Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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mercredi, 31 octobre 2012

Expulsions massives : les mal-logés occupent l'ANRU

Le Collectif Mal Logés en Colère a occupé toute la journée l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine, à Paris, jusqu'à ce qu'un conseiller du cabinet de François Lamy se déplace pour nous rencontrer.


Actuellement la politique du logement menée par Cecile Duflot a un effet trompe l'oeil : à lire les médias, on a l'impression que des mesures d'urgences sont prise en rafales.


Sur le terrain, c'est l'enfer pour les mal-logés.


Ainsi, une circulaire d'arrêt des expulsions des prioritaires DALO est enfin promulguée : mais, « petit » détail, elle ne prendra effet qu'au 15 mars prochain. Or une vague d'expulsions sèches sans précédent ces dernières années vient d'avoir lieu. Trop tard pour celles et ceux qui sont déjà à la rue, et sans même une solution d'hébergement, puisque le SAMU Social ne répond qu'à un appel sur trois. De toute façon la circulaire ne concerne pas les mal-logés en hôtel dont les départements suspendent le financement, elle ne concerne pas les dizaines de milliers de personnes en errance urbaine totale, ceux qui perdent l'hébergement précaire chez un proche, par exemple.


Deuxième annonce, la Ministre annonce d'éventuelles réquisitions si le « besoin s'en faisait sentir ».

Mais chacun sait qu'on ne remet pas en cause massivement la propriété privée en quelques semaines, et qu'au mieux, quelques immeubles symboliques seront donc investis, quand dans le même temps, les mal-logés qui occupent des logements vides continueront à être expulsés.


La loi sur le logement, retardée, contient des mesures fortes en apparence : ainsi l'annonce de la mise à dispositions de terrains publics pour la construction de nouveaux logements. Seulement, la loi prévoit qu'une partie sera dévolu à du logement privé et une autre à des PLS, auxquels 70% pour cent des demandeurs ne peuvent accéder.


Il n'y a donc pas de plan d'urgence pour le logement  au niveau étatique.

Et la vague d'expulsions sans relogement intervenue cet automne montre bien que rien n'a été fait ni prévu pendant les six derniers mois, même en ce qui concerne la partie la plus visible du mal-logement.


Les mal-logés n'ont donc pas d'autre choix que de contraindre, par leur lutte, les responsables politiques à regarder la réalité en face et à la traiter.


DES LOGEMENTS PAS DES SYMBOLES !


Vague d'expulsions : les mal logés... par HLMPOURTOUS

 

Communiqué diffusé sur place :

Mal-logement : face à la crise, le gouvernement méprise et temporise.

Nous occupons aujourd'hui l'ANRU, agence nationale de rénovation urbaine , un des principaux instruments de la politique du logement depuis des années.

La politique de destruction systématique du logement social menée sous la mandature précédente produit aujourd'hui le maximum de ses effets : la Ministre du Logement le reconnaît , l'urgence n'a jamais été aussi importante depuis quinze ans. Mais face à cette urgence, les déclarations d'intention se succèdent, et c'est tout.

Les médias se sont fait l'écho de la circulaire d'arrêt des expulsions pour les seuls prioritaires DALO. Mais bien peu ont noté que celle-ci ne s'appliquera qu'au 15 mars. En attendant, une vague d'expulsions sèches a lieu en Ile de France depuis septembre, et les expulsés sont confrontés à la rue, le 115 ne répondant plus qu'à un tiers des appels.

Cette vague d'expulsions se double de la multiplication des ruptures d'hébergement : hôtels déclarés non conformes, prises en charges interrompues pour cause d'âge des enfants .A Paris, l'Aide Sociale à l'Enfance propose désormais comme solution aux familles en détresse de prendre les enfants dans des foyers, mais sans leurs parents.

Les médias se font aussi l'écho d'une vague promesse de « réquisitions ». Mais la procédure de réquisition est longue, coûteuse et sa mise en œuvre massive est peu probable.

En réalité, il suffirait de conventionner en PLA-I, avec des loyers abordables, les dizaines de milliers de logement aujourd'hui dans le parc des bailleurs sociaux, et qui sont en loyers libre, ou en PLS, ou en Usufruit Locatif Social, c'est à dire inaccessibles à 75 pour cent des demandeurs de logement. Il suffirait de mettre les loyers des logements sociaux neufs en adéquation avec la demande, ce qui n'est pas fait actuellement.

Oui, cela a un cout.

Mais la démolition massive des logements existants par l'ANRU a coûté des dizaines de milliards d'euros ces dernières années , dont huit milliards pour l'Etat et douze pour Action Logement. 143 000 logements ont été détruits, pour 139 000 reconstruits, et à des niveaux de loyer bien plus élevés, comme l'attestent tous les rapports publics à ce sujet. Les logements détruits n'étaient certes pas des palaces, mais aujourd'hui Cecile Duflot parle de réquisitionner des casernes ou des bureaux, quel progrès...

La gestion saisonnière et l'hébergement précaire et inadapté a aussi un côut : aujourd'hui, le budget de l'hébergement d'urgence est aussi important que celui du logement social. On distribue l'argent public aux hôteliers, on multiplie les structures provisoires...

L'aide aux investisseurs immobiliers a aussi un coût : pourtant,pendant que les mal-logés doivent vivre avec des promesses, le Scellier lui, est immédiatement remplacé par un autre dispositif.

Nous sommes aujourd'hui des millions à vivre en dessous du droit commun : ceux qui ont des solutions de fortune, comme un logement indécent et minuscule hors de prix, s'entendent répondre qu'ils ne sont pas vraiment mal-logés et qu'ils devraient avoir honte de réclamer alors que d'autres sont à la rue ou dans l'urgence absolue. Mais ceux qui sont à la rue et dans l'urgence absolue doivent se consoler avec des bouts de papiers où il y a écrit « prioritaire » en guise de solution.

Nous sommes tous mal-logés, nous sommes tous solidaires, nous sommes tous en colère et puisque notre lutte est tout ce qu'il nous reste, nous n'arrêterons pas de lutter.

Les promesses ne protègent pas du mal-logement, un logement pour tous maintenant

19:31 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, cecile duflot, anru, loi de réquisition, trève hivernale, expulsions sans relogement, hébergement d'urgence | | |  Facebook

mercredi, 24 octobre 2012

Bailleurs sociaux et mal-logés: dialogue social de bistrot

Ce matin, une délégation de notre collectif a été « reçue » par la direction de l'Aorif, l'Union sociale pour l'habitat d'Ile-de-France, (organisation professionnelle regroupant les organismes HLM ayant leur siège social dans la région.)

Stéphane Dambrine président , ( également directeur de Paris Habitat OPH ) et le directeur général , Mr RAINBAULT étaient présents, suite à l'engagement pris lors de l'occupation du siège vendredi dernier par une centaine de mal-logés .

Ce rendez-vous s'est tenu au Café Balzac, la direction de l'AORIF , organisme de coordination des bailleurs sociaux ayant jugé que nous n'étions pas des mal-logés assez convenables pour être reçus dans leurs bureaux.

En une demi-heure, il nous a d'ailleurs été également expliqué que les mal-logés, en général, n'étaient également pas assez convenables pour être relogés dans le logement social.

Parlant pour l'ensemble des bailleurs sociaux, les dirigeants présents nous ont d'abord expliqué qu'ils ne refusaient « que » 20% des candidatures DALO qui leur étaient proposées par la Préfecture.

Obtenir le label DALO est une gageure, au vu de critères très restrictifs : actuellement seuls 17 800 dossiers ont ce label sur 120 000 demandeurs de logement parisiens, par exemple. La Préfecture ne dispose que d'un contingent de moins de 1500 logements annuels à proposer....et au bout de ce goulot d'étranglement, après un tri drastique , ne retenant qu'un peu plus d'un demandeur sur mille par an, les bailleurs sociaux trouvent encore le moyen de rejeter 20% des candidatures .

Stéphane Dambrine a jugé bon d'ajouter que la multiplicité des labels permettait une sélection « juste » des demandeurs , vantant par exemple le dispositif des accords collectifs, environ 1400 logements dans la capitale , par an.

Mais c'est cette multiplicité des procédures, ces ajouts incessants de démarches et de critères qui rendent justement impossible l'accès aux commissions d'attribution pour la plupart des ménages en difficulté : les personnes en errance urbaine, celles qui vivent dans les quartiers populaires où les travailleurs sociaux sont surchargés, celles qui ont des situations professionnelles changeantes du fait de la précarité, sont de fait, exclues de tout dispositif spécifique et leurs dossiers systématiquement jugés « incomplets » ou «  non-prioritaires ». C'est notamment le cas des personnes SDF, baladées d'hébergements d'urgence en hôtels par le SAMU Social et qui ne sont suivies par aucun service social.

C'est ce qui aboutit aussi à des situations dévastatrices pour les personnes, en plus d'être ubuesques : ainsi ,en cette période de hausse des loyers et d'expulsions massives, Mr Dambrine a-t-il jugé « anecdotique » le problème qui touche des milliers de foyers : les personnes qui vivent dans un logement privé hors de prix et en totale inadéquation avec leurs ressources sont aujourd'hui considérées comme non-prioritaires, tant qu'elles parviennent à payer leur loyer. Quand elles ne le peuvent plus, c'est seulement au terme de la procédure d'expulsion que leur cas est éventuellement pris en compte. Mais à ce moment là, la présence de dettes de loyer, même minimes amène les bailleurs à rejeter les dossiers !

Devant nos arguments, la direction de l'AORIF a fini par reconnaître que de toute façon «  les niveaux de loyers pratiqués dans les nouvelles constructions ne correspondaient effectivement pas aux revenus de beaucoup de demandeurs, à qui seul le parc « ancien » était réellement accessible ».

Et il nous a été dit très clairement qu'en l'état des financements et de leurs fonds actuels, il était de toute façon impossible de faire autrement...en clair, si nouveaux logements sociaux il y a , dans leur majorité, ils ne seront pas accessibles, dans leur immense majorité, aux précaires, aux pauvres, aux salariés et aux retraités modestes.

A titre d'exemple, Paris Habitat OPH , le premier bailleur social parisien n'a été capable de mettre sur le marché cette année que 22 PLA-I contre 103 PLS, après une chute de près de 70% de la production en 2010 !

Comment s'étonner, dans ces conditions, que deux-tiers des appels au SAMU Social ne trouvent pas de réponse ? Si les circuits de l'hébergement sont bloqués, c'est parce que ceux du logement sont saturés, faute d'offre. 

Si 300 personnes meurent dans la rue chaque année, si des incendies meurtriers frappent des logements parfaitement connus comme insalubres, ce n'est pas la fatalité , mais bien le résultat d'une politique qui, sciemment, détruit le logement social. Si les propriétaires privés pratiquent des loyers qui étouffent financièrement des millions de gens, c'est bien parce que l'offre de logement public n'existe plus pour réguler le marché.

Et le changement ne sera pas maintenant , sauf si les mal-logés en lutte l'imposent. C'est ce que nous avons retenu de ce rendez-vous, ou la direction de l'AORIF nous a accusé de demander des « passe-droits ».

 

Nous ne demandons rien du tout, nous exigeons notre droit, le même que celui des millions de mal-logés.

Nos conditions de vies ne constituent pas une urgence pour les décideurs ? Les mal-logés ne valent pas la peine qu'on trouve une solution ? Nous ferons en sorte que notre lutte soit pour eux tous un problème urgent .

13:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : accords collectifs départementaux, aorif, stephane dambrine, ush, cus, dalo, paris habitat oph, hébergement d'urgence, samu social, trève hivernale | | |  Facebook

vendredi, 19 octobre 2012

Occupation de l'AORIF: les bailleurs sociaux doivent reloger maintenant !

Une centaine de mal-logés ont investi aujourd'hui le siège de l'organisme central de coordination des bailleurs sociaux d'Ile de France, l'AORIF- Union Sociale de l'Habitat IDF, au 15-17 rue de Provence dans le 8ème arrondissement.

En ce début d'hiver, où la Ministre reconnaît la plus grave crise de l'hébergement depuis quinze ans, où le SAMU Social n'est pas en mesure de répondre aux deux tiers des appels , les mal-logés remontent à la source du problème.

Si nous sommes à la rue, si nous nous entassons dans des hébergements précaires, dans des appartements trop petits, si beaucoup d'entre nous sont confrontés aux expulsions sans relogement, c'est en premier lieu parce que les bailleurs sociaux ne remplissent plus leur rôle.

Depuis des années, ce sont toujours les mêmes annonces mirifiques de dizaines de milliers de nouveaux logements: mais entre les PLS et l'accession à la propriété, une bonne part de ces logements ne correspond pas aux besoins des demandeurs de logement, dont 80% ne peuvent accéder qu'à un PLA-I.

Résultat ? Les niveaux de loyer trop élevés aboutissent au rejet des candidatures sur les logements, lorsqu'elles émanent de salariés et de retraités modestes, de précaires, de chômeurs.

Nous voulons des logements correspondant à nos revenus, le logement social est fait pour ça. Et nous les voulons maintenant, car les bailleurs sociaux connaissent depuis des années la nature de la demande.

Les mots et les promesses pour l'avenir ne suffisent plus: nous continuerons notre campagne d'action vers les bailleurs sociaux dans les semaines qui suivent.

UN LOGEMENT MAINTENANT


 Logements "sociaux" trop chers et hébergements... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

OCCUPATION DE L'AORIF-UNION SOCIALE POUR L'HABITAT

 

A quinze jours de la trève hivernale des expulsions, une centaine de mal-logés occupent l'AORIF-Union Sociale de l'Habitat, organisme regroupant l'ensemble des bailleurs sociaux de la région Ile de France.


Les mots et les bonnes intentions ne suffisent pas : aujourd'hui, 400 000 demandeurs de logement sont recensés en Ile de France. Selon l'ensemble des associations oeuvrant dans le domaine de l'hébergement, les deux tiers des demandes au 115 sont laissées sans réponse.


Si des milliers de personnes et de familles sont à la rue, c'est qu'à l'autre bout de la chaîne de l'urgence, il y a la question de l'accès au logement social. Et dans ce domaine, les bailleurs sociaux ne remplissent plus leur rôle.


Malgré tous les dispositifs mis en avant à grand renfort de publicité en réalité, certains publics sont d'emblée rejetés par les bailleurs sociaux : ainsi l'USH et l'AORIF considèrent comme un grand pas en avant digne d'être mentionné dans leur journal le fait d'avoir relogé vingt anciens SDF en 2012 dans les Hauts de Seine avec le programme Logement d'Abord....alors que des dizaines de milliers de personnes sont à la rue, et des dizaines de milliers d'autres bloquées dans les hébergements d'urgence


Les bailleurs sociaux ne construisent pas assez de logements correspondant aux besoins des demandeurs : 75 % des demandeurs ne peuvent accéder qu'à un loyer de type PLA-I, un peu plus de 6000 logements de ce type sont programmés en Ile de France en 2012. Par contre, trois fois plus de PLS , aux niveaux de loyers les plus chers du HLM sont prévus dans cette même programmation, alors que seulement 15% des demandeurs sont susceptibles d'y accéder.

Résultat : les nouveaux logements sociaux ne sont pas accessibles aux demandeurs.


Des opérations de faux logements sociaux se multiplient , financés par la collectivité : le nombre de logements en Usufruit Locatif Social, la plupart en PLS et comptabilisés au titre de la SRU ne cesse d'augmenter.

Résultat : ces logements , qui permettent à leurs vrais propriétaires des exonérations fiscales énormes , notamment sur l'ISF, rebasculeront dans le privé dans 15 ans, avec obligation pour le bailleur social usufruitier de reloger les locataires en place dans son parc.


De plus en plus, les bailleurs sociaux opèrent un tri des candidatures proposées par les Préfectures et les mairies : sous prétexte de mixité sociale, certains minimisent au maximum le nombre de précaires, de salariés modestes, de familles monoparentales dans leur parc.

Résultat : Les contingents de logements de la Préfecture et des mairies sont déjà faibles et engorgés, mais les bailleurs accentuent la mise à l'écart du logement d'une partie de la population en s'opposant aux relogements.

Faute d'investissements suffisants, certains locataires HLM , en nombre grandissant, redeviennent mal-logés.

Résultat :le manque de logements familiaux et/ou adaptés au handicap empêche tout changement de logement en cas de suroccupation. Le manque d'entretien des logements aboutit à des situations ubuesques, allant jusqu'à des constats d'insalubrité faits par l'Etat dans des logements sociaux

 

Le logement social n'est pas un luxe , les bailleurs sociaux sont là pour loger ceux qui ne peuvent accéder au privé dans des logements dignes de ce nom.

14:33 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : aorif, ush ile de france, paris habitat oph, pls, pla-i, cession foncier public, dalo, hébergement, samu social | | |  Facebook

jeudi, 18 octobre 2012

Suppression des allocations logement: des mal-logés en procès le 24 octobre

Ce 24 octobre, deux mal-logés sont traînés au tribunal correctionnel à Paris par la CAF de Paris, à la suite d'une occupation collective des locaux de la CAF du 5ème arrondissement, rue du Pot de Fer . Cette occupation visait à dénoncer des menaces de suppression imminente des allocations logement touchant les mal-logés victimes de suroccupation.

Ce jour là, une centaine de demandeurs de logement étaient venues protester contre des menaces de suspension imminentes des allocations logement. L'occupation avait duré une bonne part de la journée, sous surveillance policière, avant que les mal-logés ne soient évacués, et que trois demandeurs de logements soient emmenés en garde à vue, accusés de « violences » et soi-disant reconnus par deux membres de la direction de la CAF.

Au bout de plusieurs mois de procédure, l'une des plaignantes a renoncé à sa constitution de partie civile, arguant ne plus être sûre que les personnes désignées aient fait quoi que ce soit. Lors de la première audience en juillet, l'avocat de la CAF de Paris a demandé un report, pour « investigations complémentaires » : étrange demande , plus de trois mois après les faits, et qui contraste avec les assertions de la CAF dans un communiqué posté juste après l'occupation, ou elle affirmait les violences établies et les violents identifiés.

Trois mal-logés vivent donc depuis des mois sous la menace d'une condamnation judiciaire...et ce pour avoir osé dénoncer la menace de suspension des allocations sous laquelle des milliers d'allocataires parisiens vivaient depuis des mois. La CAF de Paris semble décidément persister dans l'acharnement contre les plus précaires.

Tout avait commencé entre le printemps et l'automne 2011 : dès cette période, la CAF de Paris envoie des courriers aux mal-logés locataires de logements suroccupés, c'est à dire disposant de moins de 9m2 de surface habitable par personne.

Le critère de suroccupation est normalement un critère de relogement immédiat , reconnu notamment par la loi DALO...mais les pouvoirs publics , non seulement n'obtempèrent pas à cette obligation légale, mais menacent par courrier les personnes concernées d'une suppression de leurs allocations logement. En sus de ces courriers, les allocataires sont convoqués à des réunions obligatoires, ou on leur explique que le maintien de leur allocation a une échéance, et qu'il leur appartient de se débrouiller pour trouver un autre logement.

La mésaventure qui arrive à ces locataires victimes de suroccupation n'est malheureusement pas unique en son genre : les années précédentes, des milliers de personnes n'ayant d'autre choix que les hôtels insalubres et exigus ont vu leurs allocations logement supprimées ainsi que toute autre forme d'aide publique au paiement de leur loyer, sans se voir pour autant proposer un relogement.

La politique globale consistant à pénaliser les mal-logés au lieu de trouver des réponses à la crise du logement n'est pas nouvelle, pas plus que celle consistant à trouver par tous les moyens des biais pour réduire les droits aux allocations logement.

Au printemps 2012, au moment ou une partie des mal-logés convoqués à l'automne voit la date de suspension de l'allocation logement mentionnée dans les courriers arriver à échéance, Mediapart révèle ainsi l'existence d'un plan réalisé par le Ministère des Finances pour réduire les sommes consacrées aux allocations logement. Pendant l'été, ce sont les étudiants et leurs familles qui seront visées par un rapport préconisant l'impossibilité de percevoir l'allocation logement si les parents bénéficient de la demi-part fiscale pour charge de famille.

Dans ce contexte global de réduction des droits, les mal-logés ne pèsent pas grand chose individuellement. Pendant tout l'hiver précédant les suspensions annoncées, les personnes concernées se voient opposer une fin de non-recevoir aux guichets de leur CAF : pas de recours possible, pas de possibilité d'être reçues par un quelconque interlocuteur. Les travailleurs sociaux de la mairie et de l'Aide Sociale à l'Enfance n'ont pas de solution non plus , et quant aux élus, ils avancent comme toujours les 120 000 demandeurs de logements et les 17 800 prioritaires DALO pour justifier l'impossibilité d'une solution de relogement.

