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lundi, 15 juillet 2013

Martigues: vivre en mobil home sans eau, ni électricité

Le mal-logement revêt bien des formes en France et elles sont souvent invisibles: ainsi, dans le Sud touristique, pas évident de faire la différence, au visuel, entre les mobil home et les résidences secondaires des vacanciers et ceux , où les résidents vivent à l'année, dans des conditions très difficiles, toujours menacées d'aggravation.

Nous publions ce témoignage d'un mal-logé qui nous a contactés, si vous souhaitez montrer votre solidarité, face à l'urgence de sa situation, transmettez-le au Député Maire de Martigues, gaby Charroux qui peut débloquer la situation, par le biais du formulaire de contact ci-dessous  !

http://www.ville-martigues.fr/martigues-au-quotidien/cont...

Témoignage de Mr J.A., menacé d'une coupure imminente et définitive de l'eau et de l'électricité

"La situation que nous vivons aujourd'hui, devient chaque jour qui passe, de plus en plus compliquée. En effet nous vivons sur un terrain qui est propriété de la société civile de Bonnieu, ma famille et moi avons acheté en 2001 des parts de cette société qui représentent la surface de notre terrain, sur ce terrain y est cadastré une petite maison pour laquelle nous payons des taxes foncières ainsi que des taxes d'habitations, je dois dire que cette maison est inhabitable, et nous vivons dans un mobil home depuis décembre 2002.

 Nous n'avons aucune commodité, ni eau, ni tout à l'égout, et pas d'électricité. Cela fait plus de dix ans que j'en fait la demande, d'abord auprès de Monsieur Lombard l'ancien Maire de Martigues et ensuite auprès de Monsieur CHARROUX, qui avant d'être le nouveau Maire était le premier adjoint de son prédécesseur, j'ai demandé l'intervention des élus d'autres communes avoisinantes, sans pour cela avoir un résultat.

 Je dois vous dire que pour l'eau, nous la prenons à une borne d'incendie, grâce à un réseau que nous avons réalisé à l'aide de tuyaux de pompier récupérés de ci de là, cela avec le consentement de Monsieur le Maire et de son Premier Adjoint Monsieur CAMBASSEDES, car à chaque fois que je les croise je le leur rappelle.

 Pour ce qui est des rejets des eaux viciées, nous avons réalisé des fosses septiques, alors que vis à vis des lois, il nous faut des terrains qui ont au moins 1000m² de surface, chose que nous n'avons pas, puisque nous sommes 34 sociétaires et que chaque terrain n'atteint pas les 1000 m².

 Pour ce qui est de l'électricité, j'avais obtenu de E.R.D.F un compteur de chantier, mais les compteurs de chantier sont octroyés pour une durée qui en logique n'exède pas 1 an, pour ma part, je l'ai gardé 5 ans, et aujourd'hui E.R.D.F me dit qu'à compter de la mi juillet il me le retirerait.

 Tant que nous avions ce compteur de chantier, nous pouvions nous laver, laver notre linge, car pour ce faire nous puissons l'eau de notre forage, grâce à ce compteur chantier, nous pouvions aussi chauffer l'eau de notre bain, chauffer notre modeste logement, comme distraction regarder la télévision, écouter la radio, nous éclairer.

 Aujourd'hui, mon épouse et moi devons subir des interventions chirurgicales, et nous nous demandons comment on pourra recevoir chez nous notre médecin en cas d'urgence de nuit.

 Nous avons à maintes reprises alerté Monsieur le Maire et son Conseil Municipal, sans avoir aucune réponse positive de leur part, je pense que le droit à l'eau et un droit fondamental, le tout à l'égout est par nature une obligation de ne pas polluer notre environnement, et comment vivre au troisième millénaire sans électricité, surtout que tous ces réseaux sont enfouis sur la route qui longe notre propriété. Je n'arrive pas à comprendre l'état d'esprit de Monsieur le Maire, surtout qu'il a fait approuver un P.L.U, sur lequel est prévu un Parc Résidentiel de Loisir, qu'il nous avait assuré que ce dernier serait assoupli pour pouvoir vivre chez nous 365 jours par ans.

L' administrateur de notre société civile ne fait rien.

 Sur le terrain de cette société, un restaurant a accès à l'électricité, à l'eau courante et au tout à l'égout.Monsieur le Maire doit donner son approbation pour l'électricité il le doit aussi pour les raccordements de l'eau et du tout à l'égout, il l'a fait pour un établissement commercial , pourquoi ne le fait-il pas pour les particuliers mal-logés ?

 La semaine dernière je suis allé déposer une plainte au commissariat de Martigues, contre Monsieur CHARROUX et son conseil municipal, j'attends le résultat de cette plainte. Je suis allé déposer plainte car comment le premier magistrat de la commune, qui est de surcroît député, donc élu national, peut-il laisser vivre des personnes dans cette situation, d'autant plus que quelques voisins ont allègrement dépassé les 80 ans et que certains d'entres eux vivent, comme nous, à l'année, et j'espère continuer à y vivre longtemps.

 Avant les élections Législatives, Monsieur le Maire, qui était candidat, était allé porter son soutien aux cabanoniers de Port Saint Louis du Rhône, nous sommes dans la même situation, mais sur sa commune, là où il peut intervenir concrètement , pourquoi ne le fait-il pas ?

 Une question avait été posée, par la journaliste de la "PROVENCE" à monsieur PAGES directeur de l'urbanisme à Martigues, pourquoi lun restaurant a-t-il toutes les commodités et ses voisins n'y ont pas droit, la réponse de ce dernier fut: "c'est pour une question de salubrité", réponse simpliste, la question que moi je pose aujourd'hui est pourquoi devons-nous vivre dans l'insalubrité?

