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jeudi, 21 juin 2012

Politique de la Ville: les mal-logés interpellent François Lamy

Quatre vingt dix mal logés ont investi aujourd'hui le secrétariat général à la Ville, placé sous l'autorité de François Lamy, avec le cabinet duquel un rendez-vous a été obtenu pour le début de la semaine prochaine.

A bien des égards, la politique de la Ville menée sous la mandature précédente a précipité la crise du logement que des millions d'entre nous connaissent. François Lamy est chargé notamment de la politique du logement dans la Ville et de la rénovation urbaine et c'est à ce titre que nous l'interpellons aujourd'hui à travers notre occupation.

 

  • L'orientation de l'ANRU, présentée comme un moyen de rénover les quartiers populaires a amené une raréfaction de l'offre de logements sociaux à bon marché, et une augmentation conjointe des prix de l'immobilier privé dans les quartiers populaires concernés : certes, le nombre de logements reconstruits est égal sur le papier à celui des logements détruits. Mais les niveaux de loyer , comme la priorité accordée à l'accession à la propriété dans les zones les plus attractives de ces quartiers a conduit à la relégation urbaine une partie de la population et à la baisse du nombre de logements vraiment sociaux disponibles en petite et moyenne couronne.

 

  • La régionalisation des politiques de relogement en Ile de France, sous tendue par l'idée qu'au fond , le Grand Paris serait le nouvel horizon de réflexion marque en réalité une accentuation des inégalités : les SDF, les errants urbains hébergés de manière précaire sont écartés de la petite couronne par des mécanismes inexorables. Beaucoup de communes par des ruses diverses qui vont de l'exclusion des services sociaux pour les habitants «  de fraîche date » à la limitation des domiciliations administratives, mais aussi à la construction d'hébergements , de résidences temporaires en lieu et place de vrais logements, parviennent à se débarrasser de leurs pauvres, de leurs salariés modestes, de leurs précaires

 

  • Par divers moyens juridiques, la qualification de logement social sur le papier ne correspond pas forcément à la réalité : de fait les PLS sont inaccessibles à 75 pour cent des demandeurs de logement franciliens, ce sont pourtant ceux dont la production augmente le plus vite. De même des dispositifs comme l'Usufruit Locatif Social permettent à des investisseurs privés de bénéficier d'exonérations fiscales et d'avantages financiers pour des logements qui n'ont de social que le nom et le label SRU, et qui dans quinze ans seront de toute façon rebasculés dans le privé.

 

La soi-disant politique de mixité sociale a bien fonctionné...quand il s'est agi d'amener des entreprises, des bureaux et des catégories sociales supérieures dans les quartiers populaires les mieux situés, dont les habitants modestes doivent partir . Mais à l'inverse, et comme il fallait s'y attendre, les quartiers favorisés n'ont pas accueilli les mal-logés, sauf de manière anecdotique.

 Nous sommes venus demander un véritable changement dans ces politiques.

La qualification de logement social doit être réservée aux logements accessibles aux classes populaires et moyennes, et la production doit être adaptée à la demande et aux revenus réels des demandeurs

Les vrais logements sociaux ne doivent plus être relégués dans des quartiers excentrés et mal desservis en transports

 Le Grand Paris ne peut être fait en choisissant sciemment de condamner une partie de sa population mal-logés à l'errance dans toute l'Ile de France.


15:50 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, cnv, anru, cus, attribution logements, rénovation urbaine, blocage des loyers, sru, acse | | |  Facebook

mercredi, 29 février 2012

Le Centre d'Analyse Stratégique de François Fillon occupé

François Fillon, Centre d'Analyse Stratégique, Benoist Apparu , logement social, SRU, DALO

Le Centre d'Analyses Stratégiques ( 18, rue Martignac ) , organisme placé sous l'autorité du Premier Ministre , a été occupé pendant plusieurs heures par une petite centaine de demandeurs de logement.

Le Centre a rendu récemment un rapport sur les aides publiques au logement: en cette période électorale où se débat notamment l'avenir du logement social, nous ne pouvions rester sans réaction devant la teneur et l'orientation de ce rapport.

En effet, celui-ci choisit de ne cibler comme objet d'étude et de critique que la part des aides consacrées à financer le logement public, alors que 27 milliards d'euros sur 39 de budget total sont destinées à l'aide au logement privé. Comme toujours, les sommes d'argents consacrées au service public sont scrutées à la loupe, pas celles qu'on alloue aux propriétaires et aux investisseurs immobiliers !

Ce rapport ouvre des "pistes " pour le moins inquiétantes: notamment des restrictions d'accès au logement social sous prétexte de prioriser les personnes les plus défavorisées, et ce alors que toutes les études montrent qu'une part grandissante de la population ne peut se loger correctement nulle part ailleurs, sans que les loyers ne grèvent trop les budgets.

Il décrète que les aides à la personne seraient plus efficaces que les aides à la pierre destinées à financer directement la construction de logements: mais avoir choisi de comparer ces deux budgets n'est pas neutre, car il s'agit toujours de chercher à déshabiller paul pouur habiller Jacques plutôt que d'augmenter le financement global, condition nécessaire pour résoudre la crise du logement.

Embarrassé le directeur du Centre d'Analyses Stratégiques nous a expliqué se situer dans un cadre ou de toute façon, l'augmentation massive du budget pour le logement n'était pas une priorité réaliste, et qu'une telle proposition n'était évidemment pas ce qu'attendait François Fillon.

C'est pourtant la seule solution , à moins de considérer que les millions de mal-logés ne sont pas un problème.

Nous le répèterons à la direction du Centre et aux auteurs du rapport qui nous recevront sous quinzaine


Des mal-logés occupent le Centre d'Analyse... par HLMPOURTOUS


Communiqué diffusé sur place

Les demandeurs de logement social s'invitent aujourd'hui au centre d'analyse stratégique, placé sous l'autorité du Premier Ministre François Fillon.

 Toutes les attributions du Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable , des Transports et du Logement viennent d'être transférées à François Fillon. Une raison de plus de nous inquiéter de l'influence que pourra avoir un rapport rendu récemment par le Centre d'Analyses Stratégiques sur la question du logement social et les solutions à apporter à la crise du logement.

 Ce rapport qui se veut objectif est pour le moins partial, à l'image des politiques menées ces dernières années.

François Fillon, Centre d'Analyse Stratégique, Benoist Apparu , logement social, SRU, DALO Sur toutes les aides publiques accordées au logement, seule l'efficacité des 12 milliards accordés au logement social ( sur 37 milliards au total ) est examinée et remise en question. Et ce alors que les loyers dans le secteur privé n'ont cessé d'augmenter, que la spéculation immobilière est une réalité massive qui devrait logiquement être prise en compte pour évaluer l'utilité des aides publiques.

L'ensemble du rapport est concentré sur une même obsession : faire sortir des locataires en titre du logement social et réduire son périmètre : sont par exemple une nouvelle fois pointés du doigt comme disposant d'une « rente de situation », les locataires âgés qui ont un logement « trop grand ».

Plus globalement, le Centre d'Analyses Stratégiques estime que le nombre de personnes pouvant légalement accéder à un logement social devrait être réduit, par une baisse des plafonds de ressources, et que seuls les personnes les plus défavorisées devraient pouvoir y répondre.

 Cette restriction aggraverait aux problèmes de logement actuels : en augmentant encore la demande sur le marché privé, elle ne pourrait conduire qu'à augmenter les prix dans le privé. Elle appauvrirait de fait, une partie de la population, en lui coupant la possibilité d'accéder à des loyers moins élevés dans le public et à consacrer une moindre part de son revenu au loyer.

 Son seul avantage serait pour les Ministres chargés du Logement : cela réduirait mécaniquement le nombre de demandeurs de logement social et invisibiliserait une partie des problèmes de logement, alors que toutes les études montrent qu'ils touchent une part grandissante de la population.

 Le logement social doit rester un service public utile à tous : le raisonnement consistant à le résetver théoriquement aux « plus défavorisés » conduit toujours au même résultat : diminuer le budget qui lui est accordé.

 C'est d'ailleurs ce que préconise le rapport qui se livre à une charge contre les aides à la pierre, celles qui permettent de construire des logements sociaux. En se référant notamment à la situation aux Etats Unis, il affirme que les aides à la personne seraient plus efficaces. Mais quand bien même ce serait vrai, pourquoi l'augmentation des aides à la personne devrait-elle être financée par une baisse des aides au logement social , et pas par exemple, par la hausse des impôts sur les bénéfices immobiliers qui ont augmenté de 60% ces dix dernières années.

 Ce rapport est donc orienté dans le sens d'une politique catastrophique déjà en œuvre qui vise à réduire sans cesse l'investissement dans le logement social : vente de HLM, destruction de centaines de milliers d'appartements, prélèvements sans cesse plus élevés sur le budget des bailleurs et sur le 1% réduisant de fait les sommes disponibles pour la construction, hausse constante de la proportion des PLS dans la production globale de logements sociaux...

 

Nous sommes ici pour combattre cette politique, pour exiger l'arrêt de la destruction du logement social !

 

16:30 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois fillon, centre d'analyse stratégique, benoist apparu, logement social, sru, dalo | | |  Facebook

vendredi, 09 décembre 2011

Paris 10ème: quand la mairie diminue le nombre de nouveaux logements sociaux constructibles

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Plus de 70 mal-logés ont manifesté une grande partie de la matinée devant la mairie du 10ème arrondissement.

Le 10ème arrondissement compte 4000 demandeurs de logement inscrits au fichier de la Ville.

Mais chaque année , la marie d'arrondissement n'attribue qu'une quarantaine de logements sociaux, dont certains sont des PLS inaccessibles aux revenus modestes.

Le 10ème arrondissement ne compte que 10,3 % de logements sociaux, alors qu'il s'agit d'un des quartiers de Paris où la demande est la plus forte, et où se concentrent beaucoup de situations de mal-logement : hôtels meublés , appartements suroccupés et insalubres, expulsions programmées à cause des congés pour vente qui se multiplient dans un quartier où les prix à la vente ne cessent d'augmenter.

Pourtant des espaces se libèrent qui pourraient permettre de répondre à la demande : prochainement, une partie de l'hôpital Lariboisière va être reconstruite ailleurs. Mais la Ville de Paris, à la demande de l'AP-HP a déjà annoncé qu'elle modifierait le Plan Local d'Urbanisme afin que le nombre de logements sociaux soit moins important . En effet, l'AP-HP souhaite réaliser de meilleurs profits sur cette opération et vendre le maximum de terrain à des promoteurs immobiliers, donc pour du logement privé hors de prix ou des bureaux.

Le même scénario ne cesse d'être reproduit par les élus : devant les situations dramatiques des mal-logés, et l'insuffisance de la production de logement social, la Ville invoque perpétuellement le manque de foncier pour des logements neufs.

Mais lorsque du foncier existe, il y a toujours une bonne raison de réduire le nombre de vrais logements sociaux programmées : sur la ZAC Mc Donald dans le 19ème, la marie invoque la nécessité de la mixité sociale et le nombre de logements sociaux déjà élevé dans l'arrondissement pour privilégier bureaux, logements privé et PLS, les logements les plus chers du parc HLM.

Dans le 10ème, le faible nombre de logements sociaux devrait donc , dans le même objectif de mixité sociale inciter à la construction massive sur tout le foncier disponible : mais cette fois, c'est un autre prétexte qui est trouvé pour en faire le moins possible.

Dans ces conditions, les mal-logés n'ont pas à croire les discours municipaux selon lesquels le maximum est fait pour répondre à la demande, et ne peuvent que continuer leur lutte.

 


Paris, Mairie du 10ème, les mal-logés sont en... par HLMPOURTOUS

14:21 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : remi ferraud, paris, logement social, plu, fernand widal, ap-hp, sru, logement d'abord, delanoe | | |  Facebook

 
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