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vendredi, 12 novembre 2010

Logement social à Paris: comment produire du logement social sans en créer

Bien assez de logements sociaux programmés à Paris ?

C'est en tout cas ce que prétend la majorité municipale qui compte baisser drastiquement les nouvelles " productions" à partir de 2014: celles-ci passeraient de 6000 à 4000 logements "produits" dans le nouveau Plan Local de l'Habitat.

Les 220 000 demandeurs de logement social à Paris n'ont pas la même manière de compter que Bertrand Delanoe: d'une part, parce que celui-ci estime qu'une fois les quotas de la loi SRU atteint, les mal logés "excédentaires " n'auront qu'à aller voir ailleurs si on veut bien les loger.

D'autre part, un logement "produit" contrairement à ce que l'on peut penser...n'est pas forcément un logement construit, ni même un logement dont le loyer correspond à ceux du logement social.

C'est ce que nous avons voulu démontrer en investissant aujourd'hui la Caisse de Retraites des Mines pour faire toute la lumière sur une vente d'immeubles effectuée en 2009: il s'agit de logements vendus pour un total de 93 millions d'euros par la Caisse de Retraites à Paris Habitat; le contrat s'est fait selon les règles de l'acquisition réhabilitation, puisque l'argent venait des fonds d'un bailleur social.

Or à ce jour, dans au moins une partie de ces immeubles , le loyer est resté exactement au même niveau que précédemment, et une partie des logements sont vides. Les personnes qui y résident sont cependant désormais compatibilisées comme locataires de HLM alors que la plupart a une demande de logement.

Tous ces logements, qui existaient déjà avant, qui n'ont pas été réhabilités, dont les loyers n'ont pas baissé sont cependant comptabilisés au titre de nouvelles "productions" HLM, au même titre que des nouvelles constructions.

La mairie de Paris depuis 2001 met en avant sa volonté de transparence totale sur le logement social: mais la complexité de la réglementation et les réformes successives permettent aujourd'hui de comptabiliser en logements sociaux, aussi bien des places en foyers que des logements dont seul le statut légal a changé, pour la plupart occupés.

Les concernés, toujours embourbés dans le mal logement ne se satisferont pas de logements en papier !

En début de semaine, nous rencontrerons la direction de la Caisse des Retraites des Mines , qui a accepté de communiquer sur ce dossier contrairement à Paris Habitat.


Paris: ce que cachent les chiffres du logement social ...
envoyé par HLMPOURTOUS. -

 

 

 

 

Ci dessous, le communiqué diffusé sur place:

Que sont vraiment les 6000 logements sociaux annuels de la Ville de Paris ?
 
 
C’est la question que nous sommes venues poser collectivement à la Caisse de Retraites des Mines qui en sait long sur le sujet.
Bertrand Delanoe annonce dans le plan Local de l’Habitat, que le nombre de nouveaux HLM « produits » va baisser à partir de 2014, et prend prétexte du quota de 20% fixé par la loi SRU pour ralentir encore la production.
 
 
Dans ces nouveaux logements SRU figurent un lot d’immeubles parisiens de la CANSSM, la Caisse chargée de gérer le régime des retraites des mineurs : ces immeubles acquis avec l’argent des cotisations des salariés ont été vendus à Paris Habitat le bailleur social de la Ville de Paris, pour un montant de 93 millions d’euros.
 
Voilà donc des logements existants, payés une première fois par les salariés, puis une deuxième fois par l’argent du logement social…
 
Le loyer de ces logements était conforme aux prix du marché avant le rachat par la Ville.
Mais, si ces 93 millions d’euros ont permis de les transformer en logements sociaux sur le papier et donc de faire gonfler les chiffres de la « production »  parisienne, les loyers n’ont pas changé après le rachat par Paris Habitat…
 
 
Nous avons été alertés de cette situation par des locataires actuels de ces immeubles, locataires également demandeurs de logements sociaux, car disposant de ressources faibles et étranglés financièrement par le montant des loyers. Mais ces locataires ne risquent pas de voir leur demande satisfaite puisqu’ils sont considérés comme titulaires de HLM depuis le rachat par Paris Habitat !
Voilà ce qui se cache derrière la soi disant « production » de logements à Paris : des opérations financières et des astuces comptables, des caisses de divers organismes para publics renflouées par l’argent du premier bailleur social parisien, et à la finale des logements sociaux qui n’existent pas ailleurs que sur le papier.
 
 
Et tout ceci dans la plus grande opacité : mais si les dossiers de presse sur le logement social parisien peuvent abuser des observateurs extérieurs, les demandeurs de logement  comme les locataires de Paris Habitat n’entendent pas laisser les élus  jongler avec des chiffres tronqués et avec l’argent du logement social.
 
Des logements pour tous, maintenant et pas que sur le papier !

16:38 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : plh, paris, logement social, conseil de paris, delanoe, sru | | |  Facebook

mardi, 28 septembre 2010

Paris Habitat OPH doit changer sa politique


80 mal logés ont maintenu aujourd'hui l'occupation des locaux de la direction territoriale de l'Ouest Francilien de Paris Habitat OPH jusqu'à satisfaction de notre demande: deux membres de la direction générale se sont engagés par écrit à nous recevoir dans les jours qui viennent afin de donner leurs explications sur les points soulevés dans le communiqué, notamment l'échec de la politique de mixité sociale menée par la municipalité et son bailleur, mise en lumière par le rapport de la Cour Régionale des Comptes présenté aujourd'hui en Conseil de Paris.

Il nous a également été proposé un rendez-vous spécifique concernant les locataires de Paris Habitat, nombreux dans notre collectif: aujourd'hui beaucoup sont mal logés en suroccupation, car le bailleur n'est plus en mesure de faire face à son devoir de relogement dans ce domaine.


Cette occupation faisait suite à deux
rassemblements organisés devant le siège central de Paris Habitat OPH ces dernières semaines.

L'efficacité d'une politique de logement social se mesure aux nombres de demandes non satisfaites: à Paris, 120 000 mal logés attendent.


Paris Habitat OPH doit prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à cette situation!

 

Le communiqué diffusé sur place

Logement social: la politique parisienne de « mixité sociale » est un échec, des vraies solutions maintenant !

 

Au moment ou le Conseil de Paris reçoit en lecture publique le rapport de la Cour régionale des Comptes sur la répartition du logement social à Paris, nous occupons la direction territoriale des quartiers de l'Ouest Parisien du bailleur Paris Habitat OPH. Nous voulons un changement de politique du logement, car celle qui est menée depuis 2001, n'a pas fait ses preuves et même la Ville de Paris le reconnaît aujourd'hui.

 

Le rapport de la Cour des Comptes pointe une réalité qui n'est pas surprenante: le décalage entre le nombre de logements sociaux à l'Est et à l'Ouest de Paris s'est accentué depuis quelques années.

 

La Ville de Paris répond en accusant les maires des quartiers riches de la capitale d'avoir bloqué la construction de logements très sociaux Selon elle, la mixité sociale a fonctionné dans l'autre sens, puisque le nombre de logement intermédiaires , les PLS a beaucoup augmenté dans les quartiers populaires.En résumé, il a été possible d'augmenter le niveau de loyer dans les logements sociaux des quartiers populaires. Par contre , les élus parisiens découvrent qu'il n'est pas simple de faire du HLM en masse à Passy ou à côté de Notre Dame!

 

Les demandeurs de logement social s'en doutaient un peu. Le budget du logement social n'a jamais été extensible , et sans parler des freins réels mis par les élus de l'Ouest Francilien, un logement social dans le 16ème, au vu des prix du foncier coute tout simplement beaucoup plus cher qu'ailleurs.

La Ville se plaint de l'augmentation des prix de l'immobilier qui a contrarié ses projets, mais elle pouvait y faire face en partie en reversant la totalité des droits de mutation perçus sur les transactions immobilières au budget logement. Elle se plaint aussi du manque de foncier disponible dans les beaux quartiers: mais celui-ci était parfaitement connu, et les élus ont prétendu y répondre en rachetant et en conventionnant des logements occupés qui constituent une bonne part des nouveaux logements « produits », sans augmenter le nombre réel de logements disponibles. C'est notamment une bonne partie de la politique de Paris Habitat depuis quelques temps.

 

Si l'objectif est de répondre à la demande des 120 000 inscrits sur le fichier parisien des demandeurs de logement, il n'y a pas trente six solutions. 80% d'entre eux ont des revenus qui ne leur permettent pas d'accéder aux PLS. Soit l'on produit massivement du PLUS et du PLAI dans les quartiers populaires , là ou il n'y pas d'oppositions et de contraintes. Soit l'on augmente de manière exponentielle le budget du logement social pour pouvoir construire dans l'Ouest parisien.

 

La politique menée actuellement n'est pas de la mixité sociale, puisqu'elle n'amène pas les classes populaires dans les quartiers riches, et interdit les quartiers populaires aux bas revenus. Son résultat concret est l'intensification du mal logement. Et nous n'acceptons pas la justification selon laquelle l'augmentation du nombre de demandeurs de logement vient de la proportion de non Parisiens inscrits: la réalité vérifiable par tous, c'est que les mal logés des hôtels interdits à la location, les expulsés suite à des congés pour vente, les SDF et les hebergés précaires confrontés à la restriction des domiciliations administratives sur Paris sont contraints à des solutions ultra précaires en banlieue. La plupart sont donc des Parisiens chassés de la capitale faute de relogement !

 

Face à l'urgence de nos situations, des réponses concrètes s'imposent maintenant. Nous attendons de la direction de Paris Habitat OPH, le premier bailleur social parisien qu'elle nous expose les solutions qu'elle compte mettre en oeuvre suite au rapport de la Cour des Comptes

 

Sur le même sujet :

- La production de Paris-Habitat s'effondre en 2010

- Logement social à Paris : comment "produire" sans créer

- Paris Habitat : les expulsions sont plus rapides que la production de logement

- Inauguration du Réseau Social de Toit à toit de Paris Habitat OPH

- Paris Habitat envisage de porter plainte en diffamation contre des mal-logés

- Paris Habitat : le compte n'est pas bon pour les mal-logés

- Vente du siège de Paris Habitat, une affaire bien Opac

18:10 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mixité sociale, logement, paris, paris habitat oph, mano, conseil de paris, cour des comptes | | |  Facebook

jeudi, 08 juillet 2010

Paris, les mal-logés annoncent leur plan d'été pour les Sans-Domicile-Fixe

Collectif des Mal-logés en Colère.jpgCe jeudi 8 juin, une cinquantaine de mal-logés dont des Sans-Domicile-Fixe ont occupés l'Espace solidarité insertion Halle Saint-Didier, dans le 16éme arrondissement de Paris.

Olga Trostiansky, adjointe au Maire de Paris chargée de la lutte contre l'exclusion y tenait une conférence de Presse afin d'annoncer la politique d'été de la Ville en faveur des demandeurs de logements que sont les sans-abris : quelques places d'hebergement, accueil de jours, et bouteilles d'eau.

Nous sommes venus rappeler que la seule solution, en été comme en hiver, pour les sans abris comme pour les autres demandeurs de logement, c'est un relogement.

 

Le communiqué diffusé sur place :

Aujourd'hui la Ville de Paris présente son plan d'été pour les sans abri.

 

Des points d'accès à l'eau potable, des distributions de nourriture et après ? A quand les relogements ?

Cet été de nombreuses personnes deviendront SDF: les expulsions programmées sont nombreuses et la Préfecture n'entend pas les interrompre. Déjà, en période hivernale, les services sociaux du Département de Paris ne sont pas en mesure de proposer ne serait-ce qu'un hébergement stable, et renvoient souvent les expulsés vers le SAMU social. En été, c'est pire.

De toute façon, à Paris et en banlieue, c'est un secret de polichinelle, le nombre de SDF est sous estimé: une grande partie des hébergés sur le papier , chez de la famille, chez des tiers , passe une partie de ses journées et de ses nuits dans la rue, car la promiscuité n'est pas tenable. Cette catégorie de mal logés est en perpétuelle augmentation, car les hôtels meublés ferment les uns après les autres, ou ne sont plus financés par l'Aide Sociale à l'Enfance: l'augmentation constante du nombre de demandeurs de logement à Paris montre bien que la restriction de l'accès à ce type d'hébergements n'a pas été accompagnée d'une politique de vrais relogements.

Les hébergements d'urgence tiennent désormais lieu de solution permanente: chaque place de foyer est d'ailleurs comptabilisée comme un demi-logement dans les chiffres de production de nouveaux logements sociaux. Des demandeurs de logement vivent donc des années entières dans des lieux qui ne permettent pas une vie privée normale, ni une véritable stabilisation.

Nous ne nous résignons pas à ce que le mal logement soit considéré comme un domicile fixe.

Nous ne nous résignons pas à la fatalité des expulsions programmées, qui créent chaque jour des nouveaux SDF

Nous attendons de l'adjointe aux Affaires Sociales de la Ville de Paris, un peu plus que des bouteilles d'eau , des assiettes de soupe et une chaise dans les espaces d'accueil de jour en guise de politique sociale.

Nous exigeons autre chose que l'urgence permanente, et nous ne voyons pas comment Olga Trostiansky ne pourrait pas nous écouter et agir, elle qui déclarait à l'Hôtel de Ville, il y a quelques semaines, à l'occasion d'une exposition de photographies de populations précaires

« Le plus souvent, les images de la misère font appel à la compassion, à lmotion.

Elles suscitent tout naturellement une réaction en urgence pour parer aux symptômes de la grande pauvreté. « Donnons des vêtements à ces enfants ! donnons à manger à ces sans abris ! ne les laissons pas mourir de froid dehors ! ».

Faire appel à l'analyse de l'exclusion est bien plus complexe et appelle des réponses qui seront très différentes et bien moins photogéniques »

Aujourd'hui, nous mal logés parisiens, précaires en chair et en os attendons ces réponses

UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE

 

15:25 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris, sdf, mal-logés, trostiansky, expulsion, centre-d'hebergement | | |  Facebook

 
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