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mercredi, 10 juin 2015

Paris French Ticket : la Ville offre le loyer aux start-up , et peu d'espoir aux demandeurs de logement.

Le collectif des Mal Logés en Colère rend aujourd'hui visite à Welcome City Lab.

Un loyer gratuit pendant six mois, et 12 000 euros , voilà , entre autres, ce que la Ville de Paris va offrir aux heureux bénéficiaires du « Paris French Ticket ».

Ces bénéficiaires ne sont pas des locataires expulsés ce printemps, ou des sans domicile fixe , ou de jeunes précaires qui dorment dans leur voiture. Ces bénéficiaires ne sont pas, de toute façon, un des 140 000 foyers inscrits sur les listes de demandeurs de logement.

Le «  Paris French Ticket » est un dispositif destiné aux jeunes entrepreneurs des start-up de la « smart city ». Un dispositif de plus dans lequel la mairie investit 700 000 euros juste pour la partie locaux gratuits. Il y a déjà 100 000 m2 d'incubateurs à Paris, répartis dans des dizaines d'immeubles., la plupart propriété des bailleurs sociaux parisiens. La Ville a donc des moyens immobiliers et financiers, au point d'offrir le loyer à des entreprises.

Pourtant, face à l'urgence du mal-logement vécu par les Parisiens, nulle opération de relogement d'ampleur : les dernières données disponibles , celle de 2013, faisaient état de 2422 logements attribués par la commission centrale de la Ville, pour 140 000 foyers inscrits. Seuls 4,6 % de ces logements étaient des logements très sociaux ( PLA-I ) ( chiffres APUR)

La faiblesse du chiffre peut surprendre : si peu de demandeurs relogés quand les journaux , chaque semaine font état d'une inauguration d'appartements flambants neufs ? Mais les visites de presse ne font pas une politique, un bel immeuble avec toit végétalisé ne remplace pas une politique massive de relogement. Sans plan d'urgence, le nombre de mal-logés augmente et augmente encore, les conditions de vie empirent chaque année, l'hébergement d'urgence même devient rare. Contrairement aux clichés de plus en plus répandus, les demandeurs de logement ne sont pas seulement les plus pauvres : il y a 40 % d'employés dans le fichier de la Ville.

Pendant que les employeurs sont choyés, les employés mal-logés sont notés : à peine mis en place, le système de cotation sert à relativiser l'urgence. Une membre du cabinet de Ian Brossat nous a ainsi fait remarquer qu'une partie des demandeurs avait une cotation assez basse : parmi les « mauvaises notes » des membres de notre collectif, des mères isolées qui vivent avec deux enfants adolescents dans un minuscule deux pièces, des hébergés précaires chez des tiers depuis des années, des familles en errance urbaine baladées d'hôtel en hôtel dont le dossier, faute de stabilité et de travailleur social est forcément moins bien étayé qu'un autre.

Pendant qu'on offre six mois de loyer et un chèque à des entreprises pour leur permettre de se développer, on oppose aux mal-logés leur précarité et leurs revenus trop faibles pour bafouer leur droit le plus élémentaire. Anne Hidalgo est fière d'attirer des entreprises du monde entier, mais estime que les mal-logés parisiens sont trop nombreux pour être relogés en masse à Paris.

Pour les uns «  Welcome Paris City Lab » pour les autres , des refus de relogements au nom de la mixité sociale.

Nous demandons l'essentiel et le respect du droit, un logement décent. Nous sommes mêmes prêts à payer un loyer et nous passerons du chèque de 12 000 euros pour l'installation, s'il le faut.

Assez des tickets d'entrée distribués au compte-goutte , en toute inégalité :

la Ville-Monde oui ! ... mais pour tout le monde.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !


Paris French Ticket : la Ville offre le loyer... par HLMPOURTOUS

16:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : incubateur, ian brossat, welcome city lab, paris french ticket | | |  Facebook

mercredi, 18 mars 2015

Paris: l'Aide Sociale à l'Enfance doit cesser d'exclure une partie des habitants

Une cinquantaine de mal-logés ont manifesté aujourd'hui devant le siège de l'Aide Sociale à l'Enfance ( ASE) , quai de la Râpée à Paris.

« Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique aux mineurs, à leur famille, aux mineurs émancipés et aux majeurs âgés de moins de 21 ans confrontés à des difficultés sociales susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ». C'est ainsi que la loi définit la mission de l'Aide Sociale à l'Enfance.

 Le mal-logement et l'errance urbaine font évidemment partie des difficultés sociales susceptibles de compromettre l'équilibre des mineurs : on ne peut pas avoir une scolarité normale quand on a deux heures minimum de trajet quotidien entre l'hôtel et l'école primaire. On ne peut pas avoir une enfance épanouie quand on doit faire ses devoirs aux toilettes. On ne peut pas grandir normalement lorsque l'asthme et les pathologies respiratoires nécessitent des hospitalisations en urgence dès le plus jeune âge.

 Il y a encore dix ans, les familles mal-logées étaient donc soutenues par l'ASE. Avec la décentralisation, le département de Paris leur a fait payer le désengagement financier de l'Etat : petit à petit, le mal-logement a été considéré comme ne faisant pas partie des difficultés sociales nécessitant l'intervention de l'ASE, sauf « cas exceptionnels ». C'est d'ailleurs le même processus qui est appliqué aux mineurs étrangers isolés, de plus en plus souvent rejetés par le Département.

 Les familles à la rue ou celles qui sont expulsées ont été abandonnées et renvoyées au SAMU social, qui envoie la majorité d'entre elles dans des hôtels de grande banlieue, et les change d'hébergement souvent du jour au lendemain. Les travailleurs sociaux du département sont réduits à l'impuissance pour tout ce qui concerne le mal-logement : d'une part, on les contraint à rejeter une partie des familles vers le SAMU, d'autre part, ils n'ont plus les moyens, ni le temps de soutenir concrètement les familles dans leur démarche, qu'il s'agisse de monter un dossier DALO ou de faire reconnaître l'insalubrité d'un logement.

Par contre bien souvent, les mineurs mal-logés et leurs parents sont mis en cause et montrés du doigt : les ravages du mal-logement ne sont plus considérés comme relevant des « difficultés sociales » devant susciter l'intervention de l'ASE, mais les parents sont vite accusés de « carences éducatives ». Lorsque les enfants s'endorment en classe, lorsqu'ils sont suractifs parce que l'école est le seul lieu où ils ne sont pas confinés dans un espace restreint, lorsque leur niveau scolaire chute après une expulsion, les parents sont convoqués et rappelés à leurs « responsabilités ».

Lorsqu'elle était Défenseuse des Enfants, en 2011, Dominique Versini, actuelle adjointe à la Maire de Paris, chargée de l'exclusion et de la protection de l'enfance, dénonçait « « les reculs » et les « insuffisances » de la politique de protection de l'enfance, l’aggravation de la pauvreté, la détérioration de la santé générale des enfants ». Aujourd'hui, elle pourrait changer la donne, mais la politique menée persiste à exclure les familles mal-logées du droit commun de la protection de l'enfance.

Dans le même temps, l'adjoint au Logement, Ian Brossat, renvoie pourtant notre collectif vers Mme Versini et l'Aide Sociale à l'Enfance, quand nous évoquons ces problématiques.

C'est la raison pour laquelle nous manifestons aujourd'hui au siège de l'ASE parisienne.


Aide sociale à l'enfance de Paris : les... par HLMPOURTOUS

22:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : versini, ase, dases, mie, ian brossat, samu social, errance urbaine, hôtels sociaux | | |  Facebook

mardi, 10 mars 2015

Foncier public: les décideurs débattent, les mal-logés se battent

Une mobilisation du foncier public sans précédent et en urgence pour construire du logement social, c’est ce qu’annonçait la Ministre du Logement Cecile Duflot en juillet 2012. L’urgence a fait long feu, de même que la longue liste des terrains immédiatement mobilisables qui avait été présentée à l’époque.

Deux ans et demi plus tard, élus franciliens et décideurs institutionnels participaient ce soir un débat organisé à par l’Ordre des Architectes intitulé : « Crises du logement : quelles voies pour le foncier ». Demandeurs de logement et victimes de cette crise, nous sommes venus demander collectivement au directeur de l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, au directeur adjoint de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris et à l’ensemble des élus présents à quoi servaient les mêmes débats organisés il y a des années par ces mêmes décideurs. A quoi ont servie ensuite ceux qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale et au Sénat, puis le vote d’une loi sur le foncier public, puis les décrets d’application de cette même loi. …pour recommencer aujourd’hui à débattre.

Finalement, il n'y avait pas de place pour les mal-logés à ce débat sur la "crise du logement"....Les CRS nous attendaient devant l'entrée de la Chapelle du Couvent des Récollets, et des renforts policiers absurdement nombreux sont arrivés tandis que Jacques Baudrier , adjoint à la Ville chargé du Renouvellement Urbain, et président de la SemPariSeine se décidait à venir à notre rencontre.

En deux ans et demi, le nombre de demandeurs de logement franciliens a nettement augmenté, nous sommes aujourd’hui un demi-million d’inscrits dans les fichiers. La production nationale de logement social a baissé de 9% cette année : le nombre de logements très sociaux aussi, en Ile de France, seules 9500 unités ont été comptabilisées cette année, et ce chiffre inclut les hébergements. Les mêmes communes bafouent impunément la loi SRU, votée il y a quinze ans. Les bailleurs sociaux évoquent 10 000 logements HLM déprogrammés par les collectivités territoriales depuis les municipales. Chaque soir, en Ile de France, le SAMU social laisse à la rue même des enfants. Le financement étatique des logements sociaux ne cesse de baisser, ce qui a des conséquences surtout pour le logement très social, les bailleurs privilégiant le logement intermédiaire ou les PLS, les plus chers des logements sociaux, plus rentables pour leurs budgets.

Mal-logés, nous n’avons pas la prétention d’être des spécialistes de l’action foncière et du renouvellement urbain : cependant, nous avons des yeux pour voir, et faire des constats simples. Partout en Ile de France, sans débats interminables, ni nouvelles lois, on a beaucoup construit ces deux dernières années : des zones d’activité commerciale, des centaines d’immeubles de bureaux et même une nouvelle tour à La Défense. A Paris, le Balardgone, le nouveau Forum des Halles, l’immense parc du Millénaire , le nouveau Palais de Justice et autres constructions massives se font sans difficultés.

Ce soir étaient annoncés comme thèmes de débat : «  Où construire en Ile de France », « Comment innover sur le foncier ». Notre manifestation est en tout cas venue combler un manque dans les sujets abordés : la question que nous sommes venus poser, c’est «  La volonté politique et publique, un levier nécessaire, mais souvent oublié ?

22:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : epfif, foncier public, loi alur, jacques baudrier, ian brossat, grand paris aménagement, loi sru, mal-logement | | |  Facebook

 
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