Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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jeudi, 21 février 2013

Cecile Duflot fera-t-elle du Grand Paris le Grand Cauchemar des mal-logés ?

palais de tokyo,aigp,conférence francilienne du logement,paris métropole,cecile duflotLorsqu'il s'agit de créer de nouvelles institutions, Cecile Duflot est toujours partante: concernant le Grand Paris, la société homonyme, plus Paris Métropole , plus l'Atelier International du Grand Paris ne lui suffisent pas. Elle envisage aujourd'hui de créer pas moins de deux nouvelles structures , une Conférence Francilienne du Logement et "La Métropole Paris-Ile de France".

Sans doute les compétences en matière de construction de logement, d'urbanisme, de gestion de l'hébergement ou d'habitat indigne n'étaient-elles pas encore assez diluées et complexifiées en Ile de France, où Etat et collecvités territoriales se renvoient la patate chaude du mal-logement condamnant une partie croissante de la population à l'errance urbaine et à l'impossibilité d'avoir un interlocuteur qui résolve leur situation.

Aujourd'hui les mal-logés ont occupé pendant plusieurs heures le siège de l'Atelier International du Grand Paris pour dénoncer cette fuite en avant, destinée à esquiver le vrai problème, celui de la propension de tous les élus locaux à éviter de faire du vrai logement social , à tenter de se débarasser des catégories modestes de la population. 


Grand Paris : Les mal-logés réquisitionnent le... par HLMPOURTOUS

 

Le tract diffusé sur place

Le Grand Paris, c'est le Grand Cauchemar des mal-logés.

 Les mal-logés s'invitent à l'Atelier du Grand Paris au Palais de Tokyo. Nous venons dénoncer la cacophonie actuelle et les batailles que se livrent les élus franciliens , sans que l'Etat intervienne pour y mettre un terme et faire que le droit au logement soit respecté partout en Ile de France. Cecile Duflot , pour ménager le Conseil Régional et les communes vient ainsi d'annoncer DEUX autorités pour le futur Grand Paris en matièrede logement, la Conférence Francilienne du Logement et la Métropole Paris Ile de France, toutes deux compétentes, ce qui revient à laisser prédominer la bataille des intérêts particuliers

 

En Ile de France, neuf personnes sur dix estiment que se loger correctement est un problème. 406 000 demandes de logement social sont en attente, et ce chiffre n'est que la face visible du besoin en logements décents, car une grande partie des franciliens ne fait plus de demande, face au peu de chances d'obtenir une réponse. 41% pour cent des demandes ont plus de trois ans.

Si parfois les politiques et les médias s'émeuvent de situations particulièrement catastrophiques, le mal-logement est devenu quelque chose de parfaitement accepté dans ses formes les plus banales : 21 % des ménages parisiens vivent en inconfort ou en surpeuplement, 115 000 Franciliens vivent sans eau courante ni sanitaires. 

Dans l’ensemble de l’Île-de-France, 1 852 000 ménages vivent dans des logements de qualité moyenne ou mauvaise qui comportent au moins un défaut important (humidité, problèmes d’installation élèctrique, de chauffage, d’évacuation d’eau, d’exposition insuffisante à la lumière ou encore d’infiltration d’eau).

L'errance urbaine, est un phénomène en perpétuelle extension et invisible, car les personnes concernées finissent par ne plus avoir d'existence administrative réelle : aujourd'hui une partie des Franciliens alterne sans fin les hébergements chez des tiers, les abris de fortune dans sa voiture ou dans la rue, les hébergements de courte durée dans des structures publiques ou des hôtels.

La préoccupation principale des collectivités locales en matière de peuplement est d'attirer les catégories aisées et d'évincer les catégories modestes , et l'Etat laisse faire. Résultat , les crédits du logement social sont dévoyés, notamment en petite couronne , où les nouvelles constructions sont essentiellement de l'intermédiaire, interdits aux bas revenus. En 2010, dans les Hauts de Seine, 6500 PLS ont été financés et seulement 470 PLA-I .

Pour empêcher toute fixation des mal-logés en difficulté sur «  leur » territoire, les collectivités territoriales se livrent des batailles rangées sur l'hébergement qui aboutissent à des situations iniques pour les concernés : un foyer du 93 se verra proposer une place en foyer à l'autre bout des Yvelines, alors que des demandeurs du 78 se verront proposer un appartement-relais en Seine et Marne, tandis que Paris enverra ses mal -logés dans les hôtels de Seine Saint Denis.

