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jeudi, 03 novembre 2011

Paris Habitat OPH : effondrement de la production de logements en 2010

« La vocation de notre Office est d’offrir un toit à tous les parisiens qui ne peuvent y accéder aux conditions du marché privé. »
Jean Yves Mano, Président de Paris Habitat OPH, rapport d'activité 2010.

En 2010, la production de logements du premier bailleur parisien a subi une chute brutale, que ne nie pas sa direction : seuls 580 logements ont été produits. Et encore sur ce chiffre, deux tiers, 380 unités, sont des logements acquis occupés * (soit une chute de 78% !)

Qu'est ce qui explique cette chute ?


Ces dernières années, la majeure partie de la production a consisté à acheter des immeubles au privé, et à les re-conventionner. Bien souvent, la majorité des appartements était occupée, et en partie par des locataires aux revenus bien supérieurs à la limite pour pouvoir prétendre à un logement social. Souvent situés dans des quartiers chers, ces logements ont nécessité un immense investissement financier, au détriment des programmes neufs.

La production s'est effondrée, en raison de la chute de l'achat de logements acquis occupés : les investisseurs privés n'ont pas mis autant de biens sur le marché ou ont choisi de les vendre à d'autres que Paris Habitat OPH. De plus, la montée des prix de l'immobilier
conduit à ce que le prix d'achat d'un logement soit de plus en plus élevé, et les finances du bailleur social ne suivent pas.

Voilà comment on en arrive à cette réduction dramatique de la production : 2606 logements en 2009, 560 en 2010, dont seulement 58 constructions neuves.*

Cela fait plusieurs années que notre collectif de mal-logés dénonce cette politique fondée sur l'acquisition de logements occupés dans les quartiers chers, d'un côté, et la construction neuve réservée en grande partie à des logements PLS dans les quartiers populaires de
l'autre. Elle aboutit aujourd'hui à l'effondrement de la production, sans même avoir conduit à une réelle mixité sociale : il suffit de consulter le nombre d'attributions de HLM dans les arrondissements de l'Ouest en 2010. Moins de dix par arrondissement dans le centre, aucun
dans le 7ème, et 130 dans le 16ème, dont une bonne partie à la périphérie de l'arrondissement, dans sa partie populaire !

Paris, certes arrivera à 20% de logements « au titre de la loi SRU » en 2014 : mais depuis 2001, seulement 12 222 PLAI ont été agrées, contre 13 000 PLS.
Soixante-dix pour cent des demandeurs de logement ne peuvent accéder qu'à un PLA-I et Paris Habitat OPH était le seul bailleur social à en offrir massivement : l'effondrement de sa production est une catastrophe pour les Parisiens modestes.

Voilà pourquoi nous manifestons devant la Direction Territoriale Nord-Ouest : nous voulons des réponses concrètes de la direction générale sur la manière dont elle va remplir la vocation qui est celle de Paris Habitat OPH,  « offrir un toit à tous les Parisiens qui ne peuvent accéder au marché privé »  comme l'a rappelé son Président.

*source : Rapport d’activité 2010 de Paris-Habitat OPH


Paris Habitat OPH : chute de la production de... par HLMPOURTOUS


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15:54 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris habitat oph, jean yves mano, sru, paris, hlm | | |  Facebook

mercredi, 19 octobre 2011

USUFRUIT LOCATIF SOCIAL : l'argent public au profit des investisseurs privés

Ce mercredi à la Maison de la Chimie, se tient le 5ème congrès des acteurs de l'Usufruit Locatif Social .


Peu connu du grand public, cette forme d'investissement immobilier est pourtant une des initiatives les plus abouties pour détourner les bailleurs sociaux de leur vocation première, et surtout, pour produire du logement social sur le papier tout en favorisant les gros propriétaires privés sur le terrain.

Les logements construits avec ce dispositif sont en effet comptabilisés comme logements sociaux au titre de la loi SRU.

Ils sont pourtant la propriété d'investisseurs privés qui en cèdent simplement l'usufruit pendant quinze ans à des bailleurs sociaux : pendant cette période, ceux-ci les louent à un niveau de loyers correspondant au PLS ou au PLI, soit les plus chers des logements sociaux, inaccessibles à 70% des demandeurs inscrits sur les listes d'attente. A l'issue d'une période de quinze ans, le propriétaire récupère son bien, remis en état, et c'est au bailleur social de retrouver un logement pour le locataire en titre si le propriétaire souhaite s'en débarrasser.

