Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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jeudi, 31 janvier 2013

Entre production qui chute et parc social dégradé, où va Paris Habitat OPH ?

Paris Habitat OPH, il y a encore quelques années était réputé pour la qualité globale de son parc, et comparé aux loyers élevés pratiqués par d'autres bailleurs parisiens comme la RIVP et les 3F, ceux du premier bailleur social de la Ville de Paris correspondaient mieux aux revenus réels des demandeurs de logement.

Mais les choses ont bien changé : depuis le milieu des années 2000 , Paris Habitat OPH a priorisé l'achat d'immeubles occupés et à réhabiliter et a racheté le parc en mauvais état d'autres bailleurs, dont la SAGI.

Résultat : la production s'est dramatiquement effondrée en 2010, et le prix de rachat élevé d'immeubles occupés a grevé le budget de la construction neuve. Le nombre d'attributions à des foyers modestes ne cesse donc de baisser, et le nombre de demandeurs de logement, ne cesse lui d'augmenter.

Mais la situation empire aussi au sein du parc : et être relogé ne signifie plus forcément sortir de la galère du mal-logement, comme en atteste la situation de ce foyer dont l'appartement est contaminé au plomb , que nous avons dénoncé récemment ( voir notre article).

Et plus « banalement », les logements livrés avec des sanitaires totalement à refaire , une isolation défectueuse ou une installation électrique précaire sont désormais le lot commun pour de nombreux nouveaux locataires à qui il est sèchement signifié en cas de réclamation, qu'ils doivent se débrouiller eux même pour les travaux de remise en état du logement, en infraction avec la loi qui impose cette obligation au propriétaire.

Comme les démarches individuelles restent sans réponse, nous nous sommes une nouvelle fois rassemblées devant le siège de Paris Habitat. Mais, malgré les situations graves évoqués ci-dessus, la direction nous a fait savoir qu'elle refusait de nous entendre.

Rappelons le , le logement social n'est pas une aumône mais un droit. Et la démarche cynique consistant à opposer les demandeurs qui attendent en vain un logement et les locataires qui vivent dans de mauvaises conditions dans le parc social ne marchera pas.

Tous mal-logés, tous en colère !

Un logement décent pour tous maintenant !


                        Paris-Habitat OPH : Locataires et mal-logés... par HLMPOURTOUS


Le tract diffusé lors du rassemblement


PARIS HABITAT-OPH, premier bailleur social parisien et européen

doit donner l'exemple !

 Paris Habitat OPH, premier bailleur social européen n'aura produit que 543 logements sociaux en 2011.

 Après la chute abyssale de 2010 ( 520 logements pour 2606 en 2009), c'est donc la deuxième année consécutive de sous-production massive pour l'Office, alors que le rythme annoncé en 2008 par la Ville, pendant les élections municipales, était de 1500 à 2000 nouveaux logements par an pendant toute la mandature.

 Et les annonces pour 2012 et 2013 sont malheureusement très décevantes : au mieux un retour à 1700 logements par an, sans rattrapage des objectifs non tenus pour2011 et 2010. Le changement, ce n'est pas encore maintenant pour les mal-logés parisiens.

 Cet effondrement de la production sur deux années a des conséquences dramatiques pour les mal-logés, parce que la production antérieure était déjà très inférieure aux besoins.

 Et même ceux qui se voient proposer un logement ne sont pas toujours sortis d'affaire : depuis des années , sous couvert de mixité sociale, les pouvoirs publics refusent de prendre en compte les ressources réelles des demandeurs pour fixer le type de logements sociaux produits. Alors que plus de 70 % des demandeurs parisiens ne peuvent en théorie accéder qu'à un PLA-I , seuls 22 unités ont été produites en 2011, contre 131 PLS, qui correspondent à 15% de la demande !

 Résultat, on propose des PLS à des personnes qui n'ont pas les moyens d'en acquitter le loyer, et se retrouveront donc rapidement en très grande difficulté budgétaire.

 Paris Habitat OPH rogne aussi sur les fonds nécessaires à la remise en état des logements : des locataires récemment installés se retrouvent avec des lettres de la Préfecture les informant que leur logement est contaminé au plomb par exemple ! De l'insalubrité dans les logements sociaux, voilà la conséquence de la politique menée depuis des années : des immeubles privés ou l'ensemble du parc de la SAGI ont été rachetés en mauvais état, et les locataires en payent aujourd'hui le prix.

