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vendredi, 19 octobre 2012

Occupation de l'AORIF: les bailleurs sociaux doivent reloger maintenant !

Une centaine de mal-logés ont investi aujourd'hui le siège de l'organisme central de coordination des bailleurs sociaux d'Ile de France, l'AORIF- Union Sociale de l'Habitat IDF, au 15-17 rue de Provence dans le 8ème arrondissement.

En ce début d'hiver, où la Ministre reconnaît la plus grave crise de l'hébergement depuis quinze ans, où le SAMU Social n'est pas en mesure de répondre aux deux tiers des appels , les mal-logés remontent à la source du problème.

Si nous sommes à la rue, si nous nous entassons dans des hébergements précaires, dans des appartements trop petits, si beaucoup d'entre nous sont confrontés aux expulsions sans relogement, c'est en premier lieu parce que les bailleurs sociaux ne remplissent plus leur rôle.

Depuis des années, ce sont toujours les mêmes annonces mirifiques de dizaines de milliers de nouveaux logements: mais entre les PLS et l'accession à la propriété, une bonne part de ces logements ne correspond pas aux besoins des demandeurs de logement, dont 80% ne peuvent accéder qu'à un PLA-I.

Résultat ? Les niveaux de loyer trop élevés aboutissent au rejet des candidatures sur les logements, lorsqu'elles émanent de salariés et de retraités modestes, de précaires, de chômeurs.

Nous voulons des logements correspondant à nos revenus, le logement social est fait pour ça. Et nous les voulons maintenant, car les bailleurs sociaux connaissent depuis des années la nature de la demande.

Les mots et les promesses pour l'avenir ne suffisent plus: nous continuerons notre campagne d'action vers les bailleurs sociaux dans les semaines qui suivent.

UN LOGEMENT MAINTENANT


 Logements "sociaux" trop chers et hébergements... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

OCCUPATION DE L'AORIF-UNION SOCIALE POUR L'HABITAT

 

A quinze jours de la trève hivernale des expulsions, une centaine de mal-logés occupent l'AORIF-Union Sociale de l'Habitat, organisme regroupant l'ensemble des bailleurs sociaux de la région Ile de France.


Les mots et les bonnes intentions ne suffisent pas : aujourd'hui, 400 000 demandeurs de logement sont recensés en Ile de France. Selon l'ensemble des associations oeuvrant dans le domaine de l'hébergement, les deux tiers des demandes au 115 sont laissées sans réponse.


Si des milliers de personnes et de familles sont à la rue, c'est qu'à l'autre bout de la chaîne de l'urgence, il y a la question de l'accès au logement social. Et dans ce domaine, les bailleurs sociaux ne remplissent plus leur rôle.


Malgré tous les dispositifs mis en avant à grand renfort de publicité en réalité, certains publics sont d'emblée rejetés par les bailleurs sociaux : ainsi l'USH et l'AORIF considèrent comme un grand pas en avant digne d'être mentionné dans leur journal le fait d'avoir relogé vingt anciens SDF en 2012 dans les Hauts de Seine avec le programme Logement d'Abord....alors que des dizaines de milliers de personnes sont à la rue, et des dizaines de milliers d'autres bloquées dans les hébergements d'urgence


Les bailleurs sociaux ne construisent pas assez de logements correspondant aux besoins des demandeurs : 75 % des demandeurs ne peuvent accéder qu'à un loyer de type PLA-I, un peu plus de 6000 logements de ce type sont programmés en Ile de France en 2012. Par contre, trois fois plus de PLS , aux niveaux de loyers les plus chers du HLM sont prévus dans cette même programmation, alors que seulement 15% des demandeurs sont susceptibles d'y accéder.

Résultat : les nouveaux logements sociaux ne sont pas accessibles aux demandeurs.


Des opérations de faux logements sociaux se multiplient , financés par la collectivité : le nombre de logements en Usufruit Locatif Social, la plupart en PLS et comptabilisés au titre de la SRU ne cesse d'augmenter.

Résultat : ces logements , qui permettent à leurs vrais propriétaires des exonérations fiscales énormes , notamment sur l'ISF, rebasculeront dans le privé dans 15 ans, avec obligation pour le bailleur social usufruitier de reloger les locataires en place dans son parc.


De plus en plus, les bailleurs sociaux opèrent un tri des candidatures proposées par les Préfectures et les mairies : sous prétexte de mixité sociale, certains minimisent au maximum le nombre de précaires, de salariés modestes, de familles monoparentales dans leur parc.

Résultat : Les contingents de logements de la Préfecture et des mairies sont déjà faibles et engorgés, mais les bailleurs accentuent la mise à l'écart du logement d'une partie de la population en s'opposant aux relogements.

Faute d'investissements suffisants, certains locataires HLM , en nombre grandissant, redeviennent mal-logés.

Résultat :le manque de logements familiaux et/ou adaptés au handicap empêche tout changement de logement en cas de suroccupation. Le manque d'entretien des logements aboutit à des situations ubuesques, allant jusqu'à des constats d'insalubrité faits par l'Etat dans des logements sociaux

 

Le logement social n'est pas un luxe , les bailleurs sociaux sont là pour loger ceux qui ne peuvent accéder au privé dans des logements dignes de ce nom.

14:33 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : aorif, ush ile de france, paris habitat oph, pls, pla-i, cession foncier public, dalo, hébergement, samu social | | |  Facebook

mercredi, 19 septembre 2012

Mairie du 19ème: les manifestations de mal-logés interdites ?

Ce matin plus de quatre vingt mal logés ont manifesté aux portes de la mairie, et sont restés malgré les violences policières ordonnées par le maire pour tenter de nous faire partir.

Le mal-logement dans le 19ème arrondissement en cette rentrée 2012 a de multiples visages

  • Des femmes de plus de soixante ans à la rue à qui le SAMU social, dernier recours possible, ne peut offrir que cinq nuits d'hôtel non reconductibles.

  • Des familles qui ont payé pendant des années des loyers de presque 1500 euros, et qui désormais expulsables voient leur candidature rejetée par les bailleurs sociaux sous prétexte qu'elles ne gagnent pas assez.

  • Des congés pour vente qui se multiplient et causent des expulsions, parce que les propriétaires profitent de la montée des prix de l'immobilier pour réaliser des plus values énormes.

  • Des couples, des familles entières qui s'entassent dans des chambres de bonne ou des studettes, et à qui l'on répond que leur dossier n'est pas prioritaire, car la suroccupation est au fond une forme « légère » de mal-logement.

  • Des logements sociaux non-entretenus et insalubres, ou les habitants qui croyaient être sortis du mal-logement avec un HLM reçoivent un jour la nouvelle par la Préfecture que celui-ci est plein de plomb et que la santé de leurs enfants est en danger.

Le mal-logement est une violence, que chaque demandeur de logement social prend de plein fouet chaque matin, qui détruit inexorablement la santé, la vie professionnelle et sociale des concernés.


Pendant cinq années , les mal-logés en lutte ont eu droit de surcroît à la violence de l'Etat, au mépris total et à la répression continue de la part du gouvernement Sarkozy.


Pendant cinq années, la Ville de Paris et les mairies d'arrondissement nous ont répondu ne pouvoir rien faire tant qu'un gouvernement de leur couleur politique ne serait pas aux commandes.

C'est chose faite : mais au lieu de prendre des mesures d'urgence pour résoudre immédiatement une partie des problèmes de logement, les élus parisiens se barricadent dans leur mairie et osent même tenter de faire évacuer de simples manifestation sur leur parvis par la force et la violence policière.


C'est ce qui s'est passé ce matin à la mairie du 19ème : nos élus s'imaginaient sans doute que des coups, des menaces d'arrestation et de poursuites nous feraient cesser notre rassemblement.


Mais nous sommes restés et nous reviendrons. Et c'est une logique bien déraisonnable de penser que la répression peut décourager les mal-logés, car rien n'est plus insupportable que les conditions de vie qui nous sont faites, et seule la lutte peut les changer.

Le changement c'est maintenant, le logement pour tous c'est maintenant, nous saurons l'imposer, puisque ceux qui en ont fait la promesse s'avèrent incapables de l'appliquer eux-même.

 


Paris 19ème: violences contre une manifestation... par HLMPOURTOUS

16:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mixité sociale, roger madec, anne hidalgo, pla-i, paris habitat oph, mutation logement, samu social, hébergement d'urgence | | |  Facebook

mercredi, 13 juin 2012

Le Ministère du Logement ne répond plus ? Occupation du SIAO 75 !


Une centaine de mal-logés a investi ce matin les locaux du SIAO, structure centralisatrice de la gestion de l'hébergement d'urgence et du relogement des hébergés sur Paris, au 42, rue des Jeuneurs.

L'occupation a duré toute la matinée et a pris fin après obtention d'une rencontre en urgence à la Préfecture de Région vendredi, ainsi qu'un rendez-vous avec la direction du SIAO demain matin.

Ces rendez-vous obtenus grâce à la mobilisation ne suffisent évidemment pas à nous rassurer au vu de la situation dramatique actuelle: la majorité des appels au 115 reste sans résultats, même pour des situations que les autorités elles-même définissent comme ultra-urgentes, notamment celles des personnes victimes de violences conjugales. Au bout de la chaîne du mal-logement, la rue devient la norme, l'hébergement même ultra-précaire une exception.

La direction du SIAO n'a pas contesté notre analyse, bien au contraire: à la veille de l'été aucune mesure concrète ne semble prise. La vague d'expulsions locatives "traditionnelle" en ce début d'été a commencé et les commissariats n'ont absolument aucune consigne particulière du Ministère pour les éviter. Patrick Rouilly pourtant gestionnaire principal de l'hébergement d'urgence à Paris nous a indiqué ne pas avoir rencontré Cécile Duflot depuis son entrée en fonction

Par ailleurs, il nous a confirmé l'information disponible sur le site du SIAO ( visible ici https://docs.google.com/file/d/0B_mOS5vuBseLWnB2VTJaRWIxL...): à savoir l'entrée en fonction d'un fichier de toutes les personnes hébergées par des structures publiques ou associatives et par le 115, fichier qui donnerait accès NATIONALEMENT aux données confidentielles et personnelles des usagers à tout connecté au fichier, soit à des milliers de personnes. Ce fichier est pour l'heure maintenu, malgré le refus des personnels et de la direction du SIAO d'y entrer de nouvelles données.

Que fait le Ministère ? Une semaine après son entrée en fonctions, Mme Duflot interpellée en direct par notre collectif avait demandé "un peu de temps" pour prendre des mesures d'extrême-urgence .

Pour le moment, il faut bien constater que la situation se dégrade à une vitesse impressionnante et que l'Etat est aux abonnés absents.

Nous n'avons pas d'autre choix que continuer à nous mobiliser !

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !


Paris : Une centaine de Mal-logés en Colère... par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

ENCORE UN ETE DE CAUCHEMAR POUR LES MAL LOGES ?

C'est en tout cas ce que laisse présager la situation actuelle. C'est la raison pour laquelle une centaine de mal-logés reviennent au SIAO, l'organisme chargé du suivi de l'hébergement avec le SAMU Social, que nous avions déjà investi en décembre.

  • Pour ceux qui ont la « chance » d'être déjà dans le dispositif et d'avoir un hébergement précaire, la contrepartie est très lourde : dans son bulletin numéro 4 ( disponible en ligne ici https://docs.google.com/file/d/0B_mOS5vuBseLWnB2VTJaRWIxLXM/edit?pli=1 ) le SIAO lui-même lance un cri d'alerte et demande aux travailleurs sociaux de ne pas utiliser le logiciel de traitement mis en place récemment car « à terme ce logiciel ayant une vocation nationale, ce sont des milliers de personnes qui auront accès à des données confidentielles relevant de la relation entre un travailleur social et la personne qui lui fait confiance »

 

  • La vague d'expulsions qui suit chaque année la fin de la trève d'hiver n'est absolument pas remise en cause : les locataires, notamment ceux soumis à des congés pour vente, mais aussi ceux qui ont accumulé des dettes de loyer, reçoivent les derniers avertissements du commissariat, et les travailleurs sociaux débordés renvoient vers le 115 , et ne sont même plus en capacité de recevoir les personnes.

 

  • Le 115 ne répond tout simplement plus aux nouvelles demandes : des femmes victimes de violences conjugales, des personnes âgées et/ou malades, des familles qui ont épuisé toutes les possibilités d'hébergement précaire chez des proches ou ne peuvent plus financer elles-même l'hôtel sont tout simplement laissées à l'abandon.

 

  • La politique menée pour les familles hébergées par le SAMU ne semble trouver comme explication valable que la volonté de les contraindre à sortir par elles-même du dispositif : en une semaine, un foyer avec enfants scolarisés peut-être transféré du 93 au 95 puis au fin fond du 78.

 

Il y a un mois, nous avions interpellé Mme Duflot sur ces urgences : elle nous avait indiqué ne pas pouvoir faire de miracles en une semaine : malheureusement, sans parler de miracles, c'est aujourd'hui le minimum qui n'est plus assuré, et l'Etat est aux abonnés absents.

 Qu'espère-t-on ? Qu'en désespoir de cause, les demandeurs de logement abandonnent toute revendication à l'égard des pouvoirs publics, se résignent aux solutions de fortune : squats insalubres et précaires, bidonvilles, campements, marchands de sommeil en tous genres ? Que signifie ce fichage généralisé et certainement hors la loi dénoncé par les gestionnaires de l'hébergement d'urgence eux-même ?

 Nous ne nous résignons pas , ni à être invisibilisés, ni à être des citoyens de seconde zone, sans accès au service public du logement, sans même un hébergement, et devant accepter le fichage de données confidentielles pour éventuellement ne pas dormir à la rue !

 

Nous continuons à manifester pour le minimum : un logement décent pour tous.


14:32 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, siao, hébergement d'urgence, samu social, dalo, fichage, manifestation, blocage des loyers | | |  Facebook

 
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