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jeudi, 03 février 2011

Loi SRU: la fête à Neu-Neuilly...

Aujourd'hui, à l'Assemblée Nationale, Benoist Apparu et les parlementaires célèbrent les dix ans de la loi SRU.

Le Collectif des Mal Logés en Colère a choisi la Mairie de Neuilly pour cet anniversaire : hormis dans cette ville qui n'a même pas atteint 4% de HLM en dix ans, où pourrait-on trouver quiconque pour se réjouir de la situation ? Nous avons donc occupé l'Hôtel de Ville à une centaine de personnes, ce qui a occasionné l'arrivée en quelques minutes d'un dispositif policier impressionnant, sans doute pour que les habitants de Neuilly  comprennent à quel point des demandeurs de logement social seraient de dangereux voisins. Mais le maire a quand même du s'engager à nous recevoir rapidement pour nous expliquer sa méthode pour ne pas payer d'amende tout en construisant si peu.

Les mal-logés n'ont aucune raison d'être optimistes après les déclarations de Benoist Apparu sur la loi SRU : selon lui « le problème existe aussi bien pour les villes qui ont moins de 20 % de logements sociaux que pour celles qui en ont  70 % »

C'est un bilan réaliste : la loi SRU n'a pas permis en dix ans de construire massivement du logement social dans les zones qui n'en possédaient pas, mais elle permet de décréter qu'il y a des endroits où il y aurait trop de logement social. Les amendes infligées aux communes déficitaires ne représentent rien par rapport au profit qui peut être réalisé par les collectivités territoriales avec des projets immobiliers privés, ou destinés aux entreprises, là ou du foncier est disponible.

En donnant la possibilité aux communes d'être exonérées d'amendes lorsqu'elles investissent dans diverses opérations qui ne créent pas de nouveaux logements,  on neutralise le système d'amendes.  Une ville comme Neuilly peut acheter des immeubles occupés par des personnes aux revenus aisés, et les conventionner en logement social, sans qu'aucun mal-logé ne bénéficie de cet « investissement ». L'acquisition d'immeubles occupés et re-conventionnés constitue d'ailleurs une bonne part des chiffres « record » affichés par le Ministère du Logement.

Par contre au nom de cette même loi SRU, on a investi des milliards d'euros pour démolir des centaines de milliers de logements sociaux dans les quartiers populaires. Les élus locaux qui ont atteint le fameux quota opposent cette « réussite »  à leurs habitants mal-logés pour ne pas répondre à leur demande.  Les bailleurs sociaux , en Ile de France se permettent également de refuser des attributions, même prioritaires DALO, au motif légal de « non-respect de la mixité sociale », comme l'évoque un rapport rendu au Ministère du Logement fin janvier (rapport du CGEDD sur le commissions de médiation DALO en Ile de France).

La loi SRU a bien permis la casse des « ghettos de pauvres », et n'en a pas créé de nouveaux dans les beaux quartiers... Ou sont passés les pauvres alors ? Dans la rue, dans les hébergements d'urgence, entassés dans des logements trop petits avec des loyers hors de prix. Les campings en grande banlieue ont remplacé les barres HLM en moyenne couronne.

Depuis des mois, Benoist Apparu répète que les logements sociaux doivent être construits là où il y en a réellement besoin. Le maire de Neuilly a demandé, lui, à ce qu'on revoie ses obligations en terme de nouveaux logements sociaux à la baisse, en raison notamment du coût du foncier extrêmement élevé qui rendrait toute nouvelle opération hors de prix.

Nous ne sommes pas venus demander à Mr Fromentin qu'il nous reloge sur sa commune : nous sommes venus exiger que le gouvernement et sa majorité dont il fait partie, construisent effectivement là où il y en a besoin, maintenant.

Nous ne voulons plus de nouvelles lois en faveur du logement qui se retournent finalement contre les mal-logés, de SRU à DALO, nous voulons des actes, et nous sommes déterminés à les imposer par la lutte, la méthode des obligations légales et des amendes ayant montré son inefficacité totale.


Loi SRU : la Mairie de Neuilly occupée par des Mal-logés

16:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mal-logement, sru, benoist apparu, dalo, trève hivernale | | |  Facebook

jeudi, 20 janvier 2011

Le Préfet du logement, Alain Regnier, interpellé par des mal-logés

Ce matin, quatre- vingt mal logés ont interpellé de vive voix Mr Alain Régnier, préfet délégué général pour la coordination de l'hébergement et l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, à l’occasion d’un colloque européen sur le logement social à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.
Hier, suite à l’occupation de la DRIHL, nous étions reçus par Jean Martin Delorme chargé des mêmes missions que Mr Régnier,  mais uniquement pour l’Ile de France.  Face à l’urgence de la situation sur le front du logement, Mr Delorme qui s’exprimait également au nom du Préfet, n’a su que nous répéter des chiffres censés démontrer que la situation s’améliore , malgré l’évidence de la dégradation des conditions de vie de millions de mal-logés en France.
On nous annonce des « records » de construction de logements sociaux en 2010, mais le Ministère passe sous silence, les dizaines de milliers de logements sociaux vendus chaque année, et les centaines de milliers d’appartements démolis par l’ANRU depuis le début des années 2000. Les élus font comme si la spéculation immobilière n’existait pas, comme si en dix ans, les logements du parc privés à bas prix n’avaient pas totalement disparu. Le chiffre de 3, 5 millions de mal logés n’existe tout simplement pas à leurs yeux.
Face à ce déni de réalité, face à ce refus de l’Etat de satisfaire un besoin fondamental, l’accès au logement, face à la volonté manifeste d’ignorer et de décourager les mal-logés en lutte, nous avons donc décidé de réagir immédiatement.
Puisque qu’on ne veut pas nous entendre au niveau régional, nous sommes donc allés  à la rencontre de celui qui a été nommé directement par François Fillon, pour réaliser les engagements pris en 2009 sur la résorption du mal-logement, et réitérés fin 2010 dans une circulaire adressée à tous les Préfets.
Puisque les promesses n’engagent que ceux qui les croient, les mal-logés entendent bien les rappeler quotidiennement à ceux qui les font.
Alain Régnier s’est engagé à nous recevoir mardi, pour notre part, la lutte continue jusqu’au relogement de tous.

Voir le communiqué diffusé sur place ci dessous


Mal-logement : Le Prefet Regnier interpellé en direct
envoyé par HLMPOURTOUS. -

 

Mal-logement : nous méritons mieux qu’une politique résiduelle et nous l’obtiendrons.


Si nous sommes aujourd’hui une centaine de demandeurs de logement à nous inviter au colloque organisé par le Préfet Alain Régnier, colloque intitulé «  Le logement social dans tous ses états », c’est que le temps presse, et que l’Etat  n’a pas l’air de s’en rendre compte.
En 2008, Mr Alain Régnier était nommé par François Fillon délégué général pour l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées. Un an plus tard le 16 mars 2009, dans un entretien consultable sur le site du Ministère,  Mr Régnier affirmait que l’objectif était  « qu'à l'horizon 2012, nul ne soit contraint de vivre dans la rue ou dans un habitat indigne ».

Si nous parlons la même langue que notre Préfet, l’ « horizon 2012 », c’est dans un an.


Un an pour reloger ne serait-ce que 374 000 demandeurs de logement franciliens recensés, alors que la DRIHL annonce comme une extraordinaire bonne nouvelle, le fait que 570 demandeurs DALO soient relogés chaque mois , ce qui permettrait au mieux d’arriver à moins de 7000 demandes de logement  satisfaites d’ici la fin de l’année ?
Et cela seulement si le mal-logement ne frappait sans cesse de nouveaux foyers…Or la reprise de la hausse des prix immobiliers en 2010, conduit mécaniquement à une hausse des congés pour vente, des impossibilités de faire face au paiement du loyer et donc des expulsions pour 2011 et 2012.


Nous n’entendons pas empêcher les chercheurs de chercher, mais nous n’acceptons plus que la politique du logement social se résume à une communication permanente du Ministère, à coups d’études et de colloques , pour nous persuader  que tout va de mieux en mieux et que les chiffres qui font état d’une augmentation constante du nombre de mal-logés ne sont pas ceux qui comptent. Nous ne pouvons rester sans réaction devant  un évènement officiel , organisé par le gouvernement et ses représentants, et dont l’un des sujets traités est « Et si ce n’est pas le logement social, quel secteur prend en charge les populations perçues comme indésirables ? »

Quelles sont  ces « populations perçues comme indésirables »? Sans aucun doute les demandeurs de logement social dans leur ensemble, puisque ce colloque est notamment consacré à l’exposé de la conception «  résiduelle » du logement social, selon laquelle celui-ci devrait être réservé aux « personnes les plus défavorisées ».


Le collectif des Mal Logés en Colère est donc venu aujourd’hui rappeler que le logement social n’est pas une « mesure d’urgence » pour quelques pauvres méritants et triés sur le volet, mais une conquête sociale, la possibilité pour toutes les personnes aux revenus modestes de se loger décemment sans y consacrer tout son budget.
Nous comprenons bien que notre démarche nous classera immédiatement dans ces « populations indésirables » qui rappellent en 2011 aux représentants de l’Etat les engagements pris en 2009.
Mais nous sommes là quand même, et notre lutte constante et déterminée démontre en tout cas que le mal-logement ne sera pas un problème résiduel pour les responsables de la situation.

15:03 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : benoist apparu, construction, logements sociaux, sru, hlm, dalo, mal-logement | | |  Facebook

jeudi, 13 janvier 2011

Occupation de la DRIHL: les logements en Ile de France, c'est pour quand ?

Le collectif des Mal Logés en Colère s'est invité aujourd'hui à la Direction Régionale et Interdépartementale de l'Hébergement et du Logement, placée sous l'Autorité du Préfet de Région et crée en juillet 2010.

La DIRHL est censée unifier et coordonner les différents services existant auparavant pour résoudre la question du mal-logement en Ile de France.

Nous sommes donc venus demander à Jean Martin Delorme, directeur de cette nouvelle structure, ce qui a changé, en positif, depuis six mois et comment aujourd'hui nos problèmes peuvent trouver une solution concrète.

En effet, dans nos galères de logement, la tendance est plutôt à l'aggravation.

Face à la mobilisation montante de tous les mal-logés, jeunes ou vieux, célibataires ou en famille, seule la Préfecture de Police semble envoyée sur le terrain, pour faire taire les demandeurs de logement social qui exigent leur dû.

Benoist Apparu répète en boucle qu'il faut faire du logement social là où il y en a besoin, mais il s'agirait de faire au lieu de parler.

Après négociation, nous avons obtenu en échange de notre sortie un rendez-vous de travail avec Jean Martin Delorme, directeur de la DRIHL, et représentant de la Préfecture de Région: après des mois d'évacuations policières et de politique de la porte fermée, un interlocuteur de l'Etat compétent  nous est donc proposé.

Nous verrons ce qu'il en sera en termes concrets, et restons déterminés jusqu'au relogement de tous.


Paris : des mal-logés occupent la DRIHL
envoyé par HLMPOURTOUS. -

 

La dépêche AFP

Des mal-logés occupent la Direction du Logement d'Ile-de-France

 Des militants du collectif des Mal-logés en colère occupaient jeudi à la mi-journée les locaux de la Direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement (Drihl) à Paris pour dénoncer la politique du gouvernement et réclamer des logements.

 Entre 70 et 80 militants, selon une source policière, se sont introduits "dans les bureaux" de la Direction, située dans le XVe arrondissement, a expliqué une militante du collectif, confirmant leur nombre, par téléphone.

 Le collectif demandait à être reçu par Jean-Martin Delorme, le directeur de cette structure, pour entamer "des négociations concrètes" sur leur accès à un logement, a-t-elle précisé, sous couvert de l'anonymat.

 "La Drihl a été créée en juillet 2010 pour coordonner l'accès au logement en Ile-de-France et six mois après on n'a pas l'impression que la situation s'arrange. Au contraire, elle s'aggrave", a expliqué la militante.

 "Des gens se font virer de leur hébergement car ils y sont restés trop longtemps et il n'y a pas de porte de sortie", a-t-elle dénoncé.

 Dans un communiqué, le collectif dénonce aussi la situation de "certains foyers (qui) s'endettent pour payer le loyer", celle de "retraités de plus en plus souvent en errance ou hébergés chez des proches eux-même mal-logés", et le fait que "le droit au logement opposable (Dalo) se résume à rien".

16:03 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : benoist apparu, mal-logement, expulsion, sru, dalo, hlm, hébergement | | |  Facebook

 
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