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« Logements municipaux de luxe dans le 3ème arrondissement de Paris : le vrai scandale est celui des loyers libres. | Page d'accueil | Anne Hidalgo évacue les Parisiens mal-logés des locaux de la Federation PS »

mercredi, 26 février 2014

Loyers libres des bailleurs sociaux: dans le 3ème comme ailleurs , assez d'opacité et d'injustice

2014-02-26 15.18.41.jpgSoixante dix demandeurs de logement parisiens ont occupé aujourd'hui la mairie du 3ème arrondissement pour manifester leur colère et leur ecoeurement devant une énième affaire , concernant les logements à loyer libres des bailleurs sociaux parisiens: combien de temps encore, les mal-logés de la capitale devront-ils entendre leurs élus parler de "transparence" et d'"égalité" , alors qu'on ne cesse d'apprendre l'existence de logements de luxe loués à des prix bien inférieurs à ceux du marché à des personnes dont les revenus élevés ne justifient pas de telles "ristournes ". Suite à l'occupation, Mr Aidenbaum, maire du 3ème arrondissement et président de la RIVP, nous recevra dans les jours qui viennent.

La plupart des gens pensent qu'un bailleur social fait uniquement du logement social. Ce n'est malheureusement pas une réalité à Paris. Le sujet des « loyers libres » refait surface régulièrement, en période d'élections où l'on apprend par les médias que telle ou telle personnalité vit dans un logement de prestige, avec un loyer défiant toute concurrence, dans un beau quartier de la capitale...et que ce logement appartient à un bailleur social, parisien, souvent la RIVP ou ELOGIE récemment épinglée dans l'affaire du duplex attribué du directeur de la Fédération de Tennis, dans un hôtel prestigieux du Marais.

Puis après la vague d'indignation et les dénégations des élus sur toute responsabilité dans ce cas particulier, le silence se fait jusqu'à la prochaine « affaire ». Et les 140 000 demandeurs de logement parisiens restent seuls à se demander pourquoi les bailleurs sociaux n'ont pas d'appartement décent à leur proposer, mais gardent dans leur patrimoine des biens immobiliers de luxe .

La plupart ignorent l'ampleur réelle du problème : ainsi la moitié du parc d'ELOGIE est composé de « logements non-conventionnés ». En ce qui concerne la RIVP, c'est 35 % du parc qui n'est pas conventionné, dont 13 562 loyers libres...A titre de comparaison, la RIVP compte 588 logements PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 70% des demandeurs de logements ! Résultat : en 2012, sur les 4000 logements attribués par la commission de la mairie centrale, plus de 1500 étaient des logements non conventionnés

Ces chiffres mettent en avant une évidence : le conventionnement de ces « loyers libres » désengorgerait immédiatement les files d'attente des demandeurs, et offriraient une solution à une partie des Parisiens aux revenus modestes, qui sont écartés des commissions d'attribution! Dans la situation actuelle, au contraire, les 70% de demandeurs de logement issus des classes populaires sont forcément condamnés à attendre beaucoup plus longtemps que les autres, puisque les logements disponibles en commission sont si peu nombreux à correspondre à leurs revenus !

Le conventionnement offrirait également une bonne manière de réaliser cet objectif de mixité sociale mis en avant dans le discours des élus : dans le 16ème arrondissement, 48% des logements des bailleurs sociaux sont non conventionnés. Pourquoi acheter à prix d'or au privé des immeubles déjà occupés dans ces quartiers, quand le parc public en compte déjà tellement, qui pourraient être reconventionnés en logements sociaux PLA-I ?

A ces questions, les élus de la Ville ne donnent jamais de réponse claire : à chaque nouvelle polémique sur un appartement en loyer libre, la réponse est qu'il s'agit d'une survivance de l' « ère Tibéri », et que tout est en ordre sur le « reste » du parc..Ces affirmations sont totalement invérifiables, puisque ces logements sont au nombre de 37 000, et que leur attribution est éparpillée entre les différents contingents ( mairie centrale, mairies d'arrondissement, 1% patronal).

« Transparence » et « égalité » sont pourtant les maîtres mots des discours de nos élus depuis deux mandatures : malheureusement, ces mots-là, les mal-logés de la capitale les entendent surtout quand il s'agit de justifier le non-relogement, et de faire passer la colère légitime de celles et ceux qui vivent dans les pires conditions pour une volonté de « passer avant tout le monde pour avoir son HLM ».

Mais c'est bien parce que le parc des bailleurs sociaux comporte une masse de logements qui ne sont pas des HLM,que les demandeurs des classes populaires , loin de « passer devant tout le monde », sont les grands oubliés , les Parisiens de seconde zone, dont les droits sont bafoués, année après année, et même décennie après décennie, puisque le nombre de demandes de logement vieilles de plus de dix ans ne cesse de s'accroitre ?

Alors, en cette période de campagne électorale, où Anne Hidalgo promet un « choc » sur le logement, nous sommes venus exiger qu'on commence, tout de suite, par en finir avec les « loyers libres ». 

 

Note : les chiffres cités dans notre communiqué sont tous issus des documents de l'APUR, organisme sous contrôle de la Ville de Paris.

17:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pierre aidenbaum, rivp, loyers libres, elogie, ian brossat, anne hidalgo | | |  Facebook

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