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mercredi, 15 décembre 2010

Nathalie Kosciusko-Morizet annule sa première visite aux mal logés

Circulaire Fillon: il n'y a rien derrière les effets d'annonce

Quelques jours après l'annonce par le premier Ministre d'une priorité absolue donnée à l'accès au logement, une centaine de mal logés sont venus à la rencontre de la Ministre du Logement, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, afin d'exiger que les actes suivent les paroles.
La Ministre devait inaugurer un foyer des Restaurants du Coeur, projet de toute façon prévu de longue date , bien avant les déclarations du Premier Ministre.

Manifestement, ce gouvernement n'est pas prêt à aller plus loin que l'affichage gratuit de bonnes intentions: pour le reste, la même politique continue.

En effet Mme Kosciusko-Morizet a rebroussé chemin et annulé sa visite dès qu'elle a appris que des mal logés étaient sur les lieux: sans doute n'y at-il rien dans la ciculaire Fillon qui puisse lui permettre de répondre publiquement aux attentes légimites des demandeurs de logement social.

Mr Benoist Apparu avait lui aussi annulé un déjeuner pour ne pas faire face aux mal logés, sa Ministre de Tutelle annule, elle, une visite prévue à son agenda: manifestement, hors des communiqués de presse, la politique de relogement n'existe pas.
Le mépris affiché par le Ministère du Logement ne suffira pas à décourager les mal logés présents en nombre aujourd'hui.

Mercredi dernier, le premier Ministre François Fillon a envoyé une circulaire aux préfets, qui réaffirme l’accès au logement comme une priorité du gouvernement.

Aujourd’hui, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre du Logement  visite et inaugure un centre d’hébergement de l’Association des Amis des Restos du Cœur, dans le 18ème arrondissement.

C’est toujours comme ça : l’hiver arrive, des mal logés meurent, de grandes déclarations sont faites, on inaugure en grande pompe un ou deux équipements d’urgence prévus depuis longtemps, puis les bonne résolutions fondent comme neige au soleil.
Les mal logés sont donc venus en nombre demander à Mme Kosciusko-Morizet  la traduction en actes immédiate et effective des engagements du Premier Ministre.

Dans le réel, en effet rien ne vient les confirmer : des évacuations ont bien eu lieu en ce début d’hiver, sans relogements effectifs et même sans prise en charge sur la durée des hébergements, notamment dans le 19ème arrondissement.  La spéculation a repris de plus belle ces derniers mois, et les congés pour vente arrivant à expiration se multiplient.

Il est impossible aux personnes à revenus faibles de trouver la moindre alternative, dans le logement social ou dans le privé : et ce d’autant plus que le dispositif Garantie des Risques Locatifs, présenté comme une grande avancée l’année dernière a échoué, comme l’a reconnu Benoist Apparu, bien que cela ait été beaucoup moins médiatisé que la circulaire Fillon.

Lorsque nous demandons au Maire de Paris, les relogements auxquels nous avons droit, celui –ci rétorque que la faute en revient à L’Etat et que le Ministère n’a même pas encore versé les maigres crédits prévus au budget pour le logement social.Aujourd’hui à peine une semaine après les annonces de Mr Fillon, la loi LOPSI va être votée : elle va mettre les occupants de logements insalubres dans une situation encore plus précaire et catastrophique que précédemment, puisqu’ils pourront désormais être expulsés en 48h !
L’accès au logement comme priorité fondamentale est affirmé par le premier Ministre, mais dans les faits les mal logés seront mis à l’abri de l’insalubrité en étant jetés dans la rue ?

Il y a un an tout juste, Benoist Apparu faisait lui aussi une déclaration solennelle sur l’accès au logement, en présentant comme une solution formidable, la nomination d’un référent pour chaque mal logé et en présentant l’éradication de l’habitat insalubre comme une question de moyens et de mois.

Des mal logés sont donc venus aujourd’hui exiger que les mots aient un sens, et que les circulaires débouchent sur des actes.
L’accès au logement, nous en avons besoin maintenant !

Un logement pour tous, tout de suite.

10:18 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : kosciusko-morizet, hebergement, logement social, paris, apparu, lopsi, fillon | | |  Facebook

mercredi, 08 décembre 2010

Forum des Halles: les mal logés valent plus qu'Unibail


Soixante mal logés ont manifesté ce matin à l'occasion de l'inauguration de l'exposition sur le futur forum des Halles par Bertrand Delanoë au Pavillon de l'Arsenal.


Dans une ville qui compte 120 000 demandeurs de logement, comment tolérer que 800 millions d'euros soient investis pour un ensemble immobilier qui va être vendu au privé, quand le budget total du logement social représente, lui, moins d'un million d'euros.

Parqués à l'extérieur du Pavillon protégé par de nombreux vigiles et CRS, les demandeurs de logement ont affiché leur détermination, malgré les conditions climatiques : à l'intérieur le bruit de la manifestation était apparemment très dérangeant pour les élus , architectes et promoteurs  qui n'ont pu faire comme si les Parisiens pauvres n'existaient pas :le cabinet de Bertrand Delanoe a fini par nous accorder un rendez-vous en urgence demain matin.

 


Le communiqué diffusé sur place

En 2008 l’investissement propre de la Ville en matière de logement social s’élevait à environ 700 millions d’euros, tous postes confondus.

Bertrand Delanoe inaugure aujourd’hui une exposition consacrée à la rénovation du forum des Halles : la Ville va y investir presque un milliard d’euros.

Un milliard d’euros d’investissements pour des bâtiments vendus à Unibail, un milliard d’euros donc qui ne profiteront à la finale qu’à cet investisseur privé.

Nous sommes 120 000 demandeurs de logement à Paris. Un seul centre commercial mérite aux yeux de la municipalité plus de dépenses d’argent public que l’ensemble des mesures qui pourraient nous sortir du mal logement, à commencer par la construction de logements neufs et bon marché.


Mais « A Paris, on manque de foncier disponible » répètent Bertrand Delanoe et ses élus .  Et bien sûr hors de question de défigurer la capitale avec des tours ….

Sauf s’il s’agit de tours de bureaux, sauf s’il s’agit d’Unibail, encore une fois : le plan local d’urbanisme a été modifié exprès pour le projet d’une tour pyramidale dans le quinzième tour… arrondissement.

Cela fait des années que nous manifestons régulièrement au Pavillon de l’Arsenal, le lieu où s’expose et se rêve le Paris de demain : celui où les mal-logés ne seraient pas là pour gâcher le paysage, celui des bureaux aux architectures futuristes, et des centres commerciaux ultra modernes ou ceux qui en auront les moyens feront leurs courses. Pas celui des personnes aux revenus modestes, déjà bien assez nombreuses aux yeux des élus parisiens, puisqu’ils ont même décidé de ralentir la production déjà insuffisante de logements sociaux.

Pour les demandeurs de logement, il y a le grand Paris, enfin le très Grand Paris : sans arrêt, Bertrand Delanoe répète que c’est à d’autres départements d’Ile de France de nous loger…

Mais si Unibail ne veut pas aller faire ses tours en zone 5, nous ne voulons pas non plus déménager, pour être pauvres, nous n’en sommes pas moins Parisiens.

Nous continuerons donc à rappeler à notre Maire qu’il a légalement le droit de faire autant de bureaux et de projets pharaoniques qu’il le souhaite, mais qu’il a également le devoir de nous loger.

 

16:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : forum halles, canopée, mal-logés, delanoe, pavillon de l'arsenal, unibail, sdf, plu, paris, budget-logement | | |  Facebook

vendredi, 26 novembre 2010

Ile de france: le mal logement c'est maintenant qu'il faut l'éradiquer

Ce matin, les élus territoriaux étaient réunis à l'invitation de Jean Paul Huchon, pour discuter paisiblement de l'avenir de l'Ile de France en 2030.

