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mercredi, 08 décembre 2010

Forum des Halles: les mal logés valent plus qu'Unibail


Soixante mal logés ont manifesté ce matin à l'occasion de l'inauguration de l'exposition sur le futur forum des Halles par Bertrand Delanoë au Pavillon de l'Arsenal.


Dans une ville qui compte 120 000 demandeurs de logement, comment tolérer que 800 millions d'euros soient investis pour un ensemble immobilier qui va être vendu au privé, quand le budget total du logement social représente, lui, moins d'un million d'euros.

Parqués à l'extérieur du Pavillon protégé par de nombreux vigiles et CRS, les demandeurs de logement ont affiché leur détermination, malgré les conditions climatiques : à l'intérieur le bruit de la manifestation était apparemment très dérangeant pour les élus , architectes et promoteurs  qui n'ont pu faire comme si les Parisiens pauvres n'existaient pas :le cabinet de Bertrand Delanoe a fini par nous accorder un rendez-vous en urgence demain matin.

 


Le communiqué diffusé sur place

En 2008 l’investissement propre de la Ville en matière de logement social s’élevait à environ 700 millions d’euros, tous postes confondus.

Bertrand Delanoe inaugure aujourd’hui une exposition consacrée à la rénovation du forum des Halles : la Ville va y investir presque un milliard d’euros.

Un milliard d’euros d’investissements pour des bâtiments vendus à Unibail, un milliard d’euros donc qui ne profiteront à la finale qu’à cet investisseur privé.

Nous sommes 120 000 demandeurs de logement à Paris. Un seul centre commercial mérite aux yeux de la municipalité plus de dépenses d’argent public que l’ensemble des mesures qui pourraient nous sortir du mal logement, à commencer par la construction de logements neufs et bon marché.


Mais « A Paris, on manque de foncier disponible » répètent Bertrand Delanoe et ses élus .  Et bien sûr hors de question de défigurer la capitale avec des tours ….

Sauf s’il s’agit de tours de bureaux, sauf s’il s’agit d’Unibail, encore une fois : le plan local d’urbanisme a été modifié exprès pour le projet d’une tour pyramidale dans le quinzième tour… arrondissement.

Cela fait des années que nous manifestons régulièrement au Pavillon de l’Arsenal, le lieu où s’expose et se rêve le Paris de demain : celui où les mal-logés ne seraient pas là pour gâcher le paysage, celui des bureaux aux architectures futuristes, et des centres commerciaux ultra modernes ou ceux qui en auront les moyens feront leurs courses. Pas celui des personnes aux revenus modestes, déjà bien assez nombreuses aux yeux des élus parisiens, puisqu’ils ont même décidé de ralentir la production déjà insuffisante de logements sociaux.

Pour les demandeurs de logement, il y a le grand Paris, enfin le très Grand Paris : sans arrêt, Bertrand Delanoe répète que c’est à d’autres départements d’Ile de France de nous loger…

Mais si Unibail ne veut pas aller faire ses tours en zone 5, nous ne voulons pas non plus déménager, pour être pauvres, nous n’en sommes pas moins Parisiens.

Nous continuerons donc à rappeler à notre Maire qu’il a légalement le droit de faire autant de bureaux et de projets pharaoniques qu’il le souhaite, mais qu’il a également le devoir de nous loger.

 

16:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : forum halles, canopée, mal-logés, delanoe, pavillon de l'arsenal, unibail, sdf, plu, paris, budget-logement | | |  Facebook

vendredi, 26 novembre 2010

Ile de france: le mal logement c'est maintenant qu'il faut l'éradiquer

Ce matin, les élus territoriaux étaient réunis à l'invitation de Jean Paul Huchon, pour discuter paisiblement de l'avenir de l'Ile de France en 2030.

80 mal logés ont envahi la halle Freyssinet dans le 13ème arrondissement, en début de matinée, pour remettre les pendules à l'heure sur l'urgence sociale: nous n'attendrons pas 2030 pour que nous soient proposés autre chose que des lits de camp dans des gymnases en réponse à la crise du logement, .

Nous étions venus crier notre colère devant les discours permanents sur les "améliorations" en cours, les "investissements à long termes", les "crédits supplémentaires, bref, les mensonges perpétuels destinés à habiller la triste réalité: 406 personnes sont mortes dans la rue du mal logement en 2009.

Le Président du Conseil régional a certes annoncé quelques millions d'euros supplémentaires pour la construction de logements sociaux: mais ce que le Conseil Régional donne d'une main, la Ville de Paris le reprend au centuple de l'autre, en annonçant une baisse drastique de la production de HLM.

Jean Paul Huchon voulait pouvoir intervenir dans cettte grande conférence: raison pour laquelle il a finalement accepté de nous recevoir en personne le 8 décembre.

On reproche aux mal logés en lutte de perturber sans cesse les évènements politiques, mais force est de constater que les élus n'entendent les mal logés, que lorsqu'ils élèvent la voix...


L'urgence n'a que trop duré
Un Logement pour tous maintenant.

 

 


Le texte lu et diffusé sur place


Les hivers se suivent et se ressemblent pour les mal logés


Comme tous les mois de novembre, les Ministres, les maires et les élus d’Ile de France sont allés visiter la permanence du SAMU social, et au minimum une association qui s’occupe des mal-logés et des SDF.

Parallèlement, tous les élus mettent en avant leurs investissements sur le logement social et l’hébergement d’urgence : « crédits supplémentaires », «  nouveaux investissements », les communiqués de presse se succèdent chaque fois que le thermomètre descend en dessous de zéro pour démontrer que la politique mise en œuvre est encore plus formidable que celle de l’année précédente.

Il y a un an, nous nous étions invités au premier forum de Paris Métropole consacré au logement social : nous y avons interpellé les mêmes élus présents au colloque du SDRIF ou nous nous invitons aujourd’hui : ceux de la Ville de Paris et ceux du Conseil Régional.

On nous avait assommé de chiffres démontrant indubitablement que la situation était en cours d’amélioration, on nous avait aussi reproché de venir perturber des réunions dont l’objectif est justement de résoudre la « crise du logement ».

Un an plus tard, 406 personnes ont trouvé la mort dans la rue, bien plus que l’année précédente.
En ce début d’hiver, les solutions « constructives » ont le même visage que l’année dernière : les gymnases viennent de rouvrir.


Les prix de l’immobilier ont augmenté de 10 %, la plus forte hausse jamais enregistrée à Paris.
Il y a bien quelques nouveautés : les tribunaux ont jugé que même un avis positif DALO n’empêchait pas la légalité des expulsions. Au nom de la loi SRU, la Ville de Paris vient d’annoncer la baisse de la production de logements sociaux. Depuis des années, l’ensemble des élus répétait que la demande était trop forte à Paris : désormais, avec la création du numéro régional unique, disparait le droit d’être relogé dans sa ville ou dans son quartier, et les personnes aux revenus modestes devront accepter d’être envoyées au fin fond de l’Ile de France, dans les banlieues les plus mal desservies, loin de leur vie sociale et professionnelle.

Les mal- logés en colère ont donc encore moins de raisons que l’année dernière de laisser leurs élus tourner en rond en toute quiétude sur la question du logement .

Nous sommes là une nouvelle fois à cette grande conférence pour exiger des actes immédiats et pas des promesses pour après-demain.


19:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : jean-paul huchon, conseil régional, sdrif, logement, renouvellement urbain, plh, delanoe | | |  Facebook

jeudi, 08 juillet 2010

Paris, les mal-logés annoncent leur plan d'été pour les Sans-Domicile-Fixe

Collectif des Mal-logés en Colère.jpgCe jeudi 8 juin, une cinquantaine de mal-logés dont des Sans-Domicile-Fixe ont occupés l'Espace solidarité insertion Halle Saint-Didier, dans le 16éme arrondissement de Paris.

Olga Trostiansky, adjointe au Maire de Paris chargée de la lutte contre l'exclusion y tenait une conférence de Presse afin d'annoncer la politique d'été de la Ville en faveur des demandeurs de logements que sont les sans-abris : quelques places d'hebergement, accueil de jours, et bouteilles d'eau.

Nous sommes venus rappeler que la seule solution, en été comme en hiver, pour les sans abris comme pour les autres demandeurs de logement, c'est un relogement.

 

Le communiqué diffusé sur place :

Aujourd'hui la Ville de Paris présente son plan d'été pour les sans abri.

 

Des points d'accès à l'eau potable, des distributions de nourriture et après ? A quand les relogements ?

Cet été de nombreuses personnes deviendront SDF: les expulsions programmées sont nombreuses et la Préfecture n'entend pas les interrompre. Déjà, en période hivernale, les services sociaux du Département de Paris ne sont pas en mesure de proposer ne serait-ce qu'un hébergement stable, et renvoient souvent les expulsés vers le SAMU social. En été, c'est pire.

De toute façon, à Paris et en banlieue, c'est un secret de polichinelle, le nombre de SDF est sous estimé: une grande partie des hébergés sur le papier , chez de la famille, chez des tiers , passe une partie de ses journées et de ses nuits dans la rue, car la promiscuité n'est pas tenable. Cette catégorie de mal logés est en perpétuelle augmentation, car les hôtels meublés ferment les uns après les autres, ou ne sont plus financés par l'Aide Sociale à l'Enfance: l'augmentation constante du nombre de demandeurs de logement à Paris montre bien que la restriction de l'accès à ce type d'hébergements n'a pas été accompagnée d'une politique de vrais relogements.

Les hébergements d'urgence tiennent désormais lieu de solution permanente: chaque place de foyer est d'ailleurs comptabilisée comme un demi-logement dans les chiffres de production de nouveaux logements sociaux. Des demandeurs de logement vivent donc des années entières dans des lieux qui ne permettent pas une vie privée normale, ni une véritable stabilisation.

Nous ne nous résignons pas à ce que le mal logement soit considéré comme un domicile fixe.

Nous ne nous résignons pas à la fatalité des expulsions programmées, qui créent chaque jour des nouveaux SDF

Nous attendons de l'adjointe aux Affaires Sociales de la Ville de Paris, un peu plus que des bouteilles d'eau , des assiettes de soupe et une chaise dans les espaces d'accueil de jour en guise de politique sociale.

Nous exigeons autre chose que l'urgence permanente, et nous ne voyons pas comment Olga Trostiansky ne pourrait pas nous écouter et agir, elle qui déclarait à l'Hôtel de Ville, il y a quelques semaines, à l'occasion d'une exposition de photographies de populations précaires

« Le plus souvent, les images de la misère font appel à la compassion, à lmotion.

Elles suscitent tout naturellement une réaction en urgence pour parer aux symptômes de la grande pauvreté. « Donnons des vêtements à ces enfants ! donnons à manger à ces sans abris ! ne les laissons pas mourir de froid dehors ! ».

Faire appel à l'analyse de l'exclusion est bien plus complexe et appelle des réponses qui seront très différentes et bien moins photogéniques »

Aujourd'hui, nous mal logés parisiens, précaires en chair et en os attendons ces réponses

UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE

 

15:25 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris, sdf, mal-logés, trostiansky, expulsion, centre-d'hebergement | | |  Facebook

 
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