web analytics

Avertir le modérateur

vendredi, 08 février 2008

Delanoe en campagne, les mal logés en galère !

Jeudi 7 février, Bertrand Delanoe animait deux réunions de campagne, l'une dans le 19ème, avec le maire sortant et candidat à sa propre succession, Roger Madec, l'autre dans un hôtel de luxe de 10ème, avec Rémi Ferraud, candidat dans le 10ème arrondissement.

Bientôt expulsés de leurs hôtels ou de leurs logements, bloqués depuis des années dans des appartements trop petits et insablubres, les mal logés des deux arrondissements avaient décidé de venir à là rencontre de leurs élus et de leur rappeler, en manifestant devant leurs réunions, que rien n'est réglé à Paris sur le front du logement.

Parmi nous, les habitants des hôtels de la rue Jarry ( 75010) : après des mois d'interruption du financement des hébergements par la Ville, et une lutte très dure pour pouvoir rester dans les lieux à défaut d'un relogement, ils viennent d'apprendre que l'hôtel va fermer définitivement. Après un hiver ponctué par les coupures d'électricité, les tentatives d'expulsions sauvages, doivent-ils se résigner à finir à la rue ou dans un autre hôtel pourri au printemps ?

Parmi ces Parisiens que le Maire n'a pas voulu rencontrer, préférant barrer l'entrer de ses réunions publiques avec un cordon de CRS, beaucoup de grandes familles entassées dans des logements minuscules au loyer hors de prix, mais aussi des retraités, à qui leurs faibles revenus ne permettent pas d'accéder à un autre type de logement que les HLM.

Les demandeurs de logement sont 109 000 à Paris, donc plus nombreux qu'en 2001. En plus de l'attente, ceux des quartiers populaires sont confrontés à des maires d'arrondissement qui refusent de construire de nouveaux logements sous prétexte qu'il y en aurait déjà trop.

En tout cas, dans la mesure ou Bertrand Delanoe leur en interdit l'accès, il ne risque pas d'y avoir trop de mal logés dans les réunions de campagne, ce qui permet ainsi d'éviter le sujet du nombre scandaleusement bas de logements bon marché comparé à celui en hausse constante des logements sociaux pour classes moyennes supérieures!

 

 

Voici les deux tracts diffusés au public des deux réunions lors de ces manifestations qui ont réuni une centaine de mal logés.

 

Le texte diffusé dans le10ème

 

Hôtels de la Rue Jarry : les occupants toujours menacés d’expulsion.

 

Depuis les incendies en 2005, les fermetures d’hôtel se multiplient. La liste noire des hébergements que la Ville de Paris refuse de financer s’allonge. Pour autant, si la Ville et la Préfecture se protègent ainsi de toute mise en cause en cas d’accident lié à l’insalubrité, dans les faits, personne ne protège les mal logés en les relogeant, ni même en leur garantissant l’accès à un hébergement stable

Depuis le 11 octobre, par exemple, plus aucun financement n’est assuré par les services sociaux de la Ville de Paris, pour les familles de l’hôtel Crystal ( 75010) .

La cause : un arrêté de péril, lié à l’état des façades, pris par la Préfecture le 11 août. C’est seulement fin septembre que les habitants auront connaissance de l’existence de cette mesure, ni les services préfectoraux , ni la Ville n’ayant jugé bon de les en informer jusqu’à cette date, ou les travailleurs sociaux leur apprennent que le paiement de leurs hébergements va être interrompu, sans qu’aucune solution, ni de relogement, ni d’hébergement ne leur soit proposée.

Les habitants s’organisent , occupent la mairie du 10ème, interpellent Olga Trotsiansky, adjointe à la Petite Enfance , et candidate à la succession de l’actuel Maire du 10ème, Tony Dreyfus. Celui s’engage à débloquer des hébergements stables rapidement, mais à ce jour, rien n’a bougé. Il a été expliqué aux résidents qu’ils pouvaient pour l’instant de maintenir dans l’hôtel sans payer, à cause de l’arrêté de péril

Comment la Ville de Paris peut-elle simultanément refuser de financer les hébergements au prétexte que les hôtels sont dangereux, et dans le même temps enjoindre aux familles de rester sur place et ne faire aucune proposition de relogement dans l’urgence.

Comment Bertrand Delanöe peut-il vanter l’exemplarité de sa politique du logement ? Dans le seul 10ème arrondissement, les habitants des innombrables hôtels meublés, qui y attendent depuis des années un relogement qui ne vient pas sont la preuve que l’éradication de l’insalubrité et du mal logement n’a pas eu lieu.

Une nouvelle fois, des discours d’un côté, sur la qualité de la politique du logement menée par la Ville, sur l’augmentation du nombre d’hébergements « de stabilisation « par le Ministère et de l’autre une réalité qui s’aggrave de jour en jour. Des Parisiens livrés aux pressions des marchands de sommeil ou à la rue.

Ne reste donc aux habitants des hôtels de la rue Jarry, comme à tous les mal logés, que la pression des actions collectives pour contraindre la Ville et la Préfecture à assumer leurs responsabilités et à trouver rapidement de vraies solutions.

 

 

Le texte diffusé dans le 19ème

 

 

Aujourd’hui 80 pour cent des Parisiens pensent que la politique du logement de la Ville de Paris n’a pas permis d’améliorer la situation en général, et 63 pour cent que la politique en matière de logement social n’a pas changé les choses.

 

De fait, nous sommes plus nombreux à attendre un logement social qu’il y a dix ans.

 

Et les demandeurs sont majoritairement issus des quartiers populaires, notamment du 19ème.

Et pour cause : l’augmentation des loyers privés, et celle des prix à la vente est une des plus fortes de tout Paris. Les personnes, les familles qui avaient une location dans le privé se voient expulser par des propriétaires qui vendent leur bien. Elles n’ont aucune chance de retrouver un appartement dans le privé, pas plus que celles qui n’ont déjà pas de logement et sont hébergées chez des proches ou à l’hôtel.

 

Effectivement, des taudis sont détruits, des hôtels interdits à la location ; mais dans la réalité, les arrêtés de péril, les constats d’indécence ou de sur-occupation du logement ne suffisent pas à l’obtention d’un relogement. Pire, dans les hôtels, ils aboutissent à une fin de la prise en charge du loyer par les services sociaux, sans solution alternative acceptable. Au mieux, c’est un hébergement en banlieue, dans des villes ou personne ne veut de ces mal logés, au pire, aucune proposition n’est faite.

 

Et pour cause : les quartiers riches de la capitale n’accueillent pas beaucoup plus de logements sociaux qu’en 2001. Mais dans le 19ème, la mixité sociale est pour les élus plus importante que le relogement des habitants pauvres. Les nouvelles constructions qui remplacent les taudis sont soit du privé hors de prix, soit une immense majorité de PLS, c'est-à-dire des logements publics pour classes moyennes, mais pas pour les plus modestes.

 

En 2004, face à cette situation, le Collectif Mal Logés en Colère est né : un collectif de lutte regroupant des demandeurs de logement de toutes conditions, de toutes origines, de tous statuts. Parce que nos souffrances sont ignorées quand elles sont subies en silence, nous avons choisi de montrer la réalité des mal logés sur la place publique. Non seulement en nous en prenant à la politique menée par l’Etat mais aussi en allant à la rencontre des élus de la Ville, dans leurs interventions publique : nous étions là à l’inauguration du 104, rue d’Aubervilliers, à celle du Jardin d’Eole, à celle de Paris Plage. Pas parce que nous n’aimons pas les musées, les jardins ou les fêtes, mais parce que sans une vraie politique de logement social, une partie des Parisiens sera toujours exclue de fait de la vie économique et culturelle.

 

Manifestement, la majorité des Parisiens partagent ce constat : pourtant le maire du 19ème, et la Mairie de Paris semblent vouloir cacher la réalité au lieu de la changer. Nous avons été violemment évacués de Paris Plage cet été, notre local de la rue Mathis a été expulsé, et nos demandes de rendez-vous restent vaines.Roger Madec, affirme que le nombre de logements sociaux dans le 19ème est suffisant, alors que le nombre de demandes n’y a jamais été aussi élevé.

Ce soir, nous manifestons donc devant le gymnase Jaurès ou, Bertrand Delanoe et Roger Madec présentent leur programme. En effet, les mal logés revendicatifs ne sont pas les bienvenus dans les réunions publiques.

 

 

UN LOGEMENT POUR TOUS !


 

 

 

 

 

 

 

14:29 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : delanoe, madec, logement, municipales, paris, bilan, hlm | | |  Facebook

mardi, 29 janvier 2008

Les Mal-logés en Colère s'invitent au "Grenelle parisien de l'Insertion"

INSERTION A PARIS :

le mode d'emploi passe par le logement.




Le collectif Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui au forum « L'insertion à Paris, mode d'emploi» , organisé par la Préfecture de Paris, à l'Espace Reuilly, dans le 12ème arrondissment.


A Paris, encore plus qu'ailleurs, l'emploi n'est pas , contrairement aux idées reçues, le principal obstacle à l'insertion : un SDF sur trois travaille, et parmi ceux qui attendent en vain un logement, dans les hôtels, dans les foyers , dans l'insalubrité, les salariés sont aussi nombreux que les chômeurs. Et parmi ceux-ci, combien ne peuvent accéder à un emploi parce que leurs conditions de logement freinent leur recherche ?


En taisant totalement cet aspect (aucun des débats prévus n'aborde spécifiquement la problématique du logement, seul l'hébergement temporaire étant brièvement évoqué), la Préfecture cherche-t-elle à faire l'impasse sur ses responsabilités en la matière ? Il y a en tout cas un double discours flagrant de l'Etat, dont la Ministre du Logement reçoit aujourd'hui les associations pour leur présenter un rapport sur le problème des SDF , pendant que ses représentants sur le terrain, dont le Préfet , font mine d'ignorer le rôle fondamental du logement en matière d'insertion.


Nous sommes venus confronter la Préfecture de Paris, et son représentant le Préfet Michel Lalande, avec certaines réalités : celle par exemple, du manque de grands logements HLM. Des milliers de familles vivent dans la sur-occupation permanente, consacrent la quasi intégralité de leur salaire au paiement de chambres d'hôtel. Ce n'est pas d'un emploi dont elles ont besoin, elles l'ont déjà pour la plupart mais d'un logement qui leur permette de s'insérer réellement, c'est-à-dire d'avoir des conditions de vie, de scolarité décentes.


Nous sommes venus dire au Préfet que l'insertion, ce n'est pas la multiplication des démarches pour les mal logés, l'empilement de dispositifs qui tournent à vide. Il y a quelques années, la Préfecture mettait en avant les « accords collectifs » censés accélérer le relogement des plus défavorisés. Résultat, des milliers de dossiers en attente. Aujourd'hui on demande à nouveau aux mal logés , aux travailleurs sociaux de constituer des dossiers pour les commissions DALO, qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux commissions crées pour les accords collectifs. Pour quel résultat ? La première commission, sur des milliers de dossiers déposés en a traité UN seul.


Nous sommes venus dire à la Préfecture qu'on n'insère pas les mal logés à coup de formulaires à remplir, que traiter un problème ne consiste pas à acheter de nouvelles étagères à la Préfecture pour ranger les dossiers en triple exemplaire ou à examiner chaque situation individuelle dans trois commissions différentes.


Parmi les questions posées dans les débats qui vont se tenir aujourd'hui, l'une d'elles est « Comment préparer l'accès ou le retour à l'emploi ? » . Nous sommes venus donner une réponse simple: en permettant l'accès immédiat à un logement décent, sans lequel retrouver du travail est des plus difficiles, et sans lequel occuper un emploi n'a pas de sens, dans la mesure ou celui-ci ne permet même pas d'accéder à un minimum de droits.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !

14:59 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : dalo, insertion, paris, mal-logés, grenelle, hlm, sdf | | |  Facebook

vendredi, 11 janvier 2008

Les Mal-Logés en Colère répondent à l'appel de Martin Hirsch , chroniqueur à "Psychologies"

3dd519de0971c6bf274704f8be2e5fd5.jpgAprès plus de sept mois de refus, Martin Hirsch , Haut Commissaire aux solidarités actives et à la lutte contre la pauvreté a enfin accepté de recevoir notre collectif: il nous aura donc fallu aller jusqu'à occuper le journal "Psychologies " ou Martin Hirsch tient désormais une chronique pour obtenir des engagements clairs de l'ex-président d'Emmaus, qui avait été jusqu'à annuler sa participation à un colloque sur les travailleurs pauvres à Paris en juin dernier, pour ne pas nous y rencontrer.

Il aura aussi fallu plusieurs heures de négociations serrées avec Mr Le Naou, chargé de mission du Ministère pour que celui-ci se déplace sur le lieu de l'occupation puis accepte de répondre à notre demande.

Nous attendons des réponses concrètes et immédiates, parce qu'il faut savoir en terminer avec la crise du logement: ces réponses, qui portent notamment sur des demandes de logement datant de dix à vingt ans, des demandes de personnes SDF, nous ne les avons pas obtenues du Ministère de Mme Boutin.

Aujourd'hui, parce que Mr Hirsch n'est pas Madame Boutin, et n'a pas le même parcours , comme nous l'a rappelé son cabinet, nous attendons des actions rapides, à la hauteur de l'intérêt affiché dans sa chronique pour les mal-logés.





Communiqué diffusé sur place :

Une soixantaine de "Mal-loges en Colère" occupent aujourd'hui le siège du mensuel Psychologies , et espère y rencontrer un de ses prestigieux chroniqueurs (1), Martin Hirsch par ailleurs Haut Commissaire du gouvernement aux solidarités actives contre la pauvreté.

Ce mois ci, dans sa chronique, le Haut Commissaire conte sa rencontre avec l'un d'entre nous, dans le métro, un SDF à qui il n'a jamais rien donné , ce qui apparemment a crée chez lui, un fort sentiment de culpabilité, car il n'a plus jamais eu l'occasion de le faire.

Qui sait,  l'un de ces précaires si justement décrits dans sa chronique, ceux dont il jure que s'il a l'occasion de les croiser à nouveau il prendra le temps d'écouter leur histoire est peut être l'un d'entre nous ?

Et il serait bien temps que le Ministre chroniqueur nous écoute en effet, au lieu de nous rappeler sèchement, à l'occasion d'un campement, qu'il faut savoir terminer une lutte.

Au lieu de cautionner une Ministre du Logement, qui déclare sans honte que la loi DALO ne résoudra pas grand-chose, avec une franchise qu'apprécieront tous ceux qui font la queue devant les Préfectures en espérant que cette fois, on lira leur dossier, qu'on les sortira des hôtels, des taudis, de l'errance urbaine d'hébergement en hébergement. Une Ministre du Logement, qui face aux morts de la rue ose déclarer qu'il va falloir que jouent les solidarités familiales parce que l'Etat ne peut pas tout faire.

Dans sa chronique Martin Hirsch espère que « son «  mal logé du métro a retrouvé du travail et un toit. C'est peu probable. Les membres de notre collectif eux n'ont pas eu cette chance, plus de huit mois après deux demandes d'audience auprès de Martin Hisrch : celui-ci après avoir refusé de nous rencontrer lors de l'occupation de l'ANSA ( Agence Nationale des Solidarités Actives ), avait préféré en juin annuler sa participation au dernier moment à un colloque sur les travailleurs pauvres plutôt que faire face à nos questions.

En septembre, nous avons déposé au Ministère une liste de demandeurs de logement de plus de dix ans , ainsi qu'une composée de personnes sans aucun hébergement. Aucune réponse n'y a été apportée. Personne ne peut demander à des mal logés qui attendent une solution depuis des années, parfois dans la rue, et toujours dans des conditions de survie insupportables, d'attendre encore l'avis d'une commission puis une décision de justice qui ne changera rien puisque les clefs des logements ne sont pas dans les poches des juges, mais dans celle des bailleurs, des préfectures et des mairies.

Dans son émouvante chronique à Psychologies, Martin Hirsch conclut en jurant que s'il n'est pas arrivé malheur à « son «  mal logé, il « s'arrêtera le temps qu'il faudra et le temps qu'il voudra « .

En venant nous rencontrer , l'ex-président d'Emmaus a une occasion de montrer qu'il ne s'agissait pas là de paroles en l'air, et qu'il n'y aucun décalage entre le chroniqueur ému de la misère quotidienne du mal logement et le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté qui a le pouvoir de prendre des mesures immédiates pour la faire cesser.

(1) la première chronique de Martin Hisrch est dans le numéro de janvier de Psychologies, et lisible ici
http://www.psychologies.com/cfml/article/c_article.cfm?id=6867&estat_svc=s%3D01119%26svc_mode%3DI%26svc_campaign%3DAutresLiensTexte%26svc_partner%3DHP%26svc_position%3DContenu



16:29 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : martin hirsch, mal-loges, sdf, dalo, boutin, hebergements, solidarité | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu