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mercredi, 26 mars 2014

Occupation de la "Mission Halles" de Paris: les mal-logés très mobilisés dans l'entre-deux tours

 Ce soir, Anne Hidalgo et NKM sont face à face devant les téléspectateurs.

Mais pendant les six mois de campagne électorale, aucune des deux n'a voulu répondre à LA question prioritaire pour les Parisiens : celle du logement. NKM a passé son temps à taper sur le logement social, inventant une prétendue « facilité » des plus pauvres à se loger à Paris, ce qui serait comique si ce n'était insultant pour les centaines de milliers de demandeurs de logement aux revenus modestes .

Anne Hidalgo a bien parlé logement...mais fait des promesses à l'horizon 2030. Pendant toute la campagne, elle s'est refusée à prendre des engagements précis sur la construction de logements très sociaux, et également à envisager d'urgence un plan de relogement massif pour désengorger les listes d'attente.

Et les mal-logés en lutte qui osaient exiger des engagements précis et immédiats ont suscité , non pas l'écoute, mais l'énervement de la candidate et de ses porte-paroles. C'est ainsi qu'il y a quinze jours, notre collectif était expulsé sans ménagements par la police de la Fédération PS de Paris, sur l'ordre de Rémi Ferraud, directeur de campagne d'Anne Hidalgo, président de la Fédération et maire du 10ème arrondissement.

Aujourd'hui, toujours déterminés, 70 d'entre nous ont occupé la Mission Halles de la Ville de Paris, juste en face de la Fontaine des Innocents. Nous voulions notamment mettre en lumière la disproportion entre le coût de ce projet qui ne profite qu'aux investisseurs commerciaux et le budget du logement. La rénovation du Forum, c'est un milliard d'euros, soit deux ans de budget logement pour tout Paris. Alors qu'on ne nous dise pas que les moyens manque, c'est bien une question de volonté politique.

Aujourd'hui en lieu et place d'une expulsion policière, nous avons d'abord eu la visite sur place du directeur de cabinet chargé du logement au cabinet du maire, puis obtenu un rendez-vous avec Rémi Ferraud en début de semaine prochaine.

Les élus de la nouvelle mandature devront donc écouter la parole des mal-logés de la capitale le premier jour de la première semaine de leur mandat. Normal, puisque le logement est la première préoccupation de TOUS les Parisiens.

Et notre parole sera très claire : le logement c'est maintenant !


Le tract diffusé sur place

Un milliard pour les Halles, pas de plan d'urgence contre le mal-logement, il fallait oser  !

 Les mal-logés occupent l'immeuble qui abrite la «  Mission Les Halles  », où se coordonne la rénovation d'un ensemble à vocation principalement commerciale qui a coûté un milliard d'euros à la Ville.

 Après ce premier tour des élections municipales, un constat s'impose  : dans les arrondissements populaires, le soutien à la majorité sortante a beaucoup faibli depuis 2008. Manifestement, les Parisiens des classes populaires n'ont pas eu l'impression que leurs problèmes étaient pris en compte et en passe d'être traités.

 L'accès au logement est au cœur de toute politique sociale, et évidemment au cœur des préoccupations des Parisiens modestes  : les élus municipaux reconnaissent d'ailleurs eux-même que c'est ce sujet dont leur parlent en priorité ceux qui viennent à leur permanence.

 Manifestement, la promesse de 30% de logements sociaux dans 15 ans ne satisfait pas les Parisiens, confrontés à l'urgence immédiate des loyers trop chers, des congés pour vente, de la suroccupation ou de l'enfer des hébergements précaires et de l'errance urbaine.

Manifestement, la focalisation de la campagne sur le logement intermédiaire ne répond pas non plus aux besoins d'une grande partie des Parisiens, qui sont 70% à pouvoir accéder à un logement social.

