web analytics

Avertir le modérateur

mercredi, 17 avril 2013

Inauguration du Louxor: les mal-logés s'invitent à la première séance

Bertrand Delanöe avait oublié d'envoyer des invitations à une partie des Parisiens concernés pour l'inauguration du cinéma Le Louxor, un des derniers équipements culturels «  à vocation populaire » de la mandature.

 Peu importe, nous étions là quand même, pour rappeler une évidence : sans accès au droit à un logement décent, les 126 000 demandeurs de logement de la capitale ne risquent pas de profiter des initiatives municipales.

 Comme souvent, notre manifestation a fortement irrité les élus, qui n'ont pas hésité à demander à la police de tenter de nous refouler physiquement loin de la presse présente. Mais quelques violences policières sont toujours moins graves que ce que nous subissons de toute façon au quotidien, notamment dans le 10ème arrondissement, où même certains locataires de logement social se voient à leur tour touchés par l'insalubrité et la présence de plomb, où les expulsions pour congés pour vente se multiplient. Nous sommes donc restés sur place, jusqu'à avoir l'assurance d'une rencontre dans les quarante-huit heures avec les responsables du logement de la mairie du 10ème et de la mairie centrale.


Inauguration du Louxor : les mal-logés repoussés par HLMPOURTOUS

 Le mal-logement, c'est pas du cinéma.

 

 L'inauguration du Louxor est un des derniers grands évènements de la mandature , une manière de résumer des années de politique culturelle dans la capitale. Mal-logés en lutte, nous avons été présents à nombre d'autres inaugurations du même type dans les quartiers populaires pour exiger une politique du logement aussi volontariste que celle menée dans le domaine de la culture : nous étions là quand notre maire a inauguré le Jardin d'Eole, le Centre Musical Fleury Goutte d'Or, le 104, Paris Plage 19ème et bien d'autres équipements dont nous ne contestons pas l'utilité.

Nous sommes encore là aujourd'hui, car malheureusement, durant toutes ces années, le mal-logement n'a pas reculé massivement, parce que la production de logement social ne correspond toujours pas aux besoins des demandeurs de logement. Nous sommes là parce que près de 80% des 126 000 demandeurs ne peuvent accéder qu'à un PLA-I : or seuls 13 938 PLA-I ont été produits entre 2001 et 20011. Encore faut-il inclure dans ce chiffre, les places de foyer et d'hébergement d'urgence. Nous sommes là parce que seuls 15% des demandeurs peuvent accéder à un PLS, le plus cher des logements sociaux : or 14 660 logements PLS ont été construits entre 2001 et 2011*.

Ce décalage absurde et gigantesque entre les besoins et l'offre de nouveaux logements en terme de loyers aboutit aujourd'hui à ce que 78% des PLS soient attribués à des foyers en dessous des plafonds*. (*source : APUR) Concrètement, cela signifie que l'on propose à des familles modestes, à des retraités, à des ouvriers et à des employés des 4 pièces à 1200 euros comme seule solution pour échapper au mal-logement.

Dans le 10ème arrondissement, spécifiquement, la situation est aussi dramatique qu'au début de la mandature, même si cela se voit moins : des hôtels insalubres ont fermé, mais leurs habitants au lieu d'être relogés ont pour beaucoup été renvoyés dans d'autres hôtels en banlieue, et ce même si les enfants sont toujours scolarisés sur l'arrondissement, si les parents travaillent à Paris. Les congés pour vente et les expulsions qui vont avec continuent. Pire, au sein même du logement social, on trouve de l'insalubrité grave : certains logements de Paris Habitat OPH sont contaminés au plomb, les murs dévastés par l'humidité, et malgré les signalements, la Ville ne bouge pas. Et les élus d'arrondissement promettent aux mal-logés de les recevoir comme lors d'un rassemblement organisé la semaine dernière, mais ne respectent même pas leur engagement par la suite !

Des situations de ce genre ne seraient jamais arrivées si la Ville et les bailleurs n'avaient pas privilégié le rachat de vieux logements ( en l'occurence ceux de la SAGI ) sur la construction neuve , souvent réservée à des plafonds de loyer élevés. Dans le 10ème 90% des demandeurs ne peuvent accéder qu'à un PLA-I mais dans les nouveaux programmes comme celui du Passage Delessert, seuls 25% des 69 logements en sont.

 Les mal-logés ne sont pas des Parisiens de seconde zone, mais des acteurs à part entière de la vie de la capitale : et nous comptons bien être présents à tous les événements de cette campagne électorale qui débute pour que la question du mal-logement ne figure pas au second voire au dernier plan du scénario des municipales .

 

 

13:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : louxor, anne hidalgo, municipales 2014, paris | | |  Facebook

mercredi, 30 mai 2012

Balardgone: manifestation pour la prise en compte des besoins en logement

Une centaine de mal-logés ont manifesté ce matin pendant près de deux heures dans l'entrée du chantier Balardgone, futur site du Ministère de la Défense...mais aussi de bureaux privés d'AXA Reim, deuxième investisseur immobilier mondial qui a obtenu 90 000m2 de surface constructible.

Nous étions présents pour demander que le logement social ne soit pas une nouvelle fois le grand oublié d'une opération de restructuration urbaine sur des terrains publics.

Dans le projet conçu par l'ancien gouvernement, en effet, les parcelles possiblement constructibles pour des habitations selon les règles du PLU accueilleront AXA , qui réalise là une opération très profitable, dans un contexte de hausse importante des prix de l'immobilier de bureau dont tous les analystes indiquent qu'elle va se poursuivre dans les années qui viennent. Opération d'autant plus profitable qu'AXA bénéficiera de la valorisation de ce quartier ( tram, construction d'une nouvelle sortie du métro Balard donnant directement sur le site, équipements collectifs attractifs ) financée par l'argent public.

D'autre part, même la possibilité de déplacer un dépôt de la RATP sur le site du Balardgone pour construire des logements sociaux sur son ancien emplacement Rue de La Croix Nivert avait été rejetée, bien que demandée par la Ville de Paris.

Pendant la manifestation, le  responsable du projet Balardgone pour le Ministère de la Défense a reçu une délégation du collectif: il nous a informés qu'une réunion entre tous les décisionnaires sur ce projet ( Etat, RATP , Ville, et investisseurs privés ) aurait lieu début juin, et que la question du déplacement du dépôt de bus serait réexaminée.

Ce réexamen doit prendre en compte les besoins en logement: il serait inimaginable que seuls les investisseurs immobiliers, ceux-là même qui tirent profit de la spéculation immobilière qui empêche des centaines de milliers de francilens d'accéder à un logement, soient les seuls favorisés dans cette opération. Et ce d'autant plus que le 15ème arrondissement compte déjà un autre projet de bureaux à grande échelle, avec la construction de la Tour Triangle.

Partout où l'Etat dispose de terrains publics constructibles, le logement social ne doit pas être oublié !


Balardgone : les mal-logés manifestent pour du... par HLMPOURTOUS


Communiqué diffusé sur place

Balardgone : des logements pas des bureaux !

 

Nous sommes venus à une centaine de demandeurs de mal-logés manifester sur la « Corne Ouest » du futur, Balardgone , le complexe immobilier qui accueillera notamment le Ministère de la Défense, mais pas seulement.

En effet, sur cette « Corne Ouest », ce sont plus de 90 000 m2 qui ont été accordés à AXA Real Investment pour construire un ensemble de bureaux loués au privé. Cette décision a été prise par le gouvernement précédent et représente un beau cadeau pour l'un des premiers investisseurs immobiliers mondiaux. En effet, les prix de l'immobilier de bureau sont repartis à la hausse, AXA va donc réaliser dans l'avenir des gros profits avec ce site et ce d'autant plus que la compagnie bénéficiera de la valorisation de son bien créée par les améliorations apportées au quartier ( transports, équipements collectifs )par l'argent public.

A l'inverse rien n'est jusqu'ici prévu en terme de logement social sur les terrains publics du Balardgone : pourtant ceux-ci se situent dans une capitale très déficitaire en logements sociaux et en plein dans l'Ouest Parisien qui en fait très peu.

AXA Real Investement fait partie des acteurs privés qui profitent à plein de la montée constante des prix de l'immobilier en région parisienne et à Paris, cette même montée des prix qui crée en partie le mal-logement subi par des centaines de milliers de Franciliens.

En contrepartie de ces profits, AXA pourrait très bien investir dans la construction de logements sociaux et ce d'autant plus qu'elle est actionnaire majoritaire d'un bailleur social Le Logement Français. Interrogé sur cette possibilité , le PDG d'Axa, Pierre Vaquier nous avait répondu lors d'une occupation de son siège qu'il n'avait pas à se poser la question, le Plan Local d'Urbanisme lui permettant de faire des bureaux sur le Balardgone.

Aujourd'hui le projet du Balardgone doit être modifié par l'Etat, et inclure du logement social. Demandeurs de logement franciliens, nous comptons bien continuer à mobiliser pour que ce soit le cas, sur ce terrain, comme sur tous les terrains publics disponibles.

Le foncier disponible doit d'abord être alloué au logement, pas aux bureaux !

 

UN LOGEMENT POUR TOUS , MAINTENANT !

 


15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : axa reim, bouygues, balardgone, plu paris, tour triangle, loi sru, expulsions, hébergement d'urgence | | |  Facebook

jeudi, 10 février 2011

UNPI: nouvelle provocation sur les chiffres du mal-logement

Ces derniers jours, l'Union Nationale des Propriétaires Immobiliers a diffusé des chiffres, repris dans les médias , qui voudraient démontrer que la crise du logement n'existe pas , que les mal-logés sont une infime minorité de la population, et que l'argent public du logement devrait être consacré en grande partie à l 'aide financière aux propriétaires bailleurs.

L'UNPI réagissait aux chiffres publiés dans le rapport de la Fondation Abbé Pierre, avec une méthode sans doute inspirée de celle du Secrétariat d'Etat au Logement, qui, lui, affirmait quelques jours auparavant que la construction de logements sociaux battait tous les records.

L'UNPI  ose affirmer qu'il n'y a que 250 000 personnes « privées de logements », et qu'il suffirait donc de construire 250 000 HLM pour que le problème soit réglé.

Mauvaise plaisanterie ou ignorance totale de la situation ? La catégorie « privé de logement » n'inclut pas les personnes victimes de l'insalubrité, les personnes hébergées chez leur famille, chez des tiers, et toutes celles qui souffrent de la sur-occupation. Elle n'inclut pas tous ceux qui se privent et survivent à peine pour payer un loyer dans le privé, ni les propriétaires qui voudraient devenir locataires parce que le logement est trop petit.  . Quand on a la chance de ne pas souffrir du mal-logement, le minimum de décence consiste à ne pas dire des énormités pareilles.

Pour l'UNPI, tout est simple : il suffit de « réhabiliter l'ancien » et donc d'augmenter le financement public aux propriétaires bailleurs. Cela a déjà été fait, par l'ANAH, aujourd'hui le taux de prise en charge des travaux de mise aux normes est quasiment de 50%, la moitié des propriétaires qui en bénéficient  y ont droit sans aucune condition de ressources.

L'UNPI, qui se plaint des « taxes » contraignantes, ignore-t-elle par exemple, l'existence de l' « usufruit social » : il consiste en une exonération quasi-totale des impôts immobiliers à l'achat du bien, en échange de sa location pendant quinze ans au taux de loyer le plus élevé du logement social ( PLS ), et exonération de l'impôt sur la plus-value en cas de vente du bien immédiate après les quinze ans. Et toujours sans conditions de ressources ...

L'UNPI exige de nouvelles règles plus avantageuses pour la « garantie des risques locatifs » : les dispositifs financés par l'Etat et le 1% logement, issu des cotisations salariales existent, mais les garanties demandées sont toujours plus importantes, les loyers toujours plus élevées, les catégories sociales refusées par les bailleurs de plus en plus nombreuses.

Tout ceci n'a pas empêché la crise du logement de s'amplifier, et l'incitation financière ne marche manifestement pas sur les propriétaires bailleurs.

Le logement social construit en masse a par contre montré son efficacité pour tous : il répond à la demande des revenus modestes, il permet  de multiplier l'offre et de faire que tous les bailleurs privés soient amenés à proposer des loyers raisonnables, des logements corrects, et empêche la spéculation immobilière, rendant ainsi la propriété accessible à ceux qui le souhaitent.

Des logements sociaux en masse maintenant !

14:16 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : unpi, apparu, mal-logement, fondation abbé pierre, anah, garantie risques locatifs, usufruit social | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu