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jeudi, 20 novembre 2008

A Pantin, place aux banquiers, dehors les mal logés

A Pantin, place aux banquiers, pas aux mal logés

 

Depuis quelques mois, notre collectif a mené plusieurs actions en direction de la mairie socialiste de Pantin.

 

Pantin fait partie de ces villes populaires qui attirent aujourd’hui entreprises et promoteurs : comme toujours, cette attractivité se traduit par l’augmentation des loyers du privé, et la difficulté croissante à se loger.

L’accès au logement privé devient impossible hormis dans les taudis loués à prix d’or.

Il y a donc 4000 demandeurs de logement social à Pantin : mais la mairie  refuse de tenir compte de la demande et préfère se réfugier derrière le taux de HLM existants, 40 pour cent.

Mais dans des villes, ou l’habitat social de fait, c'est-à-dire le logement privé à bas prix se réduit comme une peau de chagrin, ce raisonnement conduit à un résultat évident : l’exil d’une partie des Pantinois, ou des conditions de vie insupportables, d’hébergement en hébergement, ou la suroccupation pour des familles entières qui doivent se contenter d’un studio ou d’un deux pièces, le plus souvent insalubre.

Pourtant la place ne manque pas pour construire du logement : mais la commune a par exemple préféré vendre les Grands Moulins à la BNP Paribas pour faire des bureaux.

Et la mairie détruit du logement social, notamment aux Courtillières. Sans hésiter à expulser ceux qui se sont installés dans des appartements laissés vides, après leur avoir pris l’équivalent d’un loyer ( indemnités d'occupation) pendant des années.

Pour toutes ces raisons nous avons organisé depuis le mois de juin plusieurs rassemblements devant la mairie et les services sociaux, et mené plusieurs occupations dont celle de la SEMIP, la société d’aménagement urbain contrôlée par la mairie.

Suite à cette occupation, nous avons été reçus en mairie par le directeur de cabinet de Bertrand Kern, Philippe bon ainsi que par la chargée de mission du logement.

Si ce rendez-vous ne nous a rien apporté en termes de solutions pour les membres pantinois du collectif, il nous a permis par contre d’avoir une idée claire du mépris de la municipalité pour les mal logés.

Tout d’abord, la liste des non prioritaires n’a cessé de s’allonger pendant le rendez-vous .

Pantin ne reloge pas les squatters, même si les dit squatters vivaient à Pantin depuis des années avant de prendre un logement vide, faute d’avoir reçu une réponse à leur demande de logement.La mairie est cependant moins regardante quand il s'agit de prendre l'argent de ces mêmes squatters, à titre d'indemnités d'occupations, pour fianlement les expulser.

Mais la mairie considère aussi que les hébergés ne sont pas « prioritaires », car « ils ont un toit »

Alors qui ? Les habitants des taudis ? Non plus.

La veille du rendez-vous une équipe de la mairie s’était rendue dans un immeuble ou vivent des foyers du collectif : il y a du plomb, les appartements sont humides, certains planchers branlants, et la suroccupation est généralisée.

Mais pour la mairie, la solution est simple : des travaux contre le plomb seront imposés aux propriétaire, et les familles contraintes de s’exiler à l’hôtel puis de revenir dans leurs taudis.

Pas de relogement non plus : et l’initiative de la mairie a déjà un résultat concret : la colère du propriétaire, qui menace les locataires de ne pas renouveler les baux.

Bref, pour Bertrand Kern et sa majorité municipale, la liste des mal logés dont il ne souhaite pas entendre parler est très longue, et les critères qui peuvent par miracle amener à un relogement sont pour le moins flous.

Les mal logés du collectif ont donc été en toute logique « invités «  à aller voir à Neuilly ou aux Pavillons sous Bois : les Pantinois pauvres sont donc sommés de quitter la commune, par contre très ouverte aux nouveaux arrivants à condition qu’ils soient banquiers ou promoteurs. Les nouveaux logements sont en effet nombreux, mais il s’agit d’accession à la propriété.

Nous avons depuis longtemps pris l’habitude de ces sommations de quitter les lieux, les mal logés en Ile de France sont systématiquement considérés comme des habitants de seconde zone, des fardeaux indésirables.

Mais comme d’autres maires, Mr Bertrand Kern devra s’habituer à notre présence collective et à notre lutte pour le relogement de tous.

00:36 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pantin, kern, bnp, mal logés, logement social, insalubrité, grands moulins | | |  Facebook

mercredi, 19 novembre 2008

Les mal logés occupent ICF- La Sablière

Le collectif Mal Logés en Colère a occupé  14 Novembre 2008 le bailleur social ICF Sablière 24, rue Paradis dans le 10ème arrondissement de Paris. Une centaine de mal-logés du collectif ont investi les locaux de cette société HLM, pendant plusieurs heures.

Cette action s'inscrit dans une campagne de pression sur les bailleurs sociaux : au mois d'octobre et novembre, nous avons occupé le siège d'Efidis, celui du Logement Français et celui de la SEMIDEP.

Comme le gouvernement, les bailleurs se réfugient derrière l'écran de fumée de la Loi DALO pour masquer la réalité : derrière la prétendue avancée constituée par cette loi, la politique de construction mais aussi d'attribution des logements sociaux n'a absolument pas changé.

La loi DALO instaure un tri scandaleux dans les demandeurs de logements, dont beaucoup sont déclarés non prioritaires par les commissions de médiation franciliennes ( 33 pour cent de dossiers rejetés à Paris, plus de 40 pour cent dans d'autres départements d'Ile de France). En effet les deux critères principaux l' « urgence » et le caractère « prioritaire » de la demande laissent la place aux interprétations les plus sévères d'autant plus que la charge de la preuve incombe au mal logé.

 

Les dossiers jugés « non prioritaires » par la commission sont écartés des propositions du contingent préfectoral : reste les appartements du un pour cent, de plus en plus inaccessibles, notamment aux travailleurs précaires, et les appartements librement attribués par les bailleurs qui se gardent bien de prendre les candidatures aux revenus trop modestes à leurs goûts.

Et pour ceux qui sont jugés « prioritaires », le résultat n'est dans l'immense majorité des cas pas différent. La loi DALO instaure trois candidatures pour chaque logement. Par conséquent les mal logés qui reçoivent des propositions sont certes plus nombreux qu'auparavant.

Mais la désillusion est encore plus grande, car pour deux familles sur trois, c'est évidemment un refus. Et de fait, dans ces commissions, les bailleurs imposent leurs critères habituels, notamment un revenu le plus élevé possible.

 

Ainsi, dans notre collectif, les propositions d'ICF se sont toutes soldées par un refus, malgré l'urgence reconnue de la situation.

Pourtant ICF a racheté plus de deux mille logements à la SAGI, société de la Ville de Paris.

Mais comme la plupart des bailleurs, ICF consacre une bonne part de ses nouvelles constructions à l'accession à la propriété, inaccessible aux classes populaires en région parisienne, surtout en ces périodes de restriction du crédit généralisée, et de baisse des revenus.

Le nombre de logements vraiment sociaux ( PLA-I et certains PLUS ) ne correspondent en rien aux besoins.

Que le droit au logement soit inscrit dans le marbre de la loi DALO ne change donc rien, aucun juge n'est en mesure d'attribuer des logements.

De toute façon, entre les barrages de la commission de médiation, et celui de l'accès au tribunal, peu nombreux seront les mal logés qui arriveront au terme de la procédure. De plus, les bailleurs ne sont absolument pas concernés par les obligations de la loi DALO, ni sur le contingent un pour cent, ni sur leurs contingents propres. Et celle-ci ne les empêche pas de toute façon de faire le tri et de ne répondre que marginalement à la demande, par le seul biais du contingent préfectoral, un peu plus de 2000 logements par an sur Paris, par exemple.

