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mercredi, 29 janvier 2014

L'association d'élus Ville et Banlieue occupée: non à la discrimination des mal-logés

 

Plus de 70 mal-logés sont venus aujourd'hui au siège de l'association Villes et Banlieues exiger que la discrimination ne s'ajoute pas à la discrimination, suite aux déclarations inacceptables de cette association: dans son projet pour les élections municipales, celle-ci demande en effet l'interdiction des relogements au titre du DALO dans les quartiers considérés comme "sensible" et "populaires".

Les élus présents ou en contact téléphonique avec notre collectif, parmi lesquels le maire de Rennes et le député-maire de Grenoble n'ont malheureusement pas vraiment semblé mesurer la gravité de leur propos, même s'ils ont regretté une possible "maladresse " dans la formulation. Nous regrettons qu'il semble normal de considérer certains habitants de ce pays comme un problème social alors que ce sont eux qui ont des problèmes, celui de droits non respectés. Nous n'acceptons pas que des élus nous déclarent indésirables dans leur commune, au seul motif que nous subissons le mal-logement et que notre droit au relogement a été reconnu légalement.

Cependant cette longue occupation a au moins permis de rappeler que les mal-logés ne comptent laisser personne bafouer leur dignité, et surtout pas les élus qui ont la responsabilité des politiques du logement, celles qui aboutissent aujourd'hui à l'existence de millions de mal-logés sur le territoire français. Si nous ne sommes pas satisfaits du contenu du communiqué envoyé par l'association Villes et Banlieues lors de l'occupation, si nous exigeons le retrait de leur proposition et pas une "clarification", son existence même est le résultat de notre mobilisation.

De plus, cette mobilisation a amené ces élus à agir pour que nous soyons reçus en Préfecture de Région dès la semaine prochaine.

Une preuve de plus que seule la mobilisation collective des demandeurs de logement peut amener les pouvoirs publics à les considérer autrement que comme des citoyens de seconde zone.


Quand les élus discriminent, les mal-logés... par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé sur place

Quand la loi DALO devient un critère discriminant pour le relogement.

Les mal-logés savaient déjà qu'être reconnu prioritaire DALO était extrêmement difficile ne garantissait en rien un relogement. Rien qu'en Ile de France, 17 000 dossiers sont en attente.

Aujourd'hui, un nouveau pas dans la discrimination des demandeurs de logement est franchi par des maires de toutes tendances, regroupés au sein de l'association Ville et Banlieue.

Sous prétexte de « mixité sociale », ces élus municipaux exigent l'inscription dans la loi d'une « interdiction de relogement des DALO » dans les quartiers reconnus prioritaires au titre de la Politique de la Ville.

Voilà les mal-logés explicitement désignés comme une population indésirable. Ce n'est plus le mal-logement qui est un problème, ce sont ceux qui en souffrent qui le deviennent. Ces propos inacceptables et cette proposition ouvertement discriminante ont été repris tels quels dans de nombreuses dépêches de presse, dans de nombreux média.

Il semble donc désormais normal dans le débat public, de stigmatiser une partie de la population, de prôner ouvertement son bannissement de certaines zones, sur la base de ses problèmes de logement. En effet les critères du DALO sont fondés uniquement là dessus: le fait d'avoir un logement trop petit et/ou insalubre, le fait d'être menacé d'expulsion , le fait de ne pas avoir les moyens financiers d'accéder à un logement dans le parc privé, le fait d'attendre un HLM depuis dix ans à cause de la pénurie de logements sociaux, c'est suspect.

Et l'hypocrisie consistant à prétexter la mauvaise volonté des maires qui ne respectent pas la loi SRU confine au cynisme : aucun élu ne peut ignorer que l'on ne construira pas du jour au lendemain des logements sociaux dans ces communes où il n'y en a pas. Refuser de loger les demandeurs dans les quartiers populaires, c'est leur interdire l'accès à un logement décent , tout simplement.

Et pointer du doigt les mal-logés comme une population à problèmes, c'est justement faire le jeu de ces maires anti-logement social.

Cette semaine la Fondation Abbé Pierre va rendre son rapport, et l'ensemble de la classe politique sera unanime pour déplorer ses conclusions, comme chaque année. Comme chaque année, également, chacun ira de ses vœux pieux pour sortir de la « crise du logement ».

 Ce n'est certainement pas en dévalorisant le logement social et en stigmatisant les mal-logés en période d'élections qu'on va y arriver. Car ce discours discriminant se traduit déjà dans les faits : de nombreux logements sociaux sont vides , parce qu'élus et bailleurs font de l'obstruction systématique contre les candidats proposés par les Préfecture. La construction de logements très sociaux n'est jamais à la hauteur des objectifs, parce que les élus locaux refusent de faire du PLA-I même quand des terrains sont disponibles. A Paris, tandis que NKM tire à boulets rouges contre le logement social, Anne Hidalgo propose de supprimer l'obligation de 25% de logements sociaux dans les programmes immobiliers des quartiers populaires, au détriment des 130 00 demandeurs en attente.

