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mardi, 06 mai 2008

Le maire du 10ème envoie la police contre les mal logés , mais épargne les marchnads de sommeil

Ce matin soixante dix mal logés du collectif se sont fait expulser par les gardes mobiles de la mairie du 10ème arrondissement.C’est la deuxième fois en quinze jours.

Interrogé tout juste après sa prise de fonctions, Mr Rémi Ferraud nouveau maire du 10ème arrondissement déclarait à un journal parisien « Ma priorité c’est l’éradication de l’insalubrité « . Mais le mal logement s'éradique-t-il en expulsant les mal logés ?

A deux pas de la mairie , dans la rue Jarry des dizaines de familles vivent entassées dans plusieurs hôtels meublés.La suroccupation y est un problème général, qui à lui seul devrait justifier le relogement.


A l’hôtel Crystal, la situation n’ a fait qu’empirer ces derniers mois. Au début du mois d’octobre, un arrêté de péril frappe l’hôtel, la Ville de Paris cesse immédiatement d’assurer le financement de l’hbergement. Elle ne propose aux habitants que des hôtels tout aussi dégradés, et dans l’immense majorité des cas, en banlieue.

Les familles , Parisiennes de longue date, avec leurs enfants scolarisés dans l’arrondissement se mettent en lutte pour leur relogement. Malgré des promesses préélectorales, la Ville ne propose aucune solution stable. Et il faut tout l’hiver manifester, occuper, pour que l’électricité ne soit pas coupée, pour faire face aux tentatives d’expulsions sauvages de l’hôtelier.

Au printemps, les travaux sont faits, l’arrêté de péril concernait la façade : mais immédiatement, une autre injonction de travaux suit, les services sociaux refusent la reprise du financement.

Les élections sont passées, et les mal logés de la rue Jarry, leur détermination incommodent la mairie, qui a refait des propositions de changement d’hôtel, sans aucune garantie de stabilité, comme si il était inconcevable que des habitants du 10ème arrondissement soient relogés à Paris dans un vrai logement.

Désormais, les habitants de l’hôtels qu’ils viennent à la mairie à cinq, à dix ou à 60 sont expulsés par la police sans qu’un élu vienne leur parler.

L’hôtelier  a averti les habitants : la Mairie se désintéressant totalement du sort des familles, il s’estime autorisé à multiplier les pressions et les violences. Depuis quinze jours, il n’y a plus d’eau chaude, l’électricité est régulièrement coupée, les provocations physiques et verbales se multiplient .

Rémi Ferraud prend aujourd’hui une lourde responsabilité : la santé des enfants notamment est gravement menacée par cette situation, et le risque d’expulsion sauvage, comme celui de violences graves est permanent.

Les habitants et le Collectif Mal Logés en Colère vont poursuivre leur lutte pour le relogement de tous. Mais si les familles se retrouvent à la rue, si leur intégrité physique et morale est constamment menacée, la Mairie du 10ème arrondissement ne pourra pas se contenter d’accuser les marchands de sommeil. Quand des élus sont prêts à dépenser l’argent public sans compter pour mobiliser des cars de CRS contre les mal logés, mais refusent de se donner les moyens de reloger, ils se font objectivement le soutien de ces marchands de sommeil.

18:09 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mal logés, marchands de sommeil, rémi ferraud, hôtels, ville de paris, logement social | | |  Facebook

mardi, 29 avril 2008

Occupation de l'association "Entreprises et Logement"




Le collectif Mal Logés en Colère s'est invité depuis ce matin dans les locaux de l'association "Entreprises et Logement", présidée par Alain Sionneau.

 

Environ 70 Mal Logés en Colère ont occupé les lieux pendant toute la matinée et une partie de l'après-midi



Selon les informations du journal le Parisien du vendredi 25 avril, cette association est directement financée par les fonds du un pour cent logement. Pas moins d'un million et demi d'euros lui ont en effet été alloués pour le seul paiement de son loyer par l'Union d'Economie Sociale pour le Logement !



Une somme qui a de quoi faire rêver tous les mal logés victimes de "congés pour vente", expulsables parce qu'ils n'ont pu racheter leur logement vendu par le propriétaire, ou ceux , qui chaque mois, engloutissent leur salaire dans le paiement d'hôtels meublés, faute d'avoir accès au logement social.



Cette association aurait pour objectif de "financer des études sur le logement".



Les mal logés n'ont pas besoin d'études mais de logements : les fonds du un pour cent n'appartiennent pas au MEDEF mais aux salariés mal logés, et doivent servir à la mise sur le marché de logements sociaux aux loyers adaptés à leur revenus.



Depuis quelques années, les fonds du un pour cent servent notamment à financer les projets de l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine, c'est-à-dire la destruction de HLM et la construction de logements en accession sociale à la propriété ou en loyers libres. Ce financement, contraire à la vocation du un pour cent se fait par le bais de la Foncière Logement, une autre « association », dont Alain Sionneau est également administrateur. Au MEDEF, on a d'ailleurs une bien étrange conception de l'engagement associatif au service du logement social, puisqu'Alain Sionneau a perçu pendant longtemps 8000 euros mensuels pour occuper ce poste.