 Et même devant ces situations extrêmes, il est impossible aux mal-logés d'être reçus et écoutés par la direction.

 Nous voulons un vrai changement dès maintenant, une production en masse et adaptée à nos besoins.


15:08 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : insalubrité, pla-i, réhabilitation, saturnisme | | |  Facebook

lundi, 28 janvier 2013

Logement social abusif ? Quand un appartement de Paris Habitat OPH est insalubre et contaminé au plomb....

Ces derniers jours, les médias se sont fait l'écho des taudis dans lesquels vivent de plus en plus de personnes condamnées à l'insalubrité et à la suroccupation, du fait du manque de logements sociaux. La Ministre du Logement a fort justement parlé, à propos de  ces situations de "logement abusif"

Mais l'état du parc de logements sociaux notamment à Paris aboutit aujourd'hui à des situations similaires pour des foyers ayant cru échapper définitivement à l'enfer du mal-logement.

 170120131193.jpgLes photos de murs recouverts par les moisissures que nous reproduisons ci-dessous ne sont pas celle d'un logement du parc privé, mais celles d'un appartement de Paris Habitat OPH situé dans l'Est parisien.

Le locataire de cet appartement avait connu l'errance et l'enfer du mal-logement, avant d'obtenir enfin ce logement social en 2010.

Mais très vite, les peintures commencent à noircir tandis que l'humidité affleure sur les murs. Comme dans tous les immeubles non entretenus correctement à Paris, les problèmes liés au bâti ne peuvent pas se régler juste en aérant au maximum ou en changeant le papier peint, et la couche de moisissures ne cesse de s'épaissir.

Entre temps, le locataire est devenu père de famille, il a effectué une demande de mutation et signalé à de nombreuses reprises les problèmes d'humidité qu'il rencontre à son agence Paris Habitat OPH locale mais aussi au siège...Inquiet pour la santé de son enfant, ses réclamations lui vaudront simplement une lettre du bailleur lui reprochant de soit-disant insultes et le menaçant d'une plainte s'il venait à nouveau dénoncer sa situation.

Mais le pire est à venir : au mois de juillet 2012, alors que le bailleur n'a toujours pas répondu à ses demandes, ce sont les services de lutte contre le saturnisme de l'Etat qui lui envoient un courrier. Il apprend ainsi que son appartement est contaminé au plomb, dans des proportions bien au dessus des seuils légaux. Les conséquences immédiates pour la santé de la famille sont clairement exposées dans ce courrier, reproduit ci-dessous « l'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique et provoque des effets réversibles ( anémie, troubles digestifs) , ou irréversibles ( atteinte du système nerveux) », «  l'humidité des parois devra être surveillée ».

mail.jpgLe saturnisme a d'autant plus de chances de se développer chez les enfants en bas âge et toutes les études scientifiques validées par les autorités publiques montrent que la contamination se fait notamment par l'inhalation des poussières en suspension dans l'air dans les appartements où le bâti cause un problème d'humidité.La famille locataire de ce logement social a un enfant de 20 mois. Chaque mois qui passe, la contamination se poursuit, et pour le moment, depuis ce courrier du mois de juillet, aucune proposition de relogement n'a été faite .

Le logement en question fait partie de l'ancien patrimoine de la SAGI, racheté par Paris Habitat OPH en 2005. Nous avions, déjà, il y a quelques années, dénoncé les risques de ce rachat d'un parc en mauvais état non rénové pour Paris Habitat OPH. Il s'avère aujourd'hui que les risques sont supportés par les locataires.

Plus globalement, cet exemple extrême mais non isolé de logement social en mauvais état traduit les problèmes posés par les choix faits en matière de production de logement par Paris Habitat OPH et la Ville de Paris : en privilégiant le rachat d'immeubles anciens et occupés, mais aussi en rachetant à d'autres sociétés de la Ville un parc en mauvais état, le nombre de « nouveaux » logements sociaux a certes été accru sur le papier dans un premier temps. Mais qu'il s'agisse de problèmes d'isolation thermique ( logements mansardés rachetés par la SIEMP), de vétusté des installations électriques, de problèmes d'accessibilité ( immeubles sans ascenseur ), les nouveaux relogés paient souvent le prix fort de cette politique, et la rénovation nécessaire sera un impact de plus sur le budget des bailleurs et du nouveau logement social en moins. D'ailleurs, cette politique a trouvé ses limites dès 2010, où la production de logements sociaux du premier bailleur francilien a brutalement chuté de presque 80%, la politique d'acquisition en milieu occupé jointe au cout du rachat du parc de la SAGI ayant épuisé les fonds propres de Paris Habitat OPH au fil des années.