 

Les mal logés n'ont donc rien à attendre ni de la loi DALO, et seule la pression collective peut amener les bailleurs comme le gouvernement et les communes à accroitre l'offre en fonction des besoins réels.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

23:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : bailleur social, mal logés, hlm, icf-la sablière, dalo, logement | | |  Facebook

jeudi, 29 mai 2008

Loi DALO: le grand bluff

LOI DALO: Le grand Bluff

 

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Intervention collective des mal logés en colère à l'assemblée générale du Conseil National des Villes.


Aujourd'hui, l'assemblée générale du Conseil National des Villes devait notamment aborder "les problèmes soulevés par l'application de la loi DALO ", en présence de Mme Boutin, Ministre du Logement.

En toute logique, nous étions une centaine de mal logés à nous être invités à cette Assemblée Générale. Qui, mieux que les concernés peut évoquer les problèmes crées par cette loi, pourtant censée résoudre la crise du logement dans les meilleurs délais ?

Quatre mois après sa mise en place, nous constatons déjà que la loi DALO ne résoud rien au quotidien.

Au contraire, la loi DALO ne fait que complexifier et ralentir les processus de relogement.


Avant cette loi, les Préfectures avaient déjà des obligations de relogement légales, qu'elles ne tenaient pas, notamment en matière d'insalubrité. Aujourd'hui, pour faire reconnaitre ces obligations, il faut passer par le filtre d'une commission de médiation, puis éventuellement au Tribunal.

Concrètement en région parisienne, les mal logés qui ont déposé des dossiers au mois de février n'ont même pas encore l'attestation de dépôt !

La loi DALO est donc un filtre, une procédure de tri entre les mal logés: les critères très restrictifs permettent de déclarer non prioritaires des milliers de dossiers. Ainsi il faut être en hébergement d'urgence depuis plus de six mois pour pouvoir éventuellement être reconnu prioritaire par la commission de médiation.

Alors que l'accès au logement social était un droit conditionné au niveau de ressources, la loi DALO ne tient aucun compte de certaines catégories de mal logés, notamment ceux dont le loyer dans le privé leur laisse à peine de quoi survivre.

D'autres critères parfaitement subjectifs et arbitraires comme "la bonne foi" ou "la nécessité sociale d'un passage préalable par l'hébergement" permettent aussi d'exclure certains mal logés.

La loi DALO, bien loin d'adapter l'offre à la demande de logements sociaux, fait exactement l'inverse: l'investissement dans les vrais logements sociaux n'augmente pas, des dizaines de milliers de logements sont détruits chaque année, le 1% patronal finance désormais du loyer libre. La loi DALO en définissant des mal logés "prioritaires " et d'autres qui ne le seraient pas vise bien à accompagner cette politique.

Mal logés de toutes conditions, nous sommes donc venus rappeler aux élus du Conseil National des Villes et à Mme Boutin, que le logement social a pour vocation de permettre à tous ceux qui ont des revenus modestes d'être logés à bon marché.

1078627273.jpg Mme Boutin a préféré attendre notre départ, dans sa voiture blindée, ce qui n'est pas très étonnant de la part d'une Ministre qui ne reloge même pas les mal logés qui répondent aux critères pourtant restrictifs définis par la loi DALO. Après de longues négociations avec plusieurs membres de son cabinet, une réunion dans l'urgence a cependant été obtenue.

Le maire de Vaux en Velin et la maire du Havre, également à la présidence et à la vice présidence du CNLV se sont également engagés à rendre publiques nos critiques et la réalité de la loi DALO , telles que les concernés la vivent.

Nous continuerons à venir publiquement à la rencontre de Mme Boutin, Ministre du Logement qui ne veut pas voir les mal logés.

16:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : dalo, boutin, conseil national des villes, mal logés, logement social, crise du logement | | |  Facebook

 
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