Dans le cadre du projet Grand Paris, le logement devrait être la priorité, car il condamne une part importante de la population francilienne à des conditions de vie insupportables, où l'alternative est le logement indigne ou l'hébergement précaire à Paris ou en petite couronne, ou alors l'éloignement des zones d'emploi et la relégation urbaine.

Ce n'est pas le cas : en dehors de quelques vagues déclarations ministérielles, toute latitude est laissée aux collectivités territoriales pour continuer à ne pas construire de logements à bon marché et à exclure une partie de la population selon leur bon vouloir.

Cecile Duflot a déclaré que le « Grand Paris serait aussi celui du Logement » : nous exigeons d'être reçus et d'avoir des réponses concrètes quant à la réalisation de cette promesse.

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jeudi, 14 février 2013

Paris, ville de bureaux: occupation de la SEMAPA

semapa, sdrif, conseil de Paris, PLUUn million et demi de m2 de bureaux vides dans la capitale, soit l'équivalent d'au moins 20 000 logements quand 126 demandeurs sont en attente. Face à un chiffre pareil, qui aurait l'idée absurde de construire encore plus de bureaux dans les années à venir ?

C'est pourtant le projet des élus de la Ville , qui contestent désormais le schéma régional ( SDRIF ) qui prévoit de doubler la part du nombre de logements construits par rapport aux bureaux dans les programmes immobiliers des années à venir. Et dans le même temps, la mairie oppose le manque de foncier disponible aux Parisiens qui ont besoin d'urgence de nouvelles constructions de logements.

Après l'occupation de la SEMAVIP, chargée de l'aménagement de l'Est parisien Les mal-logés sont donc venus occuper la SEMAPA, société d'aménagement urbain appartenant à la Ville et gérant notamment la Rive Gauche , où ce sont plus de 750 000 m2 de nouveaux bureaux qui sont en train de voir le jour ! L'occasion de rappeler à la direction de la société et à nos élus que nous ne sommes pas des Parisiens de seconde zone, et également que la Ville doit loger les travailleurs de la capitale , au lieu de les envoyer en grande couronne , les laisser croupir dans des taudis ou engloutir tout  leur salaire dans le loyer.


Des Logements pas des bureaux (les mal-logés... par HLMPOURTOUS

 

Communiqué diffusé sur place

Paris : 1,5 million de m2 de bureaux vides, 126 000 demandeurs de logement en attente, ça suffit !

 

La SEMAPA, comme la SEMAVIP fait partie des sociétés chargées par la Ville de Paris des grands aménagements urbains. Nous l'occupons aujourd'hui en réaction aux prises de position de la majorité municipales sur le SDRIF au dernier Conseil de Paris: Bertrand Delanöe et ses élus contestent en effet le taux trop élevé de construction de logements qu'imposerait le schéma régional d'aménagement, et souhaiterait au contraire qu'il y ait plus de possibilités de faire de nouveaux bureaux.

A Paris, en juin 2012, 1,4 millions de m2 de bureaux étaient vides et les experts immobiliers estiment que cet excédent représente l'équivalent d'environ 20 000 logements.( source Le Monde et Immogroup Consulting, janvier 2013) Et le phénomène s'étend également aux villes de la petite couronne. Les politiques urbaines de ces dernières années se font en dépit de toute prise en compte des besoins réels dans une métropole parisienne qui compte 126 000 demandeurs de logement. Demandeurs à qui l'on oppose sans cesse le manque de terrains disponibles. Pourtant dans le cas des opérations en cours de la SEMAPA sur le 13ème arrondissement (1), comme dans celles de la SEMAVIP dans l'Est Parisien , le nombre de m2 alloués aux bureaux est toujours supérieur à celui alloué au logement.

Les ma-logés ne peuvent accepter ce refus de prendre en compte leurs besoins, pas plus qu'ils ne peuvent accepter la justification donnée par les élus de la Ville qui défendent la création de nouveaux bureaux à Paris au nom de l'emploi. Car les travailleurs parisiens sont parmi les plus mal-logés de France justement parce que le manque de logements dans la capitale et en petite couronne est criant et s'est accentué ces dernières années.