 

170120131195.jpgNotre collectif a alerté récemment la direction de l'Union Sociale de l'Habitat sur l'état d'une partie du parc de logements sociaux parisiens. Thierry Bert délégué général de l'USH , nous a informés que le cas précis de cet appartement ( qui n'est probablement pas un cas isolé ) a été transmis directement à Stéphane Dambrine , président de Paris Habitat OPH .

 

Nous attendons donc une réaction rapide et un relogement immédiat de cette famille, au regard du danger sanitaire auquel elle est confrontée. Mais au delà, la question se pose de l'état du parc social parisien en général et de celui de l'ancien patrimoine de la SAGI en particulier.

Même si la situation de cette famille vient à évoluer, parce qu'elle n'est pas restée isolée et a contacté un collectif de lutte, il n'est pas acceptable que des locataires se retrouvent en situation d'insalubrité dangereuse au sein du logement social, sans possibilité individuelle d'être écoutés par leurs bailleurs.

 

Le courrier envoyé par le service saturnisme de la DRIHL au locataire


Clickez sur l'image pour lire le courrier Heberger image

16:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saturnisme, insalubrité, marchand de sommeil | | |  Facebook

jeudi, 24 janvier 2013

Politique de la Ville, politique de l'autruche: Quartiers en scène interdit aux mal-logés

2013-01-025.jpgLa Politique de la Ville, c'était le sujet de la journée "Quartiers en Scène " organisée au 104, rue d'Aubervilliers, dans le 19ème arrondissement. Le programme annonçait que le Maire de Paris et le Ministre de la Ville entre autres viendraient à 17h à la "rencontre des habitants des quartiers populaires", à l'occasion de l'évènement.

Pourtant, malgré cette intention affichée de dialogue, plusieurs cars de CRS étaient positionnés dès 15h autour du 104. Et les dizaines de mal-logés venus à la rencontre de leur Ministre et de leur Maire se sont vus refuser l'accès à un lieu public, dont l'entrée principale est restée fermée pendant plusieurs heures, tandis que les vigiles de la Mairie de Paris triaient sur le volet les invités autorisés à entrer par une porte de service. 

Au bout d'une heure de manifestation, la police venait nous transmettre un message du Maire et du Ministre: personne ne recevrait les mal-logés, nous n'avions qu'à rester dans le froid si bon nous semblait.

Mais les slogans de la manifestation parvenant jusqu'à l'intérieur du bâtiment , au bout d'une nouvelle heure de manifestation, un directeur de cabinet de Bertrand Delanöe nous proposait finalement de nous recevoir immédiatement.

Drôle de politique de la Ville , que celle qui consiste à obliger les habitants des quartiers populaires à rester des heures dans le froid, juste pour pouvoir faire état de leurs revendications aux responsables politiques.

Drôle de manière d'appliquer la "concertation" tant vantée par le Ministre de la Ville François Lamy, que celle qui consiste à envoyer la police aux mal-logés, qui aux dernières nouvelles sont également concernés par la Politique de la Ville.

En tout état de cause, ce n'est pas la politique de l'autruche qui règlera l'urgence sociale du mal-logement, et nous continuerons à nous mobiliser pour exiger que les centaines de milliers de demandeurs de logement d'Ile de France cessent d'être considérés comme des habitants de seconde zone.


                         François Lamy aux Quartiers en scène : les mal... par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé sur place:

Politique de la Ville : les mal-logés ont-ils encore le droit d'habiter quelque part ?

 

Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui à l'évènement « Quartiers en Scène » organisé par la Ville de Paris au 104, rue d'Aubervilliers, en présence du Maire, du Ministre de la Ville et de nombreux élus.

Aujourd'hui pour les centaines de milliers de mal-logés franciliens, la Politique de la Ville se résume à un seul mot : l'exclusion.

