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jeudi, 16 février 2012

Locataires méprisés, Paris Habitat s'en fiche

Il aura fallu un rapport de la CNIL rendu public pour que les locataires du principal bailleur de la Ville de Paris apprennent qu'ils étaient potentiellement fichés de manière illégale, et que des informations sur leur vie privée, leur santé ou des appréciations insultantes et diffamatoires étaient soigneusement consignés et accessibles au moins à une partie des salariés du bailleur.

Une centaine de locataires mais aussi de demandeurs de logement sont donc venus demander des explications à la société gestionnaire du logiciel qui a permis ce fichage, IKOS.

En effet du côté de Paris Habitat OPH, de son président Jean Yves Mano, mais aussi de Bertrand Delanôe, la réaction a été sans commune mesure avec la gravité des faits: aucune excuse aux locataires, aucune réelle garantie pour l'avenir non plus, aucune vraie précision sur l'utilisation du fichier, notamment dans les commissions d'attribution concernant les demandes de changement de logement.

Ce scandale sans précédent concerne non seulement les locataires de Paris Habitat OPH mais aussi une bonne partie des mal-logés parisiens: le même logiciel est en effet utilisé pour récolter les informations concernant le traitement de l'insalubrité et donc les habitants des logements traités qui font l'objet d'un suivi social, de questionnaires sur leur santé notamment.

Locataires ou demandeurs de logements nous sommes donc venus manifester notre colère et notre inquiétude.

Notre colère, parce que les élus comme les responsables de Paris Habitat OPH traitent l'affaire avec une légèreté qui témoigne du sous-statut des locataires de HLM et des mal-logés: on nous demande de nous contenter de communiqués lapidaires et évasifs face à la violation de nos droits les plus élémentaires.

Notre inquiétude parce que nos problèmes de logement nous contraignent à fournir des informations confidentielles et potentiellement utilisables de manière nuisible aux travailleurs sociaux, aux bailleurs, à la mairie, et qu'aujourd'hui, nous n'avons plus aucune certitude sur ce qui en est fait.

Chaque locataire, chaque demandeur de logement aurait du recevoir des excuses , des assurances et des explications de la part de l'adjoint au Logement de la Ville et de Paris Habitat OPH.

En lieu et place, à notre collectif qui demandait un rendez-vous pour les obtenir, Stéphane Dambrine, directeur général de Paris Habitat  a proposé de nous téléphoner quand il en aurait le temps...

Et comme ne nous contentions pas de cette proposition méprisante, c'est une expulsion policière qui a eu lieu.

Devant un fichage tellement scandaleux qu'il a conduit à un avertissement public de la CNIL , nous n'en resterons pas là.


OPH Paris Habitat : fichage et mépris des... par HLMPOURTOUS




COMMUNIQUE DIFFUSE SUR PLACE


Paris Habitat OPH et SOPRA GROUP : le fichage et le mépris.

 

Locataires de Paris Habitat et demandeurs de logement social, nous sommes venus aujourd'hui manifester au siège de SOPRA GROUP: après la révélation du fichage des locataires pratiqué au travers du logiciel IKOS, mis en place par Paris Habitat OPH et cette société, nous ne pouvons nous contenter des maigres justifications de la Ville de Paris, qui invoque « une minorité de concernés », et surtout met en avant une volonté d' « aider socialement » les locataires.

 Parmi nous, il y a des locataires qui ont fait des demandes de changement de logement, en exposant de bonne foi, le handicap ou la maladie grave d'un des leurs, ou les difficultés sociales engendrées par la suroccupation. A l'accueil des directions territoriales, on encourage les locataires mais aussi les demandeurs de logement à exposer une bonne part de leur vie privée, à fournir des justificatifs médicaux indiquant précisément les pathologies mentales ou physiques, mais aussi les cas de violence conjugale par exemple.

 Le délai d'attente inacceptable pour une première attribution ou un changement de logement incite les demandeurs dans la détresse à dévoiler des informations sensibles, intimes dans l'espoir de faire avancer leur dossier.

 Aujourd'hui nous sommes en droit de savoir ce qui est fait de ces informations par Paris Habitat OPH et son prestataire SOPRA GROUP et devant ce qui a été révélé par la CNIL, nous nous interrogeons légitimement sur d'autres dérives possibles. Une chose est certaine : le logiciel IKOS était utilisé dans le cadre des commissions d'attribution de logement au moins concernant les mutations internes, et donc les appréciations éventuelles révélées par la CNIL étaient accessibles dans ce cadre.

 De plus, selon le rapport d'activité de Paris Habitat OPH de 2006, « Depuis 2001, l’Opac de Paris utilise Ikos comme progiciel au coeur du système d’information pour ses activités de gestion locative, d’attribution des logements » (source : http://www.parishabitatoph.fr/OPAC/Documents%20Biliothque...) »

 Le même logiciel est donc manifestement utilisé pour gérer les candidatures de l'ensemble des demandeurs.

 La société qui commercialise ce logiciel SOFRAGROUP a également réalisé un logiciel de traitement des données concernant l'insalubrité à Paris et ses victimes, logiciel qui centralise notamment les observations des travailleurs et structures faites sur le terrain, auprès des mal-logés concernés (source : http://www.sopragroup.com/page.php?lang_code=FR&menu_...)

 Des centaines de milliers de foyers parisiens sont éventuellement concernés par les révélations de la CNIL : pourtant, aucune excuse, aucun regret n'a été exprimé directement aux locataires et aux usagers de Paris Habitat OPH, ni dans le communiqué du bailleur, ni dans celui de la Ville de Paris

 Le mal-logement nous contraint à nous mettre à nu devant les autorités chargées de nous reloger : notre santé, notre situation socio-professionnelle, celle de nos familles est consignée dans les moindres détails dans les dossiers. Pour autant, nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone, dont le fichage serait un problème moindre, dont la vie privée pourrait être accessible à n'importe qui , sous prétexte que nous sommes demandeurs de logement ou bénéficiaires d'un HLM.

 Nous sommes venus demander des excuses, des explications, la transparence et des garanties pour l'avenir.

17:17 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cnil, fichage, paris habitat oph, jean yves mano, sopragroup | | |  Facebook

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