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jeudi, 12 février 2015

Centenaire de Paris Habitat OPH: les mal-logés y étaient

paris habitat logo.jpgDemandeurs de logement et locataires, nous avons choisi de célébrer le centenaire du premier bailleur social européen en manifestant ce soir devant l'inauguration de l'exposition qui lui est consacrée au Pavillon de l'Arsenal. A cette occasion, nous invitons la direction actuelle à se souvenir et à méditer sur l'appellation initiale de l'Office  : Office PUBLIC d'Habitation A BON MARCHE.

Nous manifestons parce que derrière le symbole des cent ans, il y a la dégradation, depuis dix ans, de la vocation première du bailleur public  : permettre aux salariés modestes, aux retraités, aux précaires, aux familles d'ouvriers et d'employés de se loger dans de bonnes conditions.

Paris Habitat OPH a cent ans. Une belle longévité, un beau patrimoine, un symbole concret d'un acquis social majeur  : les HLM sans lesquels il n'y aurait jamais eu de droit au logement pour les classes populaires.

L'écart entre l'offre et la demande ne cesse de se creuser  : 80% des Parisiens demandeurs de logement ne peuvent accéder qu'à un PLA-I, la catégorie de logement social aux loyers les plus abordables. Depuis des années, moins de 30% des nouveaux logements relèvent de cette catégorie. Aujourd'hui Paris Habitat OPH , comme les autres bailleurs parisiens sur-produit du PLS , la catégorie aux loyers les plus chers. La majorité de ces logements sont attribués à des foyers en dessous des plafonds qui ont ensuite des difficultés à payer leur loyer.Mécaniquement les loyers deviennent de plus en plus chers dans le parc de Paris Habitat OPH.

 

L'offre pour les foyers modestes se réduit : le bailleur ne peut faire face à ses obligations de relogement , même lorsqu'ils sont imposés par la loi DALO et recourt à des expédients peu honorables. Aujourd'hui, entre une «  proposition de logement  » et un relogement effectif, il peut s'écouler six mois  : pour compenser une réduction de l'offre et maintenir sur le papier un nombre important de propositions annuelles, Paris Habitat OPH propose des logements en travaux longs, ou encore occupés. Quant aux locataires qui souhaitent une mutation, les délais ne cessent de s'allonger  : certains sont désormais en demande depuis dix ou quinze ans, sans proposition.

Depuis des années, la production nouvelle est constituée en grande partie d'achats d'immeubles au privé et non de constructions neuves  : cette politique a un coût énorme, au vu du marché de l'immobilier, surtout pour les achats dans les beaux quartiers. Les logements achetés sont souvent occupés, le restent pendant des années, et cette politique ne répond donc pas à la demande de logement sur le court et le moyen terme. En 2010, à cause de cette politique très couteuse, la production globale du bailleur chutait de 80%

 Si la production neuve présente des garanties de confort et de bas coût énergétique, ce n'est pas le cas des logements rachetés dans le parc ancien  : souvent les travaux de réhabilitation sont faits à minima dans des immeubles présentant des problèmes de bâti et très énergivores en chauffage. D'ailleurs, le dossier de presse de l'exposition des cent ans présente uniquement des photos d'immeubles neufs pour illustrer la production récente du bailleur, et pour cause, les logements rachetés sont souvent beaucoup moins photogéniques.

Cette politique va être amplifiée  : en sus des immeubles, des appartements isolés dans des copropriétés privées vont être acquis par l'office . Rien n'est dit sur le coût à long terme de cette politique  : Paris Habitat OPH sera forcément amené à financer en partie l'entretien, les charges, la réhabilitation d'immeubles qui resteront dans le secteur privé, et ce sera autant d'argent en moins pour le logement social  !

 Paris Habitat OPH est notre bien commun, et quasiment le seul espoir de logement décent , à prix abordable pour les mal-logés de la capitale car même les autres bailleurs de la Ville de Paris ont des loyers beaucoup plus chers. Nous sommes là pour défendre notre patrimoine social et son avenir, même si sa direction actuelle estime que les mal-logés n'ont pas leur mot à dire et nous refuse toute possibilité de dialogue.

Notre dossier Paris Habitat OPH


Les mal-logés fêtent le centenaire de Paris... par HLMPOURTOUS

00:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris habitat oph, stephane dambrine, anne hidalo, mal-logement, ian brossat, mixité sociale, pla-i, pls | | |  Facebook

mercredi, 04 février 2015

Paris 18ème: nous voulons plus d'attributions, pas un système de cotation !

Depuis la rentrée, les 140 000 demandeurs de logement se sont vu attribuer des notes par la Ville de Paris, notes qui sont censées déterminer le caractère prioritaire ou pas de la demande, selon des critères fixés par la mairie.

Il s'agit donc d'un DALO municipal, sans même une possibilité d'opposabilité du droit au relogement en justice.

Comme le DALO national, ce système de cotation ne crée pas un seul logement de plus, et ne change rien au nombre de ceux qui sont proposés en commission d'attribution. De plus, malgré les apparences, il n'instaure en rien l'égalité entre les demandeurs. En effet, 80% de ces demandeurs ne peuvent accéder qu'à un logement PLA-I, le vrai logement social. Mais les PLA-I ne constituent qu'un peu plus de 25% de la production parisienne de ces dernières années, et encore ce chiffre inclut les hébergements.

En commission d'attribution de la Ville, ce type de logements est rare, contrairement aux PLS, les plus chers des logements sociaux, qui sont en surnombre. Quelle que soit la cotation d'une demande de logement, si le demandeur ne peut accéder qu'à un PLA-I, de toute façon, le nombre d'attributions pour lesquelles son dossier peut être sélectionné restera très faible.

Quelques mois après la réforme, d'ailleurs, du côté des permanences logement tenues par les élus, les réponses opposées sont les même qu'avec le DALO: le demandeur qui a une mauvaise cotation se voit opposer les demandes considérées comme plus urgentes que la sienne, mais celui qui a une demande jugée urgente selon les critères municipaux s'entend répondre qu'il n'est pas le seul dans ce cas.

Le droit au logement n'est pas sur concours: nous voulons une politique de relogement massif, qui seule, peut faire que le système d'attributions soit juste.

Nous avons manifesté en ce sens devant la mairie où est élu Ian Brossat , l'adjoint au Logement de la Ville.


Mal-logement: manifestation devant la mairie du... par HLMPOURTOUS

19:16 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cotation ville de paris, critères, pla-i, plus, pls ian brossat, dalo, attribution, mixité sociale | | |  Facebook

mercredi, 21 janvier 2015

ADOMA et SNI: les mal-logés vigilants sur l'avenir du patrimoine public de logements

adoma, logo70 demandeurs de logement ont rendu aujourd’hui une visite collective au bailleur public ADOMA,  qui gère plus de 70 000 logements et hébergements.

ADOMA va prochainement passer sous le contrôle de la SNI, le bailleur public de la Caisse des Dépôts : comme nous l’avons dénoncé lors de précédentes actions ( occupation de la SCET, manifestation devant le siège de la SNI )la politique actuelle de la SNI et de ses filiales privilégie le logement intermédiaire et les PLS ( les plus chers des logements sociaux ) à Paris et dans la petite couronne, tandis que les logements très sociaux produits le sont plutôt en grande banlieue ou dans des zones défavorisées et peu accessibles en transport.

Le patrimoine d’ADOMA est situé à 80% en zone tendue ou très tendue  en matière d’immobilier : une partie de ce patrimoine sera vendue ou changera d’affectation dans les prochaines années. Pour le moment, rien ne garantit que les biens vendus le seront pour produire du logement social dans les mêmes zones. Le risque est donc grand qu’encore une fois, derrière une mixité sociale de papier, sur le terrain, les logements accessibles aux classes populaires soient relégués toujours plus loin.

Le Collectif a été reçu par le directeur délégué d’ADOMA : l’occasion de lui poser des questions sur des ventes déjà réalisées comme celle d’un foyer à Levallois Perret. Selon lui les informations parues dans la presse(voir tract ci-dessous) sont fausses, et les logements vendus seront rebâtis en nombre un peu supérieur dans une zone tout aussi attractive de la commune.

Par contre, la direction d’ADOMA a bien reconnu que certaines propositions faites sur le parc d’ADOMA à des personnes en urgence sociale correspondaient à des hébergements dégradés dans un parc à rénover, mais qu’il n’y avait « pas le choix », car la réhabilitation de l’ensemble du parc prendra au moins dix ans.

Une réponse qui montre à quel point le droit à un logement décent est devenu un droit au rabais, faute d’investissement financier et de volonté politique. Le «  c’est toujours mieux que la rue » se traduit ainsi par des « solutions » qui sont une autre forme de mal-logement, dans le parc public. Face à une situation d’extrême urgence vécue par des millions de personnes, l’horizon institutionnel de résolution de la crise s’inscrit toujours à dix ans, au mieux.

Nous ne serons pas patients, le respect des droits fondamentaux n’attend pas.

Le tract diffusé sur place

 

ADOMA  : un patrimoine public menacé

Dans quelques mois, la SNI premier bailleur public français sera actionnaire majoritaire d'ADOMA. Dès lors la direction de la SNI aura tout pouvoir pour gérer un patrimoine de 70 000 logements et foyers, qui a aussi une énorme valeur marchande.

 

 La réputation d'ADOMA est mauvaise  : on pense immédiatement aux foyers non entretenus, avec leurs chambres exigües et sans confort. De fait, c'est bien la réalité que vivent des milliers et des milliers de résidents  : dans son rapport 2014, la MILOS notait que la société n'a pas respecté ses engagements concernant la rénovation d'une grande partie de ces foyers.

Mais le dégradé du bâti cache une autre réalité  : 80% des propriétés d'ADOMA sont situés sur des zones géographiques où le marché immobilier est tendu ou très tendu. C'est à dire des zones où la moindre parcelle de foncier constructible se négocie très cher. Mais aussi des zones où le logement social et très social est très insuffisant.

Que va faire ADOMA de ce patrimoine qui vaut de l'or, quand la société passera sous le contrôle de la SNI  ? Malheureusement, la politique pratiquée depuis des années par la SNI ne laisse pas présager une orientation sociale prenant en compte le mal-logement, et les besoins en logement très social dans les zones où l'immobilier privé est hors de prix. Au travers de la production de ses sociétés EFIDIS et OSICA, la SNI applique déjà depuis des années une vision bien particulière de la mixité sociale  : dans la capitale et en petite couronne , EFIDIS propose surtout de nouveaux PLS, et de manière générale, son patrimoine a des loyers élevés peu compatible avec les revenus des classes populaires. OSICA fait beaucoup plus de logement très social...mais dans des zones plus éloignées de la capitale, souvent mal desservies en transport.

 

Depuis quelques années , la participation accrue de la SNI dans le patrimoine d'ADOMA a conduit cette société à pratiquer ce qu'elle est appelle des «  dégagements de plus value  », c'est à dire la vente d'immeubles, en zone tendue. Par exemple, à Levallois Perret, un foyer particulièrement bien situé a été revendu  à une société détenue par les Balkany qui n'y feront évidemment pas de logement social.

 

Si cette politique s'amplifie, ce sont une nouvelle fois des zones entières d'habitat à prix abordable qui vont disparaître, là où le manque de logement social est criant. Un Grand Paris à deux vitesses va donc continuer à se construire  : une zone centrale élargie à la petite couronne, où domineront les loyers chers, le logement intermédiaire financé par des fonds publics coexistant avec le logement privé. Logements sociaux et hébergements d'urgence continueront à être relégués en masse dans des zones de plus en plus lointaines.

 

Sur le papier, la production de l'ensemble des sociétés de la SNI respectera la mixité sociale, avec une répartition numérique qui comptera des logements très sociaux. Sur le terrain, quelles que soient leur attaches sociales et professionnelles, les demandeurs de logement social seront en majorité exclus du patrimoine situé en zone tendue ou très tendue.

 

Le patrimoine d'ADOMA a été construit avec des fonds publics, comme celui de l'ensemble de la SNI  : il doit être utilisé pour l'intérêt exclusif du logement social et très social, et pour répondre à la demande des foyers aux revenus modestes.

 

 

 

18:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : adoma, sni, efidis, grand paris habitat, caisse des dépôts, mixité sociale, logement intermédiaire argos | | |  Facebook

 
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