web analytics

Avertir le modérateur

mercredi, 23 septembre 2015

BATIGERE: le logement social est-il encore la priorité des bailleurs sociaux ?

novigere-logement.jpgAlors que le congrès de l'USH ,se tient à Montpellier, 70 mal-logés ont investi cet après-midi les locaux de Novigère : Novigère est une des nombreuses filiales HLM d'un des principaux collecteurs du 1% , CILGERE.

A Montpellier, les directions des bailleurs sociaux parlent "mixité sociale" et "diversification des activités": alors que les aides à la pierre pour le vrai logement social ne cessent de baisser, le logement intermédiaire est favorisé , au travers d'aides étatiques mais aussi de filiales spécialement dédiées au sein des grands organismes HLM.

Sous couvert de loger les classes moyennes, ce type de logements vise surtout à faire de meilleurs profits avec des loyers beaucoup plus chers. Ce n'est une solution satisfaisante pour personne.

L'obtention d'un logement social est plus que jamais un parcours du combattant pour les demandeurs d'Ile de France. Dans la seule capitale, 150 000 foyers attendent un relogement, souvent depuis plus de dix ans. Les loyers du privé ont augmenté de 42 % en dix ans, l'appartement en HLM est donc l'unique solution accessible à une bonne partie de la population . Les dispositifs censés résorber l'urgence sont saturés : en témoigne l'échec de la loi DALO. En Ile de France, des dizaines de milliers de foyers, reconnus prioritaires par un processus pourtant arbitraire et restrictif n'ont toujours pas de relogement.

 Dans cette situation les bailleurs sociaux font-ils le maximum pour répondre à la demande telle qu'elle est ? Certainement pas.

 Ainsi, dans son rapport d'activité 2013, Batigère annonçait une baisse des attributions de logements de 2 % en un an.

Pourtant le bailleur multiplie les opérations : plusieurs centaines de logements étudiants sur le Plateau de Saclay, Usufruit Locatif Social dans les Hauts de Seine. Et la maison-mère CILGERE ne cesse de diversifier ses activités : elle détient ainsi une société privée SOCALOG , qui fait uniquement du logement intermédiaire .

 Seulement, toutes ces opérations laissent de côté le logement social traditionnel, celui dont les loyers sont accessibles aux ouvriers, aux employés, aux familles ou aux retraités modestes. Comme d'autres, Batigère privilégie d'une part désormais le logement temporaire destiné aux étudiants ou aux jeunes travailleurs , plus rentable que le logement familial, parce que les baux y sont plus souples. Et d'autre part, le bailleur développe une offre aux loyers chers, ceux de la catégorie la plus haute du logement social ( PLS ) ou carrément le logement intermédiaire.C'est ainsi que dans la rubrique «  Logements à louer du bailleur » , on ne trouve aucun 4 pièces à moins de 1100 euros en petite et moyenne couronne. A Suresnes, le bailleur affiche même des loyers de plus de 1500 euros mensuels.

 Si ces logements répondent à des besoins, ce ne sont en tout cas pas ceux des catégories modestes de la population : le gouvernement indiquait à l'automne 2014, que les bailleurs du 1 % ne remplissaient toujours pas l'obligation minimale de 25 % de relogements pour les demandeurs labellisés DALO. En 2013, Batigère annonçait, sur toute la France , seulement 121 relogements en accords collectifs.

 A Paris le parc de logements très sociaux moins de 10 % du parc total de l'ensemble des bailleurs.

 Pourtant, à la veille du Congrès de l'UESH , les bailleurs communiquent surtout sur l'énième réforme des attributions discutée actuellement. Mais ce débat là est un leurre : il ne peut y avoir ni justice sociale, ni transparence , ni respect du droit fondamental au logement, sans une réorientation de la production. Sans logements accessibles, pas de droit au logement. Or aujourd'hui, les classes populaires voient sans cesse diminuer l'offre de logement qui leur est destinée.

 La vocation première d'un bailleur social, est le logement social. Alors que plusieurs millions de mal-logés attendent une solution, ce doit être la priorité absolue, pour Batigère comme pour tous les autres organismes.