L'espoir d'obtenir le minimum, un logement décent s'éloigne au fur et à mesure des déclarations politiques : Jean Yves Mano a annoncé à l'automne que l'objectif de création de logements sociaux , déjà notoirement insuffisant au regard du nombre de demandeurs n'avait pas été tenu l'an dernier.

Lors de ses vœux à la presse, Cecile Duflot, Ministre du Logement, a commencé par déclarer qu'elle s'attendait à ce que « la situation soit pire en 2013. ».

Derrière ces déclarations , le réel , pour les mal-logés, c'est de voir leur demande rejetée par tous les interlocuteurs : les maires nous renvoient vers l'Etat , décrétant que l'urgence sociale n'est pas de leur ressort, l'Etat nous renvoie vers les bailleurs, arguant de leur pouvoir décisionnel sur leur parc, et les bailleurs nous rejettent la responsabilité sur les maires et leur refus de construire du logement social en masse, notamment à Paris.

Pour les 126 000 demandeurs de logement parisien, la Politique de la Ville se résume à un mur, de plus en plus grand, qui leur interdit tout accès à leurs droits. La sur-occupation, l'insalubrité, le coût des loyers, de plus en plus exorbitant, l'errance urbaine rend impossible toute vie professionnelle, toute stabilité scolaire et sociale, sans parler des atteintes à la santé.

Dans les quartiers populaires, ceux dont il est question aujourd'hui, l'augmentation des prix de l'immobilier, constante et démesurée, ne cesse de précipiter de nouveaux foyers dans la précarité du logement. Quelques dettes de loyers, un congé pour vente et c'est l'expulsion....Sans même la garantie d'un hébergement, puisque le SAMU Social ne répond plus qu'à un appel sur deux, et que l'Aide Sociale à l'Enfance oppose des ruptures de prise en charge des hébergements à un nombre croissant de familles.

 Nous venons interpeller nos politiques , parce que la réponse concrète à certaines questions urgentes ne peut plus attendre.

Le financement des 150 000 logements sociaux annuels promis par le gouvernement va-t-il être assuré , et ce alors que les experts du monde HLM comme les associations confirment que les fonds actuels ne permettront même pas d'atteindre les 100 000

Sur ces 150 000 logements, le nombre de PLA-I, qui pour l'instant plafonne à moins de 30% va-t-il être relevé à la hauteur des besoins réels , alors que 75% des demandeurs Franciliens ne peuvent accéder qu'à ce type de HLM

Quand les terrains et bâtiments parisiens dont la liste a été publiée à l'automne vont-ils être cédés pour faire du logement social ? La Ville de Paris va-t-elle augmenter la proportion de 40% dédiée aux HLM sur ces surfaces, notamment dans les quartiers riches, où va-t-elle ouvertement contrevenir à son objectif affiché de « mixité sociale » ?

Une Politique de la Ville sans réponse immédiate à ces questions ne peut-être qu'une politique qui exclut d'emblée une partie des habitants de la métropole, les reléguant dans le non-droit le plus absolu.

C'est pourquoi les mal-logés en lutte sont venus aujourd'hui chercher des réponses dans un événement où la revendication d'un logement pour tous maintenant a toute sa place.


20:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, anne hidalgo, quartiers en scène, politique de la ville, acse, vicelow, le 104 | | |  Facebook

jeudi, 17 janvier 2013

Logement : une Tour pour le Ministère, toujours la rue pour les mal-logés.

Cecile Duflot, attribution logements, Tishman Speyer, Tour Sequoia, La Défense, immobilier de bureaux, réquisitions,

Ce sont au moins cent cinquante policiers dont les quinze cars bordaient l'avenue Georges V qui ont évacué aujourd'hui les 60 mal logés qui occupaient le siège de Tishman Speyer, un grand investisseur dans l'immobilier de bureaux.

Investisseur décidément choyé par l'Etat, puisque le Ministère de l'Ecologie et celui du Logement viennent de lui ôter une grosse épine du pied concernant la tour de la Défense dont il était propriétaire : celle-ci allait rester vide suite au déménagement de SFR, qui s'en va à Saint Denis où les prix sont beaucoup moins chers. Or la location de bureaux à la Défense à baissé de 32% en 2012, et les promoteurs peinent à trouver preneur pour des bureaux qui sont de plus en plus nombreux à être vides, au vu de leur loyer.

