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vendredi, 08 février 2013

Occupation de l'ANAH: les "loyers maîtrisés" ne sont pas du logement social

2013-02-08 13.04.29.jpg70 mal-logés ont été évacués de l'Agence Nationale pour l'Amélioriation de l'Habitat ( 8, avenue de l'Opéra ) après plusieurs heures d'occupation, par un dispositif policier démesuré.

L'Anah fait partie des rares opérateurs publics du logement qui ont vu leur budget augmenter considérablement cette année. Mais pour quoi faire ?

Pas du logement à bon marché, puisque jusqu'ici les deux tiers des logements à loyer soit-disant "maîtrisés" sont des loyers intermédiaires accessibles à des personnes ayant jusqu'à 4000 euros mensuels de revenus.

En pleine pénurie de logement à bon marché, François Hollande a annoncé le renforcement de ce type de dispositifs !

La directrice adjointe de l'ANAH a bien évoqué "quelques arbitrages en cours" pour augmenter un peu le nombre de logements à loyer social de l'ANAH, mais évidemment sans s'engager sur le résultat de ces arbitrages.

Le Ministère du Logement ne s'engage pas non plus, et face à nos demandes, c'est une nouvelle fois un dispositif policier démesuré qui a été envoyé pour l'évacuation.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que la Préfecture de Paris que nous avons saisi pour des dossiers d'expulsion et de ruptures d'hébergement soit aux abonnés absents et incapable de nous proposer autre chose que des rendez-vous dans un mois, soit quelques jours avant la fin de la trève d'hiver !

Les mal-logés ne se laisseront pas faire, la lutte continue !

 


Des mal-logés évacués de l'Agence Nationale de... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place:

OCCUPATION DE L'ANAH :

le loyer maîtrisé ce n'est pas du logement social

 

Parmi les opérateurs publics du logement, l'ANAH ( Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat ) a fait partie des rares qui ont obtenu une hausse très importante de leur budget. Alors que l'aide directe à la construction de logements sociaux reste très largement insuffisante et que le montant du financement étatique par logement baisse, le gouvernement a donc fait le choix d'investir encore plus d'argent public dans ce qui est appelé le « loyer maîtrisé », comme l'a confirmé François Hollande lors d'une intervention à Ermont Eaubonne.

Dans ce dispositif, le propriétaire-bailleur reçoit des subventions pouvant aller jusqu'à la 25% du montant de travaux réalisés pour améliorer ses logements : à ceci s'ajoutera une déduction fiscale allant de 30 0 60% sur les revenus fonciers bruts, et une subvention au loyer, sous forme de prime allant jusqu'à 100 euros par m2.

 Ce choix ne correspond pas à la demande criante en logement qui émane en grande partie des personnes à revenus modestes : les « loyers maîtrisés » dans leurs formules actuelles sont surtout une aide aux propriétaires privés, même ayant un patrimoine important, ils coûtent cher, et constituent de toute façon une solution temporaire.

Sur la période 2007-2009, 65 748 logements ont été conventionnés avec l’Anah : 4 134 avec un loyer très social, 21 403 avec un loyer social et 40 211 avec un loyer intermédiaire.

Le constat est sans appel : deux tiers des logements subventionnés par l'Anah ne sont pas du logement à loyer social. Pour les 40 200 logements à loyer intermédiaires, les propriétaires peuvent louer à des personnes gagnant jusqu'à 44 000 euros par an, pour un foyer composé d'une seule personne !

 Même pour les logements conventionnés en social ou très social, l'argent public aura été investi pour une solution temporaire : les conventionnements de l'ANAH n'engagent le propriétaire que sur 9 ans, ensuite le logement est à nouveau loué aux prix du marché si le propriétaire le souhaite.

 Certes une partie des travaux subventionnés par l'ANAH concerne les situations d'habitat indigne : mais dans ce domaine aussi, la politique menée profite surtout aux propriétaires-bailleurs à qui l'ANAH octroie toutes ces aides financières sans conditions de ressources, alors que les propriétaires-occupants, eux, y sont soumis. Est-il normal que des bailleurs à l'aise financièrement qui n'ont pas respecté leurs obligations d'entretien et de rénovation soient financés par l'Etat ? De plus, les aides octroyées par l'ANAH ne tiennent aucun compte de l'occupation réelle du logement, et par exemple de la suroccupation : aucun dispositif de relogement des locataires n'est prévu pour les logements soumis à travaux , et ceux-ci s'ils améliorent la valeur du bien loué, ne règlent pas la situation de mal-logement.

 Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre formule un constat sans appel : les aides publiques doivent être tournées vers le logement très social si l'on veut résorber la crise du logement. Or depuis des années, ce sont les loyers intermédiaires qui sont privilégiés dans la production des bailleurs sociaux ( 51% des nouveaux logements construits entre 2001 et 2012 étaient des PLS), mais aussi au travers des loyers maîtrisés. Dans ce dernier cas, c'est encore plus scandaleux, dans la mesure où il s'agit d'aides financières à des propriétaires privés , pour des logements qui n'augmenteront pas , à terme, la proportion du parc social.