Salariés du nettoyage , employés de bureaux , salariés des services publics de la Ville , dans l'animation, dans la petite enfance, dans les écoles, dans les services sociaux , employés du commerce n'ont plus aucune solution de logement convenable : les quartiers qui les accueillaient autrefois dans le parc social de fait constitué par le logement privé bon marché ont vu les loyers flamber à cause de la rénovation urbaine qui a fait la part belle aux bureaux. Aujourd'hui ils ont le « choix » entre des hébergements précaires ou indignes à Paris et en petite couronne, ou des heures de transport pour venir de la Grande Couronne, voire au delà. Et lorsque l'Adjoint au Logement Jean Yves Mano répète que 28 000 demandeurs de logement à Paris «  ne sont pas Parisiens » pour minorer les besoins, il oublie de préciser qu'une grande partie d'entre eux travaille à Paris et a donc vocation à y vivre.

La proposition du SDRIF est très modérée : doubler la proportion de logements par rapport aux bureaux, chaque année. En réalité, il faudrait également et surtout augmenter le nombre de logements sociaux. Mais que cette proposition soit écartée et qualifiée de « déraisonnable » par la municipalité est inacceptable : et ce d'autant plus que Paris est une ville riche qui ne manque absolument pas de rentrées d'argent public liée à la présence d'entreprises sur son territoire !

Les Parisiens aux revenus modestes ne sont pas des Parisiens de seconde zone, dont les besoins ne comptent pas lorsque des opérations d'aménagement sont prévues. C'est ce que nous sommes venus dire à la Semapa.

  1. par exemple 745 000m2 de bureaux contre 585 000 m2 de logements ( dont seulement la moitié de social) pour la ZAC Paris Rive Gauche ou 12 000m2 de logements pour 42 000 m2 de bureaux à Porte d'Ivry

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vendredi, 08 février 2013

Occupation de l'ANAH: les "loyers maîtrisés" ne sont pas du logement social

2013-02-08 13.04.29.jpg70 mal-logés ont été évacués de l'Agence Nationale pour l'Amélioriation de l'Habitat ( 8, avenue de l'Opéra ) après plusieurs heures d'occupation, par un dispositif policier démesuré.

L'Anah fait partie des rares opérateurs publics du logement qui ont vu leur budget augmenter considérablement cette année. Mais pour quoi faire ?

Pas du logement à bon marché, puisque jusqu'ici les deux tiers des logements à loyer soit-disant "maîtrisés" sont des loyers intermédiaires accessibles à des personnes ayant jusqu'à 4000 euros mensuels de revenus.

En pleine pénurie de logement à bon marché, François Hollande a annoncé le renforcement de ce type de dispositifs !

La directrice adjointe de l'ANAH a bien évoqué "quelques arbitrages en cours" pour augmenter un peu le nombre de logements à loyer social de l'ANAH, mais évidemment sans s'engager sur le résultat de ces arbitrages.

Le Ministère du Logement ne s'engage pas non plus, et face à nos demandes, c'est une nouvelle fois un dispositif policier démesuré qui a été envoyé pour l'évacuation.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que la Préfecture de Paris que nous avons saisi pour des dossiers d'expulsion et de ruptures d'hébergement soit aux abonnés absents et incapable de nous proposer autre chose que des rendez-vous dans un mois, soit quelques jours avant la fin de la trève d'hiver !

Les mal-logés ne se laisseront pas faire, la lutte continue !

 


Des mal-logés évacués de l'Agence Nationale de... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place:

OCCUPATION DE L'ANAH :

le loyer maîtrisé ce n'est pas du logement social

 

Parmi les opérateurs publics du logement, l'ANAH ( Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat ) a fait partie des rares qui ont obtenu une hausse très importante de leur budget. Alors que l'aide directe à la construction de logements sociaux reste très largement insuffisante et que le montant du financement étatique par logement baisse, le gouvernement a donc fait le choix d'investir encore plus d'argent public dans ce qui est appelé le « loyer maîtrisé », comme l'a confirmé François Hollande lors d'une intervention à Ermont Eaubonne.

Dans ce dispositif, le propriétaire-bailleur reçoit des subventions pouvant aller jusqu'à la 25% du montant de travaux réalisés pour améliorer ses logements : à ceci s'ajoutera une déduction fiscale allant de 30 0 60% sur les revenus fonciers bruts, et une subvention au loyer, sous forme de prime allant jusqu'à 100 euros par m2.

 Ce choix ne correspond pas à la demande criante en logement qui émane en grande partie des personnes à revenus modestes : les « loyers maîtrisés » dans leurs formules actuelles sont surtout une aide aux propriétaires privés, même ayant un patrimoine important, ils coûtent cher, et constituent de toute façon une solution temporaire.

Sur la période 2007-2009, 65 748 logements ont été conventionnés avec l’Anah : 4 134 avec un loyer très social, 21 403 avec un loyer social et 40 211 avec un loyer intermédiaire.

Le constat est sans appel : deux tiers des logements subventionnés par l'Anah ne sont pas du logement à loyer social. Pour les 40 200 logements à loyer intermédiaires, les propriétaires peuvent louer à des personnes gagnant jusqu'à 44 000 euros par an, pour un foyer composé d'une seule personne !

 Même pour les logements conventionnés en social ou très social, l'argent public aura été investi pour une solution temporaire : les conventionnements de l'ANAH n'engagent le propriétaire que sur 9 ans, ensuite le logement est à nouveau loué aux prix du marché si le propriétaire le souhaite.

 Certes une partie des travaux subventionnés par l'ANAH concerne les situations d'habitat indigne : mais dans ce domaine aussi, la politique menée profite surtout aux propriétaires-bailleurs à qui l'ANAH octroie toutes ces aides financières sans conditions de ressources, alors que les propriétaires-occupants, eux, y sont soumis. Est-il normal que des bailleurs à l'aise financièrement qui n'ont pas respecté leurs obligations d'entretien et de rénovation soient financés par l'Etat ? De plus, les aides octroyées par l'ANAH ne tiennent aucun compte de l'occupation réelle du logement, et par exemple de la suroccupation : aucun dispositif de relogement des locataires n'est prévu pour les logements soumis à travaux , et ceux-ci s'ils améliorent la valeur du bien loué, ne règlent pas la situation de mal-logement.

 Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre formule un constat sans appel : les aides publiques doivent être tournées vers le logement très social si l'on veut résorber la crise du logement. Or depuis des années, ce sont les loyers intermédiaires qui sont privilégiés dans la production des bailleurs sociaux ( 51% des nouveaux logements construits entre 2001 et 2012 étaient des PLS), mais aussi au travers des loyers maîtrisés. Dans ce dernier cas, c'est encore plus scandaleux, dans la mesure où il s'agit d'aides financières à des propriétaires privés , pour des logements qui n'augmenteront pas , à terme, la proportion du parc social.

 Nous sommes donc à l'ANAH pour exiger que le budget de 508 millions d'euros, alimenté notamment par le 1% Logement et donc par nos salaires soit utilisé pour faire du logement vraiment social !

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !

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samedi, 02 février 2013

Rapport de la Fondation Abbé Pierre: ces politiques qui entretiennent le mal-logement

fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreComme chaque année, la publication du rapport de la Fondation Abbé Pierre donne lieu à un constat partagé par tous : le mal-logement ne cesse de s'étendre, touchant un pourcentage de la population de plus en plus élevé.

Plus aucun politique ne remet en cause ce constat : et chacun d'entre eux, selon les « thèmes » particulièrement mis en lumière d'une année sur l'autre, s'exprimera avec compassion sur telle ou telle catégorie de population nouvellement et/ou massivement touchée par le mal-logement, cette année, les familles, par exemple.

Mais généralement, une autre partie du rapport n'est que très peu commentée : celle qui met en rapport les besoins en logement et la production réelle ou celle qui détaille l'impact et le niveau des prestations publiques permettant aux catégories modestes de la population de faire face au coût du logement.

Pourtant c'est cette partie du rapport qui donne la clé du pourquoi de la crise du logement et de ses manifestations.

Pourquoi sommes-nous mal-logés ? Pourquoi notre demande de logement social n'aboutit-elle pas alors que de nouveaux logements sortent de terre autour de nous ? Pourquoi avons nous de plus en plus de mal à payer nos loyers, même dans le logement social ?

 La réponse à ces questions ne se trouve pas dans une quelconque fatalité, mais dans le choix fait sciemment de politiques ne répondant pas à la demande réelle, et notamment dans une forme de destruction du logement social particulièrement pernicieuse, parce que peu visible, celle qui consiste à privilégier depuis vingt ans des niveaux de loyers extrêmement chers dans les nouvelles constructions. Mais aussi à réduire peu à peu la part d'aide de l'Etat au paiement des loyers par le biais des allocations logement, tout en restreignant le nombre de bénéficiaires potentiels.

