web analytics

Avertir le modérateur

jeudi, 06 septembre 2012

Plan gouvernemental pour le logement: réaction du collectif

Cecile Duflot a présenté ce matin le projet de loi pour le logement fixant les grandes lignes de l'action de l'Etat dans les prochaines années.

Il y a au moins une bonne nouvelle : enfin, le gouvernement reconnaît qu'il existe du foncier disponible pour construire immédiatement des logements neufs. Après des années et des années où l'on répétait aux mal-logés que le problème était l'absence de zones constructibles, la prise en compte du réel est un premier pas, comme la mise à disposition rapide de terrains en zones tendues.

Malheureusement en dehors de ce changement concret dans l'analyse des solutions possibles pour résoudre la crise du logement qui frappe des millions de personnes, le projet de loi ne remet pas en cause les fondamentaux qui perpétuent cette crise.

Une nouvelle fois, les intérêts des promoteurs sont préservés et même augmentés, au détriment du logement social : une partie des terrains cédés gratuitement le seront à des investisseurs privés, sans contrepartie obligatoire concernant le prix des loyers ou celui des biens vendus. Dans ces conditions, il faudrait être bien naïf pour penser que les investisseurs vont répercuter en intégralité ou même en bonne partie le gain réalisé.

La grande majorité de la population relève des plafonds de ressource du logement social, réserver l'intégralité des terrains à ce type de logements permettrait seul une politique garantissant l'adéquation entre les revenus des mal-logés et les logements construits.

De la même manière, relever le quota des logements sociaux imposé par la loi SRU, et quintupler les amendes est a priori prometteur... seulement, depuis bien longtemps les municipalités concernées savent comment contourner la loi en faisant mine de la respecter.

Pendant la campagne électorale, et même après, la question du type de  « logements sociaux »  réellement construits avait été abordée par les candidats de la majorité actuelle : chacun s'accordait à reconnaître que nombre de bailleurs et de collectivités territoriales construisent essentiellement du PLS , dont les loyers sont inaccessibles à 80% des demandeurs de logement. Pire, des lois récentes sont utilisées notamment par des villes des Hauts de Seine ou du Sud de la France pour réaliser des programmes extrêmement chers, et qui basculeront dans le parc privé dans quinze ans , il s'agit notamment de l'Usufruit Locatif Social.

A contrario, les PLA-I , accessibles aux revenus modestes constituent les grands oubliés de la production de ces dix dernières années.

Les mesures proposées par Cecile Duflot évacuent totalement cet aspect fondamental : les villes réfractaires à la loi SRU continueront donc à faire des logements sociaux qui n'ont de social que le nom.

Et sous couvert de mixité sociale, dans les autres communes, on ne prendra toujours pas en compte l'état de la demande de logement, mais uniquement le respect du quota SRU. Cette politique a un résultat très simple : les pauvres ne sont toujours pas logés dans les villes riches, mais sont considérés comme trop nombreux dans leurs quartiers d'origine.

Réserver les terrains publics au logement social, imposer des quotas de construction de vrais logements sociaux en fonction de la demande, sont les deux premières mesures qui doivent être prises pour commencer vraiment à résoudre les problèmes de mal-logement.

14:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, loi sru, mixité sociale, pla-i, uls, pls, logement social | | |  Facebook

vendredi, 29 juin 2012

Face à l'urgence du mal-logement, Cecile Duflot préfère esquiver les mal-logés

Hier soir, Mme Duflot annonçait la fermeture des 2650 dernières places d'hébergement d'urgence encore ouvertes , à l'exception de 3 foyers parisiens.

Ce matin, alors que les protestations d'associations et de professionnels de l'hébergement se multipliaient, 80 mal-logés sont allés à la rencontre de la Ministre à l'occasion d'un colloque sur le logement d'insertion à la Maison des Solidarités du 13ème arrondissement.

Face à des personnes déjà en rupture d'hébergement , à des foyers dont l'expulsion locative doit intervenir la semaine prochaine, Mme Duflot n'a pas eu d'autre réaction qu'imiter son prédécesseur Benoist Apparu, devenu spécialiste des entrées par les portes dérobées, des interventions éclair le temps d'une photo de presse pour ne pas faire face aux mal-logés en lutte.

Comme lui, Madame Duflot a donc dépensé de l'argent public sans compter pour le déploiement de CRS destinés à bloquer les demandeurs de logement le temps de dire quelques banalités qui ne mangent pas de pain à la tribune.

Le ridicule ne tue pas, le mal-logement si.

L'été s'annonce comme le pire que les mal-logés aient jamais connu. Un seul chiffre suffit à en témoigner: le SIAO, chargé de répondre de manière centralisée aux demandes d'hébergement n'en satisfait qu'une sur quatre. Aucune circulaire n'ayant été prise contre les expulsions locatives , aucun budget supplémentaire n'ayant été alloué même à l'hébergement d'urgence, le nombre de personnes à la rue va augmenter de manière forcément exponentielle ces prochaines semaines et jusqu'à l'hiver.

Les mal-logés n'ont pas besoin du rapport commandé par Mme Duflot à la DIHAL pour savoir que la situation est catastrophique, ils la vivent.

Cela ne nous empêche pas de continuer la lutte.

 


Colloque sur le "logement d'insertion", Cécile... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place

ET MAINTENANT , LE LOGEMENT ?

En ce début d'été, pour les mal-logés, seules les mauvaises nouvelles sont certaines. Nous sommes donc venus à la rencontre de notre Ministre , à l'occasion d'une rencontre associative sur le logement d'insertion à la Maison des Associations et de la Solidarité du 13ème arrondissement.

Hier a été annoncée la fermeture des derniers dispositifs hivernaux d'urgence , à l'exception de deux foyers parisiens.

Selon le SIAO, structure chargée de la centralisation des demandes d'hébergement faites par les travailleurs sociaux, 3 demandes sur 4 ne sont pas satisfaites ! Ce chiffre traduit bien la brutalité du réel : même l'hébergement est devenu un luxe rare.

Les expulsions ont repris : pour le moment, aucune circulaire n'a été prise pour les empêcher.

En attendant au niveau de la Préfecture de Paris, le discours qui nous a été tenu est accablant : non seulement il faut avoir le label DALO pour avoir une mince chance d'échapper à une expulsion immédiate, mais un nouveau critère semble avoir été ajouté cette année : ne pas avoir de dettes de loyer importantes.

Même l'obtention d'une domiciliation administrative, sésame de base pour accéder à n'importe quel droit social devient conditionnel : certaines associations n'ont pas vu leur agrément renouvelé et un nombre apparemment élevé de personnes sans domicile fixe se retrouve donc sans possibilité d'avoir ne serait-ce qu'une adresse administrative.

Les mal-logés sont pris à la gorge, le dos au mur.

Aujourd'hui, Mme Duflot vient parler des logements d'insertion, censés préparer la voie à un vrai relogement : les hébergés dans ce type de logements y sont souvent bloqués depuis des années, et surtout l'on voit mal comment une offre nouvelle pourrait être développée, alors qu'aucune augmentation du budget logement n'a encore été annoncée.

Un rapport rendu par le Sénat ces derniers jours reconnaît honnêtement que la loi DALO n'a pas changé la situation, et propose une énième « adaptation » ou « modification » de son application, notamment en effectuant une réforme des attributions. Mais une réforme des attributions ne peut pas augmenter l'offre de logements.

La moyenne d'attente pour un logement social est de dix ans, à l'heure actuelle. Qui pourrait reprocher aux mal-logés d'être impatients, quand leurs conditions de survie sont en dessous de tout ?

 UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !


15:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, egalité des territoires, fapil, réforme attribution logements, dihal, fermeture hébergement | | |  Facebook

mercredi, 13 juin 2012

Le Ministère du Logement ne répond plus ? Occupation du SIAO 75 !


Une centaine de mal-logés a investi ce matin les locaux du SIAO, structure centralisatrice de la gestion de l'hébergement d'urgence et du relogement des hébergés sur Paris, au 42, rue des Jeuneurs.

L'occupation a duré toute la matinée et a pris fin après obtention d'une rencontre en urgence à la Préfecture de Région vendredi, ainsi qu'un rendez-vous avec la direction du SIAO demain matin.

Ces rendez-vous obtenus grâce à la mobilisation ne suffisent évidemment pas à nous rassurer au vu de la situation dramatique actuelle: la majorité des appels au 115 reste sans résultats, même pour des situations que les autorités elles-même définissent comme ultra-urgentes, notamment celles des personnes victimes de violences conjugales. Au bout de la chaîne du mal-logement, la rue devient la norme, l'hébergement même ultra-précaire une exception.

La direction du SIAO n'a pas contesté notre analyse, bien au contraire: à la veille de l'été aucune mesure concrète ne semble prise. La vague d'expulsions locatives "traditionnelle" en ce début d'été a commencé et les commissariats n'ont absolument aucune consigne particulière du Ministère pour les éviter. Patrick Rouilly pourtant gestionnaire principal de l'hébergement d'urgence à Paris nous a indiqué ne pas avoir rencontré Cécile Duflot depuis son entrée en fonction

Par ailleurs, il nous a confirmé l'information disponible sur le site du SIAO ( visible ici https://docs.google.com/file/d/0B_mOS5vuBseLWnB2VTJaRWIxL...): à savoir l'entrée en fonction d'un fichier de toutes les personnes hébergées par des structures publiques ou associatives et par le 115, fichier qui donnerait accès NATIONALEMENT aux données confidentielles et personnelles des usagers à tout connecté au fichier, soit à des milliers de personnes. Ce fichier est pour l'heure maintenu, malgré le refus des personnels et de la direction du SIAO d'y entrer de nouvelles données.

Que fait le Ministère ? Une semaine après son entrée en fonctions, Mme Duflot interpellée en direct par notre collectif avait demandé "un peu de temps" pour prendre des mesures d'extrême-urgence .

Pour le moment, il faut bien constater que la situation se dégrade à une vitesse impressionnante et que l'Etat est aux abonnés absents.

Nous n'avons pas d'autre choix que continuer à nous mobiliser !

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !


Paris : Une centaine de Mal-logés en Colère... par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

ENCORE UN ETE DE CAUCHEMAR POUR LES MAL LOGES ?

C'est en tout cas ce que laisse présager la situation actuelle. C'est la raison pour laquelle une centaine de mal-logés reviennent au SIAO, l'organisme chargé du suivi de l'hébergement avec le SAMU Social, que nous avions déjà investi en décembre.

  • Pour ceux qui ont la « chance » d'être déjà dans le dispositif et d'avoir un hébergement précaire, la contrepartie est très lourde : dans son bulletin numéro 4 ( disponible en ligne ici https://docs.google.com/file/d/0B_mOS5vuBseLWnB2VTJaRWIxLXM/edit?pli=1 ) le SIAO lui-même lance un cri d'alerte et demande aux travailleurs sociaux de ne pas utiliser le logiciel de traitement mis en place récemment car « à terme ce logiciel ayant une vocation nationale, ce sont des milliers de personnes qui auront accès à des données confidentielles relevant de la relation entre un travailleur social et la personne qui lui fait confiance »

 

  • La vague d'expulsions qui suit chaque année la fin de la trève d'hiver n'est absolument pas remise en cause : les locataires, notamment ceux soumis à des congés pour vente, mais aussi ceux qui ont accumulé des dettes de loyer, reçoivent les derniers avertissements du commissariat, et les travailleurs sociaux débordés renvoient vers le 115 , et ne sont même plus en capacité de recevoir les personnes.

 

  • Le 115 ne répond tout simplement plus aux nouvelles demandes : des femmes victimes de violences conjugales, des personnes âgées et/ou malades, des familles qui ont épuisé toutes les possibilités d'hébergement précaire chez des proches ou ne peuvent plus financer elles-même l'hôtel sont tout simplement laissées à l'abandon.

 

  • La politique menée pour les familles hébergées par le SAMU ne semble trouver comme explication valable que la volonté de les contraindre à sortir par elles-même du dispositif : en une semaine, un foyer avec enfants scolarisés peut-être transféré du 93 au 95 puis au fin fond du 78.

 

Il y a un mois, nous avions interpellé Mme Duflot sur ces urgences : elle nous avait indiqué ne pas pouvoir faire de miracles en une semaine : malheureusement, sans parler de miracles, c'est aujourd'hui le minimum qui n'est plus assuré, et l'Etat est aux abonnés absents.

 Qu'espère-t-on ? Qu'en désespoir de cause, les demandeurs de logement abandonnent toute revendication à l'égard des pouvoirs publics, se résignent aux solutions de fortune : squats insalubres et précaires, bidonvilles, campements, marchands de sommeil en tous genres ? Que signifie ce fichage généralisé et certainement hors la loi dénoncé par les gestionnaires de l'hébergement d'urgence eux-même ?

 Nous ne nous résignons pas , ni à être invisibilisés, ni à être des citoyens de seconde zone, sans accès au service public du logement, sans même un hébergement, et devant accepter le fichage de données confidentielles pour éventuellement ne pas dormir à la rue !

 

Nous continuons à manifester pour le minimum : un logement décent pour tous.


14:32 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, siao, hébergement d'urgence, samu social, dalo, fichage, manifestation, blocage des loyers | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu