire massivement du logement social dans les zones qui n'en possédaient pas, mais elle permet de décréter qu'il y a des endroits où il y aurait trop de logement social. Les amendes infligées aux communes déficitaires ne représentent rien par rapport au profit qui peut être réalisé par les collectivités territoriales avec des projets immobiliers privés, ou destinés aux entreprises, là ou du foncier est disponible.

En donnant la possibilité aux communes d'être exonérées d'amendes lorsqu'elles investissent dans diverses opérations qui ne créent pas de nouveaux logements,  on neutralise le système d'amendes.  Une ville comme Neuilly peut acheter des immeubles occupés par des personnes aux revenus aisés, et les conventionner en logement social, sans qu'aucun mal-logé ne bénéficie de cet « investissement ». L'acquisition d'immeubles occupés et re-conventionnés constitue d'ailleurs une bonne part des chiffres « record » affichés par le Ministère du Logement.

Par contre au nom de cette même loi SRU, on a investi des milliards d'euros pour démolir des centaines de milliers de logements sociaux dans les quartiers populaires. Les élus locaux qui ont atteint le fameux quota opposent cette « réussite »  à leurs habitants mal-logés pour ne pas répondre à leur demande.  Les bailleurs sociaux , en Ile de France se permettent également de refuser des attributions, même prioritaires DALO, au motif légal de « non-respect de la mixité sociale », comme l'évoque un rapport rendu au Ministère du Logement fin janvier (rapport du CGEDD sur le commissions de médiation DALO en Ile de France).

La loi SRU a bien permis la casse des « ghettos de pauvres », et n'en a pas créé de nouveaux dans les beaux quartiers... Ou sont passés les pauvres alors ? Dans la rue, dans les hébergements d'urgence, entassés dans des logements trop petits avec des loyers hors de prix. Les campings en grande banlieue ont remplacé les barres HLM en moyenne couronne.

Depuis des mois, Benoist Apparu répète que les logements sociaux doivent être construits là où il y en a réellement besoin. Le maire de Neuilly a demandé, lui, à ce qu'on revoie ses obligations en terme de nouveaux logements sociaux à la baisse, en raison notamment du coût du foncier extrêmement élevé qui rendrait toute nouvelle opération hors de prix.

Nous ne sommes pas venus demander à Mr Fromentin qu'il nous reloge sur sa commune : nous sommes venus exiger que le gouvernement et sa majorité dont il fait partie, construisent effectivement là où il y en a besoin, maintenant.

Nous ne voulons plus de nouvelles lois en faveur du logement qui se retournent finalement contre les mal-logés, de SRU à DALO, nous voulons des actes, et nous sommes déterminés à les imposer par la lutte, la méthode des obligations légales et des amendes ayant montré son inefficacité totale.


Loi SRU : la Mairie de Neuilly occupée par des Mal-logés

16:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mal-logement, sru, benoist apparu, dalo, trève hivernale | | |  Facebook

 
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