Ces petits cadeaux entre amis employeurs ne relèvent pas du fait divers: la prétendue crise du logement est aussi le résultat de la main mise des employeurs et des acteurs privés de l'immobilier et du bâtiment sur les fonds publics destinés au logement social : il y a quinze jours nous occupions la SOVAFIM, une société anonyme détenue par l'Etat qui vend terrains et bâtiments à des fonds de pension ou des investisseurs privés. Le président de la SOVAFIM, Jean Paul Dumortier occupe aussi d'importantes fonctions chez le principal acteur de l'immobilier de bureaux français, la Société Foncière Ile de France.



Cette collusion d'intérêts généralisée explique aujourd'hui que les travailleurs pauvres n'accèdent pratiquement jamais aux logements du un pour cent patronal : en contrats précaires, en temps partiel, avec un CDI au SMIC, les mal logés n'ont quasiment aucune chance de franchir le barrage des commissions d'attribution.



Nous exigeons donc qu'Alain Sionneau , président d' "Entreprises et Logement " , association financée par nos cotisations , utilise celles-ci pour l'usage qui doit être le leur : permettre le relogement des salariés mal logés.

18:19 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mal logés, un pour cent patronal, alain sionneau, medef, uesl, logement social | | |  Facebook

mardi, 15 avril 2008

Les mal logés occupent la SOVAFIM

Une centaine de mal logés en colère ont occupé  les locaux de la SOVAFIM , 27 rue de Ville l'Evèque dans le 8ème arrondissement.

 

La SOVAFIM est une société anonyme dont le capital est détenu par l'Etat, un des outils créés en 2006 pour la fameuse "réforme de l'Etat ".

 

Objectif affiché ? Vendre au meilleur prix bâtiments et terrains publics pour améliorer l'offre de logements.

 

La réalité de l'activité de la SOVAFIM, dont le président du Conseil d'Administration est aussi celui de la plus grosse société foncière francilienne d'immobilier de bureaux , est bien différente.

 

En 2006, la SOVAFIM a ainsi cédé l'hôtel Saint Lazare à un fonds de pension Westbrook, déjà connu pour son rôle dans les ventes à la découpe.

 

A Saint Denis, la vente de terrains à Plaine Commune Développement est destinée à la construction de bureaux et d'un « centre de conférences  .

 

C'est aussi la SOVAFIM qui a été chargée de vendre l'entrepôt Mac Donald dans le 19ème arrondissement de Paris, sur la ZAC Claude Bernard à ICADE : une minorité de logements, et encore moins de logements sociaux, une majorité de bureaux et de locaux commerciaux y seront construits.

 

Trois exemples parmi d'autres de l'objectif réel de cette société : livrer aux promoteurs et aux investisseurs des terrains et des bâtiments publics, au lieu d'utiliser ces biens pour la construction de logements sociaux. Dans le même temps, la Ministre du Logement a beau jeu de pointer le manque de foncier disponible pour expliquer le peu de logements mis sur le marché francilien.

 

Et les bénéfices énormes dégagés par la SOVAFIM sont reversés à l'Etat qui en dispose comme bon lui semble : pas pour le logement, en tout cas, dont le budget fait partie de ceux qui viennent d'être drastiquement réduits, alors même qu'on nous annonce une réforme des aides à la personne dans ce domaine qui réduirait encore les possibilités pour les ménages modestes de se loger dans le parc privé.

 

Dans ces conditions, ne nous étonnons pas que la loi DALO soit une usine à gaz, une machine à faire tourner en rond les mal logés : les refus de dossiers pourtant conformes aux critères requis légalement se multiplient, et les Préfectures usent de manœuvres dilatoires pour se dédouaner de leurs obligations légales : une pratique nouvelle se généralise, les "propositions fantômes" : plusieurs mal logés se voient proposer le même appartement, mais attendent en vain que la « proposition » se transforme en attribution.

 

Nous n'acceptons pas cette politique de l'écran de fumée permanent : nous n'acceptons pas qu'une société qui contribue à la baisse de l'offre de logements sociaux, qui sert les intérêts des promoteurs et des spéculateurs soit en plus présentée comme un outil de lutte contre le mal-logement.

 

Nous n'acceptons pas que la loi DALO soit présentée par le Ministère du Logement comme la loi de la sortie de crise pour les mal logés, alors qu'elle est un écueil de plus dans l'accès au logement, qui va désormais nécessiter un hypothétique passage au tribunal pour avoir une chance d'être effectif.

 

Nous voulons des logements maintenant.

15:29 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sovafim, mal logés, immobilier, spéculation, icade, dalo, boutin | | |  Facebook

 
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