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jeudi, 04 juillet 2013

Alain Régnier interpellé par les mal-logés sur l'augmentation du nombre de SDF

mal logésMardi 2 juillet, l'INSEE annonçait un chiffre accablant: en 10 ans le nombre de personnes sans domicile fixe a augmenté de 50%.

Ce chiffre qui en dit long sur les politiques du logement menées ces dernières années n'a donné lieu qu'à l'indifférence des politiques et du Ministère: d'ailleurs dans la loi Duflot, aucun plan d'urgence doté de moyens significatifs n'est prévu pour traiter le problème.

Ce matin, les mal-logés en lutte sont donc allés interpeller directement Monsieur Régnier, préfet délégué à l'hébergement et au logement. En décembre, nous l'avions déjà saisi alors que se préparait la Conférence Nationale de Lutte contre la pauvreté, censée prendre des mesures d'urgence et qui n'a finalement débouché sur rien.

Le tract suivant a été diffusé , tandis que le Préfet acceptait de nous recevoir dans les prochains jours.

Les mal-logés interpellent aujourd'hui Alain Régnier,préfet délégué à l'hébergement et à l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, à l'occasion d'un atelier sur l'hôtellerie sociale.

 

Mardi dernier, les chiffres de l'étude INSEE sur le nombre de personnes sans domicile fixe recensées n'a pas ému grand-monde : pourtant, c'est sans aucun doute un bon outil pour évaluer les politiques du logement. Le nombre de personnes à la rue ou en hébergements d'urgence a augmenté de 50% en dix ans et 30 000 enfants sont officiellement SDF , au minimum. Au minimum, parce qu'en réalité ce chiffre n'inclut que les personnes en permanence à la rue, celles qui ont été repérées par les pouvoirs publics. Par exemple, les personnes hébergées pour quelques mois chez des tiers ne sont pas comptabilisées, pas plus que celles qui alternent des nuits à l'hôtel à leurs frais et des nuits dans leur véhicule.

 

Contrairement à ce qu'essaient de faire croire certains médias et politiques, cette augmentation n'est pas liée à l'afflux d'étrangers sur le territoire et l'augmentation de la proportion de personnes étrangères dans les chiffres globaux est due au fait que l'hébergement des demandeurs d'asile s'est réduit comme une peau de chagrin.

En réalité, le nombre de SDF augmente parce que l'offre de logement social se réduit. On ne construit pas ou très peu de PLA-I , le seul type de HLM dont les loyers correspondent à ceux des salariés modestes et/ou précaires, de beaucoup de retraités, de jeunes en insertion, de familles monoparentales ou nombreuses. En dix ans, la possibilité pour les personnes aux revenus modestes de se loger dans le privé est devenue nulle, tandis que le logement social devenait inaccessible. Il n'y a pas d'autre cause à l'augmentation du nombre de SDF.

En guise de solution, l' Etat , les collectivités territoriales et les bailleurs brandissent sans cesse la carte de l'augmentation des moyens pour l'hébergement d'urgence. Mais cette augmentation prétendue des moyens se fait sur le dos du logement social  : ainsi à la place de vrais logements, on construit ou conventionne des immeubles existants en résidences ou en hôtels « sociaux ». A Paris*, la majorité des PLA-I comptabilisés au titre de la loi SRU sont en réalité des hébergements : c'est à dire des structures précaires, avec des baux précaires, souvent sans cuisine et/ou sans sanitaires individuels, avec des règles de vie contraignantes, et des situations de suroccupation fréquente. Ces hébergements ne sont pas une alternative à la rue, ils sont un pis aller en lieu et place d'un logement , que les bailleurs sociaux rechignent de plus en plus à attribuer aux personnes aux revenus modestes.

Pour le reste, comme le dénonce notamment la FNARS, on en est revenus à une politique « low cost » de l'hébergement destinée à cacher la misère : dortoirs hivernaux, places en hôtel réservées pour quelques jours puis remise à la rue, sont devenues le quotidien des mal-logés baladés d'hébergement en hébergement, de départements en départements au gré d'une politique de gestion des « flux » totalement inhumaine.

Aucune mesure d'urgence pour le relogement des mal-logés n'est prévue par la loi Duflot, pire de nombreux observateurs prévoient une hausse d'une partie des loyers du privé avec le nouveau dispositif censé les encadrer.

Mal-logés en lutte, nous ne comptons pas rester passifs face à la catastrophe sociale qui touche des millions d'entre nous dans l'indifférence des politiques.

 

*En 2012, la production de PLAI était de 22% sur la part totale de la production de nouveaux logements, mais seulement 7% pour des logements familiaux, le reste étant des places de foyers) - soit 246 logements ( source Conseil régional IDF)

12:40 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

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