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vendredi, 23 novembre 2012

La Ministre de l'Exclusion accueillie à la mairie du 10ème par des mal-logés

Le collectif des Mal Logés en Colère a manifesté ce jeudi devant la mairie du 10ème arrondissement, au moment où Marie-Arlette Carlotti , Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion , vient inaugurer la campagne de la Banque Alimentaire, en présence d'Olga Trostiansky, adjointe au Maire de Paris, chargée de la famille et de la lutte contre l'exclusion.

Les mal-logés sont venus dire à la Ministre et aux élus de la Ville que la charité ne peut pas remplacer l'accès au droit.

Parmi les millions de mal-logés en France, parmi les 120 000 demandeurs de logement parisiens, nous sommes nombreux à n'avoir d'autre choix que le recours à l'aide humanitaire, de la Banque Alimentaire ou d'autres organismes, uniquement à cause de notre situation locative.

Les loyers exorbitants dévorent notre budget, que nous soyons salariés, retraités et/ou précaires.

L'hébergement à l'hôtel et l'errance urbaine augmentent le coût de la vie, notamment à cause de l'absence d'endroit où cuisiner.

Le mal-logement, dans toutes ses déclinaisons brise notre vie professionnelle, les expulsions, les changements d'hébergement incessants entraînent des pertes d'emploi, ou l'impossibilité d'en trouver un.

 

Le gouvernement reconnaît la « plus grande crise du logement et de l'hébergement depuis quinze ans », mais ne se donne pas les vrais moyens de lutter contre. La Ville de Paris se décharge sur l'Etat, qui nous renvoie sur la Ville.

 

  • Le blocage des loyers en zone tendue s'avère être une procédure longue et risquée : elle contraint le locataire à engager un recours contre son propriétaire, qui peut aller jusqu'au tribunal administratif, et peut évidemment entraîner des mesures de rétorsion de sa part comme le non-renouvellement du bail , déjà très fréquent à Paris.

  • Les réquisitions annoncées par Cecile Duflot s'avèrent finalement hypothétiques et impossibles à mettre en œuvre en urgence massivement, la procédure retenue par la loi sur le logement laissant aux propriétaires privés des moyens de recours importants

  • la liste des terrains éventuellement cédés à la Ville de Paris pour du logement social comporte au moins un tiers d'adresses classées en monument historique, ou occupées par des Ministères et des administrations à ce jour

  • il n'y a pas d'augmentation massive prévue du nombre de PLA-I à produire, alors que 75% des demandeurs ne peuvent accéder qu'à ce type de logements et aucun frein n'est mis à la vente de logements sociaux.

 

Dans ce contexte, l'hébergement d'urgence est saturé, et la mise en œuvre du plan hivernal n'empêche pas que le SAMU SOCIAL ne réponde pas à la demande.

Les mal-logés sont en colère et déterminés : la semaine dernière, notre interpellation du premier Ministre par l'occupation du Centre d'Analyses stratégique s'est soldée par une évacuation et l'hospitalisation avec 10 jours d'ITT d'une mal-logée de 63 ans en errance urbaine.

Ce mépris n'est pas acceptable, on ne réglera pas le problème du mal-logement en réprimant les mal-logés en lutte.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !


Exclusion : la charité ne remplace pas l'accès... par HLMPOURTOUS

15:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : marie-arlette carlotti, exclusion, hebergement, samu-social, expulsions sans relogement | | |  Facebook

jeudi, 15 novembre 2012

Des mal-logés expulsés d'un service du premier ministre.

Ce matin, le gouvernement a fait la preuve du décalage entre les annonces faites sur le logement et la réalité du terrain, où rien ne change sauf en s'aggravant depuis six mois.

 Les mal-logés qui ont investi le Centre d'Analyses Stratégiques du premier Ministre, rue Martignac ne demandaient qu'une chose: le respect du droit au logement, mais aussi celui du droit à l'hébergement, selon lequel aucune personne ne devrait se retrouver sans aucune solution, hormis la rue.
 
C'est pourtant le cas d'un nombre grandissant de mal-logés , et ce alors que le fameux "plan hivernal" est entré en vigueur: les équipes du SAMU Social en sont à faire tourner les familles SDF, c'est à dire à en héberger une trois nuits , puis à la remettre à la rue, pendant qu'une autre, à son tour,  "bénéficie" de quelques nuits dans un hôtel au fin fond de la banlieue.
 
Le gouvernement pense-t-il que le changement consiste , en matière de mal-logement à tolérer ce qui n'était pas acceptable sous la mandature précédente ?
 
Pense-t-il qu'il suffit de publier des listes de "terrains" parisiens, et de les présenter comme libres pour du logement social, alors qu'une partie d'entre eux sont des monuments historiques, que certains sont occupés par des Ministères, que la libération d'autres bâtiments est conditionnée à l'achèvement de projets comme le Balardgone ( voir communiqué ci-dessous), ?
 
Pense-t-il que les mal-logés vont se résigner à attendre encore et encore le minimum vital, un logement décent, en se contentant d'annonces sans cesse renouvelées ?
 
Pense-t-il que les évacuations policières violentes vont suffir à nous faire renoncer à être simplement traités en vertu du droit, et non pas mis en dessous de ce droit commun ?
 
Aujourd'hui, suite à l'évacuation, une femme de 63 ans, travailleuse précaire, baladée entre la rue et les hébergements de fortune de quelques nuits chez des proches , est restée inconsciente de longues minutes avant d'être finalement hospitalisée. Malgré la pression policière, les mal-logés présents sont restés dans l'enceinte du Centre d'Analyse Stratégique jusqu'à ce que les pompiers l'emmènent.
 
Cela nous ne l'avons pas toléré sous Sarkozy et cela n'a fait qu'intensifier notre lutte. Nous ne l'accepterons pas plus sous Hollande.
 
Un logement pour tous maintenant


Mal-logement : Evacuation musclée du Centre... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place
 

MAL LOGEMENT, L'URGENCE C'EST MAINTENANT

Les mal-logés investissent aujourd'hui le Centre d'Analyses Stratégique du premier Ministre.

 

Les déclarations politiques se suivent et se ressemblent : François Hollande, Cecile Duflot ne cessent de proclamer que le mal-logement est une priorité, que des mesures vont être prises, réquisitions, loi de cession des terrains publics, mise en place d'un dispositif hivernal digne de ce nom et qui ne s'arrêtera pas avec la fin des grands froids.

 

Mais la réalité ne change pas d'un pouce : l'aggravation de la condition des mal-logés ne fait que s'intensifier.

Le SAMU Social ne peut toujours pas répondre aux demandes d'hébergement : concernant les familles, un système de rotation inhumain, dont nous pouvons fournir des exemples précis a été mis en place. Une famille est accueillie pour une semaine, puis on lui explique que la prise en charge va s'interrompre quelques jours, avant de reprendre et de s'interrompre de nouveau. Des enfants sont déscolarisés, des personnes perdent leur emploi.

Le gouvernement parle de réquisitions de casernes ou d'hôpitaux , et pour plus tard, mais alors pourquoi expulser impitoyablement les mal-logés qui se réfugient dans des logements vides ?

Cecile Duflot évoque la mise en place de « super PLA-I », un jour où l'autre....Mais pourquoi ne pas commencer par reconventionner à des loyers abordables des PLS ( les niveaux de loyers les plus chers du HLM) dont certains ne trouvent même pas preneurs et restent vide des années, faute d'adéquation avec les revenus des demandeurs de logement sociaux ?

François Hollande a de nouveau évoqué la nécessité de mettre rapidement à disposition des terrains publics pour du logement social en Ile de France...seulement la liste fournie aux journalistes pour Paris comporte des monuments historiques ( notamment la Halle Freyssinet qu'on ne pourra donc pas démolir ), des adresses de Ministères ( notamment celui du porte-parolat du gouvernement et Secrétariat des Droits de la Femme dont la fermeture n'est pas prévue à notre connaissance.,) et de nombreux bâtiments actuellement occupés par les services du Ministère de la Défense..;qui ne seront vidés qu'en cas d'achèvement du Balardgone, projet sur lequel le président a demandé un audit et qui est donc incertain. Bref, au moins un tiers des adresses citées correspond à des projets hypothétiques et au mieux sur le très long terme .

Pendant ce temps, 12 000 logements sociaux ont été vendus en 2011, 21 700 ont été démolis ( source commissariat général au Développement durable (CGDD)), et rien dans le projet de loi Logement ne prévoit de mettre fin à cette hémorragie.

Cecile Duflot le dit elle-même, elle est « muselée » et ne fait qu'appliquer la politique de la majorité sous la conduite du premier Ministre : c'est donc au Centre d'Analyses Stratégique du Premier Ministre que nous sommes venus porter notre colère et nos revendications, pour qu'enfin une réponse soit apportée d'urgence au mal-logement.

19:09 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : centre d'analyse stratégique, expulsions, dalo, cecile duflot, hébergement d'urgence, samu social, sdf | | |  Facebook

jeudi, 13 septembre 2012

Anne Hidalgo, une candidate à la mairie de Paris qui fuit les mal-logés...

Anne Hidalgo inaugurait ce matin une exposition à la mairie du 18ème arrondissement.

Dans une ville qui compte désormais plus de 120 000 demandeurs de logement, survivant dans les pires conditions, une candidate au poste de maire devrait en premier lieu avoir des solutions à apporter aux mal-logés surtout lorsqu'elle est aussi première adjointe de Bertrand Delanöe à l'urbanisme.

Ce n'est manifestement pas le cas , puisque devant une manifestation d'une centaine de personnes venues à sa rencontre, elle a préféré se calfeutrer dans la mairie , sous bonne protection policière.

Son véhicule a cependant été brièvement bloqué par ces mêmes mal-logés.

A l'heure actuelle  la production des deux premiers bailleurs parisiens, Paris Habitat OPH et la RIVP correspond de moins en moins, en nombre et en type de loyers , aux besoins et aux ressources des demandeurs de logement : les PLA-I, les seuls vrais logements sociaux sont construits en quantité dérisoire, alors que les PLS, les plus chers des HLM sont réalisés en surnombre !

Nous ne comptons pas nous satisfaire de cet état de fait qui nous condamne à rester dans le mal-logement et continuerons à interpeller collectivement Mme Hidalgo et les autres élus parisiens.


Le véhicule d'Anne Hidalgo bloqué par des... par HLMPOURTOUS


Le tract diffusé sur place


Demandeurs de logement social et locataires de HLM nous sommes venus à la mairie du 18ème arrondissement à la rencontre d'Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire de Paris , chargée notamment de l'urbanisme, et officiellement candidate au poste de maire pour 2014.

A Paris, la crise du logement s'aggrave à une vitesse exponentielle. Les urgences s'ajoutent aux urgence et la mairie en est réduite à proposer une réforme des procédures d'attribution... qui consiste à gérer la pénurie en ajoutant encore de nouveaux critères de priorité, alors qu'il y en avait plus d'une douzaine.

Le gouvernement vient d'annoncer la mise à disposition de dizaines de terrains publics pour faire du logement ; c'est une bonne nouvelle et au passage cela confirme ce que notre collectif dit à la mairie de Paris depuis des années , à savoir que l'argument du peu de foncier physiquement disponible est faux.

Mais si les terrains sont là, encore faut-il bien les utiliser et y faire du vrai logement social. Nous sommes venus demander des engagements nets et précis à ce sujet à Anne Hidalgo, car ce n'est pas la tendance actuelle.

Par exemple Paris Habitat OPH le premier bailleur social parisien affiche des résultats catastrophiques en la matière. Alors que plus de 70 % des demandeurs parisiens ne peuvent en théorie accéder qu'à un PLA-I , seuls 22 ont été produits en 2011, contre 131 PLS, qui correspondent à 15% de la demande à peine (source : rapport d'activité 2011) ! En ce qui concerne le deuxième bailleur de la Ville, la RIVP, son parc ne comporte que 506 PLA-I sur plus de 50 000 logements.

Autre élément particulièrement inquiétant : malgré les engagements pris en 2011 par Jean Yves Mano de ne pas utiliser ce dispositif, l'Usufruit Locatif Social a été validé concernant 80 nouveaux logements sur la ZAC Boucicaut dans le 15ème arrondissement. Il s'agit de logements en PLS, mais qui en plus ne sont que temporairement dans le domaine public, puisque le propriétaire, un investisseur privé, en cède l'usage pour une durée maximum de 15 ans, en échange d'exonérations d'impôts coûteuses pour la collectivité. Il s'agit donc de faux logements sociaux, inaccessibles à l'immense majorité des Parisiens. Jusqu'ici, il était utilisé par les mairies des Hauts de Seine soucieuses de contourner la loi SRU !

Paris a besoin de vrais logements sociaux en masse ! Et en attendant de nouvelles constructions, des solutions d'urgence doivent être mises en œuvre pour les mal-logés, comme le reconventionnement en PLA-I des loyers intermédiaires ...La RIVP l'a fait symboliquement pour une toute petite partie de son parc, suite à la mise en lumière par la presse des logements aux loyers très haut occupés par des personnalités, c'est donc possible de manière massive !



15:13 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, paris municipales 2014, zac boucicaut, caserne de reuilly, pls, paris habitat oph, rivp | | |  Facebook

 
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