80 mal logés ont envahi la halle Freyssinet dans le 13ème arrondissement, en début de matinée, pour remettre les pendules à l'heure sur l'urgence sociale: nous n'attendrons pas 2030 pour que nous soient proposés autre chose que des lits de camp dans des gymnases en réponse à la crise du logement, .

Nous étions venus crier notre colère devant les discours permanents sur les "améliorations" en cours, les "investissements à long termes", les "crédits supplémentaires, bref, les mensonges perpétuels destinés à habiller la triste réalité: 406 personnes sont mortes dans la rue du mal logement en 2009.

Le Président du Conseil régional a certes annoncé quelques millions d'euros supplémentaires pour la construction de logements sociaux: mais ce que le Conseil Régional donne d'une main, la Ville de Paris le reprend au centuple de l'autre, en annonçant une baisse drastique de la production de HLM.

Jean Paul Huchon voulait pouvoir intervenir dans cettte grande conférence: raison pour laquelle il a finalement accepté de nous recevoir en personne le 8 décembre.

On reproche aux mal logés en lutte de perturber sans cesse les évènements politiques, mais force est de constater que les élus n'entendent les mal logés, que lorsqu'ils élèvent la voix...


L'urgence n'a que trop duré
Un Logement pour tous maintenant.

 

 


Le texte lu et diffusé sur place


Les hivers se suivent et se ressemblent pour les mal logés


Comme tous les mois de novembre, les Ministres, les maires et les élus d’Ile de France sont allés visiter la permanence du SAMU social, et au minimum une association qui s’occupe des mal-logés et des SDF.

Parallèlement, tous les élus mettent en avant leurs investissements sur le logement social et l’hébergement d’urgence : « crédits supplémentaires », «  nouveaux investissements », les communiqués de presse se succèdent chaque fois que le thermomètre descend en dessous de zéro pour démontrer que la politique mise en œuvre est encore plus formidable que celle de l’année précédente.

Il y a un an, nous nous étions invités au premier forum de Paris Métropole consacré au logement social : nous y avons interpellé les mêmes élus présents au colloque du SDRIF ou nous nous invitons aujourd’hui : ceux de la Ville de Paris et ceux du Conseil Régional.

On nous avait assommé de chiffres démontrant indubitablement que la situation était en cours d’amélioration, on nous avait aussi reproché de venir perturber des réunions dont l’objectif est justement de résoudre la « crise du logement ».

Un an plus tard, 406 personnes ont trouvé la mort dans la rue, bien plus que l’année précédente.
En ce début d’hiver, les solutions « constructives » ont le même visage que l’année dernière : les gymnases viennent de rouvrir.


Les prix de l’immobilier ont augmenté de 10 %, la plus forte hausse jamais enregistrée à Paris.
Il y a bien quelques nouveautés : les tribunaux ont jugé que même un avis positif DALO n’empêchait pas la légalité des expulsions. Au nom de la loi SRU, la Ville de Paris vient d’annoncer la baisse de la production de logements sociaux. Depuis des années, l’ensemble des élus répétait que la demande était trop forte à Paris : désormais, avec la création du numéro régional unique, disparait le droit d’être relogé dans sa ville ou dans son quartier, et les personnes aux revenus modestes devront accepter d’être envoyées au fin fond de l’Ile de France, dans les banlieues les plus mal desservies, loin de leur vie sociale et professionnelle.

Les mal- logés en colère ont donc encore moins de raisons que l’année dernière de laisser leurs élus tourner en rond en toute quiétude sur la question du logement .

Nous sommes là une nouvelle fois à cette grande conférence pour exiger des actes immédiats et pas des promesses pour après-demain.


19:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : jean-paul huchon, conseil régional, sdrif, logement, renouvellement urbain, plh, delanoe | | |  Facebook

 
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