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jeudi, 02 mai 2013

Cecile Duflot fait expulser les mal logés de la Caisse de Garantie du Logement Social

La droite expulsait, la gauche continue: où est le changement ?

Ce matin, soixante-dix mal-logés ont été évacués par la police des locaux de la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social: cet organisme public, placé conjointement sous la tutelle du Ministère du Logement et des bailleurs sociaux est censé garantir la construction de logements sociaux et l'entretien du parc social.

Aujourd'hui, les nouveaux logements sociaux se font attendre, et le parc existant se dégrade: il y a un an presque jour pour jour que ce nouveau gouvernement s'est installé, et la situation du logement reste catastrophique. L'ensemble des mesures proposées et mises en application s'avère très mince au regard des besoins: que ce soit dans la première loi sur le logement votée en janvier ou dans celle qui est annoncée, la priorité n'est absolument pas donnée au vrai logement social, à loyers abordables.

Toujours condamnés aux expulsions, aux hébergements précaires quand ce n'est pas à la rue, toujours abonnés aux loyers exorbitants qui plombent leur budget et les contraignent à se priver du nécessaire, les ouvriers, les employés, les retraités, les jeunes actifs, les précaires en ont assez d'attendre un changement qui ne vient pas.

Les expulsions policières n'éteindront pas notre colère.

Voir aussi l'article de Business Immo sur notre occupation

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Caisse de Garantie du Logement Social: les mal... par HLMPOURTOUS

MAL LOGEMENT : le Changement , on l'attend !

 

Ce jeudi 2 mai, Cecile Duflot présente un nouveau projet de loi sur le logement : un an presque jour pour jour après l'arrivée du gouvernement qui nous promettait le changement maintenant, nous occupons la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social pour que les choses changent vraiment et en urgence pour les mal-logés. Etablissement public administratif administré par l’Etat et les bailleurs sociaux, la Cglls a pour vocation de permettre aux organismes de logement social de construire, entretenir et réhabiliter les logements locatifs sociaux . Ces missions aujourd'hui ne sont pas remplies.

On nous promettait 500 000 logements neufs par an, si l'on atteint les 300 000 , ce sera déjà inespéré. Parmi ces logements, la majorité ne sera pas accessible aux demandeurs de logements des classes populaires. Jusqu'ici, aucune mesure n'a été prise pour imposer la construction de vrais logements sociaux, les PLA-I : la loi SRU permet de faire du logement intermédiaire comme le PLS, et de la même manière, la cession à prix réduit des terrains publics organisée par un décret récent pourra se faire pour des PLS, et même pour de l'accession à la propriété. Par conséquent, les bailleurs sociaux, comme les collectivités territoriales qui souhaitent s'en tenir à ce type de logements de loyers élevés n'auront aucune contrainte leur imposant de construire des HLM à prix abordable.

La réquisition-réhabilitation des logements vides était présentée comme une autre manière de répondre en urgence aux besoins des mal-logés. Un an et une bonne vingtaine de conférences de presse après, le résultat est purement symbolique : quelques bâtiments de l'Etat ont été transformés en hébergement d'urgence précaire, deux immeubles seront -peut-être - transformés en logements sociaux, et 372 logements seront éventuellement réquisitionnés pour toute l'Ile de France.

Quant au parc social, son état se dégrade à la vitesse grand V : les crédits de l'ANRU ont servi et servent surtout à détruire, pour reconstruire avec des niveaux de loyers plus cher. Le parc de nouveaux logements sociaux continue à être majoritairement composé de PLS, et au sein du parc ancien, une population de plus en nombreuse vit en état de suroccupation, avec plusieurs générations dans le même logement, et des drames de l'insalubrité.

Certes la nouvelle loi annoncée propose de bonnes pistes , comme transformer les millions de m2 de bureaux vides : mais là , encore, il n'y a aucune certitude sur la nature de ces futurs logements, privés ou pas, et à quels niveaux de loyer ?

Bref le changement annoncé, les mal-logés l'attendent toujours et dans les pires conditions qui soient : les expulsions continuent, l'hébergement d'urgence est toujours saturé, et si les ventes de logement stagnent, cela n'empêche pas les propriétaires de continuer à multiplier les congés pour vente. Les loyers sont toujours aussi chers, et les ouvriers, les employés, les retraités, les chômeurs continuent à se priver de tout pour les payer.

L'arrêt total des expulsions, des mesures d'urgence pour reloger massivement, et la programmation de vrais logements sociaux en nombre correspondant aux besoins, voilà ce que nous attendons de ce gouvernement.

Le mal-logement n'est pas une fatalité, dès lors qu'on a la volonté de le combattre.

UN LOGEMENT POUR TOUS , MAINTENANT

16:52 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

lundi, 17 décembre 2012

Versailles Habitat: locataires en colère contre le mauvais état du parc social et les logements vides

Des logements sociaux en mauvais état que le bailleur refuse d'entretenir et une partie du parc qui reste vide alors que listes d'attente s'allongent pour les mal-logés, c'est un quotidien qui est aussi le nôtre.

Nous nous faisons donc le relais de cette initiative de locataires du bailleur Versailles Habitat, dont nous sommes pleinement solidaires.

 

 

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17:24 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : logement social, versailles habitat, association des locataires modérés, bailleurs sociaux, réquisitions, nombre de logements vides | | |  Facebook

mercredi, 24 octobre 2012

Bailleurs sociaux et mal-logés: dialogue social de bistrot

Ce matin, une délégation de notre collectif a été « reçue » par la direction de l'Aorif, l'Union sociale pour l'habitat d'Ile-de-France, (organisation professionnelle regroupant les organismes HLM ayant leur siège social dans la région.)

Stéphane Dambrine président , ( également directeur de Paris Habitat OPH ) et le directeur général , Mr RAINBAULT étaient présents, suite à l'engagement pris lors de l'occupation du siège vendredi dernier par une centaine de mal-logés .

Ce rendez-vous s'est tenu au Café Balzac, la direction de l'AORIF , organisme de coordination des bailleurs sociaux ayant jugé que nous n'étions pas des mal-logés assez convenables pour être reçus dans leurs bureaux.

En une demi-heure, il nous a d'ailleurs été également expliqué que les mal-logés, en général, n'étaient également pas assez convenables pour être relogés dans le logement social.

Parlant pour l'ensemble des bailleurs sociaux, les dirigeants présents nous ont d'abord expliqué qu'ils ne refusaient « que » 20% des candidatures DALO qui leur étaient proposées par la Préfecture.

Obtenir le label DALO est une gageure, au vu de critères très restrictifs : actuellement seuls 17 800 dossiers ont ce label sur 120 000 demandeurs de logement parisiens, par exemple. La Préfecture ne dispose que d'un contingent de moins de 1500 logements annuels à proposer....et au bout de ce goulot d'étranglement, après un tri drastique , ne retenant qu'un peu plus d'un demandeur sur mille par an, les bailleurs sociaux trouvent encore le moyen de rejeter 20% des candidatures .

Stéphane Dambrine a jugé bon d'ajouter que la multiplicité des labels permettait une sélection « juste » des demandeurs , vantant par exemple le dispositif des accords collectifs, environ 1400 logements dans la capitale , par an.

Mais c'est cette multiplicité des procédures, ces ajouts incessants de démarches et de critères qui rendent justement impossible l'accès aux commissions d'attribution pour la plupart des ménages en difficulté : les personnes en errance urbaine, celles qui vivent dans les quartiers populaires où les travailleurs sociaux sont surchargés, celles qui ont des situations professionnelles changeantes du fait de la précarité, sont de fait, exclues de tout dispositif spécifique et leurs dossiers systématiquement jugés « incomplets » ou «  non-prioritaires ». C'est notamment le cas des personnes SDF, baladées d'hébergements d'urgence en hôtels par le SAMU Social et qui ne sont suivies par aucun service social.

C'est ce qui aboutit aussi à des situations dévastatrices pour les personnes, en plus d'être ubuesques : ainsi ,en cette période de hausse des loyers et d'expulsions massives, Mr Dambrine a-t-il jugé « anecdotique » le problème qui touche des milliers de foyers : les personnes qui vivent dans un logement privé hors de prix et en totale inadéquation avec leurs ressources sont aujourd'hui considérées comme non-prioritaires, tant qu'elles parviennent à payer leur loyer. Quand elles ne le peuvent plus, c'est seulement au terme de la procédure d'expulsion que leur cas est éventuellement pris en compte. Mais à ce moment là, la présence de dettes de loyer, même minimes amène les bailleurs à rejeter les dossiers !

Devant nos arguments, la direction de l'AORIF a fini par reconnaître que de toute façon «  les niveaux de loyers pratiqués dans les nouvelles constructions ne correspondaient effectivement pas aux revenus de beaucoup de demandeurs, à qui seul le parc « ancien » était réellement accessible ».

Et il nous a été dit très clairement qu'en l'état des financements et de leurs fonds actuels, il était de toute façon impossible de faire autrement...en clair, si nouveaux logements sociaux il y a , dans leur majorité, ils ne seront pas accessibles, dans leur immense majorité, aux précaires, aux pauvres, aux salariés et aux retraités modestes.

A titre d'exemple, Paris Habitat OPH , le premier bailleur social parisien n'a été capable de mettre sur le marché cette année que 22 PLA-I contre 103 PLS, après une chute de près de 70% de la production en 2010 !

Comment s'étonner, dans ces conditions, que deux-tiers des appels au SAMU Social ne trouvent pas de réponse ? Si les circuits de l'hébergement sont bloqués, c'est parce que ceux du logement sont saturés, faute d'offre. 

Si 300 personnes meurent dans la rue chaque année, si des incendies meurtriers frappent des logements parfaitement connus comme insalubres, ce n'est pas la fatalité , mais bien le résultat d'une politique qui, sciemment, détruit le logement social. Si les propriétaires privés pratiquent des loyers qui étouffent financièrement des millions de gens, c'est bien parce que l'offre de logement public n'existe plus pour réguler le marché.

Et le changement ne sera pas maintenant , sauf si les mal-logés en lutte l'imposent. C'est ce que nous avons retenu de ce rendez-vous, ou la direction de l'AORIF nous a accusé de demander des « passe-droits ».

 

Nous ne demandons rien du tout, nous exigeons notre droit, le même que celui des millions de mal-logés.

Nos conditions de vies ne constituent pas une urgence pour les décideurs ? Les mal-logés ne valent pas la peine qu'on trouve une solution ? Nous ferons en sorte que notre lutte soit pour eux tous un problème urgent .

13:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : accords collectifs départementaux, aorif, stephane dambrine, ush, cus, dalo, paris habitat oph, hébergement d'urgence, samu social, trève hivernale | | |  Facebook

 
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