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samedi, 02 février 2013

Rapport de la Fondation Abbé Pierre: ces politiques qui entretiennent le mal-logement

fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreComme chaque année, la publication du rapport de la Fondation Abbé Pierre donne lieu à un constat partagé par tous : le mal-logement ne cesse de s'étendre, touchant un pourcentage de la population de plus en plus élevé.

Plus aucun politique ne remet en cause ce constat : et chacun d'entre eux, selon les « thèmes » particulièrement mis en lumière d'une année sur l'autre, s'exprimera avec compassion sur telle ou telle catégorie de population nouvellement et/ou massivement touchée par le mal-logement, cette année, les familles, par exemple.

Mais généralement, une autre partie du rapport n'est que très peu commentée : celle qui met en rapport les besoins en logement et la production réelle ou celle qui détaille l'impact et le niveau des prestations publiques permettant aux catégories modestes de la population de faire face au coût du logement.

Pourtant c'est cette partie du rapport qui donne la clé du pourquoi de la crise du logement et de ses manifestations.

Pourquoi sommes-nous mal-logés ? Pourquoi notre demande de logement social n'aboutit-elle pas alors que de nouveaux logements sortent de terre autour de nous ? Pourquoi avons nous de plus en plus de mal à payer nos loyers, même dans le logement social ?

 La réponse à ces questions ne se trouve pas dans une quelconque fatalité, mais dans le choix fait sciemment de politiques ne répondant pas à la demande réelle, et notamment dans une forme de destruction du logement social particulièrement pernicieuse, parce que peu visible, celle qui consiste à privilégier depuis vingt ans des niveaux de loyers extrêmement chers dans les nouvelles constructions. Mais aussi à réduire peu à peu la part d'aide de l'Etat au paiement des loyers par le biais des allocations logement, tout en restreignant le nombre de bénéficiaires potentiels.

Produire du logement social, oui mais lequel ?

fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreDepuis la fin des années 90, tous les gouvernements se sont fondés sur les chiffres bruts de la production de nouveaux logements sociaux et sur l'augmentation du volume du parc social pour affirmer le volontarisme de leurs politiques. « On n'a jamais construit autant de logement social », voilà la phrase que répètent à l'envi tous les élus.

 Mais qu'appellent-ils logement social ? La réponse donnée par le rapport de la Fondation Abbé Pierre est sans appel.

 Entre 2001 et 2012 , 54% de la production nouvelle a été du PLS, c'est à dire des logements dont le niveau de loyer est accessible seulement à 15% des demandeurs de logement social. Salariés au SMIC ou un peu au dessus, retraités modestes, jeunes ménages en précarité ordinaire, familles monoparentales ( dont 41% des enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté) en sont donc exclus.

 Si l'on prend la proportion globale de PLS dans le logement social, elle a été multipliée par 5 ces dix dernières années, quand celle de PLA-I n'était multipiée que par 1,6.

 Conclusion : plus de la moitié de la production de logement sociaux déjà notoirement insuffisante au regard des besoins est de toute façon inaccessible à huit demandeurs de logement sur dix, et ce de façon constante depuis au moins dix ans.

Depuis la loi SRU, qui impose 25% de logements sociaux dans chaque commune, beaucoup d'entre elles se sont vantées de s'être mises en conformité avec la loi et d'avoir fait des HLM. Mais en réalité, 14% de ces nouveaux logements seulement sont des PLA-I.

 Ces chiffres répondent facilement aux interrogations des mal-logés qui ne comprennent pas pourquoi les bâtiments neufs avec des pancartes «  logement social » fleurissent partout dans leur ville, alors que le maire ou la Préfecture leur répondent toujours qu'ils n'ont pas beaucoup d'appartements à attribuer . En réalité, les appartements ne manquent pas, ce sont les loyers qui ne correspondent pas à ceux des revenus modestes ou très modestes !

Voir à ce sujet :

Quelle Politique de la Ville pour quel logement social, interpellation de François Lamy

Manifestation devant l'USH : les bailleurs font-ils vraiment du logement social


Le changement annoncé dans la politique du logement aura-t-il lieu en 2013 ?

Non, si l'on en croit les chiffres donnés par le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le budget, et ce malgré les annonces sur les 150 000 logements par an répétées sans arrêt.

 En 2013, 48 000 PLS sont programmés et seulement 33 000 PLA-I . Certes le nombre de PLA-I augmente de 9500 unités, et celui des PLUS ( niveau intermédiaire entre le PLA-I et le PLS) aussi , mais un autre facteur entre en compte : les hébergements temporaires ( foyers de jeunes travailleurs, résidences sociales, et autres places en CHRS) comptent dans le calcul du nombre de PLA-I. L'offre de vrais logements et son augmentation sont donc encore plus faibles que ne le laissent entrevoir es chiffres.

De plus entre ces chiffres annoncés par l'Etat et ce qui sera réellement produit, il y a en général un grand fossé. Pourquoi ? Parce que la production de logements sociaux est aussi conditionnée aussi à la volonté des élus locaux, qui la fixent au travers des Plans Locaux pour l'Habitat ( PLH).

Or, le rapport de la Fondation Abbé Pierre montre que le décalage entre le nombre de nouveaux logements sociaux prévus par l'Etat et celui programmé par les PLH est énorme.

Par exemple pour les 30 plus grosses agglomérations, l'Etat prévoit a production de 72 000 unités alors que les PLH n'en prévoient que 46250.

 Bref, les objectifs affichés par le gouvernement ont toutes les chances de ne pas être tenus !

 Et ce d'autant plus que la réalisation d'un programme de logements sociaux dépend beaucoup de son niveau de financement par l'Etat : un bailleur social doit rembourser des prêts consentis par les banques pour les nouveaux logements, et évidemment , plus le loyer d'un nouveau logement est élevé, plus ce remboursement sera facile et n'empêchera pas de dégager un excédent pour les finances du bailleur. Par conséquent , même avec une aide modeste de l'Etat , les bailleurs font une bonne affaire en construisant du PLS. Par contre, ils n'acceptent de réaliser les programmes de PLA-I que si l'aide de l'Etat est importante.

 Or l'aide directe est tombée de 9800 euros en 2012 à 7500 euros en 2013.

 En résumé : depuis dix ans, la part de vrais logements sociaux accessibles à tous représente moins d'un quart des nouveaux logements produits chaque année. Globalement, le parc de logements sociaux devient donc de moins en moins social. L'accès des demandeurs aux revenus modestes ou très modestes est donc bloqué, et pour les nouveaux locataires, les loyers sont de plus en plus élevés.

 EN dix ans le taux moyen des loyers au sein du logement social a bondi de 39%

Voir à ce sujet:

Plan gouvernemental sur le logement : notre réaction

Occupation de l'AORIF : les bailleurs sociaux doivent reloger maintenant

 

Aide au logement : solidarité avec les propriétaires, abandon des locataires

 fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreCes dix dernières années, les dispositifs d'aide aux propriétaires-bailleurs se sont multipliés : aide à la rénovation, avantages fiscaux et prêts à des taux préférentiels consentis en échange d'une location à des prix « minorés » pendant quelques années pour l'achat d'un nouveau logement, permettent aux investisseurs immobiliers de bénéficier de pas mal d'argent public pour leur activité.

 Ces dispositifs du Scellier au Duflot actuel sont souvent présentés comme un moyen de mettre sur le marché du logement locatif privé accessible aux classes populaires. En réalité, cet objectif là n'a jamais été rempli.

 Ainsi, alors que le gouvernement parle à nouveau beaucoup d'investissement dans le « loyer maîtrisé , un chiffre issu du rapport de la Fondation en dit long sur les bénéficiaires de ces dispositifs. En 2012, sur 7412 logements «  à loyer maitrisé » , moins d'un sur du dix ( 665 logements ) avait un niveau de loyer très social, comparable à celui d'un HLM.

