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jeudi, 10 janvier 2013

Cecile Duflot annule un déjeuner avec des investisseurs immobiliers et fait évacuer les mal-logés présents

 

2013-01-10 13.05.50.jpgEn 2010, Benoist Apparu, ministre du Logement avait annulé un déjeuner avec des investisseurs immobiliers en raison de la présence d'une centaine de mal-logés venus l'interpeller au restaurant de prestige, le Carré des Feuillants, dans le 1er arrondissement .

Le changement, ce n'est pas maintenant, en tout cas pas vis à vis des mal-logés en lutte qui ont des questions de fond à poser à leur Ministre : Cecile Duflot, qui avait choisi de rencontrer les mêmes investisseurs immobiliers dans le même restaurant gastronomique  a également annulé sa venue au Carré des Feuillants en apprenant que les mal-logés l'attendaient devant la porte. Elle n'a pas hésité à nous laisser en face à face avec les forces de l'ordre qui nous ont évacué de l'entrée du restaurant.

Sans doute les problèmes de fond que nous souhaitions aborder avec elle, sur sa politique, lui ont-ils coupé l'appétit.

Mais les mal-logés ne sont pas seulement là pour faire de la figuration muette lors des visites médiatiques de Mme Duflot dans des hébergements d'urgence.

Mais les mal-logés ne peuvent se contenter de déclarations de bonnes intentions : nous en avons eu tout l'automne sur des réquisitions qui devaient intervenir au plus tard en décembre et qu'on nous annonce maintenant en avril. Nous en avons eu au début de l'hiver, quand il était assuré que personne ne serait à la rue, or des personnes sont mortes dans la rue encore ces derniers jours.

Dès septembre, le Ministère avait fièrement produit à la presse une liste de terrains publics qui allaient être cédés pour faire du logement social : or , rien que sur la liste francilienne, un tiers des adresses sont actuellement occupées par des services de l'Etat, qu'il s'agisse de bâtiments du Ministère de la Défense ou du Ministère des Droits de la Femme, ou alors il s'agit de monuments historiques comme la Halle Freyssinet.

Dès septembre , on nous avait promis des « super PLA-I «  adaptés aux ressources des demandeurs de logement : or, pour le moment, même le nombre de PLA-I programmés dans les nouvelles constructions n'a pas été revu à la hausse, et tous les acteurs du logement s'accordent à dire que l'engagement de 150 000 logements ne peut-être tenu dans les conditions actuelles.

On nous annonçait des réformes fiscales destinées à décourager la spéculation sur les terrains à bâtir en taxant les plus values effectuées sur les ventes, sauf lorsqu'il s'agissait de vendre pour faire du logement social : l'amendement en question a été retoqué par le Conseil Constitutionnel et aucune mesure alternative n'est programmée.

Alors, non les mal-logés ne se contenteront pas de mesurettes prises en grande pompe, de quelques réquisitions, de rallonges budgétaires pour l'hébergement d'urgence quand c'est de logements dont les gens ont besoin.

C'est ce que nous étions venus dire à Mme Duflot : nous sommes désolés que notre détermination lui coupe l'appétit comme elle l'avait coupé à son prédecesseur qu'elle critiquait tant.

Mais nous voulons des actes, une vraie politique de logement social répondant à la demande des millions de mal-logés de ce pays et nous continuerons à aller à la rencontre de notre Ministre pour l'exiger.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Pour la "petite" histoire, si les mal logés n'ont pas vu Cecile Duflot, ils ont croisé Claude Guéant à l'entrée du restaurant ( voir la vidéo): manifestement, il n'y pas de désaccord fondamental sur la gastronomie de prestige entre le nouveau gouvernement et l'ancien 


Face à la colère des mal-logés Cécile Duflot... par HLMPOURTOUS

17:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, réquisition, "super pla-i", blocage des loyers, hébergement d'urgence, politique du thermomètre | | |  Facebook

vendredi, 28 décembre 2012

Expulsions d'Hotels : les familles dans l'incertitude à brève échéance

Lors de l'occupation de l'ACSE (voir ci dessous), le Ministère du Logement nous a fait savoir que les expulsions du millier de personnes hébergées en hôtel à Paris et en Seine Saint Denis étaient "suspendues"

Evidemment , si la nouvelle se confirme, c'est un répit pour les mal-logés concernés: cependant, pour le moment, individuellement, les familles n'ont reçu absolument aucune confirmation écrite ou même orale. De plus, le Ministère est bien incapable de nous dire quelle va être la suite des évènements , quelles solutions vont être proposées , combien de temps cette "suspension" des expulsions programmées va durer.
 
Pour nombre de ces hôtels, notamment ceux situés en Seine Saint Denis, les menaces d'expulsions imminentes ont été légion depuis 2009: à chaque fois, c'est uniquement la mobilisation des mal-logés et la médiatisation qui en découle qui contraint les pouvoirs publics à intervenir. 
 
A l'automne dernier, l'ensemble de ces foyers a fait l'objet d'une opération de recensement par le SIAO , mandaté par l'Etat: cette opération avait été présentée comme le début d'un processus de relogement aux familles, à qui l'on a fait espérer , enfin, une solution durable. 
 
Mais l'immense majorité n'a jamais été recontactée, et encore moins relogée: les familles n'ont toujours pas de suivi social régulier et efficace, et aujourd'hui, les enfants de ces familles scolarisées sur Paris sont menacés de déscolarisation sans solution alternative.
 
Il est inacceptable de laisser des milliers de personnes vivre ainsi dans la précarité la plus absolue, avec des menaces d'expulsion récurentes, surtout lorsqu'on sait que ces familles , pour beaucoup, ont déjà subi d'autres hôtels et d'autres expulsions auparavant.

L'hébergement précaire n'est pas une solution, il faut des relogements !

 

Le Collectif des Mal-Logés en Colère occupe l'ACSE :

les expulsions, en hiver comme en été, ça suffit !


Toutes les familles à la rue sont désormais hébergées en région parisienne, clame fièrement le Ministère du Logement, dans ses dernières communications....sans dire un seul mot des personnes qui vont se retrouver mises à la porte de plusieurs hôtels parisiens et de Seine Saint Denis, dans à peine trois jours.
 
Si 80 mal-logés occupent aujourd'hui l'ACSE , l'Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des Chances ( 209 rue de Bercy) c'est évidemment pour obtenir en urgence du Ministère du Logement et de la Ville une solution immédiate et digne pour ces familles.
 
Mais c'est aussi pour dénoncer l'indifférence totale des pouvoirs publics au sort des foyers hébergés et en errance urbaine: Etat et collectivités territoriales se renvoient la balle pour la prise en charge, administrative, sociale et scolaire des familles dont le lot commun est la valse des hébergements d'urgence. 
 
Aujourd'hui par exemple, les écoles et collèges parisiens menaçent de déscolariser 300 enfants , au départ hébergés dans des hôtels parisiens , puis transférés de banlieue en banlieue, parfois d'une semaine à l'autre, souvent pendant des années. Bien évidemment les mairies d'"accueil" de ces familles refusent bien souvent de scolariser les enfants, ne considérant pas non plus les mal-logés comme des habitants de leur commune.
 
Aujourd'hui, à l'heure où le gouvernement parle de "grande bataille pour l'emploi", l'errance urbaine de ces mal logés aboutit également très souvent à la perte du travail: comment s'organiser , surtout quand on est employé dans l'aide à la personne ou le bâtiment, ou en intérim pour à la fois assumer ses obligations professionnelles et jongler avec toutes les difficultés que génère la vie lorsqu'on ne sait même pas où l'on dormira la semaine prochaine.
 
Quelle égalité des chances pour les parents et les enfants dans ces conditions ?
 
Voir dépeche de presse ici : Lavieimmo.com
 


Expulsions au SAMU-SOCIAL ? Des mal-logés... par HLMPOURTOUS

16:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : samu social, cécile duflot, expulsion | | |  Facebook

jeudi, 20 décembre 2012

Paris: manifestation pour de vrais engagements contre la crise du logement

Aujourd'hui à la Maison de la Chimie, Ministres , présidents des grandes agences liées au logement ( ANRU , ANAH...), présidents des fédérations de HLM, sont réunis pour répondre à une question fondamentale : quels engagements de politique sociale en matière de logement pour le quinquennat ?

Mal-logés en lutte nous sommes venus manifester , car nous avons notre idée sur ce que devrait être cette politique sociale : production massive de logements sociaux adaptés au niveau de ressources des demandeurs, qui sont dans leur majorité, des salariés modestes, des retraités, des jeunes en formation, des chômeurs.

Ces dernières années, alors que l'offre privée devenait inaccessible à des millions de personnes, à cause d'une explosion des loyers (qui ont par exemple doublé en région parisienne), le type de logements produits par les bailleurs sociaux changeait lui aussi en plus cher : la hausse du nombre de logements sociaux totaux est due pour moitié ( 46%) à la production de PLS. Ce type de HLM inaccessible à plus de 75% des demandeurs de logement a été multiplié par 10 en dix ans, quand le nombre de PLA-I n'a été multiplié que par deux. L'augmentation du parc social, en quantité et en types de logement n'a donc absolument pas compensé la disparition du logement privé à bon marché.

De plus, le budget logement n'augmente pas : les crédits du Ministère sont passés de 8,3 milliards d'euros à 7,8 de 2012 à 2013. L'aide à la pierre pour la construction directe n'a été augmentée que de 50 millions d'euros, et les rallonges budgétaires annoncées depuis ne concernent que l'hébergement d'urgence. D'ores et déjà, les bailleurs sociaux ont annoncé que le fameux objectif de 150 000 logements ne serait pas atteint en 2013. Et au mieux, le gouvernement prévoirait que le nombre de PLA-I passe de 33 à 40% de la production totale de nouveaux logements, alors que plus de 75% des demandeurs actuels ne peuvent accéder à d'autres types de logement.

Le compte n'y est pas : si la mobilisation des mal-logés , mais aussi des travailleurs du secteur du logement et de l'hébergement amène les ministres à multiplier les annonces, les crédits et les mesures nécessaires en urgence et sur le long terme ne sont pas là. Et l'on continue à vendre 12 000 logements sociaux par an !

Et dans le même temps, les collectivités territoriales se désinvestissent : en Seine Saint Denis comme à Paris, les Conseils Généraux interrompent les prises en charge d'hôtel pour les familles au titre de l'Aide Sociale à l'Enfance. Le SAMU social étant saturés, ce sont des milliers de familles qui risquent tout bonnement la rue.

Face à cette non-prise en compte des besoins réels, nous sommes déterminés à nous mobiliser pour obtenir le minimum dans un pays riche :

UN LOGEMENT POUR TOUS !

 


                         Politique du logement : le compte n' est pas bon... par HLMPOURTOUS

14:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, pla-i, intermédiation locative, dalo, hébergement urgence, aide à la pierre, ush, uesh, thierry bert, réquisitions | | |  Facebook

 
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