Produire du logement social, oui mais lequel ?

fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreDepuis la fin des années 90, tous les gouvernements se sont fondés sur les chiffres bruts de la production de nouveaux logements sociaux et sur l'augmentation du volume du parc social pour affirmer le volontarisme de leurs politiques. « On n'a jamais construit autant de logement social », voilà la phrase que répètent à l'envi tous les élus.

 Mais qu'appellent-ils logement social ? La réponse donnée par le rapport de la Fondation Abbé Pierre est sans appel.

 Entre 2001 et 2012 , 54% de la production nouvelle a été du PLS, c'est à dire des logements dont le niveau de loyer est accessible seulement à 15% des demandeurs de logement social. Salariés au SMIC ou un peu au dessus, retraités modestes, jeunes ménages en précarité ordinaire, familles monoparentales ( dont 41% des enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté) en sont donc exclus.

 Si l'on prend la proportion globale de PLS dans le logement social, elle a été multipliée par 5 ces dix dernières années, quand celle de PLA-I n'était multipiée que par 1,6.

 Conclusion : plus de la moitié de la production de logement sociaux déjà notoirement insuffisante au regard des besoins est de toute façon inaccessible à huit demandeurs de logement sur dix, et ce de façon constante depuis au moins dix ans.

Depuis la loi SRU, qui impose 25% de logements sociaux dans chaque commune, beaucoup d'entre elles se sont vantées de s'être mises en conformité avec la loi et d'avoir fait des HLM. Mais en réalité, 14% de ces nouveaux logements seulement sont des PLA-I.

 Ces chiffres répondent facilement aux interrogations des mal-logés qui ne comprennent pas pourquoi les bâtiments neufs avec des pancartes «  logement social » fleurissent partout dans leur ville, alors que le maire ou la Préfecture leur répondent toujours qu'ils n'ont pas beaucoup d'appartements à attribuer . En réalité, les appartements ne manquent pas, ce sont les loyers qui ne correspondent pas à ceux des revenus modestes ou très modestes !

Voir à ce sujet :

Quelle Politique de la Ville pour quel logement social, interpellation de François Lamy

Manifestation devant l'USH : les bailleurs font-ils vraiment du logement social


Le changement annoncé dans la politique du logement aura-t-il lieu en 2013 ?

Non, si l'on en croit les chiffres donnés par le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le budget, et ce malgré les annonces sur les 150 000 logements par an répétées sans arrêt.

 En 2013, 48 000 PLS sont programmés et seulement 33 000 PLA-I . Certes le nombre de PLA-I augmente de 9500 unités, et celui des PLUS ( niveau intermédiaire entre le PLA-I et le PLS) aussi , mais un autre facteur entre en compte : les hébergements temporaires ( foyers de jeunes travailleurs, résidences sociales, et autres places en CHRS) comptent dans le calcul du nombre de PLA-I. L'offre de vrais logements et son augmentation sont donc encore plus faibles que ne le laissent entrevoir es chiffres.

De plus entre ces chiffres annoncés par l'Etat et ce qui sera réellement produit, il y a en général un grand fossé. Pourquoi ? Parce que la production de logements sociaux est aussi conditionnée aussi à la volonté des élus locaux, qui la fixent au travers des Plans Locaux pour l'Habitat ( PLH).

Or, le rapport de la Fondation Abbé Pierre montre que le décalage entre le nombre de nouveaux logements sociaux prévus par l'Etat et celui programmé par les PLH est énorme.

Par exemple pour les 30 plus grosses agglomérations, l'Etat prévoit a production de 72 000 unités alors que les PLH n'en prévoient que 46250.

 Bref, les objectifs affichés par le gouvernement ont toutes les chances de ne pas être tenus !

 Et ce d'autant plus que la réalisation d'un programme de logements sociaux dépend beaucoup de son niveau de financement par l'Etat : un bailleur social doit rembourser des prêts consentis par les banques pour les nouveaux logements, et évidemment , plus le loyer d'un nouveau logement est élevé, plus ce remboursement sera facile et n'empêchera pas de dégager un excédent pour les finances du bailleur. Par conséquent , même avec une aide modeste de l'Etat , les bailleurs font une bonne affaire en construisant du PLS. Par contre, ils n'acceptent de réaliser les programmes de PLA-I que si l'aide de l'Etat est importante.

 Or l'aide directe est tombée de 9800 euros en 2012 à 7500 euros en 2013.

 En résumé : depuis dix ans, la part de vrais logements sociaux accessibles à tous représente moins d'un quart des nouveaux logements produits chaque année. Globalement, le parc de logements sociaux devient donc de moins en moins social. L'accès des demandeurs aux revenus modestes ou très modestes est donc bloqué, et pour les nouveaux locataires, les loyers sont de plus en plus élevés.

 EN dix ans le taux moyen des loyers au sein du logement social a bondi de 39%

Voir à ce sujet:

Plan gouvernemental sur le logement : notre réaction

Occupation de l'AORIF : les bailleurs sociaux doivent reloger maintenant

 

Aide au logement : solidarité avec les propriétaires, abandon des locataires

 fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreCes dix dernières années, les dispositifs d'aide aux propriétaires-bailleurs se sont multipliés : aide à la rénovation, avantages fiscaux et prêts à des taux préférentiels consentis en échange d'une location à des prix « minorés » pendant quelques années pour l'achat d'un nouveau logement, permettent aux investisseurs immobiliers de bénéficier de pas mal d'argent public pour leur activité.

 Ces dispositifs du Scellier au Duflot actuel sont souvent présentés comme un moyen de mettre sur le marché du logement locatif privé accessible aux classes populaires. En réalité, cet objectif là n'a jamais été rempli.

 Ainsi, alors que le gouvernement parle à nouveau beaucoup d'investissement dans le « loyer maîtrisé , un chiffre issu du rapport de la Fondation en dit long sur les bénéficiaires de ces dispositifs. En 2012, sur 7412 logements «  à loyer maitrisé » , moins d'un sur du dix ( 665 logements ) avait un niveau de loyer très social, comparable à celui d'un HLM.

Les fonds publics ne manquent donc pas lorsqu'il s'agit de soutenir les propriétaires bailleurs.

 Voir notre article : Tous propriétaires, tous endettés , tous mal logés ?

Pourtant, c'est bien ce manque de fonds qui est invoqué en permanence pour expliquer la part de plus en plus maigre de l'aide au logement consentie aux locataires pour faire face aux prix des loyers.

Le rapport de la Fondation Abbé Pierre livre un constat sans appel sur les allocations logement : concernant une part de plus en plus restreinte de la population, elles correspondent de moins en moins au côut réel du logement.

 Ainsi, alors que l'explosion du prix des loyers cause des difficultés financières à une grande partie de la population, classes moyennes comprises, dépasser même très légèrement le SMIC conduit à une exclusion du bénéfice des allocations logement. Non seulement, son assiette n'a pas été élargie, mais elle a même été réduite, passant de 1, 08 SMIC en 2002 à 1,1 SMIC en 2012. Au delà pas d'accès à l'allocation logement

 Quant au montant de ces allocations, la revalorisation a été dérisoire au regard de l'augmentation des loyers et des charges : alors que les loyers des bénéficiaires ont augmenté de 32% en moyenne ces dernières années, les aides elles ont augmenté d'à peine 15%. C'est encore pire pour les charges, puisqu'elles ont augmenté de 39% alors que les aides n'ont augmenté que de 11%.

 Dans ces conditions, comment s'étonner de l'explosion des impayés de loyer ( plus 82% en quelques années ) ? Comment s'étonner que 20% de la population déclare souffrir du froid dans son logement, ou que 8 millions de personnes soient en état de « précarité » énergétique ?

 Voir notre rubrique CAF sur le site

Là aussi, aucune fatalité au mal-logement, mais une question de volonté politique.

 

DALO :Priorité à l'urgence sociale ou restriction de l'accès à un droit fondamental ?

 

fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreParmi les grands espoirs déçus de ces dernières années, la loi DALO est sans doute la loi la plus trompeuse qui ait jamais été votée.

Non seulement, elle n'a pas augmenté le nombre de relogements, qui ne dépendait évidemment pas de la simple création d'un label, mais surtout en introduisant de nouveaux critères de « priorité », elle a de fait réduit la définition du mal-logement.

Le rapport de la Fondation Abbé Pierre pointe deux réalités du doigt.

 D'une part, le fait que des mal-logés aient été reconnus prioritaires au terme d'un long processus , où il s'agit de prouver qu'on correspond à des critères extrêmement excluants n'a pas modifié leur sort.

 A ce jour, pour la seule Ile de France, le nombre de DALO non relogés est grimpé à 27 500 foyers.