 Les mal-logés sont donc venus collectivement à l'association Ville et Banlieue rencontrer ces élus pour qui ils sont des citoyens suspects et de seconde zone, pour leur rappeler que le droit au logement doit être respecté partout et maintenant.

 

21:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : dalo, sru, villes et banlieues, mixité sociale, discrimination | | |  Facebook

mercredi, 30 octobre 2013

Municipales: Hidalgo veut supprimer l'obligation de 25% de logements sociaux dans les programmes immobiliers

DSCF8434.JPGManifestation surprise des mal logés ce matin devant la marie du 19ème, suite aux mesures scandaleuses prévues dans le programme d'Anne Hidalgo. 

L'annonce est passée inaperçue : dans une campagne parisienne où finalement tout le monde s'accorde à dire que le logement intermédiaire est la priorité, Anne Hidalgo peut envisager de sacrifier une partie de la production de logement social déjà dramatiquement insuffisante, puisque 136 000 foyers sont en attente. C'est ainsi que dans son « Pacte pour le logement », Anne Hidalgo annonce son intention de supprimer l'obligation des 25% de logements sociaux dans tout programme de construction neuve, dès lors qu'il sera situé dans un arrondissement ayant déjà 30% de logements sociaux.

 Nous manifestons aujourd'hui dans l'un des arrondissements concernés par cette mesure, le 19ème. Demain, si Anne Hidalgo est élue, les habitants mal-logés de l'arrondissement n'auront donc plus aucune place envisageable dans les nouvelles constructions. Ce sera la même chose dans le 13ème ou dans le 20ème . Qu'on ne nous raconte pas que c'est pour mieux les accueillir ailleurs dans Paris : car dans les arrondissements en déficit de logements sociaux au regard de la loi SRU, de toute façon, les nouveaux programmes sont rares , et les 25% de logements sociaux imposés aux aménageurs se traduisent très peu par du HLM bon marché , des PLA-I. Prenant prétexte de la cherté de l'immobilier et de la nécessité de pouvoir réaliser les programmes avec un budget limité, le plus souvent politiques et promoteurs construisent du PLS, qui ne correspond qu'à 15% de la demande de logement social , ou du PLUS, inaccessible aux précaires, aux travailleurs à temps partiel , aux retraités modestes, aux chômeurs. Par exemple, le programme inauguré à Passy en grande pompe la semaine dernière ne compte que 6 PLA-I.

 Malheureusement les Parisiens modestes en quête de logement ne sont pas un « sujet tendance » pour les municipales .Lors de nos rencontres avec les porte-paroles de la campagne d'Anne Hidalgo, cela nous a été dit très clairement : des élus nous ont affirmé que le logement social était peu apprécié « des Parisiens » , que beaucoup de ces « Parisiens » trouvaient qu'il y en avait déjà trop...Manifestement, les 136 000 foyers demandeurs de logement social, les dizaines de milliers d'autres qui souhaiteraient y accéder mais sont découragés de faire une demande par le peu d'attributions ne sont pour Anne Hidalgo et son équipe que des demi-Parisiens, dont l'avis et la vie importent peu.

 En réalité, c'est bien le concept de mixité sociale, accommodé à toutes les sauces par les élus, qui témoigne d'une hostilité permanente au logement social : une nouvelle fois, la loi SRU , créée pour obliger à construire du HLM dans les zones déficitaires est utilisée pour faire croire que certaines zones auraient déjà « trop » de logement social, même si cela correspond aux besoins des habitants. Mais le logement social, c'est un moyen pour la majorité des classes populaires et moyennes de se loger dans de bonnes conditions, avec un loyer raisonnable, comment peut-on prétendre qu'il pourrait y en avoir trop à Paris, où dans tous les arrondissements, presque toute la population souffre de la cherté du logement privé ? Comment ose-t-on dans le même temps opposer la pénurie de logements disponibles aux demandeurs et proposer d'en faire encore moins dans l'avenir ?

 Au fur et à mesure de cette campagne municipale, nous voyons le logement social devenir une cible, après avoir été négligé. Au départ, l'actuelle première adjointe de Bertrand Delanöe parlait de « poursuivre l'effort » des précédentes mandatures, et c'était évidemment inquiétant en soi, car entre 2001 et 2011 , le nombre global de la production de logements sociaux cache mal la faible proportion de logements très sociaux (environ 20%). Désormais, c'est une régression qui est annoncée avec l'abandon de la règle des 25%, et donc un alignement sur la ligne de l'autre candidate , NKM qui tire à boulets rouges sur le logement bon marché.

 Nous allons donc manifester dans les arrondissements concernés,pour que la lutte contre le logement cher et pour le logement social soit menée, maintenant et demain, dans l'intérêt de tous les Parisiens.

