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jeudi, 29 mars 2012

Dans le 16ème comme ailleurs, le mal-logement est une réalité massive

claude goasguen, 16ème arrondissement, Sainte Perine, logement social, hébergement

Dans le 16ème comme ailleurs, le mal-logement est une réalité massive. C'est ce que sont venus rappeler une centaine de mal-logés parisiens qui ont manifesté dans la cour de la mairie ce matin, avant d'obtenir un rendez-vous avec l'adjoint chargé du Logement, Marc Lumbroso.

Presque 4000 personnes sont actuellement en attente d'un logement social dans le 16ème arrondissement. Aux problèmes rencontrés par tous les mal-logés parisiens , s'ajoute ici celui assez spécifique des chambres de bonne presque invisibles ou des personnes, retraités , femmes isolées, ou travailleurs précaires vivent souvent sans même un sanitaire.

Mais il y a une autre spécificité du 16ème arrondissement : ici, les mal-logés sont un enjeu de polémique perpétuelle pour les élus , ceux de la majorité comme ceux de l'opposition. Devenus bien malgré eux un symbole évoqué régulièrement au Conseil de Paris, les demandeurs de logement n'en sont pas pour autant pris en considération.

Tous ou presque ont fait l'expérience des permanences en mairie : lorsque c'est un élu de la majorité municipale de l'arrondissement qui les recevra, il les renverra sur la compétence du Maire de Paris , arguant du peu de logements attribuables par la mairie d'arrondissement, et glissant au passage quelques mots sur la démagogie de Bertrand Delanoe.

A l'inverse lorsque le même demandeur de logement ira à la permanence de Mr Mano, il se verra énumérer une liste de projets de logements sociaux qui ne verraient pas le jour à cause du maire du 16ème. Et on lui expliquera également que la Ville de Paris refuse de céder au chantage et d'abandonner l'idée que les mal logés du 16ème doivent être relogés dans le 16ème pour favoriser la mixité sociale.

Ces derniers mois, tandis que les élus de la majorité du Conseil de Paris dénonçait des blocages de construction de HLM, notamment à Sainte Perrine, les élus de l'opposition pointaient eux, le fait que les logements sociaux de l'AP-HP gérés notamment par la Ville de Paris, étaient attribués dans l'opacité et pas forcément à des salariés modestes

Bref, entre un maire d'arrondissement , qui par principe, réfute la majorité des projets de logements sociaux dans l'arrondissement, et un maire de la capitale qui, par principe , priorise une hypothétique mixité sociale dans un avenir lointain sur des relogements immédiats dans d'autres quartiers, les demandeurs de logement n'ont aucun espoir.

Nous sommes donc venus une nouvelle fois manifester devant la mairie, et nous reviendrons jusqu'à ce que des élus en sortent pour régler les problèmes : depuis un an, en effet, aucun des dossiers soumis n'a avancé. Certains d'entre eux concernent des demandeurs de logements depuis plus de quinze ans, d'autres des familles qui se retrouvent à la rue, sans même une proposition d'hébergement.


                         Paris : Une centaine de mal-logés manifestent... par HLMPOURTOUS

13:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : claude goasguen, 16ème arrondissement, sainte perine, logement social, hébergement | | |  Facebook

mercredi, 21 mars 2012

Aménagement urbain: les mal-logés remettent en cause les priorités de la mairie

Ce matin, Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanöe avait invité les journalistes à une visite en bus des nouveaux prototypes de mobilier urbain installés dans la capitale.

Les mal-logés se sont invités au départ de la visite: derrière le Paris high-tech, derrière la ville ultra-moderne, il y a la réalité des centaines de milliers de mal-logés parisiens, qui, eux , survivent dans des conditions dignes d'un autre âge.

Nous étions là pour exiger que les mêmes moyens technologiques et financiers qui sont déployés pour l'image de la capitale soient aussi mis au service de la résolution immédiate des problèmes de logement.

Après l'obtention d'un rendez-vous demain avec le cabinet du maire, nous avons laissé partir le bus.


Paris : Anne Hidalgo interpellée par des mal-logés par HLMPOURTOUS

Le communiqué diffusé sur place

Le Collectif des Mal Logés en Colère manifeste aujourd'hui à l'occasion d'une visite dans Paris organisée pour la presse par Mme Hidalgo, première adjointe de la Ville : il s'agit de faire découvrir des exemples de mobiliers urbains innovants récemment installés dans la capitale, fruit des dernières avancées technologiques mis au service du loisir et du tourisme.

 Nous sommes venus montrer l'autre visage de Paris, pas celui de la ville high tech, mais celui où des centaines de milliers de personnes survivent dans des conditions souvent dignes des siècles passés, à cause du mal-logement.

 Logements indécents et insalubres, mal aérés et humides , infestés par les rats et les cafards. Sanitaires dégradés , inutilisables ou inexistants. Errance urbaine, faite d'hébergements précaires, de logements de fortune, de passages par la rue. Parents, enfants et grand-parents entassés dans des logements trop petits.

 Tous ces problèmes d'un autre temps perdurent et s'aggravent dans la capitale : les prouesses technologiques, l'innovation , l'investissement ne sont pas de mise en ce qui concerne la résolution du mal-logement.

 Au contraire, la production de logements sociaux à bas loyer baisse .

 En 2010, la production de logements du premier bailleur social parisien déjà bien insuffisante administré par la Ville de Paris, Paris Habitat OPH est passée de 2606 à 508,unités, soit une réduction de plus de 75% en un an !

 Paris, certes arrivera à 20% de logements « au titre de la loi SRU » en 2014 : mais depuis 2001, seulement 12 222 PLAI ont été agrées, contre 13 000 PLS. Or les PLS, les plus chers des logements sociaux sont inaccessibles en termes de loyer à la plupart des ménages parisiens, alors que 80% des demandeurs de logement sociaux ont des ressources correspondant à celles du PLA-I.

 Paris est devenue une ville à deux vitesses : pour ceux qui ont les moyens, une capitale high tech.

Pour les autres, et notamment pour les mal-logés une ville ou les innovations qui comptent en terme de mobilier urbain sont surtout les installations anti-SDF qui prolifèrent un peu partout pour rendre la misère invisible.

 Comme lors de nombreuses autres inaugurations, nous sommes présents aujourd'hui en nombre, parce que seule la visibilté du mal-logement incitera nos responsables politique à le faire disparaître définitivement du paysage en mettant les moyens nécessaires au logement de tous.


16:01 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, bertrand delanoe, aménagement urbain, logement social, insalubrité | | |  Facebook

mercredi, 29 février 2012

Le Centre d'Analyse Stratégique de François Fillon occupé

François Fillon, Centre d'Analyse Stratégique, Benoist Apparu , logement social, SRU, DALO

Le Centre d'Analyses Stratégiques ( 18, rue Martignac ) , organisme placé sous l'autorité du Premier Ministre , a été occupé pendant plusieurs heures par une petite centaine de demandeurs de logement.

Le Centre a rendu récemment un rapport sur les aides publiques au logement: en cette période électorale où se débat notamment l'avenir du logement social, nous ne pouvions rester sans réaction devant la teneur et l'orientation de ce rapport.

En effet, celui-ci choisit de ne cibler comme objet d'étude et de critique que la part des aides consacrées à financer le logement public, alors que 27 milliards d'euros sur 39 de budget total sont destinées à l'aide au logement privé. Comme toujours, les sommes d'argents consacrées au service public sont scrutées à la loupe, pas celles qu'on alloue aux propriétaires et aux investisseurs immobiliers !

Ce rapport ouvre des "pistes " pour le moins inquiétantes: notamment des restrictions d'accès au logement social sous prétexte de prioriser les personnes les plus défavorisées, et ce alors que toutes les études montrent qu'une part grandissante de la population ne peut se loger correctement nulle part ailleurs, sans que les loyers ne grèvent trop les budgets.

Il décrète que les aides à la personne seraient plus efficaces que les aides à la pierre destinées à financer directement la construction de logements: mais avoir choisi de comparer ces deux budgets n'est pas neutre, car il s'agit toujours de chercher à déshabiller paul pouur habiller Jacques plutôt que d'augmenter le financement global, condition nécessaire pour résoudre la crise du logement.

Embarrassé le directeur du Centre d'Analyses Stratégiques nous a expliqué se situer dans un cadre ou de toute façon, l'augmentation massive du budget pour le logement n'était pas une priorité réaliste, et qu'une telle proposition n'était évidemment pas ce qu'attendait François Fillon.

C'est pourtant la seule solution , à moins de considérer que les millions de mal-logés ne sont pas un problème.

Nous le répèterons à la direction du Centre et aux auteurs du rapport qui nous recevront sous quinzaine


Des mal-logés occupent le Centre d'Analyse... par HLMPOURTOUS


Communiqué diffusé sur place

Les demandeurs de logement social s'invitent aujourd'hui au centre d'analyse stratégique, placé sous l'autorité du Premier Ministre François Fillon.

 Toutes les attributions du Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable , des Transports et du Logement viennent d'être transférées à François Fillon. Une raison de plus de nous inquiéter de l'influence que pourra avoir un rapport rendu récemment par le Centre d'Analyses Stratégiques sur la question du logement social et les solutions à apporter à la crise du logement.

 Ce rapport qui se veut objectif est pour le moins partial, à l'image des politiques menées ces dernières années.

François Fillon, Centre d'Analyse Stratégique, Benoist Apparu , logement social, SRU, DALO Sur toutes les aides publiques accordées au logement, seule l'efficacité des 12 milliards accordés au logement social ( sur 37 milliards au total ) est examinée et remise en question. Et ce alors que les loyers dans le secteur privé n'ont cessé d'augmenter, que la spéculation immobilière est une réalité massive qui devrait logiquement être prise en compte pour évaluer l'utilité des aides publiques.

L'ensemble du rapport est concentré sur une même obsession : faire sortir des locataires en titre du logement social et réduire son périmètre : sont par exemple une nouvelle fois pointés du doigt comme disposant d'une « rente de situation », les locataires âgés qui ont un logement « trop grand ».

Plus globalement, le Centre d'Analyses Stratégiques estime que le nombre de personnes pouvant légalement accéder à un logement social devrait être réduit, par une baisse des plafonds de ressources, et que seuls les personnes les plus défavorisées devraient pouvoir y répondre.

 Cette restriction aggraverait aux problèmes de logement actuels : en augmentant encore la demande sur le marché privé, elle ne pourrait conduire qu'à augmenter les prix dans le privé. Elle appauvrirait de fait, une partie de la population, en lui coupant la possibilité d'accéder à des loyers moins élevés dans le public et à consacrer une moindre part de son revenu au loyer.

 Son seul avantage serait pour les Ministres chargés du Logement : cela réduirait mécaniquement le nombre de demandeurs de logement social et invisibiliserait une partie des problèmes de logement, alors que toutes les études montrent qu'ils touchent une part grandissante de la population.

 Le logement social doit rester un service public utile à tous : le raisonnement consistant à le résetver théoriquement aux « plus défavorisés » conduit toujours au même résultat : diminuer le budget qui lui est accordé.

 C'est d'ailleurs ce que préconise le rapport qui se livre à une charge contre les aides à la pierre, celles qui permettent de construire des logements sociaux. En se référant notamment à la situation aux Etats Unis, il affirme que les aides à la personne seraient plus efficaces. Mais quand bien même ce serait vrai, pourquoi l'augmentation des aides à la personne devrait-elle être financée par une baisse des aides au logement social , et pas par exemple, par la hausse des impôts sur les bénéfices immobiliers qui ont augmenté de 60% ces dix dernières années.

 Ce rapport est donc orienté dans le sens d'une politique catastrophique déjà en œuvre qui vise à réduire sans cesse l'investissement dans le logement social : vente de HLM, destruction de centaines de milliers d'appartements, prélèvements sans cesse plus élevés sur le budget des bailleurs et sur le 1% réduisant de fait les sommes disponibles pour la construction, hausse constante de la proportion des PLS dans la production globale de logements sociaux...

 

Nous sommes ici pour combattre cette politique, pour exiger l'arrêt de la destruction du logement social !

 

16:30 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois fillon, centre d'analyse stratégique, benoist apparu, logement social, sru, dalo | | |  Facebook

 
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