17:20 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : congrès, ush, aide à la pierre, batigère, cilgère, novigere, logement intermédiaire, pla-i, pls, uls, grand paris, saclay, dalo, mixité sociale | | |  Facebook

mercredi, 13 mai 2015

Qui peut habiter chez France Habitation ?

France Habitation70 mal-logés ont occupé ce 15 mai après-midi l'un des sièges du bailleur France Habitation détenu par le collecteur du 1% ASTRIA à Aubervilliers en Seine Saint Denis.

Dans son dernier rapport sur le monde HLM , la Cour des Comptes évoque l'étrange composition sociale du parc de France Habitation : au moins 10 % des locataires ont des revenus dépassant les seuils légaux pour un logement social. Un chiffre nettement supérieur à celui des autres bailleurs sociaux qui représente environ 5000 logements.

Il ne s'agit pas de réserver le logement social aux très bas revenus. Mais le plafond de ressources maximal du logement social est déjà haut : une personne seule gagnant 2500 euros par mois peut en bénéficier . Que des foyers légèrement au dessus des plafonds se maintiennent dans leur logement n'a rien d'anormal au regard de la cherté du parc privé en Ile de France. Mais un locataire sur dix, c'est beaucoup. Surtout quand une partie d'entre eux a des ressources deux fois supérieures aux plafonds, comme c'est le cas pour France Habitation.

La situation est d'autant plus anormale pour un bailleur détenu par un organisme collecteur du 1 % Logement , en l'occurrence ASTRIA : les collecteurs du 1 % et leurs bailleurs ne tiennent pas les engagements de relogement des publics modestes qu'ils prennent eux-même auprès du gouvernement, et préfèrent s'engager sur le logement intermédiaire. ASTRIA ne se gêne même pas pour assumer ouvertement son peu de goût pour le logement social: notre collectif a ainsi retrouvé un document PowerPoint destiné à la formation chez Astria, qui vante la filiale OGIC, spécialisée dans le logement intermédiaire en ces termes :  « quel soulagement d'avoir un partenaire qui ne devrait pas avoir à connaître des contraintes d'une ESH pour les l'attribution des logements ».

Le gouvernement a décidé de financer massivement le logement intermédiaire, et encourage les bailleurs sociaux à produire ce type de logements inaccessibles à la majorité des demandeurs franciliens. Dans le même temps en 2013, la production de logements sociaux a baissé de 9 %.

Quant à la qualité des relogements proposés, elle est bien souvent inacceptable pour les salariés et les foyers modestes : presque systématiquement situés en très grande banlieue, dans un parc peu accessible en transports et souvent mal entretenu.Au terme d'une longue procédure, France Habitation a d'ailleurs été condamné pour l'insalubrité de certains de ses logements à Asnières sur Seine en 2013 .

 Que reste-t-il aux mal-logés aux revenus modestes, salariés, précaires, retraités , chômeurs ?Pas grand-chose.

C'est la raison pour laquelle les listes d'attente pour un logement s'allongent sans cesse. Le droit au logement opposable ne signifie plus rien avec des dizaines de milliers de foyers qui ont fait de longues et restrictives procédures pour se retrouver...sur une autre liste d'attente. Aujourd'hui, même l'hébergement d'urgence le plus précaire est saturé.


France Habitation: le siège d'Aubervilliers occupé par HLMPOURTOUS

 

 Le parc social doit rester social !

Un logement pour tous maintenant !

18:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : france habitation, ogif, astria, action logement, mixité sociale, dalo, commission, attribution, logement intermédiaire | | |  Facebook

mercredi, 06 mai 2015

Jemengage.Paris: les mal-logés tenus à l'écart de l'inauguration

150.100.1069490.jpg&w=300&q=80Anne Hidalgo inaugurait ce matin les locaux de Sensecube, un nouvel incubateur d'entreprises dédié au "social business": c'est une entreprise de cet incubateur " Paris je t'aide" qui va gérer la nouvelle plateforme collaborative de la Ville, destinée à encourager les Parisiens à s'engager.

Sur ce sujet, notre Maire peut difficilement trouver plus engagés que les Parisiens mal-logés, en lutte depuis des années pour le logement de tous.

Pourtant, de nombreux cars de police nous attendaient et ont bloqué la rue Biscornet pour nous tenir éloignés de l'inauguration: il est vrai que notre engagement nous conduit à contester des mesures injustes qui pénalisent les Parisiens modestes, comme la construction en sur-nombre de PLS, les logements sociaux les plus chers qui souvent restent vides. Ou le refus de reloger des demandeurs aux revenus modestes dans des HLM des quartiers populaires, sous prétexte de mixité sociale.

Mais avec ou sans plateforme collaborative, nous serons toujours là pour faire respecter nos droits.


Inauguration #sensecube par Anne Hidalgo: les... par HLMPOURTOUS

 

Le tract diffusé sur place

DEVENEZ DES HEROS SOLIDAIRES

Relogez les mal-logés !!!!

Le collectif des Mal Logés en Colère vient à la rencontre d'Anne Hidalgo qui inaugure les locaux de « Paris, je m'engage » et d'autres entreprises du « social business » ou de l' « entreprenariat social ».

Il s'agit d'un énième incubateur d'entreprises : « innovantes » , « solidaires », « équitables », à Paris : les entreprises ont toujours de bonnes raisons d'être soutenues par la Ville, sous la forme de subventions ou de loyers sociaux pour leurs bureaux. Pourquoi pas ?

Mais dans le même temps, les demandeurs de logement parisiens aux revenus modestes se voient toujours opposer de « bonnes raisons » pour être laissés de côté.

Pour garantir la mixité sociale, le tiers des logements produits par la Ville sont des PLS, inaccessibles à 80 % des demandeurs de logement. Certains de ces logements flambants neufs restent vides, par exemple Porte de Saint Ouen : mais la Ville estime que cette situation est préférable au relogement de mal-logés en urgence, car il faut « renouveler la population » des quartiers populaires.

La mixité sociale sans les moyens de la faire exister partout, c'est l'exclusion sociale : aujourd'hui Paris Habitat OPH refuse des candidatures DALO proposées par la Préfecture sur son contingent de logements. Le motif ? Ces logements sont situés dans des ensembles où sont déjà relogés des foyers modestes. Mais Paris Habitat OPH ne propose pas de solution alternative et les personnes concernées continuent à vivre le mal-logement.

La situation devient ubuesque : les mal-logés aux ressources modestes des quartiers populaires ont tous des lettres de leur maire d'arrondissement les informant que leurs revenus ne sont pas suffisants pour les reloger sur les logements du contingent municipal, aux loyers trop élevés. Ils ont également des courriers de Ian Brossat, l'adjoint au Logement qui leur annonce avoir demandé au Préfet,de respecter leur droit au relogement.

Mais dans le même temps, les bailleurs de la Ville , et notamment le plus important d'entre eux , Paris Habitat OPH font obstacle à la Préfecture lorsque celle-ci propose effectivement un relogement.

Notre collectif a manifesté la semaine dernière devant la mairie du 18ème arrondissement, où Ian Brossat est élu, pour dénoncer ces refus de relogement : signe de l'embarras de l'Adjoint au Logement, notre demande de rendez-vous pour obtenir l'explication de cette politique est restée sans suite.

Cette logique absurde broie des vies : quand toutes les portes du relogement se ferment, le mal-logement perdure. Qui peut prétendre que le maintien des Parisiens dans l'insalubrité, la sur-occupation, l'hébergement d'urgence ou l'errance urbaine favorise la « mixité sociale » ? La mixité sociale est-elle respectée quand des locataires aisés cohabitent dans le même immeuble avec des locataires qui se privent de tout pour payer le loyer d'un logement trop petit, ou survivent dans une chambre de bonne sans lumière, sans aération et sans sanitaires individuels ?

Pourtant c'est aussi cela, la réalité parisienne : des murs invisibles qui séparent des centaines de milliers d'habitants, condamnés à vivre des années à part, car le mal-logement détruit la vie professionnelle, la vie sociale, la scolarité, la santé des concernés.

La mixité sociale sans égalité sociale, c'est l'exclusion.

Le relogement est la seule solution

 

15:08 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sensecube, jemengage.paris.fr, ma ville je t'aide, loc'annonces, anne hidalgo, loyers trop chers, logements vides, mixité sociale, pls | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu