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mercredi, 21 janvier 2015

ADOMA et SNI: les mal-logés vigilants sur l'avenir du patrimoine public de logements

adoma, logo70 demandeurs de logement ont rendu aujourd’hui une visite collective au bailleur public ADOMA,  qui gère plus de 70 000 logements et hébergements.

ADOMA va prochainement passer sous le contrôle de la SNI, le bailleur public de la Caisse des Dépôts : comme nous l’avons dénoncé lors de précédentes actions ( occupation de la SCET, manifestation devant le siège de la SNI )la politique actuelle de la SNI et de ses filiales privilégie le logement intermédiaire et les PLS ( les plus chers des logements sociaux ) à Paris et dans la petite couronne, tandis que les logements très sociaux produits le sont plutôt en grande banlieue ou dans des zones défavorisées et peu accessibles en transport.

Le patrimoine d’ADOMA est situé à 80% en zone tendue ou très tendue  en matière d’immobilier : une partie de ce patrimoine sera vendue ou changera d’affectation dans les prochaines années. Pour le moment, rien ne garantit que les biens vendus le seront pour produire du logement social dans les mêmes zones. Le risque est donc grand qu’encore une fois, derrière une mixité sociale de papier, sur le terrain, les logements accessibles aux classes populaires soient relégués toujours plus loin.

Le Collectif a été reçu par le directeur délégué d’ADOMA : l’occasion de lui poser des questions sur des ventes déjà réalisées comme celle d’un foyer à Levallois Perret. Selon lui les informations parues dans la presse(voir tract ci-dessous) sont fausses, et les logements vendus seront rebâtis en nombre un peu supérieur dans une zone tout aussi attractive de la commune.

Par contre, la direction d’ADOMA a bien reconnu que certaines propositions faites sur le parc d’ADOMA à des personnes en urgence sociale correspondaient à des hébergements dégradés dans un parc à rénover, mais qu’il n’y avait « pas le choix », car la réhabilitation de l’ensemble du parc prendra au moins dix ans.

Une réponse qui montre à quel point le droit à un logement décent est devenu un droit au rabais, faute d’investissement financier et de volonté politique. Le «  c’est toujours mieux que la rue » se traduit ainsi par des « solutions » qui sont une autre forme de mal-logement, dans le parc public. Face à une situation d’extrême urgence vécue par des millions de personnes, l’horizon institutionnel de résolution de la crise s’inscrit toujours à dix ans, au mieux.

Nous ne serons pas patients, le respect des droits fondamentaux n’attend pas.

Le tract diffusé sur place

 

ADOMA  : un patrimoine public menacé

Dans quelques mois, la SNI premier bailleur public français sera actionnaire majoritaire d'ADOMA. Dès lors la direction de la SNI aura tout pouvoir pour gérer un patrimoine de 70 000 logements et foyers, qui a aussi une énorme valeur marchande.

 

 La réputation d'ADOMA est mauvaise  : on pense immédiatement aux foyers non entretenus, avec leurs chambres exigües et sans confort. De fait, c'est bien la réalité que vivent des milliers et des milliers de résidents  : dans son rapport 2014, la MILOS notait que la société n'a pas respecté ses engagements concernant la rénovation d'une grande partie de ces foyers.

Mais le dégradé du bâti cache une autre réalité  : 80% des propriétés d'ADOMA sont situés sur des zones géographiques où le marché immobilier est tendu ou très tendu. C'est à dire des zones où la moindre parcelle de foncier constructible se négocie très cher. Mais aussi des zones où le logement social et très social est très insuffisant.

Que va faire ADOMA de ce patrimoine qui vaut de l'or, quand la société passera sous le contrôle de la SNI  ? Malheureusement, la politique pratiquée depuis des années par la SNI ne laisse pas présager une orientation sociale prenant en compte le mal-logement, et les besoins en logement très social dans les zones où l'immobilier privé est hors de prix. Au travers de la production de ses sociétés EFIDIS et OSICA, la SNI applique déjà depuis des années une vision bien particulière de la mixité sociale  : dans la capitale et en petite couronne , EFIDIS propose surtout de nouveaux PLS, et de manière générale, son patrimoine a des loyers élevés peu compatible avec les revenus des classes populaires. OSICA fait beaucoup plus de logement très social...mais dans des zones plus éloignées de la capitale, souvent mal desservies en transport.

 

Depuis quelques années , la participation accrue de la SNI dans le patrimoine d'ADOMA a conduit cette société à pratiquer ce qu'elle est appelle des «  dégagements de plus value  », c'est à dire la vente d'immeubles, en zone tendue. Par exemple, à Levallois Perret, un foyer particulièrement bien situé a été revendu  à une société détenue par les Balkany qui n'y feront évidemment pas de logement social.

 

Si cette politique s'amplifie, ce sont une nouvelle fois des zones entières d'habitat à prix abordable qui vont disparaître, là où le manque de logement social est criant. Un Grand Paris à deux vitesses va donc continuer à se construire  : une zone centrale élargie à la petite couronne, où domineront les loyers chers, le logement intermédiaire financé par des fonds publics coexistant avec le logement privé. Logements sociaux et hébergements d'urgence continueront à être relégués en masse dans des zones de plus en plus lointaines.

 

Sur le papier, la production de l'ensemble des sociétés de la SNI respectera la mixité sociale, avec une répartition numérique qui comptera des logements très sociaux. Sur le terrain, quelles que soient leur attaches sociales et professionnelles, les demandeurs de logement social seront en majorité exclus du patrimoine situé en zone tendue ou très tendue.

 

Le patrimoine d'ADOMA a été construit avec des fonds publics, comme celui de l'ensemble de la SNI  : il doit être utilisé pour l'intérêt exclusif du logement social et très social, et pour répondre à la demande des foyers aux revenus modestes.

 

 

 

18:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : adoma, sni, efidis, grand paris habitat, caisse des dépôts, mixité sociale, logement intermédiaire argos | | |  Facebook

mercredi, 10 décembre 2014

La SNI finance du logement cher et expulse les demandeurs de logement social.

logo_sni_caisse_des_depots-483x237.jpgCe 10 décembre, la SNI, premier bailleur social public français  tenait une grande conférence de presse pour annoncer la nouvelle: son programme de 10 000 logements "intermédiaires" lancé sur demande de l'Etat en partenariat avec des gros investisseurs privés est très bien parti, et même en avance.

Ce n'est pas étonnant: les investisseurs en question, BNP Paribas, CNP Assurances, Malakoff Mederic vont bénéficier d'une TVA à 10% et de l'exonération totale de la taxe foncière pendant 20 ans. Le fonds abondé par leurs investissement voit ainsi sa rentabilité estimée à 5,8 % dès la première année, grâce à tous ces avantages fiscaux...qui sont autant de rentrées en moins dans les caisses de l'Etat et donc du logement social.

C'est sans doute la raison pour laquelle la SNI et la Caisse des Dépôts n'ont qu'une seule réponse à faire aux demandeurs de logement , salariés, précaires, retraités qui n'ont pas des millions à investir: 80 d'entre eux ont été expulsés à la demande de la SCET, filiale de la Caisse des Dépôts ce mercredi.

En effet si les plans concernant le logement intermédiaire avancent, ceux concernant le logement social attendront: les annonces sur 10 000 logements très sociaux qui doivent être construits par la SNI ne sont pas suivies d'effet majeur, pas de conférence de presse pour annoncer des résultats plus tôt que prévu.

La direction de la SNI a fait au mois d'octobre plusieurs communiqués de presse consécutifs pour affirmer sa volonté de reloger, et même de dialoguer avec les demandeurs de logement social.

Mais le dialogue social selon la direction de la SNI, c'est recevoir une délégation pendant une demi-heure , prendre des engagements...et ne plus donner signe de vie ensuite.

Ces méthodes dilatoires ne peuvent pas fonctionner dans un contexte où des centaines de familles dorment à la rue chaque soit, où le SAMU social ne répond plus aux appels après 10h du matin. La lutte continue , parce que les mal-logés n'ont pas le choix.

 


La SCET occupée par les mal-logés et évacuée... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place.  

LES MAL-LOGES OCCUPENT UNE FILIALE DU BAILLEUR PUBLIC SNI-Caisse des Dépôts

 

Les demandeurs de logement s'invitent aujourd'hui dans une des filiales du bailleur public S.N.I-Caisse des logo.pngDépôts.

 Hier les salariés du SAMU Social étaient en grève  : dans certaines villes, à partir de dix heures du matin, plus aucune place d'hébergement n'est disponible.

 

Tout au bout de la chaîne du mal-logement, la mise à l'abri n'est donc même plus garantie. Mais ce n'est pas en ouvrant des dortoirs supplémentaires qu'on changera les choses, car le problème se situe à l'autre bout de la chaîne  : la production de logement social.

 

Aujourd'hui des salariés au SMIC, des chômeurs indemnisés , au lieu d'être relogés en HLM, stagnent des années dans les hébergements d'urgence. Des locataires, à qui le propriétaire délivre un congé pour vente, ne sont pas relogés deux ans après, puis expulsés et à leur tour orientés vers le SAMU social. Des jeunes actifs, des familles entières sont hébergés chez des tiers, jusqu'au jour où la rupture d'hébergement intervient, prévisible, mais jamais anticipée par un relogement.

 

Pourquoi l'accès au logement social est-il si difficile  ? Parce que ces dernières années, dans les zones tendues, les bailleurs sociaux ont construit beaucoup trop de PLS, les plus chers des logements sociaux. Ceux-ci sont inaccessibles aux classes populaires. Les grands quartiers d'habitat social de la première couronne ont été «  rénovés  »  : mais si on a détruit des logements dont certains étaient en mauvais état, on a reconstruit avec des loyers beaucoup plus chers.

 

Les bailleurs sociaux comme la SNI ont  donc bien des logements neufs à attribuer  : mais l'agence des Hauts de Seine d'EFIDIS, une des filiales, refuse par exemple les dossiers de demandeurs d'emploi indemnisés à hauteur de 1500 euros, sous prétexte qu'ils ne sont pas assez «  solides  ». ce bailleur n'a réalisé qu'une seule construction neuve en 2013 à Paris et il s'agit d'un foyer  .

 

Il faut un plan d'urgence pour le logement  : et le premier bailleur de l'Etat doit donner l'exemple, et pas avec des effets d'annonce. Cela fait deux ans et demi maintenant que le Ministère du Logement a annoncé un programme de construction massif de PLA-I. Régulièrement, l'annonce est réitérée. Mais ces logements ne sont toujours pas sortis de terre.

 

Lors de notre dernière manifestation à la SNI, en octobre, celle-ci annonçait par voie de presse être prête à travailler avec les organisations de demandeurs de logement. Le résultat  ? Deux mois après, pas même un simple courrier de réponse concernant la situation d'une locataire du bailleur dans une situation épouvantable.

 

L'accès au logement n'est pas un privilège, ni un passe-droits, les bailleurs publics ont une obligation de résultat.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS  MAINTENANT

C'EST POSSIBLE ET C'EST URGENT

 

22:50 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

jeudi, 16 octobre 2014

SNI: quand un bailleur social trouve "inopinée" la visite de mal-logés...

groupe SNI.jpgHier, nous étions environ 70 mal-logés et locataires de la S.N.I rassemblés devant le siège social du bailleur, avenue de France.

Suite à plusieurs heures de manifestation, la police nous a fait savoir que la direction, en réunion" commerciale", ne pouvait prendre une décision sur un rendez-vous avec le collectif, avant la fin de la dite réunion. Finalement,en début de soirée, la S.N.I envoyait un communiqué, à la presse, où elle se déclarait notamment prête à recevoir une "délégation de pétitionnaires". C'est donc par l'intermédiaire d'une dépêche AFP que le dialogue a été entamé.

Anecdotique ? Pas vraiment, tant cela illustre la difficulté du demandeur de logement social ou du locataire isolé à se faire entendre d'un bailleur public gigantesque, engagé dans mille projets, dont beaucoup relèvent du logement dit "intermédiaire", c'est à dire quasiment aux prix du marché.

La direction de la S.N.I trouve notre visite" inopinée": mais du côté des locataires OSICA de notre collectif,reconnus prioritaires DALO, et qui attendent un changement de logement depuis des années, tout en ayant frappé à toutes les portes de ce bailleur, rien d'"inopiné" dans une manifestation collective qui s'avère être le seul moyen d'être entendu, pour eux comme pour les centaines de milliers de demandeurs de logement social qui attendent en vain que leurs situations d'urgence soient prises en compte.


SNI : les mal-logés manifestent pour de vrais... par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé sur place

 

 

SNI : la mixité sociale à géographie variable du premier bailleur social public.

 

 

 

 

 

La SNI premier bailleur social public en France affiche la mixité sociale parmi ses objectifs prioritaires : c'est ainsi que la société, propriété de la Caisse des Dépôts justifie notamment une politique d'investissement dans le « logement intermédiaire », au travers d'un nouveau fond le « FLI » géré en commun avec des investisseurs privés, assurances et banques.

 

 

 

10 000 nouveaux logements seront financés avec ce fond, aux loyers encore plus chers que les PLS, les plus chers des logements sociaux. Ils seront notamment situés à Paris, où l'on manque toujours de foncier pour faire du logement très social, mais où, étrangement, les terrains se libèrent très vite lorsqu'on veut faire plus cher.

Demandeurs de logement et locataires de la SNI issus des catégories populaires, nous manifestons aujourd'hui pour rappeler au bailleur SOCIAL sa véritable vocation : reloger correctement tous ceux qui n'ont pas accès au privé.

Un constat s'impose : la SNI, aujourd'hui ne propose pas grand-chose aux demandeurs de logement parisiens et de la petite couronne. Et pour cause, dans ces zones, c'est la filiale EFIDIS qui possède le plus de patrimoine et produit le plus souvent les nouvelles opérations. Or les logements d'EFIDIS ont le plus souvent un loyer élevé avec des charges des très importantes, et entrent dans la catégorie des PLS, les plus chers des logements sociaux. Ils sont inaccessibles à 85% des demandeurs de logement parisiens et de la petite couronne.

La SNI a bien un patrimoine un peu plus social : c'est essentiellement celui d'OSICA, une autre filiale, mais ce patrimoine est localisé essentiellement en moyenne et en grande couronne.

Sur le papier, la SNI semble remplir ses objectifs de mixité sociale, en cumulant des logements très sociaux et des logements PLS , ainsi que du logement intermédiaire.

Mais sur le terrain, la réalité est très différente : à Paris et en petite couronne, le parc de la SNI est inaccessible en grande partie aux ouvriers, aux employés, aux précaires , aux retraités modestes. Lorsque ceux-ci obtiennent un relogement, ce sera beaucoup plus loin en banlieue, dans des zones mal desservies en transport, et en services publics. Et quels que soient les besoins de ces locataires, un changement de logement a peu de chances d'aboutir, au vu de la structure du parc.

La SNI est le principal opérateur de l'Etat pour sa politique du logement : actuellement, en plus du fond créé pour le logement intermédiaire, la SNI va aussi gérer un programme de création de 10 000 nouveaux logements sociaux . Mais au vu de la politique actuelle, les inquiétudes sur leur localisation sont légitimes.

Demandeurs de logement et locataires du logement social sont déjà confrontés à une production dramatiquement insuffisante de vrais logements sociaux : il serait inacceptable que leur répartition sur le territoire aboutisse à renforcer une situation d'exclusion spatiale, amenant les catégories populaires à vivre toujours plus loin des centres urbains, des services publics et de leur lieu de travail. Surtout si dans le même temps, le plus important des bailleurs publics s'associe avec des investisseurs privés pour le logement intermédiaire, permettant à ces derniers de s'assurer les meilleurs terrains et les meilleurs emplacements pour rentabiliser leurs programmes.

 

 

 

12:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sni, osica, efidis, adoma, andré yche, mixité sociale, loi sru, pls, pli, uls, logement intermédiaire | | |  Facebook

 
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