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jeudi, 22 octobre 2009

La RIVP est elle vraiment un bailleur social ?

 

scandale rivp crc.jpgLe Collectif des Mal-Logés en Colère à occupé près de 4 heures les locaux d'Habitat Social Français, une des filliale de la RIVP.

Un rendez vous à été obtenu avec le directeur Général du deuxième bailleur parisien, Sergé CONTAT.


Le communiqué :

 

 

 

LA RIVP est elle vraiment un bailleur social ?

 

Les Mal-Logés en Colère continuent leur tournée collective des bailleurs parisiens pour avoir la solution du mystère : comment le nombre de demandeurs de logements peut-il sans arrêt augmenter alors que tous les bailleurs sociaux affichent des chiffres de production toujours plus élevés ?

 

Nous occupons aujourd’hui une des nombreuses filiales de la RIVP, l’Habitat Social Français.

 

En juin dernier, nous investissions une pépinière d’entreprises appartenant au deuxième bailleur social parisien. Nous dénoncions le fait qu’un bailleur social investisse dans la production de locaux destinés à l’activité économique alors qu’il n’est pas en mesure de répondre à la demande des mal logés, sa vocation initiale.

 

Nous dénoncions aussi la situation incroyable de familles hébergées dans un hôtel appartenant à la RIVP, et à qui aucune proposition de relogement n’avait été faite depuis des années.

 

Six mois plus tard, rien n’a changé pour ces familles : seule l’une d’elles s’est vue proposer un relogement ….à Orly. La RIVP communique sur la mixité sociale, sur la soi disant production de logements sociaux dans les beaux quartiers, mais envoie les Parisiens modestes dans les banlieues pauvres !

 

La raison ? La RIVP , deuxième bailleur social parisien , persiste dans une politique qui ne répond pas aux besoins des mal logés, comme le montrent quelques chiffres tirés du rapport d’activité 2008.

 

Seuls 39 logements de type PLA-I ont été attribués, alors que 70 % des demandeurs de logements ont des ressources correspondant à cette catégorie. Par contre, 293 logements de type PLS, les logements sociaux le plus chers ont trouvé preneur, et 610 en loyers libres !

La RIVP refuse de transformer ces loyers libres en logements sociaux, en prétextant que la plupart sont occupés. Pourtant, même lorsqu’ils sont disponibles, aucun effort n’est fait pour les transformer en HLM.

 

La RIVP affiche 1500 logements financés en 2008, moins de 12 % en PLAI pour 27 % en PLS. Et encore une fois logement financé ne signifie pas logement construit, en réalité seuls 25 % de ces logements sont neufs, le reste consiste en logement rachetés, souvent occupés ! Et les nombreuses places de foyer comptent comme de vrais logements dans les chiffres : dans les faits la majorité des PLA-I sont des hébergements précaires !

 

Nous occupons aujourd’hui la filiale l’Habitat Social Français pour exiger que la RIVP fasse son boulot de bailleur social, transforme ses loyers libres en logements sociaux, et construise de vrais HLM en masse !

15:06 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : rivp, paris, demandeurs de logement, mal-logés, sdf, dalo | | |  Facebook

lundi, 21 septembre 2009

SGIM : des logements sociaux de luxe ?

communiqué SGIM.jpgLe vendredi 11 septembre, le Collectif Mal Logés en Colère occupait le siège de la SGIM, bailleur social racheté en 2006 par la Ville de Paris.

 

Suite à cette occupation, nous avons été reçus par le directeur général de la SGIM. Nous lui avons posé des questions précises sur l’activité actuelle et passée de cette société, dont le rachat a été financé en partie par l’argent du logement social. Sur le papier, cette société contribue de manière massive à la fameuse « production » de nouveaux logements sociaux, à ces 40 000 HLM promis pour la nouvelle mandature. Mais qu’en est il réellement ?

 

Olivier Leblanc, directeur général de la SGIM a donc répondu oralement à nos questions et la SGIM a publié un communiqué de réponse.

Communiqué qui confirme malheureusement la pertinence de nos interrogations.

 

Du logement social «de fait » au logement social

 

Sur l’utilité et le coût du rachat de cette société par la Ville de Paris : certes sur le papier, les attributions de logement de la SGIM par la commission de la Ville de Paris sont passées de 200 à 900. Mais les logements concernés, ce sont les 6000 logements non conventionnés , patrimoine de la SGIM depuis les années 30, « logement social de fait » selon les termes même du communiqué de la SGIM, déjà attribués et occupées par des Parisiens modestes de toute façon éligibles au logement social.

 

Le rachat ne change donc rien. Et son coût réel reste pour le moins opaque. Les actionnaires privés majoritaires ont été rémunérés par le produit de la vente de plusieurs immeubles de la SGIM à un autre bailleur social, les 3F. C’est donc bien l’argent du logement social qui a permis à la Ville de Paris de devenir majoritaire, sans que cet investissement aboutisse de fait à la mise sur le marché de nouveaux logements.

 

A chaque fois, qu’un de ces 6000 logements est conventionné, il compte comme un nouveau logement « produit » inclus dans la comptabilité établie par la loi SRU.

Mais ces logements ne constituent pas une offre nouvelle pour les catégories populaires puisque leurs loyers étaient déjà ceux du logement social (parfois même inférieurs pour les logements « loi de 48 »)

 

 

Concernant le « transfert » de 2000 logements de la société SEM Paris Seine vers la SGIM.

 

Cette opération a donné lieu à d’importants transferts de fonds, entres différentes entités juridiques contrôlées par la Ville de Paris. Mr LEBLANC nous a expliqué que ces opérations étaient trop complexes pour pouvoir être comprises, qu’elles avaient nécessité l’intervention d’ « experts en ingénierie financière ». En tout état de cause, ce « transfert » s’est traduit par un chèque de 120 millions d’euros de la SGIM, bailleur social ….à La Ville de Paris et non à la SEM qui a transféré les logements.

Peut-être n’y a-t-il là rien d’anormal, mais pour les demandeurs de logement, l’intérêt de ce transfert de patrimoine est pour le moins douteux. Sur ces 2000 logements vendus par la SEM Paris Seine, 1400 étaient déjà des logements sociaux. Pour les 600 autres, ils sont tous en cours de conventionnement, et vont donc compter comme de nouveaux logements « produits ».

 

Pour ces logements presque tous occupés la SGIM , dans son communiqué parle d’un taux de rotation de 60 % sur cinq ans. Chiffre parfaitement fantaisiste et en contradiction totale, avec les chiffres de rotation extrêmement faibles dans le logement social (de 1 à 5%).

 

Mais surtout, la moitié de ces logements sont occupés par des foyers ayant des revenus bien au dessus des plafonds du logement social. Certes dès le conventionnement, les locataires sont assujettis au paiement d’un surloyer. Seulement, il s’agit de logements situés pour la plupart dans les arrondissements centraux, et dans des quartiers particulièrement prestigieux. Ainsi, le directeur de la SGIM a évoqué 24 logements situés sur l’Ile Saint Louis. Même avec un surloyer, il n’y a évidemment pas de comparaison avec le loyer pratiqué dans le privé pour de tels appartements.

 

Avec une gêne manifeste, Olivier Le Blanc a argué qu’une centaine de locataires sur 300 étaient déjà partis. Pour les deux cent autres, des « négociations » seraient en cours, et il parait que le problème pourrait se résoudre de lui-même pour certains, à cause de l’ « âge avancé » des occupants.

 

En attendant, ce sont donc bien deux cent logements prestigieux au cœur de Paris, qui viennent d’être conventionnés et comptabilisés comme de « nouveaux » logements produits alors même qu’ils sont occupés par un public aux revenus élevés.

Aujourd’hui, la vente d’un seul de ces logements de l’Ile Saint Louis rapporterait de quoi financer plusieurs appartements dans un quartier plus ordinaire. En lieu et place, on les conventionne en logements sociaux, alors qu’ils sont déjà occupés.

Au nom de la mixité sociale, des gens aux revenus élevés continuent donc à habiter des quartiers prestigieux, mais leurs appartements comptent désormais dans les 40 000 nouveaux logements promis par Delanoe !

 

En tant que demandeurs de logement, dans des situations d’urgence, nous comptons autrement : un logement occupé par des gens aux revenus élevés sur l’Ile Saint Louis, ce n’est pas un logement social de plus.

 

Cette occupation de la SGIM nous aura en tout cas permis de refaire les comptes : entre les centaines de logements sociaux « de fait », conventionnés en HLM et comptabilisés dans la production, et les logements du « domaine privé », le chiffre de la « production » de logement social à Paris est bien gonflé artificiellement, notamment par les opérations de la SGIM !

 

 


communiqué SGIM.jpg

 

 

12:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : collectif des mal-logés, paris, sgim, delanoé | | |  Facebook

samedi, 12 septembre 2009

Questions à la SGIM

sgim.jpgLe vendredi 11 septembre, le bailleur social SGIM était occupé par une centaine de mal logés (voir le communiqué ici)

Suite à l’occupation, nous avons obtenu un rendez-vous dès ce lundi, avec son directeur général , qui s’est engagé à répondre précisément à nos questions.

Il ne s’agit pas de simple curiosité évidemment. La Ville de Paris est devenue actionnaire majoritaire de ce bailleur en 2006.

Cette opération est-elle vraiment utile aux mal logés, l’argent investi profite-t-il aux demandeurs de logement sociaux, notamment ceux qui ont les plus faibles ressources ?

Un certain nombre d’éléments disponibles sur le rapport d’activité 2008 de la société permettent d’en douter.

Nous rendrons donc les réponses du directeur général publiques. Car on reproche souvent aux collectifs de mal logés de s’attaquer aux bailleurs sociaux « qui font tous les efforts possibles », est ce vraiment pour de mauvaises raisons ?

 

Nos questions à la SGIM :


LA SGIM , un bailleur social ?

 

 

-La SGIM se présente comme un bailleur social. Cependant sur 12 208 logements dont elle est la gérante, seuls 3697 sont des logements sociaux, au vrai sens du terme, soit moins du tiers.

 

Le reste, ce sont des PLI (logements intermédiaires) et des « logements non conventionnés ».

 

Comment expliquez vous cette contradiction entre votre dénomination et votre activité réelle ?

 

 

Le rachat par la Ville, une aubaine pour les mal logés ?

 

Quand la Ville de Paris a décidé d’acquérir la majorité des parts dans votre société, la situation était similaire. Combien cette opération a-t-elle coûté à la Ville de Paris qui a du dédommager les actionnaires privés ?

 

Avant le rachat par la Ville de Paris, par exemple en 2006, combien d’attributions de logement PLAI et PLUS faisiez vous par an sur le contingent Ville et Préfecture ?

 

Et maintenant, l’investissement de fonds publics a-t-il permis d’augmenter le nombre d’attributions de logements aux mal logés parisiens de manière significative ?

 

 

Le transfert des logements de la SEM Paris Seine

 

En 2008, un patrimoine de 2000 logements non conventionnés a été transféré d’une autre société de la Ville vers la vôtre. Quel est le coût de ce « transfert » pour la SGIM ?

 

Quelle est l’histoire de ces logements de la Ville, pour beaucoup situés dans des arrondissements prestigieux ?

 

Comment étaient-ils attribués jusqu’ici ?

 

Quel est le niveau de loyer de ces logements, par exemple ceux du 6ème ou du 8ème arrondissement ?

 

 

Sur ces 2000 logements, 600 seulement vont être conventionnés en logement social selon votre rapport d’activité.

 

Pourquoi pas les 1600 autres ? Quel intérêt pour un bailleur social, de gérer et d’entretenir des logements à loyer non plafonnés ?

 

 

Sur ces 600 logements transformés, sur le papier , en logements sociaux, combien sont disponibles pour des demandeurs de logement actuellement ?

Ces logements seront-ils comptabilisés dans la production annuelle de logement sociaux par la Ville ?

 

Le conventionnement de ces logements va-t-il entraîner une baisse significative des loyers actuels de ces appartements ?

 

Y-a-t-il dans le patrimoine de la SGIM des appartements dit « loi de 1948 » qui vont etre transformer en logements sociaux ?

 

19:48 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : collectif des mal logés, mal-logés, sgim | | |  Facebook

 
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