 D'autre part, alors que le label DALO est devenu la condition sine qua non pour être reconnu comme mal-logé, le pourcentage de décisions favorables ne cesse de baisser.

 Aujourd'hui 61% des dossiers présentés reçoivent une réponse négative contre 40 % pendant les premières années de la loi. Comme le souligne la Fondation Abbé Pierre, un mécanisme de tri lié non pas à la situation réelle des personnes mais à la prise en compte du peu de solutions disponibles en terme de relogements s'est mise en place.

 De plus en plus de situations de mal-logement sont ainsi considérées comme non-prioritaires.

 Voir notre rubrique sur les conséquences dramatiques de la loi DALO et sur le tri des mal-logés

Ainsi le rapport de la Fondation met en avant au moins 411 000 personnes hébergées chez des tiers et la suroccupation dans les logements liée au maintien ou au retour des enfants majeurs au domicile parental , où à l'inverse à la prise en charge au domicile des enfants d'un parent qui ne peut plus faire face à son loyer autonome à la retraite. Or ces situations ne sont pas prises en compte pour l'obtention du label DALO dans la plupart des commissions de médiation franciliennes : celles-ci considèrent désormais que l'Etat n'a pas à se substituer au devoir légal d'assistance aux ascendants ou descendants prévu par le Code Civil, et qu'être hébergé chez des parents fait disparaître le critère d'urgence défini par le DALO.

 Le rapport de la Fondation pointe aussi le fait que 43% des ménages modestes vivent dans un logement où au moins un critère d'indécence est établi....mais la loi DALO ne prend en compte que l'insalubrité légale, dont les critères sont extrêmement sévères.

 Enfin, alors que l'explosion des loyers est un fait reconnu par tous, s'endetter ou ne pas pouvoir faire face à ses autres besoins pour payer son loyer dans le privé n'est pas un critère reconnu par la loi DALO. Comme si vivre dans la pauvreté et le manque de tout pour ne pas perdre son logement n'était pas une forme de mal-logement.

Et ce type de critères coûte cher socialement, mais aussi financièrement : aujourd'hui , il faut attendre une procédure d'expulsion pour impayés de loyers parvenue à son terme pour que le label DALO soit éventuellement accordé à un foyer et que la Préfecture commence à prendre en compte un dossier. Le plus souvent le foyer sera expulsé et envoyé vers l'hébergement d'urgence au terme de la procédure, ce qui coute bien plus cher à la collectivité qu'un relogement ( sans compter la situation de certains petits propriétaires qui n'ont qu'un seul logement loué pour payer leur retraite, par exemple, et qui se retrouvent tout aussi en difficultés que leur locataire qui ne peut quitter les lieux faute de solutions )

 Voir : Mobilisation contre les expulsions, les mal-logés occupent le GIP


fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierrePourquoi sommes-nous mal-logés ?

La réponse donnée par l'analyse des chiffres issu du rapport de la Fondation Abbé Pierre est sans appel : il n'y a tout simplement pas eu de politique contre le mal-logement pendant dix ans, et au contraire, le logement social a été détourné de sa vocation première, notamment en produisant des logements de plus en plus chers, tandis que les aides directes aux locataires ne prenaient absolument pas en compte l'évolution à la hausse du cout du logement.

Allons nous rester mal-logés ?

Oui si les politiques menées ne prennent aucun tournant qualitatif et quantitatif.

Or sur le nombre de logements sociaux accessibles à tous, comme sur la revalorisation des aides directes au paiement du loyer, le budget 2013 n'infléchit pas vraiment la donne et même les objectifs annoncés en termes de production de logement risquent de ne pas être tenus.

Les mesures supplémentaires annoncées par François Hollande à Ermont Eeaubonne, intitulées «  pacte pour le logement » ne vont pas inverser la donne : une nouvelle aide pour les propriétaires bailleurs mais rien pour la construction supplémentaire de logement social à bon marché , cela ne va pas dans le bon sens.

Quant à la loi SRU , dont le renforcement a été annoncé à grand bruit, en réalité, son pouvoir de contrainte est à la faible et facilement évitable : de plus le quintuplement des amendes est en fait facultatif et laissé à l'appréciation des préfets.

 La lutte collective est donc plus que jamais d'actualité !

14:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : fondation abbé pierre, dalo, aide à la pierre | | |  Facebook

 
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