Concrètement , la suppression des allocations logement signifie l'impossibilité de payer le loyer et à terme l'expulsion : refusant cette double peine pour les mal-logés, et le déni d'information, notre collectif décide donc d'occuper symboliquement une CAF parisienne le 14 mars 2012.

Si la CAF de Paris nous reproche aujourd'hui notre occupation, nous sommes bien forcés de constater qu'elle a eu des effets que le respect des procédures n'avait pas eu : dès le soir de l'action, un membre de la direction nationale de la CAF propose un rendez-vous au collectif, rendez-vous qui aura lieu deux semaines plus tard, en sa présence, mais aussi celle des membres de la direction de la CAF de Paris.

Lors de ce rendez-vous, on nous expliquera qu'il ne fallait pas tenir compte des courriers, qui avaient pour objectif de « mobiliser » les allocataires , mais qu'en aucun cas, une « vraie » suspension n'avait été envisagée.

Il aurait donc fallu considérer des courriers officiels comme n'ayant aucune réalité...de qui se moque-t-on ?

La CAF aurait donc mobilisé des agents alors qu'elle manque de personnel, pour envoyer des courriers, organiser des réunions collectives concernant des centaines de personnes par arrondissement....pour simplement maintenir la situation en l'état, puisque la direction reconnaîtra elle-même n'avoir de toute façon aucun moyen pour offrir des solutions de relogement aux personnes concernées.

En réalité, la mobilisation a payé : notre occupation a été médiatisée, et la menace de suppression des allocations rendue publique. Quelques semaines avant les élections, elle était manifestement difficile à assumer pour les décideurs politiques de l'époque. Raison pour laquelle les allocations ont brusquement été maintenues, pour les dossiers que nous avions soumis, en contradiction avec les courriers reçus.

Ce résultat justifie à lui seul et amplement notre occupation : nous ne contestons pas que ce mode d'action constitue une entorse aux règles qui, normalement, régissent les relations entre usagers et administrations. Mais c'est la CAF elle-même qui incite à ce mode d'action, puisque c'est le seul moyen qui existe pour tenter de faire respecter nos droits.

C'est de ce moyen qu'on tente de nous priver avec cette plainte et ses conséquences , avant même toute condamnation : en effet, la seule garde à vue d'une personne gravement malade ayant du être hospitalisée d'urgence au cours de la nuit, comme celle d'une mère d'une personne handicapée nécessitant une surveillance constante constitue en soi une violence inqualifiable envers des mal-logés qui manifestaient pour un droit non respecté.

C'est contre cette violence institutionnelle que notre collectif se bat au quotidien depuis des années. On ne nous fera pas taire en nous imputant des violences imaginaires. Si la lutte des mal-logés est un problème pour les responsables politiques et institutionnels, la solution, la seule est très simple : respecter le droit au logement.

Plus d'infos sur ce dossier: - le communiqué initial de l'occupation ici -la vidéo de l'action et le communiqué post-interpellations ici - la réponse du collectif au communiqué post-action de la CAF avec une copie des courriers reçus par les allocataires ici

 

Plus d'infos sur ce dossier:

- le communiqué initial de l'occupation ici

-la vidéo de l'action et le communiqué post-interpellations ici

- la réponse du collectif au communiqué post-action de la CAF avec une copie des courriers reçus par les allocataires ici

16:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : caf, cnaf, suroccupation, allocation logement, apl, als, dalo critères, usagers droits, médiateur | | |  Facebook

vendredi, 12 octobre 2012

Non au tri sélectif des mal-logés par les bailleurs sociaux:manifestation devant le groupe Arcade

Une centaine de demandeurs de logement ont manifesté devant le siège du groupe Arcade, gestionnaire de plusieurs bailleurs sociaux, dont Antin Résidences en région parisienne, pendant plusieurs heures ce matin.

