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mardi, 11 octobre 2011

Paris 19ème: journée de mobilisation des mal-logés


Vendredi, suite à une occupation récente de la mairie du 19ème arrondissement, notre collectif était reçu par le cabinet de Roger Madec : malheureusement le discours tenu face aux situations diverses de mal-logement évoquées n'avait rien à voir avec que tout habitant du quartier est en droit d'attendre de son maire.

Pour les élus du 19ème arrondissement, en effet, les dizaines de dossiers présentés ne relèvent pas de sa compétence : qu'il s'agisse de suroccupation, de congés pour vente, d'insalubrité ou de loyers trop chers, la Mairie nous rabat sur le DALO et la Préfecture.

On nous a notamment expliqué que nos revenus ne correspondaient pas à la plupart des logements construits dans l'arrondissement récemment , en grande majorité des PLS...pourtant nous sommes dans la moyenne des demandeurs parisiens: travailleurs aux salaires modestes, retraités, parents isolés, le logement social est pour nous la seule chance de sortir du mal-logement.

La mairie de Paris ne peut donc pas nous ignorer et ne pas adapter l'offre à la demande : nous sommes donc venus à une centaine attendre notre maire devant une crèche qui devait être inaugurée en sa présence et celle de l'Adjoint à la Petite Enfance de la Mairie centrale.

Roger Madec ayant finalement annulé son déplacement, nous nous sommes donc rendus directement devant la mairie pour manifester : là le directeur du cabinet du maire est finalement venu à notre rencontre.

Nous lui avons annoncé notre intention de nous mobiliser sur l'arrondissement : nous n'acceptons pas d'être des Parisiens de seconde zone, sans cesse renvoyés vers les services de l'Etat pour notre relogement, alors que le contingent de logements de la Ville de Paris est énorme.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT


Paris 19éme : le Maire annule une inauguration... par HLMPOURTOUS



Le communiqué diffusé sur place




Mal logés , habitants du 19ème ou d'ailleurs, nous venons à la rencontre de Roger Madec, maire du 19ème arrondissement, de Christophe Najdovsky, adjoint de la Ville chargé de la petite enfance, et  Richard Puyal, , président du conseil d'administration de la CAF de Paris, à l'occasion de l'inauguration de la Maison de Gavroche, une nouvelle crèche.

Les mal-logés et leurs enfants n'ont pas l'intention de rejouer une nouvelle version des Misérables !

Pourtant, la situation actuelle semble décidément nous condamner à la rue ou aux taudis à plus ou moins brève échéance, sans qu'élus et dirigeants des institutions comme la CAF fassent autre chose que se renvoyer la balle nous concernant.

Il en ainsi concernant la suroccupation, souvent couplée à des problèmes d'insalubrité.

Pour les mairies d'arrondissement, comme pour la mairie centrale, le relogement dans ces circonstances dépendrait de l'Etat, puisque les mal-logés concernés relèveraient du DALO !

Seulement, la seule obtention du label DALO est un parcours du combattant : les documents exigés sont de plus en plus nombreux et difficiles à obtenir, les critères de plus en plus stricts et les délais de décision des commissions de plus en plus longs. De toute façon, même pour ceux qui ont le label, des dizaines de milliers de dossiers sont déjà en attente...et  la Préfecture de Paris nous rétorque que le contingent le plus important est celui de la Ville vers laquelle elle nous renvoie.

Les années passent, on s'entasse de plus en plus nombreux dans des logements minuscules : les enfants n'ont pas de place , les adultes non plus, la vie scolaire, professionnelle, sociale, la santé sont compromises.

Et désormais, en plus, on se retrouve confronté à des problèmes avec la CAF, qui compromettent le paiement du loyer.

En effet, toutes les administrations communiquent entre elles : dès lors que la suroccupation est signalée dans le cadre du DALO, la CAF le sait et enclenche des procédures de suspension pour surface d'habitation insuffisante. De plus en plus nombreuses sont les familles qui vivent ainsi avec l'angoisse supplémentaire de se voir supprimer leurs prestations : actuellement dans le 19ème arrondissement, des convocations collectives par la CAF ont lieu à ce sujet.

C'est d'ailleurs la même chose en ce qui concerne les procédures d'expulsion et les congés pour vente : la Ville nous renvoie vers la Préfecture pour le relogement, mais celle-ci exige le label DALO qui n'est accordé qu'en cas de décision de justice, quand l'expulsion est imminente. En attendant, nombreux sont les propriétaires qui ne délivrent plus de quittance de loyer lorsqu'ils veulent se débarasser de leur locataire et dans ce cas , la CAF ne paie plus d'allocation...

Aujourd'hui, cette inauguration réunit des responsables de la mairie centrale, de la mairie d'arrondissement et de la CAF : il va donc être difficile de se renvoyer mutuellement la patate chaude du mal-logement en ne tenant aucun compte des concernés !

15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : roger madec, insalubrité, dalo, relogement, mixité sociale, pls, expulsion locative, delanoe, hidalgo | | |  Facebook

vendredi, 07 octobre 2011

NON ! L'insalubrité n'a pas disparu à Paris

Une centaine de mal-logés ont occupé ce matin le siège parisien de la SIEMP, société d’économie mixte de la Ville de Paris chargée depuis 2001 de l’éradication de l’insalubrité dans la capitale.

Cette occupation faisait suite à la communication récente de Jean-Yves Mano , adjoint au Logement et de Romain Levy, président de la Siemp sur le sujet des taudis : selon leurs déclarations dans la presse, l’essentiel a été fait, l’insalubrité est quasiment résorbée et ce qui reste de taudis ne concernerait pas la Ville, qui en a déjà assez fait.

Les conditions de vie de dizaines de milliers de mal-logés sont pourtant toujours aussi infectes, et nous ne nous ne nous laisserons pas invisibiliser : nos taudis sont moins voyants qu’autrefois, certes, situés dans des immeubles dont la façade a souvent été refaite, et surtout la définition légale de l’insalubrité a été revue à la baisse, désormais l’humidité, les cafards, les champignons, l’amiante, les sanitaires dégradés sont « juste » de l’ « indécence » selon le terme institutionnel.

Pour nous l’ « indécence », c’est celle qui consiste à laisser perdurer pour des dizaines de milliers de personnes de tous âges, des conditions de vie dignes du siècle dernier pendant des années, pour nous l’indécence c’est de prétendre que rien ne peut être fait de plus en termes de production de logement social, pour nous l’ « indécence » , c’est se féliciter des politiques menées quand elles laissent des dizaines de milliers de Parisiens de côté.

Nous avons donc exigé et obtenu un rendez-vous avec le président de la SIEMP, le cabinet de Bertrand Delanöe, et celui de Jean-Yves Mano, pendant lequel il leur sera sans doute plus difficile d’expliquer aux premiers concernés qu’à la presse que le problème de l’insalubrité est réglé.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Communiqué diffusé sur place ci dessous


Insalubrité à Paris : des mal-logés occupent la... par HLMPOURTOUS


Insalubre, indécent, indigne, en diffus ou pas,
un taudis, est un taudis !


Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui collectivement à la direction parisienne de la SIEMP , société d'économie mixte chargée par la Ville de Paris d'éradiquer l'insalubrité .

Nous sommes ici , parce que nous sommes inquiets et révoltés de la communication globale faites par les élus parisiens, mais aussi par le gouvernement sur l'insalubrité et son traitement : ces dernières semaines, en se focalisant sur mille immeubles parisiens, dont la liste a été faite il y a des années, Jean Yves Mano, adjoint au Logement de la Ville, mais aussi Romain Levy, le président de la SIEMP ont affirmé à de nombreuses reprises que l' « insalubrité était quasi-résorbée à Paris ». Dans certains entretiens donnés à la presse, Jean Yves Mano a certes reconnu que subsistait un problème sur l'insalubrité en diffus, c'est à dire des logements isolés dans des immeubles, mais que « La Ville ne pouvait se substituer aux propriétaires privés ».

Les mal-logés savent ce que signifie au quotidien ces affirmations : un délaissement de plus en plus important des problèmes vécus par des dizaines de milliers d'entre nous.

Ce délaissement se fonde sur la distinction entre habitat « insalubre et impropre à l'habitation » et habitat « indécent ».

Concrètement, l'humidité, les infestations récurrentes de nuisibles, la présence de champignons, la mauvaise aération, l'état dégradé des installations électriques, des sanitaires, des fenêtres, de l'isolation, même cumulés ne sont plus de l'insalubrité : il faut que la dégradation en arrive au point de mettre directement et immédiatement la vie en danger pour que l'action des pouvoirs publics se déclenche enfin sous une autre forme que des injonctions de travaux inopérantes.

Concrètement, on peut très bien vivre dans un logement pourri, souffrir de pathologies récurrentes liées au mal-logement, sans pouvoir prétendre à un quelconque droit au relogement immédiat. Pire le soupçon pèse sans arrêt sur nous, les mal-logés sont très souvent accusés de « noircir le tableau » pour « extorquer un logement social. »

Les propriétaires privés, eux, bénéficient d'une considération bien plus grande, on subventionne leurs travaux, on ne recourt quasiment jamais à la suspension du loyer, on leur laisse des délais. Juridiquement plus accompagnés que les mal-logés, ils parviennent à faire financer la remise en état des logements pour ensuite congédier leur locataire et revendre en réalisant d'importantes plus-values. Ils ont à leur disposition des services d'information et d'aide immédiate et centralisée, notamment à la SIEMP, quand les mal-logés doivent attendre parfois six mois ou plus pour une visite de constat dans un appartement, et multiplier les démarches auprès de services différents pour chaque problème spécifique.

Non, le problème de l'insalubrité et des taudis n'est pas réglé à Paris, il prend simplement des formes plus discrètes, et ce d'autant plus que les mal-logés osent de moins en moins souvent le dénoncer : face à la pénurie de logements, face au peu de chances d'obtenir un logement social, s'attaquer à son propriétaire, c'est prendre le risque de l'expulsion sèche à brève échéance.

Un logement décent, c'est le minimum pour tous, il n'y pas d'insalubrité « relative » et supportable !

15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saturnisme, pascale dietrich-ragon, mal-logement, siemp, insalubrité, jean yves mano | | |  Facebook

jeudi, 29 septembre 2011

Paris 19éme : les mal-logés ne peuvent plus attendre

90 mal-logés se sont invités ce matin à la mairie du 19ème arrondissement.

Cette action faisait suite à notre précédente intervention, à la fin mai, lors de l'inauguration d'un pont suspendu dans le nouveau quartier de la ZAC Mac Donalds.

Cette année, notamment à cause de ces projets immobiliers , le prix à la vente au m2 a augmenté de presque 25 pour cent dans le 19ème arrondissement, c'est la plus forte hausse sur tout Paris.

Les conséquences sur les habitants modestes de ces quartiers sont désastreuses : les propriétaires n'ont qu'une seule idée en tête, vendre leur logement pour faire une plus value, ou évincer les locataires actuels pour relouer à prix d'or. Les menaces d'expulsion sont donc de plus en plus nombreuses et tous les moyens sont utilisés pour faire partir les mal-logés, notamment le non entretien des appartements, ce qui accentue les problèmes d'insalubrité déjà présents.

Au mieux, les habitants aux revenus peu élevés sont condamnés à la suroccupation, car il leur est impossible d'accéder à des surfaces correspondant à la taille de leur foyer dans le privé.

Et le relogement dans le parc social ne vient toujours pas, notamment parce que les nouveaux logements construits dans le 19ème ne correspondent pas aux faibles revenus.

Début juin, nous avions rencontré le directeur de cabinet de Roger Madec, mais depuis nos situations n'ont pas avancé .

Les élus de la Ville de Paris nous exhortent à être patients, mais nous n'avons aucune raison de supporter le mal-logement plus longtemps, car une politique du logement, où l'offre de HLM serait fondée sur les besoins est tout à fait possible.

Suite à notre occupation, nous serons de nouveau reçus par le cabinet du maire, dont nous attendons des actes rapides.

Un logement pour tous, maintenant !


13:17 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | | |  Facebook

 
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