web analytics

Avertir le modérateur

lundi, 21 septembre 2009

SGIM : des logements sociaux de luxe ?

communiqué SGIM.jpgLe vendredi 11 septembre, le Collectif Mal Logés en Colère occupait le siège de la SGIM, bailleur social racheté en 2006 par la Ville de Paris.

 

Suite à cette occupation, nous avons été reçus par le directeur général de la SGIM. Nous lui avons posé des questions précises sur l’activité actuelle et passée de cette société, dont le rachat a été financé en partie par l’argent du logement social. Sur le papier, cette société contribue de manière massive à la fameuse « production » de nouveaux logements sociaux, à ces 40 000 HLM promis pour la nouvelle mandature. Mais qu’en est il réellement ?

 

Olivier Leblanc, directeur général de la SGIM a donc répondu oralement à nos questions et la SGIM a publié un communiqué de réponse.

Communiqué qui confirme malheureusement la pertinence de nos interrogations.

 

Du logement social «de fait » au logement social

 

Sur l’utilité et le coût du rachat de cette société par la Ville de Paris : certes sur le papier, les attributions de logement de la SGIM par la commission de la Ville de Paris sont passées de 200 à 900. Mais les logements concernés, ce sont les 6000 logements non conventionnés , patrimoine de la SGIM depuis les années 30, « logement social de fait » selon les termes même du communiqué de la SGIM, déjà attribués et occupées par des Parisiens modestes de toute façon éligibles au logement social.

 

Le rachat ne change donc rien. Et son coût réel reste pour le moins opaque. Les actionnaires privés majoritaires ont été rémunérés par le produit de la vente de plusieurs immeubles de la SGIM à un autre bailleur social, les 3F. C’est donc bien l’argent du logement social qui a permis à la Ville de Paris de devenir majoritaire, sans que cet investissement aboutisse de fait à la mise sur le marché de nouveaux logements.

 

A chaque fois, qu’un de ces 6000 logements est conventionné, il compte comme un nouveau logement « produit » inclus dans la comptabilité établie par la loi SRU.

Mais ces logements ne constituent pas une offre nouvelle pour les catégories populaires puisque leurs loyers étaient déjà ceux du logement social (parfois même inférieurs pour les logements « loi de 48 »)

 

 

Concernant le « transfert » de 2000 logements de la société SEM Paris Seine vers la SGIM.

 

Cette opération a donné lieu à d’importants transferts de fonds, entres différentes entités juridiques contrôlées par la Ville de Paris. Mr LEBLANC nous a expliqué que ces opérations étaient trop complexes pour pouvoir être comprises, qu’elles avaient nécessité l’intervention d’ « experts en ingénierie financière ». En tout état de cause, ce « transfert » s’est traduit par un chèque de 120 millions d’euros de la SGIM, bailleur social ….à La Ville de Paris et non à la SEM qui a transféré les logements.

Peut-être n’y a-t-il là rien d’anormal, mais pour les demandeurs de logement, l’intérêt de ce transfert de patrimoine est pour le moins douteux. Sur ces 2000 logements vendus par la SEM Paris Seine, 1400 étaient déjà des logements sociaux. Pour les 600 autres, ils sont tous en cours de conventionnement, et vont donc compter comme de nouveaux logements « produits ».

 

Pour ces logements presque tous occupés la SGIM , dans son communiqué parle d’un taux de rotation de 60 % sur cinq ans. Chiffre parfaitement fantaisiste et en contradiction totale, avec les chiffres de rotation extrêmement faibles dans le logement social (de 1 à 5%).

 

Mais surtout, la moitié de ces logements sont occupés par des foyers ayant des revenus bien au dessus des plafonds du logement social. Certes dès le conventionnement, les locataires sont assujettis au paiement d’un surloyer. Seulement, il s’agit de logements situés pour la plupart dans les arrondissements centraux, et dans des quartiers particulièrement prestigieux. Ainsi, le directeur de la SGIM a évoqué 24 logements situés sur l’Ile Saint Louis. Même avec un surloyer, il n’y a évidemment pas de comparaison avec le loyer pratiqué dans le privé pour de tels appartements.

 

Avec une gêne manifeste, Olivier Le Blanc a argué qu’une centaine de locataires sur 300 étaient déjà partis. Pour les deux cent autres, des « négociations » seraient en cours, et il parait que le problème pourrait se résoudre de lui-même pour certains, à cause de l’ « âge avancé » des occupants.

 

En attendant, ce sont donc bien deux cent logements prestigieux au cœur de Paris, qui viennent d’être conventionnés et comptabilisés comme de « nouveaux » logements produits alors même qu’ils sont occupés par un public aux revenus élevés.

Aujourd’hui, la vente d’un seul de ces logements de l’Ile Saint Louis rapporterait de quoi financer plusieurs appartements dans un quartier plus ordinaire. En lieu et place, on les conventionne en logements sociaux, alors qu’ils sont déjà occupés.

Au nom de la mixité sociale, des gens aux revenus élevés continuent donc à habiter des quartiers prestigieux, mais leurs appartements comptent désormais dans les 40 000 nouveaux logements promis par Delanoe !

 

En tant que demandeurs de logement, dans des situations d’urgence, nous comptons autrement : un logement occupé par des gens aux revenus élevés sur l’Ile Saint Louis, ce n’est pas un logement social de plus.

 

Cette occupation de la SGIM nous aura en tout cas permis de refaire les comptes : entre les centaines de logements sociaux « de fait », conventionnés en HLM et comptabilisés dans la production, et les logements du « domaine privé », le chiffre de la « production » de logement social à Paris est bien gonflé artificiellement, notamment par les opérations de la SGIM !

 

 


communiqué SGIM.jpg

 

 

12:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : collectif des mal-logés, paris, sgim, delanoé | | |  Facebook

jeudi, 09 juillet 2009

Paris : Les Mal-logés occupent la Ruche

UNE PEPINIERE D’ENTREPRISES ?

ET LES LOGEMENTS C’EST POUR QUAND ?

 

Le Collectif Mal Logés en Colère s’invite aujourd’hui à « la Ruche », pépinière d’entreprises, à l’occasion de la visite du Maire de Paris dans cette structure du 10ème arrondissement, située au 84, quai de Jemmapes.

 

Comme à son habitude, Bertrand Delanoë choisit soigneusement ses visites dans la capitale qu’il administre depuis maintenant huit ans.

 

Les locaux spacieux de la Ruche, rénovés notamment avec des subventions de la Ville, donnent évidemment une image du 10ème arrondissement plus agréable à regarder que les lieux où nous vivons, parce qu’il n’y a pas assez de logements sociaux à bon marché, et 110 000 demandeurs en attente.

 

Bertrand Delanoe n’ira pas visiter les chambres d’hôtel insalubres de la rue Jarry, ou de la rue d’Aix, ou les mal logés continuent à croupir, puisque même l’accès à une résidence sociale nécessite désormais plusieurs années d’attente.

 

Bertrand Delanoe ne fera pas de détour par les taudis insalubres où vivent des mal logés du collectif, en suroccupation manifeste, pour qui la loi DALO n’a rien changé, tout simplement parce que les grandes surfaces sont réservées aux entreprises, et que la Ville se refuse à construire le nombre de grands logements sociaux nécessaires.

 

A la Ruche, un entrepreneur peut louer un bureau pour 429 euros par mois. Dans le 10ème, la moindre chambre d’hôtel a un loyer trois fois plus élevé, et aucun propriétaire privé n’accepte de toute façon de louer aux ménages modestes, au contraire, les congés pour vente et les expulsions en conséquence se multiplient sans qu’aucune solution de relogement dans le parc social ne soit proposée.

Comme l’a dit Jean Yves Mano , l’adjoint au Logement , au début de la deuxième mandature, «  Tout le monde ne pourra être logé à Paris ». Ce « tout le monde »  concerne évidemment uniquement les demandeurs de logement social, dans le même temps, les efforts financiers et la recherche de foncier disponible pour accueillir les entreprises sont une priorité municipale.

 

Nous nous invitons donc à La Ruche, pour y attendre le Maire de Paris, car nous sommes aussi des Parisiens, même si nous ne sommes pas de ceux que Bertrand Delanoë a envie de rencontrer, au point de nous envoyer régulièrement des CRS en réponse à nos exigences de relogement .

 

UN LOGEMENT POUR TOUS, TOUT DE SUITE !


13:47 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : collectif des mal-logés, delanoe, pépinière, sdf, dalo; hlm | | |  Facebook

lundi, 11 mai 2009

Paris : lutte contre l'insalubrité ?

 

 

map.jpg

 

Lutter contre les marchands de sommeil ?

La Mairie de Paris préfère s’attaquer aux mal logés.

 

 

 

Une mal logée du collectif convoquée au commissariat suite à une plainte de la Ville de Paris

 

Le 25, rue de l’Argonne est un taudis parmi d’autres du 19ème arrondissement : un taudis qui rapporte gros pour pas cher, infesté de plomb, aux murs dévastés par l’humidité. Le propriétaire, grâce à la crise du logement n’a aucun mal  à piocher dans les demandes de logement social non satisfaites pour prendre environ 800 euros pour un deux pièces insalubre..

De plus, grâce aux nombreuses possibilités de subvention préfectorales et municipales pour la résorption de l’insalubrité, et à la spéculation, la valeur de l’immeuble ne cesse d’augmenter, quel que soit son état réel.

Pendant des années, Mme B. et ses enfants ont du vivre dans ce taudis et affronter les pressions du propriétaire : celui-ci , n’hésitera pas , par exemple à la harceler par voie d’huissier pour des loyers légalement non demandables du fait des travaux non effectués.

Malgré ses problèmes de santé et ceux des enfants, malgré les nombreuses demandes et signalements faits à la Ville, Mme B/ n'obtient pas de relogement et le taudis reste en l'état

Jusqu’à ce jour de 2007, ou elle apprend par voie d’affiche que la Ville de Paris envoie des agents pour visiter l’immeuble une énième fois.

Ce jour là, en solidarité, le Collectif Mal Logés en Colère organise une manifestation devant l’immeuble.

Evidemment le propriétaire, présent n’apprécie pas : devant la soixantaine de personnes présentes, il menace Mme B. de représailles en tout genre, se vante d’avoir le bras long à la Préfecture comme à la Mairie, et nous affirme que le 25, rue de l’Argonne n’est pas sa première opération immobilière, qu’il a déjà revendu à la Ville un immeuble rue Myrrha et que nous ne l’empêcherons pas de mener ses affaires comme il le souhaite.

Lorsque nous demandons aux agents de la Ville ce qui se passe sur cet immeuble, quelles sont leurs conclusions, ceux-ci nous répondent alors qu’ils n’ont pas de comptes à rendre aux locataires, mais seulement au propriétaire avec qui ils vont décider des travaux à effectuer.

Lorsqu’ils repartent accompagnés du marchand de sommeil, nous les suivons donc en manifestation, sans répondre aux provocations verbales de celui-ci.

Quelques jours plus tard, Mme B recevra enfin une proposition de logement, preuve que la lutte paye.

Mais depuis, le propriétaire a reloué son taudis, hormis quelques coups de peinture, ici et là, absolument rien n’a changé au 25, rue de l’Argonne dont la rénovation nécessite des travaux lourds sur le bâti, et le relogement préalable des occupants.

Seule avancée, après des années de signalement, la Préfecture de Police reconnaît l'insalubrité de l'immeuble en mars 2009, mais n'adresse qu'une énième injonction de travaux au propriétaire. Bien que la dangerosité de l'installation électrique soit avérée et soulignée ( voir l'arrêté de la Préfecture en bas d'article ), les habitants ne sont pas pour autant relogés

Si le propriétaire du 25, rue de l’Argonne peut continuer à s’enrichir en paix grâce au mal logement, Mme B, deux ans et demi après cette manifestation, a reçu une convocation au commissariat suite à une plainte de la Ville, qui nous accuse apparemment d’avoir insulté ses salariés. Dénoncer publiquement l'inaction de la Ville pourtant, cela n'a rien à voir avec une mise en cause personnelle d'agents au rôle purement technique.

Notre collectif organise systématiquement des rassemblements devant les taudis où la Ville subventionne des propriétaires avec l’argent du logement social, pour des travaux , le plus souvent cache misère et qui de toute façon n’ont pas à être financés par l’argent public : les propriétaires d’immeuble insalubres ne sont pas des nécessiteux, bien au contraire, les loyers encaissés pendant des années pour des taudis leur rapportent bien plus qu’au propriétaire d’un logement en bon état qui assume les travaux nécessaires.

Evidemment, ces rassemblements dérangent, car ils rendent visibles un fait que la Ville de Paris masque à grand renforts de communication : l’insalubrité est toujours là, les taudis, hôtels ou pseudo logements aussi.

Le seul moyen d’éradiquer les marchands de sommeil, c’est le logement social, car avec une offre de logement suffisante , les taudis ne trouveraient pas preneur. Or en huit ans de mandature Delanoe, le nombre de demandeurs de logement n’a fait qu’augmenter, notamment dans le 19ème arrondissement, où pourtant Roger Madec refuse de construire un logement social de plus.

Le mal logement est une répression permanente, que la Ville choisisse d’y ajouter une nouvelle fois la répression policière ne risque pas d’entamer la détermination des mal logés.

Mais porter plainte contre les victimes et subventionner les propriétaires des taudis, c’est une bien étrange manière de lutter contre l’insalubrité.

L'arrêté de la Préfecture de Police sur le 25, rue de l'Argonne (lien ci-dessous)

argonne_19eme_20090313 .pdf

19:40 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : insalubrité, delanoe, logement social, taudis, saturnisme, mal logés | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu