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jeudi, 15 novembre 2012

Des mal-logés expulsés d'un service du premier ministre.

Ce matin, le gouvernement a fait la preuve du décalage entre les annonces faites sur le logement et la réalité du terrain, où rien ne change sauf en s'aggravant depuis six mois.

 Les mal-logés qui ont investi le Centre d'Analyses Stratégiques du premier Ministre, rue Martignac ne demandaient qu'une chose: le respect du droit au logement, mais aussi celui du droit à l'hébergement, selon lequel aucune personne ne devrait se retrouver sans aucune solution, hormis la rue.
 
C'est pourtant le cas d'un nombre grandissant de mal-logés , et ce alors que le fameux "plan hivernal" est entré en vigueur: les équipes du SAMU Social en sont à faire tourner les familles SDF, c'est à dire à en héberger une trois nuits , puis à la remettre à la rue, pendant qu'une autre, à son tour,  "bénéficie" de quelques nuits dans un hôtel au fin fond de la banlieue.
 
Le gouvernement pense-t-il que le changement consiste , en matière de mal-logement à tolérer ce qui n'était pas acceptable sous la mandature précédente ?
 
Pense-t-il qu'il suffit de publier des listes de "terrains" parisiens, et de les présenter comme libres pour du logement social, alors qu'une partie d'entre eux sont des monuments historiques, que certains sont occupés par des Ministères, que la libération d'autres bâtiments est conditionnée à l'achèvement de projets comme le Balardgone ( voir communiqué ci-dessous), ?
 
Pense-t-il que les mal-logés vont se résigner à attendre encore et encore le minimum vital, un logement décent, en se contentant d'annonces sans cesse renouvelées ?
 
Pense-t-il que les évacuations policières violentes vont suffir à nous faire renoncer à être simplement traités en vertu du droit, et non pas mis en dessous de ce droit commun ?
 
Aujourd'hui, suite à l'évacuation, une femme de 63 ans, travailleuse précaire, baladée entre la rue et les hébergements de fortune de quelques nuits chez des proches , est restée inconsciente de longues minutes avant d'être finalement hospitalisée. Malgré la pression policière, les mal-logés présents sont restés dans l'enceinte du Centre d'Analyse Stratégique jusqu'à ce que les pompiers l'emmènent.
 
Cela nous ne l'avons pas toléré sous Sarkozy et cela n'a fait qu'intensifier notre lutte. Nous ne l'accepterons pas plus sous Hollande.
 
Un logement pour tous maintenant


Mal-logement : Evacuation musclée du Centre... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place
 

MAL LOGEMENT, L'URGENCE C'EST MAINTENANT

Les mal-logés investissent aujourd'hui le Centre d'Analyses Stratégique du premier Ministre.

 

Les déclarations politiques se suivent et se ressemblent : François Hollande, Cecile Duflot ne cessent de proclamer que le mal-logement est une priorité, que des mesures vont être prises, réquisitions, loi de cession des terrains publics, mise en place d'un dispositif hivernal digne de ce nom et qui ne s'arrêtera pas avec la fin des grands froids.

 

Mais la réalité ne change pas d'un pouce : l'aggravation de la condition des mal-logés ne fait que s'intensifier.

Le SAMU Social ne peut toujours pas répondre aux demandes d'hébergement : concernant les familles, un système de rotation inhumain, dont nous pouvons fournir des exemples précis a été mis en place. Une famille est accueillie pour une semaine, puis on lui explique que la prise en charge va s'interrompre quelques jours, avant de reprendre et de s'interrompre de nouveau. Des enfants sont déscolarisés, des personnes perdent leur emploi.

Le gouvernement parle de réquisitions de casernes ou d'hôpitaux , et pour plus tard, mais alors pourquoi expulser impitoyablement les mal-logés qui se réfugient dans des logements vides ?

Cecile Duflot évoque la mise en place de « super PLA-I », un jour où l'autre....Mais pourquoi ne pas commencer par reconventionner à des loyers abordables des PLS ( les niveaux de loyers les plus chers du HLM) dont certains ne trouvent même pas preneurs et restent vide des années, faute d'adéquation avec les revenus des demandeurs de logement sociaux ?

François Hollande a de nouveau évoqué la nécessité de mettre rapidement à disposition des terrains publics pour du logement social en Ile de France...seulement la liste fournie aux journalistes pour Paris comporte des monuments historiques ( notamment la Halle Freyssinet qu'on ne pourra donc pas démolir ), des adresses de Ministères ( notamment celui du porte-parolat du gouvernement et Secrétariat des Droits de la Femme dont la fermeture n'est pas prévue à notre connaissance.,) et de nombreux bâtiments actuellement occupés par les services du Ministère de la Défense..;qui ne seront vidés qu'en cas d'achèvement du Balardgone, projet sur lequel le président a demandé un audit et qui est donc incertain. Bref, au moins un tiers des adresses citées correspond à des projets hypothétiques et au mieux sur le très long terme .

Pendant ce temps, 12 000 logements sociaux ont été vendus en 2011, 21 700 ont été démolis ( source commissariat général au Développement durable (CGDD)), et rien dans le projet de loi Logement ne prévoit de mettre fin à cette hémorragie.

Cecile Duflot le dit elle-même, elle est « muselée » et ne fait qu'appliquer la politique de la majorité sous la conduite du premier Ministre : c'est donc au Centre d'Analyses Stratégique du Premier Ministre que nous sommes venus porter notre colère et nos revendications, pour qu'enfin une réponse soit apportée d'urgence au mal-logement.

19:09 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : centre d'analyse stratégique, expulsions, dalo, cecile duflot, hébergement d'urgence, samu social, sdf | | |  Facebook

jeudi, 04 octobre 2012

Mobilisation contre les expulsions: les mal-logés occupent le GIP Habitat

Plus de 80 mal-logés ont occupé toute la matinée le GIP Habitatt et Interventions Sociales , au 38, rue de le République à Montreuil.


Cet organisme est financé par l'Etat pour aider au relogement des mal-logés en difficulté.


Mais, si dans les discours, le nouveau gouvernement prétend mettre les moyens nécessaires pour résorber la crise du logement, sur le terrain, la réalité montre qu'il n'en est rien.


Expulsion emblématique aussi parce qu'elle témoigne de l'inutilité et même du caractère piégé des dispositifs mis en place soi-disant pour aider les mal-logés: il s'agissait d'un foyer prioritaire DALO, censé être relogé, cela n'a pas empêché la procédure d'expulsion d'arriver à son terme. La Loi DALO, avec ses critères ultra-restrictifs exclut donc une grande partie des mal-logés mais ne protège même pas ceux qui bénéficient de son label !


De fait, seule la construction et le reconventionnement massif permettront de répondre à la crise: il y a besoin de vrais logements sociaux, donc une majorité de PLA-I, les seuls niveaux de loyer accessibles à 75 % des demandeurs, et en masse, ce qui nécessiterait au minimum le doublement des aides à la pierre, promis pendant la campagne électorale, mais qui a été remplacé dans le budget par une maigre augmentation de 11%.


Mais même une simple mesure comme l'arrêt des expulsions n'est pas prise.
Ce que les mal-logés en lutte n'ont pas accepté sous Sarkozy, ils ne l'accepteront pas avec Hollande.


Les expulsions ne sont que le symptôme le plus visible d'une crise qui plonge des millions d'entre nous dans l'enfer du mal-logement: loyers trop chers, logements trop petits et insalubres, hébergements précaires .


Mais néanmoins , qu'il faille se mobiliser collectivement pour les empêcher , c'est un très mauvais signal envoyé par la nouvelle majorité.


Mal-logement et expulsions : occupation du GIP... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

BUDGET LOGEMENT : sans doublement des aides à la pierre, les mal-logés sont condamnés à l'aggravation de la crise

 

Le Collectif des Mal Logés en Colère occupe aujourd'hui le GIP Habitat et Interventions Sociales, à Montreuil. Cet organisme est chargé par l'Etat d'aider au relogement des foyers mal-logés et notamment ceux reconnus prioritaires DALO.

 Le budget Logement est désormais connu. Et malheureusement les choses sont claires : le doublement des aides à la pierre qui devait permettre la construction de 150 000 logements dont 120 000 par les bailleurs sociaux n'aura pas lieu. L'augmentation de l'aide de l'Etat est de 11% seulement, accompagnée d'une nouvelle ponction sur le budget du 1%. Cette ponction relève artificiellement le budget du logement, mais il s'agit d'une simple opération de vases communicants, qui diminuera la construction des collecteurs du 1%.

 En ce qui concerne l'hébergement, une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros est accordée : c'est un montant dérisoire à l'heure où 70% des appels au SAMU social en Ile de France sont laissés sans réponse. Faute d'offre de logement, l'hébergement est devenu la norme pour une partie considérable des mal-logés, coincés pendant des années dans des structures précaires et coûteuses, notamment les hôtels. Le dispositif reste saturé, et par conséquent devient inaccessible à d'autres demandeurs à qui il reste la rue et les marchands de sommeil.

 Des organismes comme le GIP sont bien financés par l'Etat pour trouver des solutions : mais il faudrait que ces solutions existent , sans quoi cela ne sert à rien. Actuellement , pour le seul DALO, plus de 20 000 dossiers sont en attente en IDF, et encore le DALO est-il déjà très restrictif dans ses critères.

 Nous attendions le doublement des aides à la pierre et des annonces claires sur la construction massive de PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 80% des demandeurs.


Nous attendions l'annonce de l'arrêt des expulsions.


Nous attendions que l'Etat supprime des dispositifs favorables uniquement aux promoteurs, comme l'Usufruit Locatif Social et d'autres formes de faux logements sociaux qui vident les caisses à coups d'exonération d'impôts et permettent de contourner la loi SRU.

 Nous attendions des engagements immédiats en terme de relogements pour répondre à l'urgence.

 Un gouvernement ne peut pas prétendre faire de l'Education ou de l'Emploi ses priorités et laisser trois millions et demi de personnes mal-logés. Qui peut prétendre qu'on peut avoir une vie scolaire et professionnelle normale sans logement décent.

 Nous sommes déçus et nous sommes en colère : nous ne voulons pas d'un hiver de plus passé à entendre les responsables des structures censées nous aider comme le GIP, nous répondre qu'ils ne peuvent rien nous proposer.

 Nous voulons un logement maintenant.

15:00 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : expulsions, gip habitat et interventions sociales, cecile duflot, aides à la pierre, ush, dalo, super pla-i | | |  Facebook

mercredi, 30 mai 2012

Balardgone: manifestation pour la prise en compte des besoins en logement

Une centaine de mal-logés ont manifesté ce matin pendant près de deux heures dans l'entrée du chantier Balardgone, futur site du Ministère de la Défense...mais aussi de bureaux privés d'AXA Reim, deuxième investisseur immobilier mondial qui a obtenu 90 000m2 de surface constructible.

Nous étions présents pour demander que le logement social ne soit pas une nouvelle fois le grand oublié d'une opération de restructuration urbaine sur des terrains publics.

Dans le projet conçu par l'ancien gouvernement, en effet, les parcelles possiblement constructibles pour des habitations selon les règles du PLU accueilleront AXA , qui réalise là une opération très profitable, dans un contexte de hausse importante des prix de l'immobilier de bureau dont tous les analystes indiquent qu'elle va se poursuivre dans les années qui viennent. Opération d'autant plus profitable qu'AXA bénéficiera de la valorisation de ce quartier ( tram, construction d'une nouvelle sortie du métro Balard donnant directement sur le site, équipements collectifs attractifs ) financée par l'argent public.

D'autre part, même la possibilité de déplacer un dépôt de la RATP sur le site du Balardgone pour construire des logements sociaux sur son ancien emplacement Rue de La Croix Nivert avait été rejetée, bien que demandée par la Ville de Paris.

Pendant la manifestation, le  responsable du projet Balardgone pour le Ministère de la Défense a reçu une délégation du collectif: il nous a informés qu'une réunion entre tous les décisionnaires sur ce projet ( Etat, RATP , Ville, et investisseurs privés ) aurait lieu début juin, et que la question du déplacement du dépôt de bus serait réexaminée.

Ce réexamen doit prendre en compte les besoins en logement: il serait inimaginable que seuls les investisseurs immobiliers, ceux-là même qui tirent profit de la spéculation immobilière qui empêche des centaines de milliers de francilens d'accéder à un logement, soient les seuls favorisés dans cette opération. Et ce d'autant plus que le 15ème arrondissement compte déjà un autre projet de bureaux à grande échelle, avec la construction de la Tour Triangle.

Partout où l'Etat dispose de terrains publics constructibles, le logement social ne doit pas être oublié !


Balardgone : les mal-logés manifestent pour du... par HLMPOURTOUS


Communiqué diffusé sur place

Balardgone : des logements pas des bureaux !

 

Nous sommes venus à une centaine de demandeurs de mal-logés manifester sur la « Corne Ouest » du futur, Balardgone , le complexe immobilier qui accueillera notamment le Ministère de la Défense, mais pas seulement.

En effet, sur cette « Corne Ouest », ce sont plus de 90 000 m2 qui ont été accordés à AXA Real Investment pour construire un ensemble de bureaux loués au privé. Cette décision a été prise par le gouvernement précédent et représente un beau cadeau pour l'un des premiers investisseurs immobiliers mondiaux. En effet, les prix de l'immobilier de bureau sont repartis à la hausse, AXA va donc réaliser dans l'avenir des gros profits avec ce site et ce d'autant plus que la compagnie bénéficiera de la valorisation de son bien créée par les améliorations apportées au quartier ( transports, équipements collectifs )par l'argent public.

A l'inverse rien n'est jusqu'ici prévu en terme de logement social sur les terrains publics du Balardgone : pourtant ceux-ci se situent dans une capitale très déficitaire en logements sociaux et en plein dans l'Ouest Parisien qui en fait très peu.

AXA Real Investement fait partie des acteurs privés qui profitent à plein de la montée constante des prix de l'immobilier en région parisienne et à Paris, cette même montée des prix qui crée en partie le mal-logement subi par des centaines de milliers de Franciliens.

En contrepartie de ces profits, AXA pourrait très bien investir dans la construction de logements sociaux et ce d'autant plus qu'elle est actionnaire majoritaire d'un bailleur social Le Logement Français. Interrogé sur cette possibilité , le PDG d'Axa, Pierre Vaquier nous avait répondu lors d'une occupation de son siège qu'il n'avait pas à se poser la question, le Plan Local d'Urbanisme lui permettant de faire des bureaux sur le Balardgone.

Aujourd'hui le projet du Balardgone doit être modifié par l'Etat, et inclure du logement social. Demandeurs de logement franciliens, nous comptons bien continuer à mobiliser pour que ce soit le cas, sur ce terrain, comme sur tous les terrains publics disponibles.

Le foncier disponible doit d'abord être alloué au logement, pas aux bureaux !

 

UN LOGEMENT POUR TOUS , MAINTENANT !

 


15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : axa reim, bouygues, balardgone, plu paris, tour triangle, loi sru, expulsions, hébergement d'urgence | | |  Facebook

 
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