 
Comme d'autres, les bailleurs sociaux du groupe Arcade refusent régulièrement des dossiers de candidature pourtant présentés par les mairies et la Préfecture sur les logements dont ces autorités sont réservataires: précaires, foyers à faibles ressources, familles nombreuses ou monoparentales sont de plus en plus considérés comme indésirables dans le parc social, celui-là même qui est financé par l'argent public pour loger ceux dont les propriétaires privés ne veulent pas.
 



Mal-logement et expulsions : manifestation au... par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place


MANIFESTATION DEVANT LE GROUPE ARCADE : CES BAILLEURS SOCIAUX QUI REFUSENT LES MAL-LOGES.

 

Nous manifestons aujourd'huidevant le groupe Arcade, gestionnaire de plusieurs HLM dont la société Antin Résidences.

L'attribution d'un logement social sur le contingent d'une mairie ou d'une Préfecture ne se fait pas automatiquement : la mairie et la Préfecture proposent des candidatures mais le bailleur social propriétaire des logements a le droit de refuser les mal-logés proposés.

A la finale, si un bailleur social ne souhaite pas certaines catégories sociales dans son parc, il a tout à fait les moyens de les rejeter, qu'il s'agisse de raisons liées aux revenus considérés comme pas assez importants, ou d'autres motifs ( familles trop nombreuses ou monoparentales, personnes ayant été SDF considérées comme peu fiables...).

C'est ainsi que beaucoup de dossiers mal vus par les bailleurs restent bloqués indéfiniment, malgré la situation de mal-logement des personnes. C'est aussi la raison pour laquelle beaucoup d'entre nous se voient répondre par les élus et les travailleurs sociaux que leur candidature ne vaut pas la peine d'être proposée, car elle ne sera pas acceptée en commission , et ce bien qu'ils répondent à toutes les conditions légales d'accès au logement social.

Petit à petit, ce blocage des bailleurs sur certains types de candidature, en résumé, celles des demandeurs de logement en situation précaire et/ou à revenus modestes aboutit à des pratiques institutionnelles excluantes : sachant que ces candidatures vont être refusées, elles ne sont pas pas proposées à certains bailleurs, et toutes orientées vers les bailleurs directement contrôlés par les autorités publiques. Ainsi à Paris, alors que nombre de bailleurs sociaux à statut privé sont propriétaires d'un vaste parc, l'immense majorité des candidatures considérées « problématiques »est orientée vers Paris Habitat OPH, ce qui entraine évidemment un allongement des files d'attente.

Antin Résidences fait partie de ces bailleurs très « sélectifs » .

Les chiffres d'Antin Résidences sont parlants : sur 1772 logements attribués cette année, moins d'un cinquième ( 350) a été attribué à des publics modestes, qu'il s'agisse du DALO ou des accords collectifs. Et encore ce chiffre inclut-il les relogements dans du parc situé en très grande banlieue.

Par contre, 441 logements ont été vendus, dont 355 en accession à la propriété.

Comme tous les bailleurs sociaux, le groupe Arcade et sa filiale Antin Résidences tirent une bonne part de leurs ressources des financements publics : les logements appartiennent donc à la collectivité, et les financements accordés le sont pour loger ceux dont les propriétaires privés ne veulent pas.

Il est donc inacceptable qu'une sélection sociale soit pratiquée sur les candidatures proposées, et que soit exclu une partie du public pour qui le logement social existe.

 Nous sommes donc venus protester contre ces pratiques.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT.



 

 

13:24 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : antin résidences, groupe arcade, commission d'attribution, contingent préfectoral, trève hivernale, dalo, super pla-i | | |  Facebook

jeudi, 04 octobre 2012

Mobilisation contre les expulsions: les mal-logés occupent le GIP Habitat

Plus de 80 mal-logés ont occupé toute la matinée le GIP Habitatt et Interventions Sociales , au 38, rue de le République à Montreuil.


Cet organisme est financé par l'Etat pour aider au relogement des mal-logés en difficulté.


Mais, si dans les discours, le nouveau gouvernement prétend mettre les moyens nécessaires pour résorber la crise du logement, sur le terrain, la réalité montre qu'il n'en est rien.


Expulsion emblématique aussi parce qu'elle témoigne de l'inutilité et même du caractère piégé des dispositifs mis en place soi-disant pour aider les mal-logés: il s'agissait d'un foyer prioritaire DALO, censé être relogé, cela n'a pas empêché la procédure d'expulsion d'arriver à son terme. La Loi DALO, avec ses critères ultra-restrictifs exclut donc une grande partie des mal-logés mais ne protège même pas ceux qui bénéficient de son label !


De fait, seule la construction et le reconventionnement massif permettront de répondre à la crise: il y a besoin de vrais logements sociaux, donc une majorité de PLA-I, les seuls niveaux de loyer accessibles à 75 % des demandeurs, et en masse, ce qui nécessiterait au minimum le doublement des aides à la pierre, promis pendant la campagne électorale, mais qui a été remplacé dans le budget par une maigre augmentation de 11%.


Mais même une simple mesure comme l'arrêt des expulsions n'est pas prise.
Ce que les mal-logés en lutte n'ont pas accepté sous Sarkozy, ils ne l'accepteront pas avec Hollande.


Les expulsions ne sont que le symptôme le plus visible d'une crise qui plonge des millions d'entre nous dans l'enfer du mal-logement: loyers trop chers, logements trop petits et insalubres, hébergements précaires .


Mais néanmoins , qu'il faille se mobiliser collectivement pour les empêcher , c'est un très mauvais signal envoyé par la nouvelle majorité.


Mal-logement et expulsions : occupation du GIP... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

BUDGET LOGEMENT : sans doublement des aides à la pierre, les mal-logés sont condamnés à l'aggravation de la crise

 

Le Collectif des Mal Logés en Colère occupe aujourd'hui le GIP Habitat et Interventions Sociales, à Montreuil. Cet organisme est chargé par l'Etat d'aider au relogement des foyers mal-logés et notamment ceux reconnus prioritaires DALO.

 Le budget Logement est désormais connu. Et malheureusement les choses sont claires : le doublement des aides à la pierre qui devait permettre la construction de 150 000 logements dont 120 000 par les bailleurs sociaux n'aura pas lieu. L'augmentation de l'aide de l'Etat est de 11% seulement, accompagnée d'une nouvelle ponction sur le budget du 1%. Cette ponction relève artificiellement le budget du logement, mais il s'agit d'une simple opération de vases communicants, qui diminuera la construction des collecteurs du 1%.

 En ce qui concerne l'hébergement, une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros est accordée : c'est un montant dérisoire à l'heure où 70% des appels au SAMU social en Ile de France sont laissés sans réponse. Faute d'offre de logement, l'hébergement est devenu la norme pour une partie considérable des mal-logés, coincés pendant des années dans des structures précaires et coûteuses, notamment les hôtels. Le dispositif reste saturé, et par conséquent devient inaccessible à d'autres demandeurs à qui il reste la rue et les marchands de sommeil.

 Des organismes comme le GIP sont bien financés par l'Etat pour trouver des solutions : mais il faudrait que ces solutions existent , sans quoi cela ne sert à rien. Actuellement , pour le seul DALO, plus de 20 000 dossiers sont en attente en IDF, et encore le DALO est-il déjà très restrictif dans ses critères.

 Nous attendions le doublement des aides à la pierre et des annonces claires sur la construction massive de PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 80% des demandeurs.


Nous attendions l'annonce de l'arrêt des expulsions.


Nous attendions que l'Etat supprime des dispositifs favorables uniquement aux promoteurs, comme l'Usufruit Locatif Social et d'autres formes de faux logements sociaux qui vident les caisses à coups d'exonération d'impôts et permettent de contourner la loi SRU.

 Nous attendions des engagements immédiats en terme de relogements pour répondre à l'urgence.

 Un gouvernement ne peut pas prétendre faire de l'Education ou de l'Emploi ses priorités et laisser trois millions et demi de personnes mal-logés. Qui peut prétendre qu'on peut avoir une vie scolaire et professionnelle normale sans logement décent.

 Nous sommes déçus et nous sommes en colère : nous ne voulons pas d'un hiver de plus passé à entendre les responsables des structures censées nous aider comme le GIP, nous répondre qu'ils ne peuvent rien nous proposer.

 Nous voulons un logement maintenant.

15:00 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : expulsions, gip habitat et interventions sociales, cecile duflot, aides à la pierre, ush, dalo, super pla-i | | |  Facebook

 
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