Les fonds publics ne manquent donc pas lorsqu'il s'agit de soutenir les propriétaires bailleurs.

 Voir notre article : Tous propriétaires, tous endettés , tous mal logés ?

Pourtant, c'est bien ce manque de fonds qui est invoqué en permanence pour expliquer la part de plus en plus maigre de l'aide au logement consentie aux locataires pour faire face aux prix des loyers.

Le rapport de la Fondation Abbé Pierre livre un constat sans appel sur les allocations logement : concernant une part de plus en plus restreinte de la population, elles correspondent de moins en moins au côut réel du logement.

 Ainsi, alors que l'explosion du prix des loyers cause des difficultés financières à une grande partie de la population, classes moyennes comprises, dépasser même très légèrement le SMIC conduit à une exclusion du bénéfice des allocations logement. Non seulement, son assiette n'a pas été élargie, mais elle a même été réduite, passant de 1, 08 SMIC en 2002 à 1,1 SMIC en 2012. Au delà pas d'accès à l'allocation logement

 Quant au montant de ces allocations, la revalorisation a été dérisoire au regard de l'augmentation des loyers et des charges : alors que les loyers des bénéficiaires ont augmenté de 32% en moyenne ces dernières années, les aides elles ont augmenté d'à peine 15%. C'est encore pire pour les charges, puisqu'elles ont augmenté de 39% alors que les aides n'ont augmenté que de 11%.

 Dans ces conditions, comment s'étonner de l'explosion des impayés de loyer ( plus 82% en quelques années ) ? Comment s'étonner que 20% de la population déclare souffrir du froid dans son logement, ou que 8 millions de personnes soient en état de « précarité » énergétique ?

 Voir notre rubrique CAF sur le site

Là aussi, aucune fatalité au mal-logement, mais une question de volonté politique.

 

DALO :Priorité à l'urgence sociale ou restriction de l'accès à un droit fondamental ?

 

fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierreParmi les grands espoirs déçus de ces dernières années, la loi DALO est sans doute la loi la plus trompeuse qui ait jamais été votée.

Non seulement, elle n'a pas augmenté le nombre de relogements, qui ne dépendait évidemment pas de la simple création d'un label, mais surtout en introduisant de nouveaux critères de « priorité », elle a de fait réduit la définition du mal-logement.

Le rapport de la Fondation Abbé Pierre pointe deux réalités du doigt.

 D'une part, le fait que des mal-logés aient été reconnus prioritaires au terme d'un long processus , où il s'agit de prouver qu'on correspond à des critères extrêmement excluants n'a pas modifié leur sort.

 A ce jour, pour la seule Ile de France, le nombre de DALO non relogés est grimpé à 27 500 foyers.

 D'autre part, alors que le label DALO est devenu la condition sine qua non pour être reconnu comme mal-logé, le pourcentage de décisions favorables ne cesse de baisser.

 Aujourd'hui 61% des dossiers présentés reçoivent une réponse négative contre 40 % pendant les premières années de la loi. Comme le souligne la Fondation Abbé Pierre, un mécanisme de tri lié non pas à la situation réelle des personnes mais à la prise en compte du peu de solutions disponibles en terme de relogements s'est mise en place.

 De plus en plus de situations de mal-logement sont ainsi considérées comme non-prioritaires.

 Voir notre rubrique sur les conséquences dramatiques de la loi DALO et sur le tri des mal-logés

Ainsi le rapport de la Fondation met en avant au moins 411 000 personnes hébergées chez des tiers et la suroccupation dans les logements liée au maintien ou au retour des enfants majeurs au domicile parental , où à l'inverse à la prise en charge au domicile des enfants d'un parent qui ne peut plus faire face à son loyer autonome à la retraite. Or ces situations ne sont pas prises en compte pour l'obtention du label DALO dans la plupart des commissions de médiation franciliennes : celles-ci considèrent désormais que l'Etat n'a pas à se substituer au devoir légal d'assistance aux ascendants ou descendants prévu par le Code Civil, et qu'être hébergé chez des parents fait disparaître le critère d'urgence défini par le DALO.

 Le rapport de la Fondation pointe aussi le fait que 43% des ménages modestes vivent dans un logement où au moins un critère d'indécence est établi....mais la loi DALO ne prend en compte que l'insalubrité légale, dont les critères sont extrêmement sévères.

 Enfin, alors que l'explosion des loyers est un fait reconnu par tous, s'endetter ou ne pas pouvoir faire face à ses autres besoins pour payer son loyer dans le privé n'est pas un critère reconnu par la loi DALO. Comme si vivre dans la pauvreté et le manque de tout pour ne pas perdre son logement n'était pas une forme de mal-logement.

Et ce type de critères coûte cher socialement, mais aussi financièrement : aujourd'hui , il faut attendre une procédure d'expulsion pour impayés de loyers parvenue à son terme pour que le label DALO soit éventuellement accordé à un foyer et que la Préfecture commence à prendre en compte un dossier. Le plus souvent le foyer sera expulsé et envoyé vers l'hébergement d'urgence au terme de la procédure, ce qui coute bien plus cher à la collectivité qu'un relogement ( sans compter la situation de certains petits propriétaires qui n'ont qu'un seul logement loué pour payer leur retraite, par exemple, et qui se retrouvent tout aussi en difficultés que leur locataire qui ne peut quitter les lieux faute de solutions )

 Voir : Mobilisation contre les expulsions, les mal-logés occupent le GIP


fondation abbé pierre,dalo,aide à la pierrePourquoi sommes-nous mal-logés ?

La réponse donnée par l'analyse des chiffres issu du rapport de la Fondation Abbé Pierre est sans appel : il n'y a tout simplement pas eu de politique contre le mal-logement pendant dix ans, et au contraire, le logement social a été détourné de sa vocation première, notamment en produisant des logements de plus en plus chers, tandis que les aides directes aux locataires ne prenaient absolument pas en compte l'évolution à la hausse du cout du logement.

Allons nous rester mal-logés ?

Oui si les politiques menées ne prennent aucun tournant qualitatif et quantitatif.

Or sur le nombre de logements sociaux accessibles à tous, comme sur la revalorisation des aides directes au paiement du loyer, le budget 2013 n'infléchit pas vraiment la donne et même les objectifs annoncés en termes de production de logement risquent de ne pas être tenus.

Les mesures supplémentaires annoncées par François Hollande à Ermont Eeaubonne, intitulées «  pacte pour le logement » ne vont pas inverser la donne : une nouvelle aide pour les propriétaires bailleurs mais rien pour la construction supplémentaire de logement social à bon marché , cela ne va pas dans le bon sens.

Quant à la loi SRU , dont le renforcement a été annoncé à grand bruit, en réalité, son pouvoir de contrainte est à la faible et facilement évitable : de plus le quintuplement des amendes est en fait facultatif et laissé à l'appréciation des préfets.

 La lutte collective est donc plus que jamais d'actualité !

14:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : fondation abbé pierre, dalo, aide à la pierre | | |  Facebook

jeudi, 18 octobre 2012

Suppression des allocations logement: des mal-logés en procès le 24 octobre

Ce 24 octobre, deux mal-logés sont traînés au tribunal correctionnel à Paris par la CAF de Paris, à la suite d'une occupation collective des locaux de la CAF du 5ème arrondissement, rue du Pot de Fer . Cette occupation visait à dénoncer des menaces de suppression imminente des allocations logement touchant les mal-logés victimes de suroccupation.

Ce jour là, une centaine de demandeurs de logement étaient venues protester contre des menaces de suspension imminentes des allocations logement. L'occupation avait duré une bonne part de la journée, sous surveillance policière, avant que les mal-logés ne soient évacués, et que trois demandeurs de logements soient emmenés en garde à vue, accusés de « violences » et soi-disant reconnus par deux membres de la direction de la CAF.

Au bout de plusieurs mois de procédure, l'une des plaignantes a renoncé à sa constitution de partie civile, arguant ne plus être sûre que les personnes désignées aient fait quoi que ce soit. Lors de la première audience en juillet, l'avocat de la CAF de Paris a demandé un report, pour « investigations complémentaires » : étrange demande , plus de trois mois après les faits, et qui contraste avec les assertions de la CAF dans un communiqué posté juste après l'occupation, ou elle affirmait les violences établies et les violents identifiés.

Trois mal-logés vivent donc depuis des mois sous la menace d'une condamnation judiciaire...et ce pour avoir osé dénoncer la menace de suspension des allocations sous laquelle des milliers d'allocataires parisiens vivaient depuis des mois. La CAF de Paris semble décidément persister dans l'acharnement contre les plus précaires.

Tout avait commencé entre le printemps et l'automne 2011 : dès cette période, la CAF de Paris envoie des courriers aux mal-logés locataires de logements suroccupés, c'est à dire disposant de moins de 9m2 de surface habitable par personne.

Le critère de suroccupation est normalement un critère de relogement immédiat , reconnu notamment par la loi DALO...mais les pouvoirs publics , non seulement n'obtempèrent pas à cette obligation légale, mais menacent par courrier les personnes concernées d'une suppression de leurs allocations logement. En sus de ces courriers, les allocataires sont convoqués à des réunions obligatoires, ou on leur explique que le maintien de leur allocation a une échéance, et qu'il leur appartient de se débrouiller pour trouver un autre logement.

La mésaventure qui arrive à ces locataires victimes de suroccupation n'est malheureusement pas unique en son genre : les années précédentes, des milliers de personnes n'ayant d'autre choix que les hôtels insalubres et exigus ont vu leurs allocations logement supprimées ainsi que toute autre forme d'aide publique au paiement de leur loyer, sans se voir pour autant proposer un relogement.

La politique globale consistant à pénaliser les mal-logés au lieu de trouver des réponses à la crise du logement n'est pas nouvelle, pas plus que celle consistant à trouver par tous les moyens des biais pour réduire les droits aux allocations logement.

Au printemps 2012, au moment ou une partie des mal-logés convoqués à l'automne voit la date de suspension de l'allocation logement mentionnée dans les courriers arriver à échéance, Mediapart révèle ainsi l'existence d'un plan réalisé par le Ministère des Finances pour réduire les sommes consacrées aux allocations logement. Pendant l'été, ce sont les étudiants et leurs familles qui seront visées par un rapport préconisant l'impossibilité de percevoir l'allocation logement si les parents bénéficient de la demi-part fiscale pour charge de famille.

Dans ce contexte global de réduction des droits, les mal-logés ne pèsent pas grand chose individuellement. Pendant tout l'hiver précédant les suspensions annoncées, les personnes concernées se voient opposer une fin de non-recevoir aux guichets de leur CAF : pas de recours possible, pas de possibilité d'être reçues par un quelconque interlocuteur. Les travailleurs sociaux de la mairie et de l'Aide Sociale à l'Enfance n'ont pas de solution non plus , et quant aux élus, ils avancent comme toujours les 120 000 demandeurs de logements et les 17 800 prioritaires DALO pour justifier l'impossibilité d'une solution de relogement.

Concrètement , la suppression des allocations logement signifie l'impossibilité de payer le loyer et à terme l'expulsion : refusant cette double peine pour les mal-logés, et le déni d'information, notre collectif décide donc d'occuper symboliquement une CAF parisienne le 14 mars 2012.

Si la CAF de Paris nous reproche aujourd'hui notre occupation, nous sommes bien forcés de constater qu'elle a eu des effets que le respect des procédures n'avait pas eu : dès le soir de l'action, un membre de la direction nationale de la CAF propose un rendez-vous au collectif, rendez-vous qui aura lieu deux semaines plus tard, en sa présence, mais aussi celle des membres de la direction de la CAF de Paris.

Lors de ce rendez-vous, on nous expliquera qu'il ne fallait pas tenir compte des courriers, qui avaient pour objectif de « mobiliser » les allocataires , mais qu'en aucun cas, une « vraie » suspension n'avait été envisagée.

Il aurait donc fallu considérer des courriers officiels comme n'ayant aucune réalité...de qui se moque-t-on ?

La CAF aurait donc mobilisé des agents alors qu'elle manque de personnel, pour envoyer des courriers, organiser des réunions collectives concernant des centaines de personnes par arrondissement....pour simplement maintenir la situation en l'état, puisque la direction reconnaîtra elle-même n'avoir de toute façon aucun moyen pour offrir des solutions de relogement aux personnes concernées.

En réalité, la mobilisation a payé : notre occupation a été médiatisée, et la menace de suppression des allocations rendue publique. Quelques semaines avant les élections, elle était manifestement difficile à assumer pour les décideurs politiques de l'époque. Raison pour laquelle les allocations ont brusquement été maintenues, pour les dossiers que nous avions soumis, en contradiction avec les courriers reçus.

Ce résultat justifie à lui seul et amplement notre occupation : nous ne contestons pas que ce mode d'action constitue une entorse aux règles qui, normalement, régissent les relations entre usagers et administrations. Mais c'est la CAF elle-même qui incite à ce mode d'action, puisque c'est le seul moyen qui existe pour tenter de faire respecter nos droits.

C'est de ce moyen qu'on tente de nous priver avec cette plainte et ses conséquences , avant même toute condamnation : en effet, la seule garde à vue d'une personne gravement malade ayant du être hospitalisée d'urgence au cours de la nuit, comme celle d'une mère d'une personne handicapée nécessitant une surveillance constante constitue en soi une violence inqualifiable envers des mal-logés qui manifestaient pour un droit non respecté.

C'est contre cette violence institutionnelle que notre collectif se bat au quotidien depuis des années. On ne nous fera pas taire en nous imputant des violences imaginaires. Si la lutte des mal-logés est un problème pour les responsables politiques et institutionnels, la solution, la seule est très simple : respecter le droit au logement.

Plus d'infos sur ce dossier: - le communiqué initial de l'occupation ici -la vidéo de l'action et le communiqué post-interpellations ici - la réponse du collectif au communiqué post-action de la CAF avec une copie des courriers reçus par les allocataires ici

 

Plus d'infos sur ce dossier:

- le communiqué initial de l'occupation ici

-la vidéo de l'action et le communiqué post-interpellations ici

- la réponse du collectif au communiqué post-action de la CAF avec une copie des courriers reçus par les allocataires ici

16:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : caf, cnaf, suroccupation, allocation logement, apl, als, dalo critères, usagers droits, médiateur | | |  Facebook

jeudi, 04 octobre 2012

Mobilisation contre les expulsions: les mal-logés occupent le GIP Habitat

Plus de 80 mal-logés ont occupé toute la matinée le GIP Habitatt et Interventions Sociales , au 38, rue de le République à Montreuil.


Cet organisme est financé par l'Etat pour aider au relogement des mal-logés en difficulté.


Mais, si dans les discours, le nouveau gouvernement prétend mettre les moyens nécessaires pour résorber la crise du logement, sur le terrain, la réalité montre qu'il n'en est rien.


Expulsion emblématique aussi parce qu'elle témoigne de l'inutilité et même du caractère piégé des dispositifs mis en place soi-disant pour aider les mal-logés: il s'agissait d'un foyer prioritaire DALO, censé être relogé, cela n'a pas empêché la procédure d'expulsion d'arriver à son terme. La Loi DALO, avec ses critères ultra-restrictifs exclut donc une grande partie des mal-logés mais ne protège même pas ceux qui bénéficient de son label !


De fait, seule la construction et le reconventionnement massif permettront de répondre à la crise: il y a besoin de vrais logements sociaux, donc une majorité de PLA-I, les seuls niveaux de loyer accessibles à 75 % des demandeurs, et en masse, ce qui nécessiterait au minimum le doublement des aides à la pierre, promis pendant la campagne électorale, mais qui a été remplacé dans le budget par une maigre augmentation de 11%.


Mais même une simple mesure comme l'arrêt des expulsions n'est pas prise.
Ce que les mal-logés en lutte n'ont pas accepté sous Sarkozy, ils ne l'accepteront pas avec Hollande.


Les expulsions ne sont que le symptôme le plus visible d'une crise qui plonge des millions d'entre nous dans l'enfer du mal-logement: loyers trop chers, logements trop petits et insalubres, hébergements précaires .


Mais néanmoins , qu'il faille se mobiliser collectivement pour les empêcher , c'est un très mauvais signal envoyé par la nouvelle majorité.


Mal-logement et expulsions : occupation du GIP... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

BUDGET LOGEMENT : sans doublement des aides à la pierre, les mal-logés sont condamnés à l'aggravation de la crise

 

Le Collectif des Mal Logés en Colère occupe aujourd'hui le GIP Habitat et Interventions Sociales, à Montreuil. Cet organisme est chargé par l'Etat d'aider au relogement des foyers mal-logés et notamment ceux reconnus prioritaires DALO.

 Le budget Logement est désormais connu. Et malheureusement les choses sont claires : le doublement des aides à la pierre qui devait permettre la construction de 150 000 logements dont 120 000 par les bailleurs sociaux n'aura pas lieu. L'augmentation de l'aide de l'Etat est de 11% seulement, accompagnée d'une nouvelle ponction sur le budget du 1%. Cette ponction relève artificiellement le budget du logement, mais il s'agit d'une simple opération de vases communicants, qui diminuera la construction des collecteurs du 1%.

 En ce qui concerne l'hébergement, une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros est accordée : c'est un montant dérisoire à l'heure où 70% des appels au SAMU social en Ile de France sont laissés sans réponse. Faute d'offre de logement, l'hébergement est devenu la norme pour une partie considérable des mal-logés, coincés pendant des années dans des structures précaires et coûteuses, notamment les hôtels. Le dispositif reste saturé, et par conséquent devient inaccessible à d'autres demandeurs à qui il reste la rue et les marchands de sommeil.

 Des organismes comme le GIP sont bien financés par l'Etat pour trouver des solutions : mais il faudrait que ces solutions existent , sans quoi cela ne sert à rien. Actuellement , pour le seul DALO, plus de 20 000 dossiers sont en attente en IDF, et encore le DALO est-il déjà très restrictif dans ses critères.

 Nous attendions le doublement des aides à la pierre et des annonces claires sur la construction massive de PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 80% des demandeurs.


Nous attendions l'annonce de l'arrêt des expulsions.


Nous attendions que l'Etat supprime des dispositifs favorables uniquement aux promoteurs, comme l'Usufruit Locatif Social et d'autres formes de faux logements sociaux qui vident les caisses à coups d'exonération d'impôts et permettent de contourner la loi SRU.

 Nous attendions des engagements immédiats en terme de relogements pour répondre à l'urgence.

 Un gouvernement ne peut pas prétendre faire de l'Education ou de l'Emploi ses priorités et laisser trois millions et demi de personnes mal-logés. Qui peut prétendre qu'on peut avoir une vie scolaire et professionnelle normale sans logement décent.

 Nous sommes déçus et nous sommes en colère : nous ne voulons pas d'un hiver de plus passé à entendre les responsables des structures censées nous aider comme le GIP, nous répondre qu'ils ne peuvent rien nous proposer.

 Nous voulons un logement maintenant.

15:00 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : expulsions, gip habitat et interventions sociales, cecile duflot, aides à la pierre, ush, dalo, super pla-i | | |  Facebook

 
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