Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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jeudi, 30 mai 2013

Paris Métropole : le Grand Paris, cauchemar des mal-logés.

Toute la journée, entre 60 et 70  mal-logés ont occupé le siège de Paris Métropole, sis 55, rue de Lyon. Une banderole a été déployée sur la façade côté rue. L'évacuation policière a été demandée par la direction et a eu lieu vers 17H

Paris Métropole regroupe des élus de 206 collectivités territoriales franciliennes. Le préfet de région Jean Daubigny y était en visite il y a encore quelques semaines.

Officiellement ces élus et le Ministère répètent que les ruptures d'hébergement, c'est terminé, qu'aucune personne prise en charge par le SAMU Social ne sera remise à la rue. Pourtant, confrontés aux cas concrets que nous leur avons soumis, la Préfecture de Région, mais aussi une vingtaine d'élus , dont Jean Yves Mano, adjoint au Logement de la Ville de Paris et Patrick Braouezec, vice-président de Plaine Commune contactés par la direction administrative de Paris Métropole ont affirmé ne rien pouvoir faire.

Pourtant il ne s'agit même pas de "nouveaux" cas. Ainsi, cela fait des années que Madame C. et ses 4 enfants ont déposé une demande de logement, et un an que la personne les hébergeant leur a signifié la nécessité de partir. Mis finalement à la rue le 17 mai, ils ont été envoyés en banlieue pour dix jours dans un hôtel par le 115...puis jetés à la rue. Ainsi, cela fait des années que Mme T. qui a soixante trois ans n'a plus d'hébergement fixe: ces derniers mois, elle a alterné la rue, les brèves prises en charge par le 115 et l'hôpital, en raison de problèmes de santé grandissants, le tout en travaillant à temps partiel. Epuisée, elle risque le pire en dormant dehors.

Et ces quelques exemples ne sont qu'une préfiguration de ce qui va arriver ces prochaines semaines: contrairement encore une fois aux allégations ministérielles et des autres politiques, de nombreuses expulsions sont programmées, et des personnes dont le propriétaire vend l'appartement se voient en bout de procédure et convoquées au commissariat alors même qu'elles ont des demandes DALO en cours.

Mal-logés solidaires, nous l'avions dit dès ce matin aux responsables de Paris Métropole: nous ne sortirons qu'avec des solutions. En signant une réquisition d'évacuation des lieux, l'ensemble de ces élus montre bien que le logement des Franciliens n'est pas une priorité .

Juste en face du siège de Paris Métropole que nous occupions aujourd'hui, des hommes, des femmes, et des enfants vivent dans des tentes posées sur le trottoir. Menacés d'expulsion (voir ici le communiqué de Droit au Logement ), ils seront peut-être demain à l'autre bout de l'Ile de France, tandis que d'autres, expulsés d'autres bidonvilles les remplaceront peut-être.

 Voilà ce qu'est le Grand Paris aujourd'hui pour des centaines de milliers de Franciliens mal-logés, que chaque collectivité territoriale a toujours une bonne raison de ne pas considérer comme des habitants de sa commune. Cela a assez duré. Nous voulons des solutions maintenant.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT



                        Les Mal-logés évacués du siège de Paris-Metropole par HLMPOURTOUS

21:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris métropole, grand paris, cecile duflot, circulaire dalo, expulsions, jean yves mano | | |  Facebook

jeudi, 23 mai 2013

Le foncier public doit servir pour de vrais logements sociaux: occupation de l'AFTRP

Les mal-logés ont occupé toute la matinée d' aujourd'hui l'Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne ( AFTRP).

Etablissement public au service de l'Etat et des collectivités territoriales franciliennes, l'AFTRP est l'aménageur qui va directement mettre en œuvre la loi sur la cession de foncier public à bas prix ou gratuit censé faciliter la construction de « logements sociaux ».

Une nouvelle fois, la déception est au rendez-vous après la publication des décrets d'application de la loi : celle-ci n'impose rien aux collectivités territoriales en terme de construction de vrais logements sociaux, ceux qui correspondent à la demande : des PLA-I. Le dispositif est purement incitatif.

Nous avons été reçus par le directeur du foncier de l'AFTRP qui nous a confirmé que l'Etat ne pourrait rien imposer, et que la proportion de logements sociaux et très sociaux serait déterminée au terme de négociations entre les préfets, les collectivités territoriales et les bailleurs, pour chaque terrain libéré.

Nous savons ce que cela signifie concrètement : les maires qui ne veulent pas de logement social vont continuer à faire de l'obstruction, les bailleurs sociaux qui privilégient les logements les plus chers du type PLS aussi.

Ce n'est pas le changement promis, pour cette loi, comme pour l'ensemble de la politique du logement.

L'AFTRP a pris l'engagement de nous faire recevoir au plus vite par son directeur général , tandis que le Ministère du Logement se déclarait disposé à nous recevoir.

Nous comptons bien lors de ces entrevues obtenir le détail des cessions réellement prévues et le nombre de vrais logements sociaux qui vont être produits à court terme. En tout cas, la mobilisation ne peut que s'amplifier tant que la réponse à la demande des mal-logés ne sera pas une priorité absolue pour ce gouvernement.


Mal-logement: occupation de l'AFTRP par HLMPOURTOUS

 

Le tract diffusé sur place

Des vrais logements sociaux, maintenant.

Les mal-logés investissent aujourd'hui l'Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne ( AFTRP).

Etablissement public au service de l'Etat et des collectivités territoriales franciliennes, l'AFTRP est l'aménageur qui va directement mettre en œuvre la loi sur la cession de foncier public à bas prix ou gratuit censé faciliter la construction de « logements sociaux ».

Le problème, c'est qu'aucune indication , aucune contrainte réelle ne pèse sur la nature finale des logements qui seront construits : le Ministère refuse d'adapter l'offre à la demande, donc d'imposer aux collectivités et aux bailleurs sociaux la construction de logements à loyers vraiment modérés, des PLA-I et leur laisse toute latitude pour construire plutôt du PLS, c'est à dire des logements dont les loyers ne correspondent aux revenus que de 15% des demandeurs en Ile de France. Les décrets qui sont parus fonctionnent sur un système de décôte progressive selon le type de logements construits : les maires et les bailleurs qui refusent de faire du PLA-I auront donc quand même des avantages financiers pour les PLS !

En ces temps de restriction budgétaire généralisée, on ne peut pas accepter qu'une partie des ressources de l'Etat soient affectées à des financements pour des logements qui ne correspondent pas ou peu aux besoins des mal-logés. La mouture finale de cette mesure, qui aurait pu être bénéfique correspond bien à l'orientation globale de la politique du logement actuelle : de grandes annonces qui finissent par se réduire à pas grand-chose.

Les réquisitions de logements vacants ? Après un an de communication tous azimuts, elles se sont réduites cet hiver à la mise à disposition de quelques casernes et bâtiments publics pour de l'hébergement d'urgence, et concerneront peut-être quatre cent appartements ...pour toute l'Ile de France.

La fin de la politique de saisonnalité de l'hébergement d'urgence et l'objectif « zéro personne remise à la rue » ? Elle se traduit d'une part par des refus d'hébergement concernant aussi bien les familles que les célibataires, et d'autre part par la création de places de mauvaise qualité ( dortoirs , places en hôtel excentrées …) que dénoncent les fédérations d'associations du secteur.

L'arrêt des expulsions ? La circulaire prise par le Ministère ne concerne que les personnes étant arrivées au terme de la procédure DALO , complexe, longue et aux critères extrêmement restrictifs ( communiqué collectif des Associations Unies, 13 mai 2013).

Le « dispositif Duflot », qui devait contrairement au Scellier permettre la mise sur le marché de logements privés accessibles à tous ? Les observateurs , notamment les économistes de l'OFCE, s'accordent à dire qu'il s'agit encore une fois d'un dispositif très peu contraignant pour les propriétaires.

En 2012, il y avait 1,7 millions de demandes de logement social non satisfaites. Ce chiffre est très inférieur à celui du nombre de mal-logés, car nombre d'entre eux sont dans des situations de précarité et de découragement telles qu'ils ne sont pas en mesure de déposer et de renouveler une demande chaque année. Seules 300 000 demandes ont reçu une réponse. Une énième réforme de l'attribution des logements ne changera rien à ce chiffre, et ne fera qu'ajouter des critères aux critères, comme l'a fait la loi DALO qui a aggravé les difficultés des mal-logés au lieu de les résoudre.

Il faut donc de nouveaux logements sociaux en masse, correspondant aux ressources des demandeurs, des PLA-I. Pas des PLS, pas des dispositifs côuteux d'aides financières aux propriétaires privés pour du logement intermédiaire.

 UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

 

16:24 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, foncier public, loi sru | | |  Facebook

mercredi, 15 mai 2013

Appartements insalubres à Paris Habitat OPH: le Préfet interpellé par les mal-logés

Demandeurs d'un logement HLM et locataires du parc social ont manifesté une nouvelle fois ensemble devant le siège du premier bailleur social parisien Paris Habitat OPH pendant la signature d'une convention pour l'embauche de contrats d'avenir entre l'USH-Ile de France ( AORIF), et la préfecture de région, en présence du préfet Jean Daubigny.

C'était l'occasion pour nous d'interpeller simultanément des interlocuteurs, qui en temps normal, se renvoient la balle mutuellement sur les problèmes d'insalubrité du parc social.

Ceux-ci deviennent récurrents en Ile de France, pour plusieurs raisons : le manque de budget alloué à la rénovation, le rachat d'immeubles anciens , sans remise à neuf du bâti. Désormais les nouveaux entrants dans le parc social se voient ainsi confrontés à des problèmes d'installations électriques , à des infestations de nuisibles non traitées, à des carences graves en matière d'isolation thermique.

Mais aussi et c'est un comble, à la présence de peintures au plomb, et donc au risque de saturnisme : c'est le cas pour un immeuble de Paris Habitat du 10ème arrondissement, où la Préfecture a reconnu ce critère d'insalubrité grave ( voire notre article précédent avec le courrier préfectoral )...mais où l'attribution du label DALO aux personnes concernées est rejeté au motif que «  le bailleur social ne reconnaît pas l'insalubrité » (clickez sur l'image ci-dessous pour afficher le courrier de la commission DALo reçu par le demandeur concerné).

 

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En clair, là où un propriétaire privé se verrait taxé de « marchand de sommeil », un bailleur social peut non seulement se permettre de ne pas reloger son locataire et de le laisser exposé au danger du plomb, mais son avis détermine également le refus du label DALO qui pourrait permettre un relogement préfectoral.

Globalement , aujourd'hui 30% des demandes de logement sont des demandes de mutation au sein du parc social ; motivées aussi par la suroccupation. Or si les bailleurs sociaux se plaignent sans arrêt du faible taux de rotation au sein du parc social, ils ne font rien pour l'améliorer : ainsi nombre de petits logements pourraient être libérés en accordant des logements de taille adaptée aux familles qui galèrent depuis des années dans un appartement devenu trop exigu. Au lieu de ça, certains bailleurs , notamment à Paris envisagent notamment de créer des « colocations » pour célibataires au sein de logements familiaux !

Aujourd'hui la Préfecture, les bailleurs sociaux et notamment Paris Habitat vont donc signer une convention pour embaucher des précaires en contrat d'avenir : mais vont-ils les loger ? Probablement pas, puisque toutes ces institutions pointent sans cesse le manque de ressources suffisantes pour attribuer des logements sociaux aux salariés en CDD, en temps partiel , au SMIC mensuel, ou en dessous et continuent à ne pas prendre en compte le besoin réel en PLA-I et à faire du PLS dans leurs nouvelles constructions.

 La précarité du logement et la dégradation du parc social ça suffit


 Insalubrité à Paris Habitat OPH: les mal-logés... par HLMPOURTOUS

21:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris habitat oph, insalubrité, saturnisme, dégradation du parc social, rénovation urbaine acquisition-réhabilitation, dalo | | |  Facebook

jeudi, 02 mai 2013

Cecile Duflot fait expulser les mal logés de la Caisse de Garantie du Logement Social

La droite expulsait, la gauche continue: où est le changement ?

Ce matin, soixante-dix mal-logés ont été évacués par la police des locaux de la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social: cet organisme public, placé conjointement sous la tutelle du Ministère du Logement et des bailleurs sociaux est censé garantir la construction de logements sociaux et l'entretien du parc social.

Aujourd'hui, les nouveaux logements sociaux se font attendre, et le parc existant se dégrade: il y a un an presque jour pour jour que ce nouveau gouvernement s'est installé, et la situation du logement reste catastrophique. L'ensemble des mesures proposées et mises en application s'avère très mince au regard des besoins: que ce soit dans la première loi sur le logement votée en janvier ou dans celle qui est annoncée, la priorité n'est absolument pas donnée au vrai logement social, à loyers abordables.

Toujours condamnés aux expulsions, aux hébergements précaires quand ce n'est pas à la rue, toujours abonnés aux loyers exorbitants qui plombent leur budget et les contraignent à se priver du nécessaire, les ouvriers, les employés, les retraités, les jeunes actifs, les précaires en ont assez d'attendre un changement qui ne vient pas.

Les expulsions policières n'éteindront pas notre colère.

Voir aussi l'article de Business Immo sur notre occupation

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Caisse de Garantie du Logement Social: les mal... par HLMPOURTOUS

MAL LOGEMENT : le Changement , on l'attend !

 

Ce jeudi 2 mai, Cecile Duflot présente un nouveau projet de loi sur le logement : un an presque jour pour jour après l'arrivée du gouvernement qui nous promettait le changement maintenant, nous occupons la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social pour que les choses changent vraiment et en urgence pour les mal-logés. Etablissement public administratif administré par l’Etat et les bailleurs sociaux, la Cglls a pour vocation de permettre aux organismes de logement social de construire, entretenir et réhabiliter les logements locatifs sociaux . Ces missions aujourd'hui ne sont pas remplies.

On nous promettait 500 000 logements neufs par an, si l'on atteint les 300 000 , ce sera déjà inespéré. Parmi ces logements, la majorité ne sera pas accessible aux demandeurs de logements des classes populaires. Jusqu'ici, aucune mesure n'a été prise pour imposer la construction de vrais logements sociaux, les PLA-I : la loi SRU permet de faire du logement intermédiaire comme le PLS, et de la même manière, la cession à prix réduit des terrains publics organisée par un décret récent pourra se faire pour des PLS, et même pour de l'accession à la propriété. Par conséquent, les bailleurs sociaux, comme les collectivités territoriales qui souhaitent s'en tenir à ce type de logements de loyers élevés n'auront aucune contrainte leur imposant de construire des HLM à prix abordable.

La réquisition-réhabilitation des logements vides était présentée comme une autre manière de répondre en urgence aux besoins des mal-logés. Un an et une bonne vingtaine de conférences de presse après, le résultat est purement symbolique : quelques bâtiments de l'Etat ont été transformés en hébergement d'urgence précaire, deux immeubles seront -peut-être - transformés en logements sociaux, et 372 logements seront éventuellement réquisitionnés pour toute l'Ile de France.

Quant au parc social, son état se dégrade à la vitesse grand V : les crédits de l'ANRU ont servi et servent surtout à détruire, pour reconstruire avec des niveaux de loyers plus cher. Le parc de nouveaux logements sociaux continue à être majoritairement composé de PLS, et au sein du parc ancien, une population de plus en nombreuse vit en état de suroccupation, avec plusieurs générations dans le même logement, et des drames de l'insalubrité.

Certes la nouvelle loi annoncée propose de bonnes pistes , comme transformer les millions de m2 de bureaux vides : mais là , encore, il n'y a aucune certitude sur la nature de ces futurs logements, privés ou pas, et à quels niveaux de loyer ?

Bref le changement annoncé, les mal-logés l'attendent toujours et dans les pires conditions qui soient : les expulsions continuent, l'hébergement d'urgence est toujours saturé, et si les ventes de logement stagnent, cela n'empêche pas les propriétaires de continuer à multiplier les congés pour vente. Les loyers sont toujours aussi chers, et les ouvriers, les employés, les retraités, les chômeurs continuent à se priver de tout pour les payer.

L'arrêt total des expulsions, des mesures d'urgence pour reloger massivement, et la programmation de vrais logements sociaux en nombre correspondant aux besoins, voilà ce que nous attendons de ce gouvernement.

Le mal-logement n'est pas une fatalité, dès lors qu'on a la volonté de le combattre.

UN LOGEMENT POUR TOUS , MAINTENANT

16:52 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

 
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