 Je me prépare à m'installer  dans les locaux même de la Mairie, jusqu'à ce que les forces de l'ordre me jette, manu militari, dehors, mais je continuerai de protester aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'enceinte municipale. 

 Si je me tourne vers l'extérieur aujourd'hui, ce n'est pas faute d'avoir essayé de régler cette triste histoire dans les limites de notre commune, mais je pense que lorsque l'on est en train de se noyer, pour se sortir de ce mauvais pas, on se raccroche à tout et à tous.

 Je vous invite à soutenir mon action, pour qu'un quartier de Martigues puisse trouver une qualité de vie du troisième millénaire c'est à dire normale.

 

 

19:13 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

jeudi, 04 juillet 2013

Alain Régnier interpellé par les mal-logés sur l'augmentation du nombre de SDF

mal logésMardi 2 juillet, l'INSEE annonçait un chiffre accablant: en 10 ans le nombre de personnes sans domicile fixe a augmenté de 50%.

Ce chiffre qui en dit long sur les politiques du logement menées ces dernières années n'a donné lieu qu'à l'indifférence des politiques et du Ministère: d'ailleurs dans la loi Duflot, aucun plan d'urgence doté de moyens significatifs n'est prévu pour traiter le problème.

Ce matin, les mal-logés en lutte sont donc allés interpeller directement Monsieur Régnier, préfet délégué à l'hébergement et au logement. En décembre, nous l'avions déjà saisi alors que se préparait la Conférence Nationale de Lutte contre la pauvreté, censée prendre des mesures d'urgence et qui n'a finalement débouché sur rien.

Le tract suivant a été diffusé , tandis que le Préfet acceptait de nous recevoir dans les prochains jours.

Les mal-logés interpellent aujourd'hui Alain Régnier,préfet délégué à l'hébergement et à l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, à l'occasion d'un atelier sur l'hôtellerie sociale.

 

Mardi dernier, les chiffres de l'étude INSEE sur le nombre de personnes sans domicile fixe recensées n'a pas ému grand-monde : pourtant, c'est sans aucun doute un bon outil pour évaluer les politiques du logement. Le nombre de personnes à la rue ou en hébergements d'urgence a augmenté de 50% en dix ans et 30 000 enfants sont officiellement SDF , au minimum. Au minimum, parce qu'en réalité ce chiffre n'inclut que les personnes en permanence à la rue, celles qui ont été repérées par les pouvoirs publics. Par exemple, les personnes hébergées pour quelques mois chez des tiers ne sont pas comptabilisées, pas plus que celles qui alternent des nuits à l'hôtel à leurs frais et des nuits dans leur véhicule.

 

Contrairement à ce qu'essaient de faire croire certains médias et politiques, cette augmentation n'est pas liée à l'afflux d'étrangers sur le territoire et l'augmentation de la proportion de personnes étrangères dans les chiffres globaux est due au fait que l'hébergement des demandeurs d'asile s'est réduit comme une peau de chagrin.

En réalité, le nombre de SDF augmente parce que l'offre de logement social se réduit. On ne construit pas ou très peu de PLA-I , le seul type de HLM dont les loyers correspondent à ceux des salariés modestes et/ou précaires, de beaucoup de retraités, de jeunes en insertion, de familles monoparentales ou nombreuses. En dix ans, la possibilité pour les personnes aux revenus modestes de se loger dans le privé est devenue nulle, tandis que le logement social devenait inaccessible. Il n'y a pas d'autre cause à l'augmentation du nombre de SDF.

En guise de solution, l' Etat , les collectivités territoriales et les bailleurs brandissent sans cesse la carte de l'augmentation des moyens pour l'hébergement d'urgence. Mais cette augmentation prétendue des moyens se fait sur le dos du logement social  : ainsi à la place de vrais logements, on construit ou conventionne des immeubles existants en résidences ou en hôtels « sociaux ». A Paris*, la majorité des PLA-I comptabilisés au titre de la loi SRU sont en réalité des hébergements : c'est à dire des structures précaires, avec des baux précaires, souvent sans cuisine et/ou sans sanitaires individuels, avec des règles de vie contraignantes, et des situations de suroccupation fréquente. Ces hébergements ne sont pas une alternative à la rue, ils sont un pis aller en lieu et place d'un logement , que les bailleurs sociaux rechignent de plus en plus à attribuer aux personnes aux revenus modestes.

Pour le reste, comme le dénonce notamment la FNARS, on en est revenus à une politique « low cost » de l'hébergement destinée à cacher la misère : dortoirs hivernaux, places en hôtel réservées pour quelques jours puis remise à la rue, sont devenues le quotidien des mal-logés baladés d'hébergement en hébergement, de départements en départements au gré d'une politique de gestion des « flux » totalement inhumaine.

Aucune mesure d'urgence pour le relogement des mal-logés n'est prévue par la loi Duflot, pire de nombreux observateurs prévoient une hausse d'une partie des loyers du privé avec le nouveau dispositif censé les encadrer.

Mal-logés en lutte, nous ne comptons pas rester passifs face à la catastrophe sociale qui touche des millions d'entre nous dans l'indifférence des politiques.

 

*En 2012, la production de PLAI était de 22% sur la part totale de la production de nouveaux logements, mais seulement 7% pour des logements familiaux, le reste étant des places de foyers) - soit 246 logements ( source Conseil régional IDF)

12:40 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

 
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