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lundi, 15 décembre 2014

Paris Habitat OPH: un cinq pièces vide depuis un an

a-louer.jpgUne nouvelle fois, la question de l’occupation des logements qui appartenaient autrefois à la SAGI et sont désormais dans le patrimoine des deux principaux bailleurs sociaux de la Ville de Paris, La RIVP et Paris Habitat OPH , revient sur le devant de la scène : on découvre « brusquement » que le frère de Bernadette Chirac occupe un logement social dans le Marais depuis trente ans, et qu’il en avait un second jusqu’en 2007.

Scandale après scandale, année après année, la fameuse « gestion transparente » du parc de logements de la Ville de Paris est remise en cause, alors qu’elle est censée être effective depuis quinze ans.

Mais bien au-delà des locataires people et fortunés, d’autres situations, moins spectaculaires démontrent l’étendue du problème.

Notre collectif a été contacté récemment par des riverains d’un immeuble de Paris Habitat OPH situé au 5, avenue Armand Rousseau dans le 12ème arrondissement : selon leur témoignage, dans cet immeuble cossu , un cinq pièces magnifique avec deux salles de bains , trois chambres, un salon et une salle à manger est vide depuis plus d’un an, suite au départ d’une locataire qui l’occupait seule depuis son entrée dans les lieux. Le logement est en très bon état, il aurait  été repeint et rénové immédiatement après le départ de cette locataire.

L’adjoint au Logement de la Ville de Paris, les élus du 12ème arrondissement ont été saisis par écrit d’une situation révoltante, au regard du nombre de familles qui ne trouvent même plus une place au SAMU social, ou qui s’entassent dans des logements trop petits. Comment un appartement fonctionnel et spacieux peut-il être laissé vacant un an durant quand 150 000 personnes attendent un logement social, et parmi elles de nombreuses familles ?

Avertis de cette situation, nous avons cherché à comprendre : il s’avère que cet immeuble fait partie d’un ensemble qui appartenait autrefois à la SAGI : jusqu’en 2005-2006, la Ville de Paris est minoritaire et ne détient que 40% des parts de cette société, qui gère pour elle , environ 35 000 logements. En 2005, Paris Habitat OPH récupère la gestion de 16 000 de ces logements, mais fait un choix très défavorable aux demandeurs de logement.

En effet, l’Office Public de la Ville choisit de maintenir ces logements sous statut PLI : pour Paris, les niveaux de loyer sont de plus de 18euros le m2. Cela rend ces logements totalement inaccessibles à plus de 80% des Parisiens demandeurs de logement.  Qui peut payer un loyer de 1400 ou 1500 euros pour un quatre pièces ? Pas les ouvriers, pas les employés, pas les précaires, pas les familles modestes. Quant aux personnes ayant des salaires leur permettant de faire face à une telle dépense mensuelle, bien évidemment, la plupart n’ont aucun intérêt à privilégier cette solution, plutôt qu’accéder à la propriété .

Au 5, avenue Armand Rousseau, c’est apparemment ce qui se passe : ce logement vide a été visité par une famille, et refusé, et d’après les témoignages recueillis, aucun candidat n’est trouvé par Paris Habitat OPH.

Quel est donc l’intérêt pour les Parisiens de conserver un patrimoine à tel niveau de loyer par Paris Habitat OPH ? Pourquoi des logements restent-ils vides aussi longtemps ? Quel est l’intérêt , même pour Paris Habitat OPH et la Ville de Paris ?

Ces questions sont d’autant plus légitimes que sur l’ensemble d’immeubles et de logements de la rue Armand Rousseau, quatre studios ont été transformés en Plus, c'est-à-dire en logements sociaux ordinaires. On trouve trace de cette transformation dans les états des lieux de la production de logements sociaux 2001-2010 édités par la mairie du 12ème arrondissement et par la Ville de Paris .

Pourquoi cette requalification a-t-elle été cantonnée en 2009 à 4 studios sur un ensemble immobilier beaucoup plus vaste ? Quel est le statut actuel des autres logements ? Comment un 5 pièces peut-il rester vide dans une période de mal-logement effroyable ?

Paris Habitat OPH  ne souhaite pas recevoir notre collectif et a opposé un refus formel et écrit à nos demandes de rendez-vous récentes. Il ne nous est donc pas possible de présenter sa version des faits.

Nous relayons donc les interrogations des habitants qui nous ont contacté  puisque c’est sans doute le seul moyen pour que cet appartement soit enfin attribué.

Mais la récurrence des « anomalies » au sein de l’ex-patrimoine de la SAGI pose des questions bien plus globales, et montre que la gestion de ce parc ne correspond pas aux besoins des Parisiens en attente de logement, bien qu’elle se fasse avec l’argent public.

D'autres infos sur les ex-logements de la SAGI

- Paris Habitat OPH, le compte n'y est pas

- Le cas d'un logement insalubre de la SAGI récupéré par Paris Habitat: il a fallu plusieurs années de lutte pour obtenir  la reconnaissance de l'insalubrité et le relogement de la famille.

13:48 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

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