Acquérir un bien en Usufruit Locatif Social, c'est obtenir une multitude d'exonérations fiscales, à commencer par la non-prise en compte du bien dans le calcul de l'ISF. Le dirigeant de la principale entreprise vouée à ce dispositif, PERL le dit lui même : une fois tous les avantages comptabilisés, un immeuble acquis en ULS revient à 55 % de sa valeur usuelle sur le marché.

Mais une grande partie de ces économies faites par les propriétaires est donc prises sur les recettes fiscales de l'Etat et des collectivités, qui ensuite manquent d'argent pour construire du vrai logement social.

Ca tombe bien, car ce n'est pas la priorité des communes qui accueillent ces programmes : sur le site de PERL, la localisation des programmes déjà construits ou en cours est très significative. Les zones concernés sont sur des communes de la Côte d'Azur, dans les villes riches des Hauts de Seine ou de la petite couronne, dans les beaux quartiers de la capitale, bref, partout ou les élus locaux sont mis en cause pour non-respect de la loi SRU...

Depuis quelques temps, ce dispositif est également utilisé pour des appartements évolutifs destinés aux seniors en perte d'autonomie (notamment Paris-Habitat OPH a travers Vivalib) : avec un cynisme sans nom, les élus et les bailleurs présentent comme une initiative sociale et solidaire, des programmes qui, dans quinze ans seront revendus et loués à prix d'or, au vu de l'augmentation prévisible des besoins pour ce type de logements.

Pendant longtemps, les adversaires du logement social se contentaient de ne rien faire et de ne pas répondre aux besoins. Aujourd'hui, avec l'Usufruit Locatif Social, les choses vont beaucoup plus loin : on accorde des avantages fiscaux et des exonérations qui sont normalement réservées à la construction sociale aux investisseurs immobiliers et l'on fait grimper les chiffres sur le papier, en comptabilisant des logements qui ne seront jamais accessibles aux mal-logés.

18:01 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : vivalib, perl, usufruit locatif social, sru, logirep, paris habitat oph | | |  Facebook

jeudi, 16 juin 2011

Mal-logement à Paris : la Mairie du 10éme occupée

Ce matin, une centaine de demandeurs de logement social ont occupé la mairie du 10ème arrondissement , manifestant bruyamment jusqu'à obtention d'un rendez-vous avec le cabinet du maire.

Quasiment 10% des habitants du 10ème sont inscrits sur les listes de demandeurs de logement.

La Ville de Paris se félicite d'avoir résorbé l'insalubrité et parle désormais de « poches d'inconfort » dans l'arrondissement. Ce changement de vocabulaire ne change rien à la vie des concernés, il empire simplement leur situation : aujourd'hui, les critères sont devenus si stricts que les commissions de médiation DALO ne reconnaissent quasiment plus l'insalubrité, et la Préfecture estime n'avoir aucun devoir de relogement sur les dossiers non labellisés.

Ce refus de prise en compte concerne aussi toutes celles et ceux qui payent des loyers de plus en plus chers pour des surfaces de plus en plus petites : c'est le mal-logement invisible celui qui condamne les personnes aux salaires modestes, les retraités, les parents isolés à ne pas manger à leur faim , à s'endetter pour ne pas être jetés à la rue.

Les maires d'arrondissement ont toujours la même réponse à nous opposer : ils ont un contingent de logements réduits qui ne correspond pas aux plafonds de ressources trop faibles des demandeurs.

La majorité des demandeurs de logements sont donc désormais écartés de tous les contingents : trop pauvres pour celui de la mairie, pas assez « prioritaires » pour la Préfecture...qui ne reloge pas non plus beaucoup de DALO.

Nous ne pouvons pas accepter la fin de non-recevoir qui nous est faite par les maires d'arrondissement qui sont actuellement à mi-mandat : dans un arrondissement où le mal-logement touche 10% des habitants, le rôle des élus est de prendre le problème à bras le corps et de trouver des solutions pour leurs administrés qui sont des Parisiens comme les autres.

UN LOGEMENT POUR TOUS , MAINTENANT !



Paris : la Mairie du 10éme occupée par des... par HLMPOURTOUS

14:34 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : rémi ferraud, delanoe, dalo, sru, sdf, mal-logés, hlm, paris habitat oph, rivp | | |  Facebook

 
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