 Nous sommes donc à l'ANAH pour exiger que le budget de 508 millions d'euros, alimenté notamment par le 1% Logement et donc par nos salaires soit utilisé pour faire du logement vraiment social !

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !

15:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anah, loyers maîtrisés, logement intermédiaire, pls | | |  Facebook

vendredi, 19 octobre 2012

Occupation de l'AORIF: les bailleurs sociaux doivent reloger maintenant !

Une centaine de mal-logés ont investi aujourd'hui le siège de l'organisme central de coordination des bailleurs sociaux d'Ile de France, l'AORIF- Union Sociale de l'Habitat IDF, au 15-17 rue de Provence dans le 8ème arrondissement.

En ce début d'hiver, où la Ministre reconnaît la plus grave crise de l'hébergement depuis quinze ans, où le SAMU Social n'est pas en mesure de répondre aux deux tiers des appels , les mal-logés remontent à la source du problème.

Si nous sommes à la rue, si nous nous entassons dans des hébergements précaires, dans des appartements trop petits, si beaucoup d'entre nous sont confrontés aux expulsions sans relogement, c'est en premier lieu parce que les bailleurs sociaux ne remplissent plus leur rôle.

Depuis des années, ce sont toujours les mêmes annonces mirifiques de dizaines de milliers de nouveaux logements: mais entre les PLS et l'accession à la propriété, une bonne part de ces logements ne correspond pas aux besoins des demandeurs de logement, dont 80% ne peuvent accéder qu'à un PLA-I.

Résultat ? Les niveaux de loyer trop élevés aboutissent au rejet des candidatures sur les logements, lorsqu'elles émanent de salariés et de retraités modestes, de précaires, de chômeurs.

Nous voulons des logements correspondant à nos revenus, le logement social est fait pour ça. Et nous les voulons maintenant, car les bailleurs sociaux connaissent depuis des années la nature de la demande.

Les mots et les promesses pour l'avenir ne suffisent plus: nous continuerons notre campagne d'action vers les bailleurs sociaux dans les semaines qui suivent.

UN LOGEMENT MAINTENANT


 Logements "sociaux" trop chers et hébergements... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

OCCUPATION DE L'AORIF-UNION SOCIALE POUR L'HABITAT

 

A quinze jours de la trève hivernale des expulsions, une centaine de mal-logés occupent l'AORIF-Union Sociale de l'Habitat, organisme regroupant l'ensemble des bailleurs sociaux de la région Ile de France.


Les mots et les bonnes intentions ne suffisent pas : aujourd'hui, 400 000 demandeurs de logement sont recensés en Ile de France. Selon l'ensemble des associations oeuvrant dans le domaine de l'hébergement, les deux tiers des demandes au 115 sont laissées sans réponse.


Si des milliers de personnes et de familles sont à la rue, c'est qu'à l'autre bout de la chaîne de l'urgence, il y a la question de l'accès au logement social. Et dans ce domaine, les bailleurs sociaux ne remplissent plus leur rôle.


Malgré tous les dispositifs mis en avant à grand renfort de publicité en réalité, certains publics sont d'emblée rejetés par les bailleurs sociaux : ainsi l'USH et l'AORIF considèrent comme un grand pas en avant digne d'être mentionné dans leur journal le fait d'avoir relogé vingt anciens SDF en 2012 dans les Hauts de Seine avec le programme Logement d'Abord....alors que des dizaines de milliers de personnes sont à la rue, et des dizaines de milliers d'autres bloquées dans les hébergements d'urgence


Les bailleurs sociaux ne construisent pas assez de logements correspondant aux besoins des demandeurs : 75 % des demandeurs ne peuvent accéder qu'à un loyer de type PLA-I, un peu plus de 6000 logements de ce type sont programmés en Ile de France en 2012. Par contre, trois fois plus de PLS , aux niveaux de loyers les plus chers du HLM sont prévus dans cette même programmation, alors que seulement 15% des demandeurs sont susceptibles d'y accéder.

Résultat : les nouveaux logements sociaux ne sont pas accessibles aux demandeurs.


Des opérations de faux logements sociaux se multiplient , financés par la collectivité : le nombre de logements en Usufruit Locatif Social, la plupart en PLS et comptabilisés au titre de la SRU ne cesse d'augmenter.

Résultat : ces logements , qui permettent à leurs vrais propriétaires des exonérations fiscales énormes , notamment sur l'ISF, rebasculeront dans le privé dans 15 ans, avec obligation pour le bailleur social usufruitier de reloger les locataires en place dans son parc.


De plus en plus, les bailleurs sociaux opèrent un tri des candidatures proposées par les Préfectures et les mairies : sous prétexte de mixité sociale, certains minimisent au maximum le nombre de précaires, de salariés modestes, de familles monoparentales dans leur parc.

Résultat : Les contingents de logements de la Préfecture et des mairies sont déjà faibles et engorgés, mais les bailleurs accentuent la mise à l'écart du logement d'une partie de la population en s'opposant aux relogements.

Faute d'investissements suffisants, certains locataires HLM , en nombre grandissant, redeviennent mal-logés.

Résultat :le manque de logements familiaux et/ou adaptés au handicap empêche tout changement de logement en cas de suroccupation. Le manque d'entretien des logements aboutit à des situations ubuesques, allant jusqu'à des constats d'insalubrité faits par l'Etat dans des logements sociaux

 

Le logement social n'est pas un luxe , les bailleurs sociaux sont là pour loger ceux qui ne peuvent accéder au privé dans des logements dignes de ce nom.

14:33 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : aorif, ush ile de france, paris habitat oph, pls, pla-i, cession foncier public, dalo, hébergement, samu social | | |  Facebook

jeudi, 13 septembre 2012

Anne Hidalgo, une candidate à la mairie de Paris qui fuit les mal-logés...

Anne Hidalgo inaugurait ce matin une exposition à la mairie du 18ème arrondissement.

Dans une ville qui compte désormais plus de 120 000 demandeurs de logement, survivant dans les pires conditions, une candidate au poste de maire devrait en premier lieu avoir des solutions à apporter aux mal-logés surtout lorsqu'elle est aussi première adjointe de Bertrand Delanöe à l'urbanisme.

Ce n'est manifestement pas le cas , puisque devant une manifestation d'une centaine de personnes venues à sa rencontre, elle a préféré se calfeutrer dans la mairie , sous bonne protection policière.

Son véhicule a cependant été brièvement bloqué par ces mêmes mal-logés.

A l'heure actuelle  la production des deux premiers bailleurs parisiens, Paris Habitat OPH et la RIVP correspond de moins en moins, en nombre et en type de loyers , aux besoins et aux ressources des demandeurs de logement : les PLA-I, les seuls vrais logements sociaux sont construits en quantité dérisoire, alors que les PLS, les plus chers des HLM sont réalisés en surnombre !

Nous ne comptons pas nous satisfaire de cet état de fait qui nous condamne à rester dans le mal-logement et continuerons à interpeller collectivement Mme Hidalgo et les autres élus parisiens.


Le véhicule d'Anne Hidalgo bloqué par des... par HLMPOURTOUS


Le tract diffusé sur place


Demandeurs de logement social et locataires de HLM nous sommes venus à la mairie du 18ème arrondissement à la rencontre d'Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire de Paris , chargée notamment de l'urbanisme, et officiellement candidate au poste de maire pour 2014.

A Paris, la crise du logement s'aggrave à une vitesse exponentielle. Les urgences s'ajoutent aux urgence et la mairie en est réduite à proposer une réforme des procédures d'attribution... qui consiste à gérer la pénurie en ajoutant encore de nouveaux critères de priorité, alors qu'il y en avait plus d'une douzaine.

Le gouvernement vient d'annoncer la mise à disposition de dizaines de terrains publics pour faire du logement ; c'est une bonne nouvelle et au passage cela confirme ce que notre collectif dit à la mairie de Paris depuis des années , à savoir que l'argument du peu de foncier physiquement disponible est faux.

Mais si les terrains sont là, encore faut-il bien les utiliser et y faire du vrai logement social. Nous sommes venus demander des engagements nets et précis à ce sujet à Anne Hidalgo, car ce n'est pas la tendance actuelle.

Par exemple Paris Habitat OPH le premier bailleur social parisien affiche des résultats catastrophiques en la matière. Alors que plus de 70 % des demandeurs parisiens ne peuvent en théorie accéder qu'à un PLA-I , seuls 22 ont été produits en 2011, contre 131 PLS, qui correspondent à 15% de la demande à peine (source : rapport d'activité 2011) ! En ce qui concerne le deuxième bailleur de la Ville, la RIVP, son parc ne comporte que 506 PLA-I sur plus de 50 000 logements.

Autre élément particulièrement inquiétant : malgré les engagements pris en 2011 par Jean Yves Mano de ne pas utiliser ce dispositif, l'Usufruit Locatif Social a été validé concernant 80 nouveaux logements sur la ZAC Boucicaut dans le 15ème arrondissement. Il s'agit de logements en PLS, mais qui en plus ne sont que temporairement dans le domaine public, puisque le propriétaire, un investisseur privé, en cède l'usage pour une durée maximum de 15 ans, en échange d'exonérations d'impôts coûteuses pour la collectivité. Il s'agit donc de faux logements sociaux, inaccessibles à l'immense majorité des Parisiens. Jusqu'ici, il était utilisé par les mairies des Hauts de Seine soucieuses de contourner la loi SRU !

Paris a besoin de vrais logements sociaux en masse ! Et en attendant de nouvelles constructions, des solutions d'urgence doivent être mises en œuvre pour les mal-logés, comme le reconventionnement en PLA-I des loyers intermédiaires ...La RIVP l'a fait symboliquement pour une toute petite partie de son parc, suite à la mise en lumière par la presse des logements aux loyers très haut occupés par des personnalités, c'est donc possible de manière massive !



15:13 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, paris municipales 2014, zac boucicaut, caserne de reuilly, pls, paris habitat oph, rivp | | |  Facebook

 
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