Qu'à cela ne tienne, si Cecile Duflot n'a pas le budget pour assurer le logement et l'hébergement des mal-logés, si un appelant sur deux au SAMU Social ne se voit proposer aucune solution, si l'Etat en est à vendre une trentaine de bâtiments au privé cette année, il y a toujours des fonds pour des projets inutiles et coûteux comme la location d'une tour dans le quartier d'affaires le plus cher de la petite couronne.

Embararssés, les directeurs généraux de Tishman et Speyer ont reconnu « ne pas réaliser une mauvaise affaire »....On s'en doute, car le côut de l'opération , 540 millions d'euros est supérieur à l'ensemble des aides à la pierre consenties par l'Etat pour la construction de nouveaux logements dans le budget de cette année ( 500 millions d'euros).

Alors que va s'ouvrir la deuxième partie de la Conférence contre la Pauvreté la semaine prochaine, les mal-logés en lutte ont voulu mettre en lumière les mensonges sur le « budget contraint » qui justifient notamment l'inaction contre le mal-logement, et une politique, qui pour le moment se réduit à des mesurettes très médiatisées.

Le mépris de Cecile Duflot, dont le cabinet a opposé une fin de non-recevoir à la médiation tentée par l'investisseur immobilier pour donner un rendez-vous à notre collectif, comme l'évacaution policière qui a suivi ne font que renforcer notre détermination : la répression contre les mal-logés en lutte est bien le signe que pas grand chose ne sera fait contre le mal-logement sans mobilisation des premiers concernés.

LE LOGEMENT C'EST MAINTENANT


                                Les mal-logés réquisitionnent Tishman Speyer par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

Logement : une Tour pour le Ministère,

Toujours la rue pour les mal-logés !

 Le SAMU social et la FNARS l'ont annoncé en début de semaine : en plein cœur de l'hiver, alors que le nombre de places d'hébergement est censé être à son maximum, un appel sur deux ne débouche sur aucune solution. On continue à mourir dans la rue.

 Pourtant le Ministère de l'Ecologie et celui du Logement viennent d'engager fin décembre plus de 500 millions d'euros dans la prise en location d'une tour de 53 000 carrés dans les Hauts de Seine , en petite couronne, là où l'on manque cruellement de logements sociaux.

 Mais cet investissement, dont la somme correspond à celle de l'aide à la construction de logements sociaux accordée par l'Etat dans le budget 2013 n'a pas pour but de loger où même d'héberger des mal-logés.

 Il est destiné à payer le déménagement et l'installation en tant que locataires des administrations des Ministères de l'Ecologie et du Logement dans la Tour Séquoia , propriété d'un investisseur mondial de l'immobilier de bureaux , Tishman Speyer, à qui les mal-logés rendent visite aujourd'hui à son siège de l'avenue Georges V, sur les Champs Elysées.

Assez de cadeaux aux promoteurs de bureaux !

 Lorsqu'on consulte le site de France Domaine, on s'aperçoit que pas moins de trente propriétés de l'Etat à Paris ont été vendues au privé en 2012, la plupart abritant précédemment des Ministères et des administrations, et étant désormais rachetées par des investisseurs privés. Et maintenant, de l'argent va être dépensé et versé à ces mêmes investisseurs pour leur louer des surfaces à prix d'or  ? Et ce alors que l'Etat reconnaît lui-même avoir un certain nombre de surfaces inoccupées ?

 A propos de son plan d'urgence pour l'hébergement, Cecile Duflot affirmait en octobre qu'il y avait certes des « besoins immenses » , mais que la situation budgétaire était « extrêmement contrainte »...Pas tant que ça manifestement, puisque l'on peut débloquer 540 millions d'euros pour déménager deux Ministères, dont personne n'avait remarqué qu'ils étaient jusque là abrités dans des taudis intenables et surpeuplés.

 Soutenir les profits des investisseurs de l'immobilier de bureau est-il une priorité en pleine crise du logement ?

 Concernant les tours de la Défense il est important de noter qu'un tiers des surfaces y était déjà vide en 2005, et en 2012, la location de bureaux y avait diminué de 32% en un an ( source Boursorama 4/12/2012). Les entreprises s'en vont, car les loyers y sont très supérieurs à ceux d'autres quartiers d'affaires et les transports sont saturés ( le déménagement ne sera donc pas une chance pour les salariés des Ministères concernés) : ainsi sans l'offre de l'Etat, Tishman Spyer aurait-il très probablement peiné à trouver des remplaçants à son locataire actuel SFR qui part à Saint-Denis.

 Nos Ministres du Logement et de l'Ecologie sont décidément très sensibles à la détresse des grands propriétaires de bureaux difficiles à louer , au point d'aller leur verser des loyers sensiblement supérieurs à la moyenne francilienne, et de dépenser des centaines de millions d'euros pour un déménagement quand dans le même temps, on prétexte la situation de crise pour ne pas répondre aux besoins les plus urgents en logement de millions de mal-logés.

 C'est ce choix politique que nous sommes venu mettre en lumière et dénoncer au siège de Tishman Spyer. Nous espérons que leurs dirigeants viendront également nous expliquer par quels moyens ils ont réussi à toucher la corde sensible de nos politiques, quand nous autres mal-logés leur indifférons totalement.

15:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, attribution logements, tishman speyer, tour sequoia, la défense, immobilier de bureaux, réquisitions | | |  Facebook

jeudi, 10 janvier 2013

Cecile Duflot annule un déjeuner avec des investisseurs immobiliers et fait évacuer les mal-logés présents

 

2013-01-10 13.05.50.jpgEn 2010, Benoist Apparu, ministre du Logement avait annulé un déjeuner avec des investisseurs immobiliers en raison de la présence d'une centaine de mal-logés venus l'interpeller au restaurant de prestige, le Carré des Feuillants, dans le 1er arrondissement .

Le changement, ce n'est pas maintenant, en tout cas pas vis à vis des mal-logés en lutte qui ont des questions de fond à poser à leur Ministre : Cecile Duflot, qui avait choisi de rencontrer les mêmes investisseurs immobiliers dans le même restaurant gastronomique  a également annulé sa venue au Carré des Feuillants en apprenant que les mal-logés l'attendaient devant la porte. Elle n'a pas hésité à nous laisser en face à face avec les forces de l'ordre qui nous ont évacué de l'entrée du restaurant.

Sans doute les problèmes de fond que nous souhaitions aborder avec elle, sur sa politique, lui ont-ils coupé l'appétit.

Mais les mal-logés ne sont pas seulement là pour faire de la figuration muette lors des visites médiatiques de Mme Duflot dans des hébergements d'urgence.

Mais les mal-logés ne peuvent se contenter de déclarations de bonnes intentions : nous en avons eu tout l'automne sur des réquisitions qui devaient intervenir au plus tard en décembre et qu'on nous annonce maintenant en avril. Nous en avons eu au début de l'hiver, quand il était assuré que personne ne serait à la rue, or des personnes sont mortes dans la rue encore ces derniers jours.

Dès septembre, le Ministère avait fièrement produit à la presse une liste de terrains publics qui allaient être cédés pour faire du logement social : or , rien que sur la liste francilienne, un tiers des adresses sont actuellement occupées par des services de l'Etat, qu'il s'agisse de bâtiments du Ministère de la Défense ou du Ministère des Droits de la Femme, ou alors il s'agit de monuments historiques comme la Halle Freyssinet.

Dès septembre , on nous avait promis des « super PLA-I «  adaptés aux ressources des demandeurs de logement : or, pour le moment, même le nombre de PLA-I programmés dans les nouvelles constructions n'a pas été revu à la hausse, et tous les acteurs du logement s'accordent à dire que l'engagement de 150 000 logements ne peut-être tenu dans les conditions actuelles.

On nous annonçait des réformes fiscales destinées à décourager la spéculation sur les terrains à bâtir en taxant les plus values effectuées sur les ventes, sauf lorsqu'il s'agissait de vendre pour faire du logement social : l'amendement en question a été retoqué par le Conseil Constitutionnel et aucune mesure alternative n'est programmée.

Alors, non les mal-logés ne se contenteront pas de mesurettes prises en grande pompe, de quelques réquisitions, de rallonges budgétaires pour l'hébergement d'urgence quand c'est de logements dont les gens ont besoin.

C'est ce que nous étions venus dire à Mme Duflot : nous sommes désolés que notre détermination lui coupe l'appétit comme elle l'avait coupé à son prédecesseur qu'elle critiquait tant.

