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vendredi, 07 octobre 2011

NON ! L'insalubrité n'a pas disparu à Paris

Une centaine de mal-logés ont occupé ce matin le siège parisien de la SIEMP, société d’économie mixte de la Ville de Paris chargée depuis 2001 de l’éradication de l’insalubrité dans la capitale.

Cette occupation faisait suite à la communication récente de Jean-Yves Mano , adjoint au Logement et de Romain Levy, président de la Siemp sur le sujet des taudis : selon leurs déclarations dans la presse, l’essentiel a été fait, l’insalubrité est quasiment résorbée et ce qui reste de taudis ne concernerait pas la Ville, qui en a déjà assez fait.

Les conditions de vie de dizaines de milliers de mal-logés sont pourtant toujours aussi infectes, et nous ne nous ne nous laisserons pas invisibiliser : nos taudis sont moins voyants qu’autrefois, certes, situés dans des immeubles dont la façade a souvent été refaite, et surtout la définition légale de l’insalubrité a été revue à la baisse, désormais l’humidité, les cafards, les champignons, l’amiante, les sanitaires dégradés sont « juste » de l’ « indécence » selon le terme institutionnel.

Pour nous l’ « indécence », c’est celle qui consiste à laisser perdurer pour des dizaines de milliers de personnes de tous âges, des conditions de vie dignes du siècle dernier pendant des années, pour nous l’indécence c’est de prétendre que rien ne peut être fait de plus en termes de production de logement social, pour nous l’ « indécence » , c’est se féliciter des politiques menées quand elles laissent des dizaines de milliers de Parisiens de côté.

Nous avons donc exigé et obtenu un rendez-vous avec le président de la SIEMP, le cabinet de Bertrand Delanöe, et celui de Jean-Yves Mano, pendant lequel il leur sera sans doute plus difficile d’expliquer aux premiers concernés qu’à la presse que le problème de l’insalubrité est réglé.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Communiqué diffusé sur place ci dessous


Insalubrité à Paris : des mal-logés occupent la... par HLMPOURTOUS


Insalubre, indécent, indigne, en diffus ou pas,
un taudis, est un taudis !


Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui collectivement à la direction parisienne de la SIEMP , société d'économie mixte chargée par la Ville de Paris d'éradiquer l'insalubrité .

Nous sommes ici , parce que nous sommes inquiets et révoltés de la communication globale faites par les élus parisiens, mais aussi par le gouvernement sur l'insalubrité et son traitement : ces dernières semaines, en se focalisant sur mille immeubles parisiens, dont la liste a été faite il y a des années, Jean Yves Mano, adjoint au Logement de la Ville, mais aussi Romain Levy, le président de la SIEMP ont affirmé à de nombreuses reprises que l' « insalubrité était quasi-résorbée à Paris ». Dans certains entretiens donnés à la presse, Jean Yves Mano a certes reconnu que subsistait un problème sur l'insalubrité en diffus, c'est à dire des logements isolés dans des immeubles, mais que « La Ville ne pouvait se substituer aux propriétaires privés ».

Les mal-logés savent ce que signifie au quotidien ces affirmations : un délaissement de plus en plus important des problèmes vécus par des dizaines de milliers d'entre nous.

Ce délaissement se fonde sur la distinction entre habitat « insalubre et impropre à l'habitation » et habitat « indécent ».

Concrètement, l'humidité, les infestations récurrentes de nuisibles, la présence de champignons, la mauvaise aération, l'état dégradé des installations électriques, des sanitaires, des fenêtres, de l'isolation, même cumulés ne sont plus de l'insalubrité : il faut que la dégradation en arrive au point de mettre directement et immédiatement la vie en danger pour que l'action des pouvoirs publics se déclenche enfin sous une autre forme que des injonctions de travaux inopérantes.

Concrètement, on peut très bien vivre dans un logement pourri, souffrir de pathologies récurrentes liées au mal-logement, sans pouvoir prétendre à un quelconque droit au relogement immédiat. Pire le soupçon pèse sans arrêt sur nous, les mal-logés sont très souvent accusés de « noircir le tableau » pour « extorquer un logement social. »

Les propriétaires privés, eux, bénéficient d'une considération bien plus grande, on subventionne leurs travaux, on ne recourt quasiment jamais à la suspension du loyer, on leur laisse des délais. Juridiquement plus accompagnés que les mal-logés, ils parviennent à faire financer la remise en état des logements pour ensuite congédier leur locataire et revendre en réalisant d'importantes plus-values. Ils ont à leur disposition des services d'information et d'aide immédiate et centralisée, notamment à la SIEMP, quand les mal-logés doivent attendre parfois six mois ou plus pour une visite de constat dans un appartement, et multiplier les démarches auprès de services différents pour chaque problème spécifique.

Non, le problème de l'insalubrité et des taudis n'est pas réglé à Paris, il prend simplement des formes plus discrètes, et ce d'autant plus que les mal-logés osent de moins en moins souvent le dénoncer : face à la pénurie de logements, face au peu de chances d'obtenir un logement social, s'attaquer à son propriétaire, c'est prendre le risque de l'expulsion sèche à brève échéance.

Un logement décent, c'est le minimum pour tous, il n'y pas d'insalubrité « relative » et supportable !

15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saturnisme, pascale dietrich-ragon, mal-logement, siemp, insalubrité, jean yves mano | | |  Facebook

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