14:13 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, mixité sociale, nkm, pls, pla-i, françois dagnaud, ian brossat | | |  Facebook

jeudi, 04 juillet 2013

Alain Régnier interpellé par les mal-logés sur l'augmentation du nombre de SDF

mal logésMardi 2 juillet, l'INSEE annonçait un chiffre accablant: en 10 ans le nombre de personnes sans domicile fixe a augmenté de 50%.

Ce chiffre qui en dit long sur les politiques du logement menées ces dernières années n'a donné lieu qu'à l'indifférence des politiques et du Ministère: d'ailleurs dans la loi Duflot, aucun plan d'urgence doté de moyens significatifs n'est prévu pour traiter le problème.

Ce matin, les mal-logés en lutte sont donc allés interpeller directement Monsieur Régnier, préfet délégué à l'hébergement et au logement. En décembre, nous l'avions déjà saisi alors que se préparait la Conférence Nationale de Lutte contre la pauvreté, censée prendre des mesures d'urgence et qui n'a finalement débouché sur rien.

Le tract suivant a été diffusé , tandis que le Préfet acceptait de nous recevoir dans les prochains jours.

Les mal-logés interpellent aujourd'hui Alain Régnier,préfet délégué à l'hébergement et à l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, à l'occasion d'un atelier sur l'hôtellerie sociale.

 

Mardi dernier, les chiffres de l'étude INSEE sur le nombre de personnes sans domicile fixe recensées n'a pas ému grand-monde : pourtant, c'est sans aucun doute un bon outil pour évaluer les politiques du logement. Le nombre de personnes à la rue ou en hébergements d'urgence a augmenté de 50% en dix ans et 30 000 enfants sont officiellement SDF , au minimum. Au minimum, parce qu'en réalité ce chiffre n'inclut que les personnes en permanence à la rue, celles qui ont été repérées par les pouvoirs publics. Par exemple, les personnes hébergées pour quelques mois chez des tiers ne sont pas comptabilisées, pas plus que celles qui alternent des nuits à l'hôtel à leurs frais et des nuits dans leur véhicule.

 

Contrairement à ce qu'essaient de faire croire certains médias et politiques, cette augmentation n'est pas liée à l'afflux d'étrangers sur le territoire et l'augmentation de la proportion de personnes étrangères dans les chiffres globaux est due au fait que l'hébergement des demandeurs d'asile s'est réduit comme une peau de chagrin.

En réalité, le nombre de SDF augmente parce que l'offre de logement social se réduit. On ne construit pas ou très peu de PLA-I , le seul type de HLM dont les loyers correspondent à ceux des salariés modestes et/ou précaires, de beaucoup de retraités, de jeunes en insertion, de familles monoparentales ou nombreuses. En dix ans, la possibilité pour les personnes aux revenus modestes de se loger dans le privé est devenue nulle, tandis que le logement social devenait inaccessible. Il n'y a pas d'autre cause à l'augmentation du nombre de SDF.

En guise de solution, l' Etat , les collectivités territoriales et les bailleurs brandissent sans cesse la carte de l'augmentation des moyens pour l'hébergement d'urgence. Mais cette augmentation prétendue des moyens se fait sur le dos du logement social  : ainsi à la place de vrais logements, on construit ou conventionne des immeubles existants en résidences ou en hôtels « sociaux ». A Paris*, la majorité des PLA-I comptabilisés au titre de la loi SRU sont en réalité des hébergements : c'est à dire des structures précaires, avec des baux précaires, souvent sans cuisine et/ou sans sanitaires individuels, avec des règles de vie contraignantes, et des situations de suroccupation fréquente. Ces hébergements ne sont pas une alternative à la rue, ils sont un pis aller en lieu et place d'un logement , que les bailleurs sociaux rechignent de plus en plus à attribuer aux personnes aux revenus modestes.

Pour le reste, comme le dénonce notamment la FNARS, on en est revenus à une politique « low cost » de l'hébergement destinée à cacher la misère : dortoirs hivernaux, places en hôtel réservées pour quelques jours puis remise à la rue, sont devenues le quotidien des mal-logés baladés d'hébergement en hébergement, de départements en départements au gré d'une politique de gestion des « flux » totalement inhumaine.

Aucune mesure d'urgence pour le relogement des mal-logés n'est prévue par la loi Duflot, pire de nombreux observateurs prévoient une hausse d'une partie des loyers du privé avec le nouveau dispositif censé les encadrer.

Mal-logés en lutte, nous ne comptons pas rester passifs face à la catastrophe sociale qui touche des millions d'entre nous dans l'indifférence des politiques.

 

*En 2012, la production de PLAI était de 22% sur la part totale de la production de nouveaux logements, mais seulement 7% pour des logements familiaux, le reste étant des places de foyers) - soit 246 logements ( source Conseil régional IDF)

12:40 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

 
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