Mais nous voulons des actes, une vraie politique de logement social répondant à la demande des millions de mal-logés de ce pays et nous continuerons à aller à la rencontre de notre Ministre pour l'exiger.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Pour la "petite" histoire, si les mal logés n'ont pas vu Cecile Duflot, ils ont croisé Claude Guéant à l'entrée du restaurant ( voir la vidéo): manifestement, il n'y pas de désaccord fondamental sur la gastronomie de prestige entre le nouveau gouvernement et l'ancien 


Face à la colère des mal-logés Cécile Duflot... par HLMPOURTOUS

17:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, réquisition, "super pla-i", blocage des loyers, hébergement d'urgence, politique du thermomètre | | |  Facebook

vendredi, 04 janvier 2013

Occupation de la SEMAVIP: trop de bureaux vides, trop de logements chers !

Paris : trop de bureaux vides, trop de logements chers, un changement de cap est nécessaire.

Les mal-logés s'invitent aujourd'hui à la SEMAVIP, société d'aménagement de la Ville de Paris, pour contester une politique urbaine faisant la part belle aux bureaux et négligeant les besoins en logement.

En 2000 à Paris, il y avait environ 50 000 logements du parc privé dont le loyer correspondait à 12 euros le m2.En 2012, il en reste à peine 4000. En moyenne, les loyers parisiens ont augmenté de 10% à la relocation chaque année (source OLAP ).

Cette hausse a été bien plus importante dans les arrondissements populaires comme le 19ème ou le 20ème arrondissement, et le « parc social de fait » a quasiment disparu.

Les élus parisiens ne tiennent aucun compte de cette réalité, se contentant de considérer la loi SRU et son quota minimum de logements sociaux comme le maximum faisable pour les Parisiens qui ne peuvent plus accéder au privé. Résultat , 126 000demandeurs de logement attendent dans les pires conditions de vie au quotidien.

Dans le même temps, la Région Ile de France compte un million de m2 de bureaux vides, et par exemple 40% de la production neuve de 2010 n'a pas trouvé preneur.

Cela n'empêche pas la municipalité parisienne de continuer à programmer des opérations d'immobilier de bureau et d'entreprises sur les terrains qui pourraient possiblement servir à du logement social pour le plus grand bonheur des investisseurs privés....Cette même municipalité ira ensuite expliquer l'impossibilité de faire plus de logement social par la « réalité du peu de foncier disponible à Paris ».

La SEMAVIP, société d'aménagement de la Ville de Paris offre sans cesse de nouveaux terrains aux investisseurs immobiliers privés pour des bureaux , et ce dans les quartiers où les mal-logés sont pourtant les plus nombreux : 49 000m2 de bureaux neufs sur la ZAC Mac Donalds ( 75019), 40 000m2 également sur la ZAC Claude Bernard ( 75019), 50 000 m2à Porte des Lilas, 31 000 m2 dans le 20ème arrondissement, 31 000m2 également sur la zone de la Porte Pouchet ( 75017).

S'y ajoutent les projets pharaoniques autorisés par la Ville en dérogation au Plan Local d'Urbanisme, comme la tour Triangle de 180 m2 de haut dans le 15ème arrondissement.

Quand cette politique en contradiction totale avec les besoins des Franciliens et des Parisiens va-t-elle s'arrêter ?

Dans le même temps, la Ville n'est même pas parvenue à remplir son propre objectif de production de logements sociaux cette année. Pourtant, celui-ci est déjà très insuffisant au regard des besoins, et c'est criant dans certaines opérations d'aménagement pilotées par la SEMAVIP. Ainsi sur le quartier Ourcq Jaurès, qui abritait avant rénovation une population faite en grande partie de familles aux revenus modestes, sur 275 logements familiaux reconstruits après destruction des anciens immeubles, 194 sont en accession à la propriété , et seulement 80 sont des logements sociaux.

Et les élus parisiens restent inflexibles, malgré l'aggravation de la situation des mal-logés : ainsi l'adjoint au Logement de la Ville, Jean Yves Mano a décidé que seule 40% de la surface des terrains qui vont être cédés par l'Etat dans le cadre de la loi récemment votée seront destinés au logement social.

Cette politique doit changer ! Du logement maintenant !

(Sur les bureaux à Paris voir aussi : les mal-logés occupent UNIBAIL)


Paris :Des logements pas des bureaux... par HLMPOURTOUS

14:13 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : semavip, zac claude bernard, mairie de paris, bureaux | | |  Facebook

 
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