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mercredi, 15 avril 2015

10ème arrondissement: expulser les mal-logés ne résoud pas le problème du logement

Remi Feraud, Ian Brossat, Dominique Versini, cotation, scoring, PLS, résidence sociale, logement intermédiaire, encadrement des loyersCe 15 avril, une soixantaine de demandeurs de logement ont occupé la mairie du 10ème arrondissement: au lieu de nous proposer un rendez-vous, Mr Feraud a préféré mobiliser les forces de police pour nous faire évacuer.

Ce n'est pas la première, ni la dernière fois sans doute: le cabinet du maire nous a reprochés d'être entrés dans la mairie, mais à l'automne, le simple fait de manifester devant nous avait valu un encerclement policier encore plus surdimensionné. Cela n'empêche pas que nous soyons très bien reçus et encouragés par de nombreux habitants du quartier, également demandeurs de logement parfois depuis dix ou même vingt ans.

Dans le 10ème arrondissement, les années passent le mal-logement reste, même s'il s'invisibilise plus qu'avant.

 Il y a moins d'hôtels meublés insalubres dans l'arrondissement : mais cela ne signifie pas que beaucoup de familles du 10ème dont les enfants sont à l'école ici ne subissent plus l'enfer de l'hôtel. Elles ont été transférées vers le SAMU Social, qui les héberge dans des hôtels de banlieue : à l'enfer de l'hébergement trop petit et sans intimité, s'est ajouté celui des temps de transports interminables et de l'errance urbaine.

Des résidences sociales ont été construites : de l'extérieur, elles ressemblent à des logements ordinaires tout neufs. En réalité, ce sont des foyers un peu améliorés, avec des pièces très petites, un bail très précaire et un règlement intérieur très intrusif. Elles étaient censées être une « passerelle » vers un relogement normal. Mais la passerelle est devenu un tunnel sans fin : beaucoup de résifents arrivent au terme de trois ans d'hébergement et du bail précaire sans aucune proposition de vrai logement.

La sur-occupation est un des fléaux de l'arrondissement, car les loyers élevés ne permettent pas aux familles de louer dans le parc privé : mais une double peine s'ajoute désormais au mal-logement. La CAF de Paris engage sans arrêt des procédures de suspension des allocations pour ce motif, comme si les locataires en sur-occupation étaient responsables de cette situation. Alors que la Ville de Paris a promis une politique coordonnée entre les diverses institutions parisiennes , notamment la CAF et les services municipaux, sur ce sujet, rien n'est fait pour que les familles ne subissent pas des problèmes supplémentaires.

Le parc social du 10ème arrondissement est en partie composé d'anciens logements privés rachetés et « réhabilités » : on a abattu des murs , fait des escaliers intérieurs et assemblé des chambres de bonnes pour en faire des logements sociaux. Si l'idée est bonne sur le papier, dans le réel, elle aboutit souvent à des appartements mal aérés et peu fonctionnels : mais même dans des foyers où une situation de handicap ne permet plus aux personnes d'accéder à l'intégralité des pièces de leur logement, les demandes de mutation n'aboutissent pas.

Ces dernières années, le 10ème arrondissement est un de ceux qui a enregistré les plus fortes hausses du prix de l'immobilier : se loger dans le privé y est impossible. Le nombre de demandeurs de logement inscrits ne cesse donc d'augmenter.

Mais la massification du mal-logement ne peut pas être la justification pour ne pas reloger : aujourd'hui, malheureusement, c'est pourtant ce que s'entendent répondre les mal-logés qui viennent exposer leur situation inacceptable dans les permanences en mairie : «  vous n'êtes pas le seul ».

Effectivement, nous ne sommes pas seuls, nous sommes ensemble, contre le mal-logement.



Paris 10ème, les mal-logés évacués de la Mairie. par HLMPOURTOUS

19:19 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : remi feraud, ian brossat, dominique versini, cotation, scoring, pls, résidence sociale, logement intermédiaire, encadrement des loyers | | |  Facebook

mercredi, 01 avril 2015

Paris 13ème: la mixité sociale passe aussi par le logement très social.

Les mal-logés lisent la presse: voilà qui avait l'air de scandaliser le directeur de cabinet du maire du 13ème arrondissement, qui recevait une délégation du Collectif pendant notre manifestation improvisée devant la mairie.

Effectivement, nous avons lu l'article du Point consacré à l'attribution supposée de 9 logements sociaux, dont des PLI à des collaborateurs du maire. Et nous avons réagi par une manifestation: manifestation qui avait comme objectif , non pas de dénoncer ces attributions, mais de dénoncer une politique du logement qui laisse des centaines de milliers de demandeurs SANS attribution, parce que l'offre n'est pas adaptée à leurs revenus.

En effet, depuis onze ans, notre collectif lutte pour un logement décent pour tous et contre l'édiction permanente de critères restrictifs, hiérarchisant arbitrairement l'urgence sociale. Le logement social est un service public d'intérêt général, il n'y a rien d'anormal à ce que des cadres, des salariés municipaux ou des élus d'arrondissement en bénéficient.

La démagogie n'est donc pas du côté des mal-logés en lutte: par contre, nous dénonçons la démagogie de la prétendue "transparence" qui consiste à gérer la pénurie de logements sociaux pour les classes populaires plutôt qu'y remédier. La démagogie, c'est prétendre par exemple que les systèmes de scoring, qui trient les demandeurs entre eux sont justes et rétablissent l'égalité: car l'égalité, c'est le respect du droit au logement pour TOUS, pas une application de ce droit limitée par des critères arbitrairement fixés.

La démagogie, c'est aussi opposer la mixité sociale aux salariés modestes , aux précaires ou aux familles en difficulté pour ne pas faire correspondre la demande et l'offre de logement social.

Depuis des années, notre collectif dénonce la disproportion entre le nombre de logements vraiment sociaux et celui des loyers libres et des PLI gérés par les bailleurs sociaux de la Ville.

Le directeur de cabinet du maire du 13ème arrondissement nous a assuré que la plupart des logements attribués dont la presse avait fait état l'avaient été à des salariés modestes, et en tout cas dans le respect de la législation en vigueur.

Nous en prenons acte, mais le problème reste entier: car les parisiens modestes ont aussi le droit au respect de la "législation en vigueur" , c'est à dire au relogement immédiat: or lorsque nous venons exiger le respect de ce droit, à la mairie du 13ème comme ailleurs, on nous répond d'abord par une haie de policiers.

Mais qui est hors la loi ?

Le tract diffusé sur place

13ème arrondissement :

le scandale des PLI et loyers libres,

Encore et toujours !

 

Les mal logés en colère manifestent aujourd'hui à la mairie du 13ème arrondissement.

La presse s'est fait l'écho, il y a quelques jours , de la très grande chance des collaborateurs et adjoints du 13ème arrondissement. Neuf d'entre eux ont en effet réussi à obtenir un logement social par la commission de la mairie entre 2007 et aujourd'hui. Une situation enviable quand 150 000 demandeurs sont inscrits sur le fichier parisien, pour certains depuis dix, quinze ans ou plus.

 Mais l'immense majorité des demandeurs n'ont pas d'amertume à avoir : de toute façon, ces « logements sociaux » auraient été bien trop chers pour leurs revenus.

