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mercredi, 08 janvier 2014

ELOGIE: assez d'opacité, assez de discriminations

Plus de 80 mal-logés ont manifesté au siège du bailleur social de la Ville de Paris ELOGIE cet après-midi. Encerclés par un important dispositif policier , ce qui bloquait tout accès à l'immeuble, les demandeurs de logement n'ont pas cédé à l'intimidation et n'ont quitté les lieux qu'après engagement pris par la direction générale de les recevoir rapidement.

Elogie est le résultat de la fusion de la SEMIDEP et de la SGIM  , et désormais un des plus gros bailleurs sociaux parisiens, propriétaire de 16 000 logements.

Or à l'heure où tous les responsables politiques comme les acteurs du logement social sont d'accord pour exiger la plus grande transparence dans ce domaine, il faut bien reconnaître que la réalité est toute différente.

En effet, le parc d'Elogie est bien particulier , pour un «  bailleur social  »  : les logements sociaux, soumis légalement à des règles contraignantes sur les niveaux de loyer, sur les publics attributaires comme sur les modes d'attribution, ne représentent même pas la moitié du parc. Plus de 50 % des logements d'Elogie sont en effet «  non-conventionnés  ». Derrière ce terme très vague, il peut y avoir tout et son contraire  : d'anciens logements loi de 48 aux loyers très faibles comme des logements intermédiaires aux loyers quasi-équivalents à ceux du marché. Impossible même en lisant attentivement le rapport d'activité d'Elogie, d'en savoir plus sur le sujet  : les chiffres, par niveau de loyer ou par public attributaire ne concernent que la partie du parc qui est conventionné.

Tout ce que les demandeurs de logement parisiens peuvent apprendre en lisant le rapport d'activité d'Elogie, c'est que la Préfecture n'a qu'un droit de réservation limité à 7 % du parc et aucun sur ces fameux logements non-conventionnés. En clair, à l'heure où tout le monde s'indigne des listes de demandeurs qui s'allongent, et ce même au sein des demandeurs ayant le le label DALO, un des principaux bailleurs parisiens, financé avec l'argent public, n'a quasiment aucune obligation de relogement vis à vis de l'Etat et des mal-logés que celui-ci est en devoir de prendre en compte.

Cette situation totalement opaque est évidemment inacceptable, car elle rend totalement impossible toute évaluation et donc toute critique de l'activité d'un grand bailleur de la Ville. En 2009, déjà notre collectif avait interrogé Olivier Leblanc , à l'époque directeur général de la SGIM, sur ce parc non conventionné et notamment sur plusieurs centaines de logements, tous situés dans des quartiers prestigieux , sans obtenir de réponse précise.

De plus , les dirigeants d'ELOGIE ne se contentent pas d'une situation où de fait, le contrôle de leur parc échappe à la ¨Préfecture, et donc à une partie des demandeurs de logement les plus modestes. ELOGIE ne respecte même pas ses engagements en matière de relogement des personnes sélectionnées pour les accords collectifs, autre mode de désignation de candidatures urgentes et prioritaires. Pourtant ces engagements sont dérisoires  : 36 relogements par an. En 2012, ELOGIE en a réalisé seulement 17. Cela se passe de commentaires, et suscite évidemment notre colère. Comme le fait qu'ELOGIE exclue certains secteurs de son parc pour le relogement des accords collectifs, au prétexte que cela mettrait en danger la «  mixité sociale  ».

 Les polémiques de campagne électorale sur les logements attribués à des élus ne nous intéressent pas beaucoup, car nous luttons pour un logement pour tous, et que nous ne sommes pas choqués par le fait que le logement social ne soit pas réservé aux plus pauvres, mais puisse être une solution de logement pour l'ensemble des classes moyennes et populaires.

 Par contre, les mal-logés des classes populaires ont le droit à la transparence et surtout à l'égalité devant le droit au logement  : et nous n'accepterons pas qu'une partie du parc social nous soit de fait interdite, et que le logement très social devienne la part du pauvre du patrimoine d'un grand bailleur social.

 Source  : tous les chiffres et informations citées figurent dans le rapport d'activité 2012 d'Elogie 



ELOGIE: un bailleur social de luxe ? par HLMPOURTOUS

21:13 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

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