Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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vendredi, 29 juin 2012

Face à l'urgence du mal-logement, Cecile Duflot préfère esquiver les mal-logés

Hier soir, Mme Duflot annonçait la fermeture des 2650 dernières places d'hébergement d'urgence encore ouvertes , à l'exception de 3 foyers parisiens.

Ce matin, alors que les protestations d'associations et de professionnels de l'hébergement se multipliaient, 80 mal-logés sont allés à la rencontre de la Ministre à l'occasion d'un colloque sur le logement d'insertion à la Maison des Solidarités du 13ème arrondissement.

Face à des personnes déjà en rupture d'hébergement , à des foyers dont l'expulsion locative doit intervenir la semaine prochaine, Mme Duflot n'a pas eu d'autre réaction qu'imiter son prédécesseur Benoist Apparu, devenu spécialiste des entrées par les portes dérobées, des interventions éclair le temps d'une photo de presse pour ne pas faire face aux mal-logés en lutte.

Comme lui, Madame Duflot a donc dépensé de l'argent public sans compter pour le déploiement de CRS destinés à bloquer les demandeurs de logement le temps de dire quelques banalités qui ne mangent pas de pain à la tribune.

Le ridicule ne tue pas, le mal-logement si.

L'été s'annonce comme le pire que les mal-logés aient jamais connu. Un seul chiffre suffit à en témoigner: le SIAO, chargé de répondre de manière centralisée aux demandes d'hébergement n'en satisfait qu'une sur quatre. Aucune circulaire n'ayant été prise contre les expulsions locatives , aucun budget supplémentaire n'ayant été alloué même à l'hébergement d'urgence, le nombre de personnes à la rue va augmenter de manière forcément exponentielle ces prochaines semaines et jusqu'à l'hiver.

Les mal-logés n'ont pas besoin du rapport commandé par Mme Duflot à la DIHAL pour savoir que la situation est catastrophique, ils la vivent.

Cela ne nous empêche pas de continuer la lutte.

 


Colloque sur le "logement d'insertion", Cécile... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place

ET MAINTENANT , LE LOGEMENT ?

En ce début d'été, pour les mal-logés, seules les mauvaises nouvelles sont certaines. Nous sommes donc venus à la rencontre de notre Ministre , à l'occasion d'une rencontre associative sur le logement d'insertion à la Maison des Associations et de la Solidarité du 13ème arrondissement.

Hier a été annoncée la fermeture des derniers dispositifs hivernaux d'urgence , à l'exception de deux foyers parisiens.

Selon le SIAO, structure chargée de la centralisation des demandes d'hébergement faites par les travailleurs sociaux, 3 demandes sur 4 ne sont pas satisfaites ! Ce chiffre traduit bien la brutalité du réel : même l'hébergement est devenu un luxe rare.

Les expulsions ont repris : pour le moment, aucune circulaire n'a été prise pour les empêcher.

En attendant au niveau de la Préfecture de Paris, le discours qui nous a été tenu est accablant : non seulement il faut avoir le label DALO pour avoir une mince chance d'échapper à une expulsion immédiate, mais un nouveau critère semble avoir été ajouté cette année : ne pas avoir de dettes de loyer importantes.

Même l'obtention d'une domiciliation administrative, sésame de base pour accéder à n'importe quel droit social devient conditionnel : certaines associations n'ont pas vu leur agrément renouvelé et un nombre apparemment élevé de personnes sans domicile fixe se retrouve donc sans possibilité d'avoir ne serait-ce qu'une adresse administrative.

Les mal-logés sont pris à la gorge, le dos au mur.

Aujourd'hui, Mme Duflot vient parler des logements d'insertion, censés préparer la voie à un vrai relogement : les hébergés dans ce type de logements y sont souvent bloqués depuis des années, et surtout l'on voit mal comment une offre nouvelle pourrait être développée, alors qu'aucune augmentation du budget logement n'a encore été annoncée.

Un rapport rendu par le Sénat ces derniers jours reconnaît honnêtement que la loi DALO n'a pas changé la situation, et propose une énième « adaptation » ou « modification » de son application, notamment en effectuant une réforme des attributions. Mais une réforme des attributions ne peut pas augmenter l'offre de logements.

La moyenne d'attente pour un logement social est de dix ans, à l'heure actuelle. Qui pourrait reprocher aux mal-logés d'être impatients, quand leurs conditions de survie sont en dessous de tout ?

 UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !


15:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, egalité des territoires, fapil, réforme attribution logements, dihal, fermeture hébergement | | |  Facebook

mercredi, 27 juin 2012

Présentation des résultats de l'activité 2011 d'Immobilière 3F : les mal-logés ont leur mot à dire

Aujourd'hui, l'un des plus importants bailleurs sociaux français présentait à la presse son rapport d'activités pour l'année 2011.

La direction des 3F est très satisfaite de ses résultats: mais sur le terrain, les locataires comme les demandeurs de logement n'ont pas forcément le même avis et pour cause, les relogements sont bien peu nombreux.

70 d'entre eux ont donc manifesté devant le siège et seront reçus par la direction générale dans les prochains jours.

Ces dernières années, les bailleurs sociaux ont invoqué nombre de mesures de restriction budgétaires et de ponctions sur leurs fonds propres pour justifier une politique gravement insuffisante en matière de production de logement.

Ces dernières semaines, cependant, les premières annonces du Ministère ont concerné l'abolition de quelques unes de ces mesures : nous souhaitons que cette situation profite directement aux demandeurs de logement social et que des garanties soient données à ce niveau.

 Le prélèvement destiné à financer l'ANRU va être supprimé, ce qui représente une économie de 175 millions d'euros tous bailleurs confondus.
 La cession de terrains publics va être proposée aux bailleurs sociaux

Le choix de l'utilisation des  fonds du 1% serait de nouveau  sous la responsabilité des collecteurs et des bailleurs

Mais ces mesures déjà très insuffisantes au regard des besoins ne peuvent profiter aux mal-logés que si des engagements concrets sont pris par les bailleurs sur certains points.

-La vente de logements sociaux doit cesser : ainsi en 2011 , le groupe 3F a effectué 5843 nouvelles mises en chantier, mais opéré 1890 mises en vente. Pour 3 nouveaux logements produits , on en vend donc 1, et ce alors que la production est déjà extrêmement basse par rapport aux besoins.

- Le type de logements produits doit être adapté à la demande , et ce de manière locale : le groupe 3F met en avant une production majoritairement composée de PLUS et de PLA-I. Mais par exemple, dans les banlieues des Hauts de Seine comme Boulogne, bien situées mais manquant gravement de logements sociaux à bas prix, le dernier programme en date est composé de 94 logements intermédiaires inaccessibles à la quasi totalité des demandeurs de logements sociaux pour seulement 38 PLUS. Sur Paris, les programmes les plus importants livrés récemment sont certes classés en PLAI ou PLUS, mais il s'agit en majorité d'hébergements comme les 207 places de foyer livrées Boulevard Pereire.

-Concernant le 1%, le groupe 3F est associé au collecteur SOLENDI .Or il faut bien constater que les salariés aux revenus modestes dont l'entreprise est affiliée à ce collecteur sont les grands oubliés de sa politique. Les propositions de logement adaptés aux faibles revenus sont très rares, et  très mal situées au regard de l'activité professionnelle du demandeur. Les salariés déjà logés par les 3F au titre du 1% et qui demandent une mutation , notamment pour cause de suroccupation n'ont quasiment aucune chance de l'obtenir.

Dans tous ces domaines, nous attendons des changements rapides correspondant à la gravité du mal-logement qui frappe une majorité de Franciliens à revenus modestes et moyens !

13:56 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : immobilière 3f, aedificat, manifestation, pla-i, plsyves laffoucrière, renouvellement urbain | | |  Facebook

jeudi, 21 juin 2012

Politique de la Ville: les mal-logés interpellent François Lamy

Quatre vingt dix mal logés ont investi aujourd'hui le secrétariat général à la Ville, placé sous l'autorité de François Lamy, avec le cabinet duquel un rendez-vous a été obtenu pour le début de la semaine prochaine.

A bien des égards, la politique de la Ville menée sous la mandature précédente a précipité la crise du logement que des millions d'entre nous connaissent. François Lamy est chargé notamment de la politique du logement dans la Ville et de la rénovation urbaine et c'est à ce titre que nous l'interpellons aujourd'hui à travers notre occupation.

 

  • L'orientation de l'ANRU, présentée comme un moyen de rénover les quartiers populaires a amené une raréfaction de l'offre de logements sociaux à bon marché, et une augmentation conjointe des prix de l'immobilier privé dans les quartiers populaires concernés : certes, le nombre de logements reconstruits est égal sur le papier à celui des logements détruits. Mais les niveaux de loyer , comme la priorité accordée à l'accession à la propriété dans les zones les plus attractives de ces quartiers a conduit à la relégation urbaine une partie de la population et à la baisse du nombre de logements vraiment sociaux disponibles en petite et moyenne couronne.

 

  • La régionalisation des politiques de relogement en Ile de France, sous tendue par l'idée qu'au fond , le Grand Paris serait le nouvel horizon de réflexion marque en réalité une accentuation des inégalités : les SDF, les errants urbains hébergés de manière précaire sont écartés de la petite couronne par des mécanismes inexorables. Beaucoup de communes par des ruses diverses qui vont de l'exclusion des services sociaux pour les habitants «  de fraîche date » à la limitation des domiciliations administratives, mais aussi à la construction d'hébergements , de résidences temporaires en lieu et place de vrais logements, parviennent à se débarrasser de leurs pauvres, de leurs salariés modestes, de leurs précaires

 

  • Par divers moyens juridiques, la qualification de logement social sur le papier ne correspond pas forcément à la réalité : de fait les PLS sont inaccessibles à 75 pour cent des demandeurs de logement franciliens, ce sont pourtant ceux dont la production augmente le plus vite. De même des dispositifs comme l'Usufruit Locatif Social permettent à des investisseurs privés de bénéficier d'exonérations fiscales et d'avantages financiers pour des logements qui n'ont de social que le nom et le label SRU, et qui dans quinze ans seront de toute façon rebasculés dans le privé.

 

La soi-disant politique de mixité sociale a bien fonctionné...quand il s'est agi d'amener des entreprises, des bureaux et des catégories sociales supérieures dans les quartiers populaires les mieux situés, dont les habitants modestes doivent partir . Mais à l'inverse, et comme il fallait s'y attendre, les quartiers favorisés n'ont pas accueilli les mal-logés, sauf de manière anecdotique.

 Nous sommes venus demander un véritable changement dans ces politiques.

La qualification de logement social doit être réservée aux logements accessibles aux classes populaires et moyennes, et la production doit être adaptée à la demande et aux revenus réels des demandeurs

Les vrais logements sociaux ne doivent plus être relégués dans des quartiers excentrés et mal desservis en transports

 Le Grand Paris ne peut être fait en choisissant sciemment de condamner une partie de sa population mal-logés à l'errance dans toute l'Ile de France.


15:50 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, cnv, anru, cus, attribution logements, rénovation urbaine, blocage des loyers, sru, acse | | |  Facebook

mercredi, 13 juin 2012

Le Ministère du Logement ne répond plus ? Occupation du SIAO 75 !


Une centaine de mal-logés a investi ce matin les locaux du SIAO, structure centralisatrice de la gestion de l'hébergement d'urgence et du relogement des hébergés sur Paris, au 42, rue des Jeuneurs.

L'occupation a duré toute la matinée et a pris fin après obtention d'une rencontre en urgence à la Préfecture de Région vendredi, ainsi qu'un rendez-vous avec la direction du SIAO demain matin.

Ces rendez-vous obtenus grâce à la mobilisation ne suffisent évidemment pas à nous rassurer au vu de la situation dramatique actuelle: la majorité des appels au 115 reste sans résultats, même pour des situations que les autorités elles-même définissent comme ultra-urgentes, notamment celles des personnes victimes de violences conjugales. Au bout de la chaîne du mal-logement, la rue devient la norme, l'hébergement même ultra-précaire une exception.

La direction du SIAO n'a pas contesté notre analyse, bien au contraire: à la veille de l'été aucune mesure concrète ne semble prise. La vague d'expulsions locatives "traditionnelle" en ce début d'été a commencé et les commissariats n'ont absolument aucune consigne particulière du Ministère pour les éviter. Patrick Rouilly pourtant gestionnaire principal de l'hébergement d'urgence à Paris nous a indiqué ne pas avoir rencontré Cécile Duflot depuis son entrée en fonction

Par ailleurs, il nous a confirmé l'information disponible sur le site du SIAO ( visible ici https://docs.google.com/file/d/0B_mOS5vuBseLWnB2VTJaRWIxL...): à savoir l'entrée en fonction d'un fichier de toutes les personnes hébergées par des structures publiques ou associatives et par le 115, fichier qui donnerait accès NATIONALEMENT aux données confidentielles et personnelles des usagers à tout connecté au fichier, soit à des milliers de personnes. Ce fichier est pour l'heure maintenu, malgré le refus des personnels et de la direction du SIAO d'y entrer de nouvelles données.

Que fait le Ministère ? Une semaine après son entrée en fonctions, Mme Duflot interpellée en direct par notre collectif avait demandé "un peu de temps" pour prendre des mesures d'extrême-urgence .

Pour le moment, il faut bien constater que la situation se dégrade à une vitesse impressionnante et que l'Etat est aux abonnés absents.

Nous n'avons pas d'autre choix que continuer à nous mobiliser !

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !


Paris : Une centaine de Mal-logés en Colère... par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

ENCORE UN ETE DE CAUCHEMAR POUR LES MAL LOGES ?

C'est en tout cas ce que laisse présager la situation actuelle. C'est la raison pour laquelle une centaine de mal-logés reviennent au SIAO, l'organisme chargé du suivi de l'hébergement avec le SAMU Social, que nous avions déjà investi en décembre.

  • Pour ceux qui ont la « chance » d'être déjà dans le dispositif et d'avoir un hébergement précaire, la contrepartie est très lourde : dans son bulletin numéro 4 ( disponible en ligne ici https://docs.google.com/file/d/0B_mOS5vuBseLWnB2VTJaRWIxLXM/edit?pli=1 ) le SIAO lui-même lance un cri d'alerte et demande aux travailleurs sociaux de ne pas utiliser le logiciel de traitement mis en place récemment car « à terme ce logiciel ayant une vocation nationale, ce sont des milliers de personnes qui auront accès à des données confidentielles relevant de la relation entre un travailleur social et la personne qui lui fait confiance »

 

  • La vague d'expulsions qui suit chaque année la fin de la trève d'hiver n'est absolument pas remise en cause : les locataires, notamment ceux soumis à des congés pour vente, mais aussi ceux qui ont accumulé des dettes de loyer, reçoivent les derniers avertissements du commissariat, et les travailleurs sociaux débordés renvoient vers le 115 , et ne sont même plus en capacité de recevoir les personnes.

 

  • Le 115 ne répond tout simplement plus aux nouvelles demandes : des femmes victimes de violences conjugales, des personnes âgées et/ou malades, des familles qui ont épuisé toutes les possibilités d'hébergement précaire chez des proches ou ne peuvent plus financer elles-même l'hôtel sont tout simplement laissées à l'abandon.

 

  • La politique menée pour les familles hébergées par le SAMU ne semble trouver comme explication valable que la volonté de les contraindre à sortir par elles-même du dispositif : en une semaine, un foyer avec enfants scolarisés peut-être transféré du 93 au 95 puis au fin fond du 78.

 

Il y a un mois, nous avions interpellé Mme Duflot sur ces urgences : elle nous avait indiqué ne pas pouvoir faire de miracles en une semaine : malheureusement, sans parler de miracles, c'est aujourd'hui le minimum qui n'est plus assuré, et l'Etat est aux abonnés absents.

 Qu'espère-t-on ? Qu'en désespoir de cause, les demandeurs de logement abandonnent toute revendication à l'égard des pouvoirs publics, se résignent aux solutions de fortune : squats insalubres et précaires, bidonvilles, campements, marchands de sommeil en tous genres ? Que signifie ce fichage généralisé et certainement hors la loi dénoncé par les gestionnaires de l'hébergement d'urgence eux-même ?

 Nous ne nous résignons pas , ni à être invisibilisés, ni à être des citoyens de seconde zone, sans accès au service public du logement, sans même un hébergement, et devant accepter le fichage de données confidentielles pour éventuellement ne pas dormir à la rue !

 

Nous continuons à manifester pour le minimum : un logement décent pour tous.


14:32 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, siao, hébergement d'urgence, samu social, dalo, fichage, manifestation, blocage des loyers | | |  Facebook

 
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