Selon le maire du 13ème, ces logements sont classés en PLI et assimilés : les fameux loyers libres du parc social parisien. Les PLI sont encore plus chers que le PLS , déjà inaccessible à 80 % des demandeurs de logement de la capitale. Or à Paris, les PLI et assimilés représentent 26 % du parc des bailleurs sociaux, soit 60 000 logements. Les logements très sociaux ( PLA-I) qui sont la seule solution vraiment accessible pour 80 % des demandeurs représentent eux 1,7 % et 3987 logements (1)

La disproportion phénoménale entre le parc disponible de logements vraiment sociaux et celui des logements intermédiaires PLI a une conséquence simple : les commissions d'attribution des mairies d'arrondissement et de la mairie centrale peuvent répondre à la demande des personnes pouvant acquitter des loyers un peu en dessous du marché privé. Mais ils n'ont que très rarement de propositions à faire aux Parisiens modestes.

Dans ces conditions , la transparence et l'égalité dans les attributions promises avec le fameux système de « cotation » sont un trompe l'oeil : la demande d'un salarié au SMIC, d'un retraité ou d'un chômeur peut être très bien côtée, son relogement n'avancera pas plus vite car la majorité des logements disponibles à l''attribution ont un niveau de loyer inaccessible. A l'inverse, la demande d'un cadre supérieur ou d'un élu municipal avancera très vite, sans aucune « fraude », puisque de nombreux logements «  sociaux » correspondent à ses ressources.

Une solution existe : reconventionner la plus grande partie des logements PLI et des loyers libres, pour que la nature de l'offre corresponde enfin à la demande. Il faut aussi équilibrer réellement la construction neuve : aujourd'hui, moins d'un tiers est du logement très social, alors alors que les logements aux loyers plus chers , PLS et PLI sont en surnombre. Beaucoup d'entre eux ( presque 78 % des PLS ) sont attribués à des foyers en dessous des plafonds de ressources, ce qui entraîne ensuite des difficultés à payer le loyer !

Année après année, scandale après scandale, les élus promettent la « transparence », comme si le problème était là : l'année dernière cela concernait le duplex au cœur d'un hôtel particulier attribué au directeur de la Fédération française de tennis dans le 3ème arrondissement.

 Mal-logés, nous ne sommes pas contre la mixité sociale même dans le parc des bailleurs sociaux : le logement social est un service public d'intérêt général , dont cadres et élus d'arrondissement peuvent aussi bénéficier.

Mais le vrai scandale, c'est l'absence de mixité sociale dans l'autre sens : ce qui est vraiment choquant c'est que le parc social parisien soit si peu accessible aux ouvriers, aux employés, aux chômeurs et précaires, aux retraités et aux familles modestes. Car la vocation première des HLM est bien de répondre à cette demande là, urgente au regard du mal-logement qui nous frappe.

 

(1)Source:APUR 

18:18 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pli, pls, pla-i, mixité sociale, loyers libres, rivp, ian brossat | | |  Facebook

mercredi, 17 décembre 2014

Inauguration du Partech Shaker: Emmanuel Macron, Jean-Louis Missika et les mal logés !

Les mal-logés s'invitent à l'inauguration du Partech Shaker  !

La ville-monde, pour TOUT le monde  !

 

«  Le point commun entre ces investissements nombreux et massifs est en effet leur contribution décisive à l’émergence d’une ville bienveillante c’est-à-dire à la fois ouverte sur le monde et fortement soudée autour des valeurs qui l’identifient : à la fois rayonnante et solidaire.  »

Anne Hidalgo, sur le budget 2015 de la Ville.

 

partech shaker.jpgParis, ville ouverte sur le monde  ? Oui, mais pas pour tout le monde.

Parisiens modestes et en recherche de logement, nous avions décidé de nous inviter aujourd'hui à l'inauguration du Partech Shaker, en présence de notre adjoint à l'Urbanisme, Jean-Louis Missika, mais aussi du Ministre de l’Economie Emmanuel Macron, et des représentants du fonds d’investissemet international Partech.

 

Évidemment, la ville-monde a ses frontières internes et nous avons été bloqués par un cordon de CRS à quelques pas de la fête et de ses invités prestigieux.

 

Mais Jean-Louis Missika est cependant venu à la rencontre de la manifestation bruyante et déterminée des mal-logés, pour nous proposer de nous rencontrer très prochainement, avec l’adjoint au Logement.

 

« Oser Paris », disait Anne Hidalgo pendant sa campagne. C’est ce que les mal-logés en lutte font, en s’invitant là où ils ne sont pas attendus, là où leurs problèmes ne sont pas entendus par les décideurs. Au Partech Shaker aujourd'hui, dans l'un des sièges de la BNP Paribas, il y a quelques semaines, notre manière d'imposer la mixité sociale...

 

Voir le communiqué diffusé sur place ci dessosus

 


Inauguration de PARTECH SHAKER, les mal-logés... par HLMPOURTOUS


Inauguration de PARTECH SHAKER : Colère des mal... par HLMPOURTOUS

Le Partech Shaker, c'est un immeuble de neuf étages, magnifiquement rénové, ultra-moderne et fonctionnel qui accueillera des start-up françaises et internationales, un lieu unique en Europe, financé par un fond d'investissement privé européen.

 

Que viennent faire dans cette inauguration festive , des mal-logés parisiens  ? Ouvriers ou employés, nous avons bien notre place dans cet espace flambant neuf...mais pour faire les travaux de rénovation, pour venir nettoyer les bureaux tôt le matin et tard le soir, nous avons notre place aux alentours, comme vendeuses dans les magasins fréquentés par les salariés du lieu, ou dans les crèches et dans l'ensemble des services publics dont bénéficient l'ensemble des acteurs économiques parisiens.

Mais ensuite, nous sommes priés de nous faire oublier  : sommés de retourner dans des hôtels de banlieue , alors que nos enfants sont scolarisés à Paris. Sommés d'attendre un logement décent, parfois jusqu'à la retraite, sans jamais obtenir satisfaction.

 

On nous annonce toujours des avancées «  considérables  » sur le logement social  : mais si ces annonces séduisent les médias, sur le terrain, la réalité précise est bien différente. 80% d'entre nous ne peuvent accéder qu'à un logement très social, mais en quinze ans, 22% seulement des nouveaux logements sociaux ont ce niveau de loyer.

 

De plus parmi ces logements, beaucoup ne sont pas de la construction neuve  : récemment, Ian Brossat et Anne Hidalgo ont ainsi annoncé le rachat de 10 000 logements privés...déjà occupés pour la plupart. Bien sûr, dans certains d'entre eux, les locataires sont menacés d'un départ contraint à cause d'un congé pour vente., mais comme le reconnaît la mairie, les logements rachetés seront des logements qui avaient déjà des loyers les classant dans le parc social de fait...on ne crée donc pas d'offre nouvelle.

 

Aujourd'hui, nous sommes 150 000 demandeurs de logement à Paris.

Quand les élus parisiens inaugurent un complexe comme le Partech Shaker, ils mettent en avant avec fierté la dimension internationale et européenne des entreprises présentes. Mais cette conception louable de la «  ville-monde  » ne s'applique pas aux mal-logés  : en ce qui nous concerne, la Ville a une idée extrêmement restrictive du «  Parisien  »  . N'est plus Parisien, le locataire expulsé que le SAMU social a envoyé dans un hôtel de banlieue, n'a pas «  vocation à être Parisien  », celui qui travaille en CDD dans une ville voisine, ou celui qui travaille à Paris, mais n'y a pas sa domiciliation.

 

Une ville bienveillante, rayonnante et solidaire  ? C'est là le rêve des Parisiens demandeurs de logement, un rêve dont nous souhaitons la traduction concrète maintenant, au même titre que les start-up, pour lesquelles on n'attend pas 2025, ou autres échéances lointaines fixées pour résoudre le mal-logement.

22:02 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : partech-shaker, jean-louis missika, emmanuel macron, bnp paribas, ian brossat, mixité-sociale, bureaux vides | | |  Facebook

 
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