Collectif des Mal-Logés en Colère ! : Archives

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mercredi, 30 avril 2014

Manifestation devant la BPI: le logement social est un investissement d'avenir

Journée agitée au siège francilien de la BPI, la Banque Publique d'Investissements, chargée par l'Etat de distribuer aides en tous genres aux entreprises. La direction de l'établissement a eu la surprise et l'embarras d'une visite revendicative de plus de 80 demandeurs de logement.

L'un des directeurs est d'abord sorti nous expliquer que nous n'avions rien à faire là, car l'argent public dont il dispose est réservé aux employeurs, et qu'il était d'ailleurs tout à fait gênant que nous soyons là, car ces chefs d'entreprise qui viennent chercher des fonds n'aiment guère les manifestations.

Nous lui avons répondu qu'aucune manifestation n'aurait lieu si les millions de mal-logés de ce pays faisaient l'objet de la même attention que les patrons de la part du gouvernement: or si celui-ci est toujours prompt, au travers de la BPI, à voler au secours des entreprises, dans le même temps, il se préoccupe fort peu de ne même pas tenir ses propres engagements en matière de construction de logement. Pire, alors que des fonds sans cesse plus importants sont dédiés aux entreprises, les allocations logement sont gelées par le plan d'économie du premier Ministre.

Après nous avoir informé que nous pouvions bien rester sur le trottoir entourés par les CRS toute la journée , et que cela ne changerait rien, au bout de deux heures de manifestation, la direction est finalement revenue vers nous pour nous informer que la sous-préfète chargée du logement à la Préfecture de Région nous recevrait " sans souci" !

On verra...en attendant, tant que les demandeurs de logement trouveront porte close dans les instances qui devraient résoudre leurs problèmes, ils n'hésiteront pas à s'inviter là où on déroule le tapis rouge aux entreprises !


Les mal-logés s'invitent à la BPI par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé sur place

 

Les mal-logés à la BPI  : le logement social est un investissement prioritaire  !

 

Les mal-logés s'invitent aujourd'hui au siège de la BPI Ile de France  : cette banque publique a été crée par le gouvernement pour propulser les entreprises française, et «  investir  sur le futur  ».

 Dans le discours politique, désormais, il y a deux mots pour désigner l'utilisation des fonds publics  : s'il s'agit de financer les projets des entreprises, cela s'appelle «  investissement  »,et il faut toujours investir plus. Mais quand il s'agit de financer un bien commun comme le logement social, c'est une «  dépense sociale  », à réduire.

En 2012, le gouvernement avait annoncé 500 000 logements neufs par an , dont au minimum 120 000 sociaux  : en pratique, moins de 300 000 sont construits en 2013. Concernant le logement social, on en reste au niveau de 2011, c'est à dire qu'on perpétue la crise.En Ile de France, il faudrait au minimum 70 000 HLM par an, on en construit à peine 40 000

Quant à ce qu'on appelle «  la crise de l'hébergement d'urgence  » , ce n'est qu'une conséquence de la situation du logement  : et là aussi, alors qu'on avait annoncé la fin des remises à la rue sans solution durable, en réalité le taux de non-réponse du SAMU social atteint jusqu'à 75% à certaines périodes de l'année.

Malgré cette situation catastrophique, le gouvernement n'hésite pas un seul instant à rogner encore sur le budget de l'accès au logement  dans le plan d'économies de Manuel Valls: l'APL ne sera pas revalorisée, par exemple. Quant à investir massivement pour résorber le mal-logement, il n'en est pas question , puisque le logement ne fait même pas partie des budgets déclarés «  sanctuarisés  ». Bien au contraire, la baisse des dotations aux collectivités territoriales va évidemment les amener à baisser les fonds alloués au logement et à l'hébergement.

Le problème du mal-logement, c'est bien l'assèchement des fonds, et le manque d'investissement dans le logement social. Construire du logement très social avec des loyers abordables, c'est moins rentable que construire du PLS  : alors bailleurs et collectivités font des PLS, les plus chers des logements sociaux en sachant qu'ils ne sont pas adaptés à la demande, car les fonds publics pour faire du vrai social sont insuffisants.

Les Ministres du Logement successifs savent que leur budget est insuffisant pour répondre à la demande et résorber le mal-logement  : alors ils font des lois, tout en sachant qu'elles ne seront pas appliquées. La loi DALO, aux critères pourtant très restrictifs est aujourd'hui non respectée pour 37 000 prioritaires en Ile de France, une région qui compte 545 000 demandeurs de logement. La loi de mobilisation du foncier public a abouti à quelques ventes de terrains symboliques, tout simplement, parce que rien n'oblige aucun élu à faire du logement social …..sauf la loi SRU qui n'est pas appliquée. La loi ALUR nécessite 200 décrets avant d'être effective, mais déjà les experts se montrent très réservés sur la baisse des loyers qu'elle est censée susciter.

Lutter contre le mal-logement, pourtant c'est un investissement, parce que le mal-logement coûte très cher socialement  : l'accès à un logement décent conditionne tous les aspects de la vie, et aujourd'hui ce sont des millions de gens qui ne peuvent faire aucun projet d'avenir, qui souffrent de difficultés sociales, financières, scolaires sanitaires . Des millions de gens que le mal-logement condamne à la précarité dans tous les domaines.

La création de la Banque Publique d'Investissement est présentée comme un moyen de lutter contre le chômage en finançant les entreprises  : mais quand l'emploi ne garantit plus un toit, quand un SDF sur trois travaille, quand des retraités n'ont même pas de logement décent après une vie passée au travail, quand des jeunes ne peuvent réussir ni formation, ni études à cause de leurs conditions de logement,comment nier que l'investissement sur le logement est une priorité absolue, une création de richesse sociale et pas une «  dépense à réduire ?

 

18:21 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

mercredi, 23 avril 2014

Mairie du 15ème: quand les mal-logés se rendent visibles...

A Paris on entend souvent dire que la mixité sociale est absente de l'Ouest parisien. En réalité , les très riches y côtoient bien les catégories sociales plus modestes...mais le vrai problème, c'est qu'elles vivent dans des conditions de logement inacceptables et pourtant peu visibles.

Ainsi, le 15ème arrondissement compte 10 000 demandeurs de logement, soit autant que des arrondissements populaires de l'Est. Derrière les façades impeccables de beaucoup d'immeubles, se cachent des logements sur-occupés, où les générations s'entassent, de toutes petites surfaces insalubres où vivent des familles entières, mais aussi des foyers d'hébergement d'urgence où des structures assurant la domiciliation des personnes à la rue, mais pas leur accès au logement.

En manifestant aujourd'hui devant la mairie, nous avons voulu rendre visible cette réalité.

Le directeur de cabinet du maire Philippe Goujon, qui nous a immédiatement reçu ne l'a pas nié ...tout en nous déclarant avoir peu de possibilités d'actions car la mairie centrale ne laisserait à la mairie d'arrondissement que des PLS, les logements sociaux les plus chers, qui ne correspondent pas aux revenus de la majorité des demandeurs...

Le constat est juste, et c'est pourquoi notre collectif exige depuis des années que la production s'oriente principalement vers les PLA-I, seuls logements accessibles à 80% des demandeurs parisiens. Mais c'est un constat bien tardif en ce qui concerne les responsables de la mairie du 15ème, qui avec Nathalie Kosciusko-Morizet ont clamé pendant toute la campagne que la capitale manquait de logements intermédiaires pour les "classes moyennes" , et ce au profit  du logement très social.

Sur le terrain , les élus savent donc que la réalité diffère des discours de campagne...et c'est évidemment inacceptable pour les demandeurs de logements, otages des batailles politiciennes.

 Dans le 15ème comme ailleurs, tout le monde a droit à un logement !


Paris 15ème: 10 000 personnes en attente de... par HLMPOURTOUS

18:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : philippe goujon, nkm, mixité sociale, anne hidalgo, ian brossat | | |  Facebook

vendredi, 18 avril 2014

Mairie du 9ème: les mal-logés rendent visite à Delphine Bürkli

Le 9ème arrondissement a une nouvelle maire Delphine Bürkli, mais garde ses 2120 demandeurs de logement, ce qui n'est pas négligeable pour un petit arrondissement.

Pour le moins  inquiets de  certaines déclarations faites pendant la campagne , les mal-logés se sont invités à la mairie en nombre pour réfuter les affirmations selon lesquelles à Paris on relogerait seulement les plus pauvres au détriment des classes moyennes: cette contre-vérité dans une ville où salariés modestes, demandeurs d'emploi, retraités et jeunes ménages vivent une situation insupportable n'a aucun sens.

Nous venions aussi faire part de notre colère face aux déclarations faites par Mme Bürkli sur un projet de logements sociaux dans un hôtel particulier laissé à l'abandon depuis les années 90, et qui, selon elle, constitue une "destruction du patrimoine architectural et culturel parisien".

Les demandeurs de logement parisiens ne décident pas des projets de la Ville et demandent simplement un logement décent: mais nous ne pouvons accepter une telle stigmatisation du logement social, et des personnes qui y vivent. Nous avons déjà subi treize ans de débats en Conseil de Paris entre Mr Delanoë et les maires des arrondissements de l'Ouest de la capitale , treize ans de polémiques politiques dont les mal-logés sont les otages perpétuels. Nous sommes venus dire à Mme Bürkli qu'elle avait naturellement le droit de contester certains projets, mais pas sans proposer des alternatives, et pas en présentant le logement social comme un problème alors que c'est une solution pour la majorité des Parisiens qui y sont éligibles.

Mme Bürkli nous a reçus immédiatement avec ses collaborateurs, et nous a assuré qu'elle n'était pas anti-logement social, qu'elle avait conscience des difficultés des Parisiens, et qu'elle ne comptait stigmatiser aucune partie de ses administrés.

Nous prenons acte de ces déclarations et espérons qu'elles seront suivies d'effets.

Dans le 9ème comme ailleurs le logement est un droit pour tous.


Paris 9ème: les mal-logés rendent visite à... par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé sur place:

LE LOGEMENT SOCIAL EST UN DROIT POUR TOUS , PAS UNE «  DESTRUCTION DE PATRIMOINE  »

 

Les demandeurs de logement social s'invitent aujourd'hui à la mairie du 9ème arrondissement, pour rencontrer la toute nouvelle Maire Mme Delphine Brukli et lui faire part des réalités rencontrées aussi par les habitants modestes du 9ème.

En effet pendant la campagne précédant son élection, l'actuelle maire du 9ème a beaucoup opposé logement social et logement intermédiaire, et dit notamment qu'à Paris, seuls les plus riches et «  les plus pauvres  » pouvaient se loger.

C'est une absurdité  : il est bien évident que les personnes aux revenus modestes ne peuvent pas se loger à Paris, ailleurs que dans le logement social, et que les logements sociaux manquent cruellement  : en témoignent les 2120 demandeurs en attente dans le 9ème arrondissement, qui, au passage ne compte que 1695 logements sociaux, soit 5% du parc total de logements de l'arrondissement. Le 9ème arrondissement est aussi un arrondissement très vivant en termes d'emploi, puisque 125 000 personnes y travaillent, pour 60 000 habitants. Parmi ces salariés, beaucoup ont des salaires très modestes, dans la restauration, le commerce, l'aide à la personne, ils font vivre l'arrondissement et pourtant sont souvent logés très loin de la capitale, et ce même lorsque leurs horaires de travail sont très extensibles.

La présentation faussée ,faite pendant la campagne ,de la réalité des difficultés à se loger des revenus modestes a de quoi inquiéter les habitants et les travailleurs de l'arrondissement qui sont dans cette situation, et qui peuvent légitimement craindre d'être délaissés voire montrés du doigt lors des années qui viennent.

Crainte renforcée par les déclarations de la nouvelle maire sur certains projets de logements sociaux  , par exemple à l'Hôtel Cromot. A propos d'un projet de la Ville destiné à y construire 22 logements, Mme Burkli a déclaré qu'il s'agissait là d'un «  sacrifice d'un édifice exceptionnel  » et de «  destruction du patrimoine historique de la Ville  ». Présenter ainsi le projet, c'est une stigmatisation inacceptable des demandeurs de logement, dont l'accès au droit est traité comme une menace et un mal pour les autres habitants du 9ème et pour Paris. Cet immeuble est dans le patrimoine de la Ville depuis les années 90, inutilisé et dégradé depuis cette date, s'il n'a pas été réhabilité avant, ce n'est certes pas la responsabilité des mal-logés, sa transformation en logements sociaux n'entrave aucun projet culturel ou patrimonial existant.

Surtout un bâtiment n'est pas «  dégradé  » ou «  sacrifié  » parce que des Parisiens modestes y vivent.

En tout état de cause, les Parisiens modestes ont simplement besoin et droit à un logement, et il faut bien en faire quelque part, dans le 9ème arrondissement ou ailleurs. Or, si Mme Burkli défend l'idée d'  «  un logement social pour un logement intermédiaire  », elle n'a pas dit pendant la campagne où elle comptait les construire, et ne propose pas de solution alternative , par exemple, au projet de l'Hôtel Cromot.

En ce début de mandature, nous sommes venus collectivement lui dire que nous n'accepterons pas que l'accès légitime au droit au logement des habitants et des salariés modestes de la capitale soit présenté comme un «  problème  », ni que les demandeurs de logement social de l'arrondissement soient les otages sans cesse stigmatisés des affrontements entre politiques sur chaque projet de nouveaux logements. Les mal-logés sont des administrés comme les autres, qui ont droit à l'attention et au respect de leur nouvelle maire concernant leur situation.

13:48 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

vendredi, 11 avril 2014

ICF Novedis  : comment s'enrichir avec les loyers libres sur le dos du logement social et des parisiens modestes.

Les demandeurs de logement parisiens se sont invités aujourd'hui  chez ICF Novedis, la filiale de «  logement intermédiaire  » d'ICF Habitat.

Mme B., retraitée parisienne très modeste, avec de gros problèmes de santé a fait parvenir son témoignage à notre collectif. Mme B payait un loyer de 480 euros en 2005, pour un 4 pièces ordinaire, rue de Bercy, dans le 12ème arrondissement. Neuf ans plus tard, le même logement a vu son loyer passer à 1100 euros. A la gorge, Mme X ne peut aujourd'hui plus payer son loyer, et aucune proposition de relogement ne lui a jamais été faite.

Le propriétaire de Mme B. n'est pas un promoteur privé. Il s'agit d'ICF Habitat, la filiale logement de la SNCF, une holding qui se définit comme «  un bailleur au service des territoires pour un habitat responsable et durable  ». Plus concrètement, ICF Habitat est composée de filiales dont certaines font du logement social tandis que d'autres comme ICF Novedis (propriétaire du logement de Mme B ) se consacrent aux «  loyers libres  » ou «  logement intermédiaire  », cette formule tellement ressassée dans la récente campagne des municipales parisienne.

 Il y a trente ans, le patrimoine immobilier SNCF n'était pas divisé de cette manière, son objectif étant de loger l'ensemble des salariés à des loyers en rapport avec leurs revenus. Du logement social de fait donc. Mais au fil de la privatisation, la SNCF a transféré ses logements à la SFCI  , qui s'est elle-même transformée en ICF , puis ICF s'est divisée en filiales, dont certaines dites «  de loyers libres  »....et c'est ainsi que le logement de Mme X dont le loyer était de 667 F en 1984 est aujourd'hui de 1088 euros, soit une multiplication par dix en trente ans, et un doublement du loyer en neuf ans, sur la période la plus récente.

C'est donc bien un parc social de fait qui disparaît, l'exemple ci-dessous n'étant qu'un cas parmi d'autres sur Paris, et en France, où partout et notamment dans le Nord, les associations de locataires d'ICF dénoncent le sort terrible réservé notamment aux retraités de la SNCF qui ne peuvent plus acquitter les loyers.

ICF Habitat élude les effets dévastateurs de cette politique, notamment dans la capitale, en mettant en avant une politique de «  nouveaux  » logements sociaux, d'ailleurs comptabilisés au titre de la loi SRU.

Mais certains programmes comme celui de 2012 de la rue de Gergovie, dans le 14ème arrondissement cachent en fait un tour de passe-passe scandaleux  : ces 300 logements étaient au départ des logements sociaux de fait de la SNCF, transférés ensuite à la filiale «  loyers libres  » ICF Novedis. Et ICF Novedis les a revendus à la filiale logement social ICF Sablière. Il ne s'agit donc absolument pas de nouveaux logements , mais d'un transfert de fond au détriment du budget de la filiale sociale, et de l'Etat , puisqu'ICF Sablière a utilisé les prêts bonifiés de la Caisse des Dépôts. Mais ce n'est pas tout, l'Etat et la Ville ont également financé la rénovation de ces logements à hauteur de 3 millions d'euros....tout ça dans un immeuble qui ne comptait que 2 logements vacants au moment de l'opération. Pierre Blanchard, directeur d'ICF Novedis se félicitait d'ailleurs de cette opération et de sa rentabilité financière dans tous les magazines d'investissement immobilier en 2012.

 Voilà ce qui se cache souvent derrière les opérateurs de logement intermédiaires ou loyers libres  : d'un côté, du logement social de fait qui disparaît, des locataires pris à la gorge devant des hausses de loyers exorbitantes. De l'autre, des opérations de transfert de logements entre filiales d'une même holding, qui ne créent de nouveaux logements sociaux SRU que sur le papier, tout en vidant les caisses des bailleurs sociaux et des budgets de la Ville. Voilà qui explique aussi pourquoi le nombre de demandeurs de logement social augmente alors que les chiffres virtuels de la production de logement social semblent tellement satisfaisants à Paris.

Nous rencontrerons la semaine prochaine la direction générale d'ICF Novedis, à qui nous comptons bien demander des comptes sur le financement de ses opérations de loyer libres et ses hausses vertigineuses de loyers .


ICF Novedis: quand le "logement intermédiaire... par HLMPOURTOUS

18:47 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : icf sablière, sfci, icf habitat, icf novedis, loyers libres, logement intermédiaire | | |  Facebook

 
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