 Demandeurs de logement, nous avons une nouvelle fois décidé de nous faire entendre de la candidate et première adjointe actuelle  . Nous occupons un lieu très symbolique, l'immeuble qui accueille au cœur de Paris, la «  mission Paris Halles  », là où se coordonne une des opérations les plus chères de la dernière mandature  : pour un aménagement urbain qui profitera avant tout aux investisseurs privés du Forum des Halles, la Ville a dépensé un milliard d'euros, soit deux ans de budget du logement social pour tout Paris. Ce chiffre est aussi à mettre en rapport avec les 2 petits millions d'euros alloués à l'hébergement en 2014, et ce alors que même les familles avec enfants ne sont plus à l'abri de la rue, et qu'un appel sur deux au 115 se solde par l'absence de toute solution.

 Paris est une ville riche, qui peut et doit faire le maximum pour reloger les Parisiens mal-logés  : or, aucun plan d'urgence n'est proposé par Anne Hidalgo et ses alliés  . Christophe Najdovski proposait bien au premier tour de mobiliser tous les contingents pour reloger les DALO parisiens en deux ans, mais qu'en est-il dans l'accord final passé entre ces deux tours  élus  ? Devrons-nous encore nous contenter pendant sept ans de déclarations satisfaites, malgré la hausse continuelle du nombre de demandeurs de logement  ?

En effet seuls 20% des nouveaux logements sociaux construits depuis 2001 sont du logement très social  : et encore, dans les chiffres de la Ville de Paris concernant cette catégorie, sont intégrées les places en hébergement d'urgence, les anciens logements loi de 48 reconventionnés mais qui avaient déjà ce niveau de loyer auparavant, les acquisitions d'appartements déjà occupés.

Nous ne nous résignons pas  : le logement c'est maintenant  !

Le relogement n'est pas impossible, il est nécessaire  !

 On ne peut pas accepter qu'une partie des Parisiens vivent comme au 19ème siècle quand des solutions existent  : le reconventionnement des loyers libres en logements très sociaux, l'attribution des terrains disponibles à des projets de logements à des loyers correspondant aux besoins.

 Les élections se terminent, la lutte ne fait que commencer.  !

UN LOGEMENT POUR TOUS  !


Quelques images de la mobilisation :


Paris : les élections passent, le mal-logement... par HLMPOURTOUS

20:51 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : municipales2014, anne hidalgo, forum des halles, canopée, rémi ferraud, unibail | | |  Facebook

mercredi, 19 mars 2014

Les mal-logés chez la médiatrice de la Ville de Paris: les maires passent, le mal-logement reste !

Dans quelques semaines, Paris aura un nouveau maire, et elle s'appellera sans doute Anne Hidalgo: le changement ne sera donc que très limité pour les demandeurs de logement, puisqu'elle était déjà première adjointe notamment à l'urbanisme.

Durant toute la campagne, les Parisiens mal-logés se sont mobilisés pour faire entendre la voix des 140 000 demandeurs de logement social, qui ne semble guère compter pour les deux principales candidates.

Du riche 16ème arrondissement, à la fédération PS de Paris, du local de campagne de NKM à celui d'Anne Hidalgo, nous avons crié notre colère, et montré que si nous étions considérés comme des Parisiens de seconde zone, notre mobilisation, elle, était de la première importance : quel que soit la future occupante de l'Hôtel de Ville, elle devra compter avec la colère des mal-logés.

Aussi nous sommes nous invités aujourd'hui à la Mission de la Médiatrice de la Ville de Paris, parce que ses compétences, ou plutôt celle que la Ville ne veut pas lui donner sont très significatives. En effet l'accès au logement en est exclu, alors que même la présence de crottes de chiens sur les trottoirs ou la disposition des parterres de fleurs relèvent des sujets que les Parisiens peuvent lui soumettre !

Elle nous recevra quand même et nous lui parlerons logement quand même: car nous prenons un engagement pour la prochaine mandature, et il sera tenu comme il l'a été dans les deux précédentes: le logement est le principal problème des Parisiens, et nous irons le soumettre partout, à tous les adjoints, à tous les élus , à toutes les instances municipales, jusqu'à ce que nos droits fondamentaux soient respectés !


Les mal-logés chez la médiatrice de la Ville de... par HLMPOURTOUS

 

Le tract diffusé sur place

PARIS  : Oser le relogement maintenant  !

 La campagne municipale se termine  : pendant des mois, 140 000 demandeurs de logements sociaux, et des centaines de milliers d'autres Parisiens touchés par la crise du logement ont attendu de l'actuelle première adjointe et future maire, Mme Hidalgo, un signal fort, un engagement concret et immédiat sur ce qui est la première préoccupation des Parisiens.

Pendant des mois, Mme Hidalgo et ses porte-parole de campagne ont simplement répété  qu'il y aurait 30% de logements sociaux...en 2030, comme si non seulement l'urgence du mal-logement n'appelait pas de solutions immédiates, mais qu'elle n'était même pas un sujet sur lequel on devait prendre des engagements forts sur la mandature à venir, mais seulement sur un horizon de quinze ans.

Quinze ans, c'est devenu une durée d'attente d'un logement assez courante à Paris. Quinze ans, c'est tout simplement un horizon inenvisageable pour tous les retraités qui survivent dans des logements minuscules ou insalubres, peinant à payer un loyer qui dévore leur petite retraite.

Quinze ans, c'est beaucoup plus long que le temps d'une scolarité ratée pour les centaines de milliers d'enfants qui grandissent sans espace pour faire leurs devoirs, ou baladés d'hébergement en hébergement, d'école en école.

Quinze jours, voilà l'horizon qui barre l'avenir de beaucoup de Parisiens: après un congé pour vente et la procédure d'expulsion qui va avec, ou quand le SAMU social aura moins de places à cause de la fin de la trève d'hiver, faute de relogement, pour beaucoup ce sera la rue.

Quinze jours à peine nous séparent aussi du départ de Bertrand Delanöe de l'Hôtel de Ville, lui , qui avait promis en 2001, l'éradication du mal-logement et qui laisse en partant 140 000 demandeurs de logement. Après quinze années où il aura opposé une fin de non-recevoir constante à la revendication des Parisiens mal-logés, mettre enfin l'offre de logement social en adéquation avec la demande, c'est à dire prendre en compte les besoins des demandeurs , dont 70% ne peuvent accéder qu'à un logement très social.

Seuls 20% des nouveaux logements sociaux construits depuis 2001sont du logement très social  : et encore, dans les chiffres de la Ville de Paris concernant cette catégorie, sont intégrées les places en hébergement d'urgence, les anciens logements loi de 48 reconventionnés mais qui avaient déjà ce niveau de loyer auparavant, les acquisitions d'appartements déjà occupés.

Dans son dernier meeting de campagne , Mme Hidalgo a déclaré qu'être maire de Paris, c'était ne pas opposer logement social et logement intermédiaire, classes populaires et classes moyennes. Pourtant pendant cette campagne, alors qu'elle prenait des engagements très concrets sur le logement intermédiaire, elle refusait de s'engager sur un chiffre de construction de logements très sociaux.

Parisiens modestes, nous ne comptons pas vivre avec le mal-logement jusqu'en 2030.

La question du logement a été totalement invisibilisée pendant cette campagne et Mme Hidalgo a refusé obstinément de recevoir les mal-logés en lutte, en tant que première adjointe ou en tant que candidate.

En occupant symboliquement les locaux de la Médiatrice de la Ville de Paris, censée être au service de tous les Parisiens, mais dont le champ de compétences exclut expressément les problèmes de relogement, nous, Parisiens mal-logés voulons signifier à nos élus, actuels et futurs que nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone et que le mal-logement est bien la question prioritaire dans la capitale.

18:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, ian brossat, paris2014, loyers libres, rivp, elogie, claire brisset, médiatrice ville de paris | | |  Facebook

mercredi, 26 février 2014

Loyers libres des bailleurs sociaux: dans le 3ème comme ailleurs , assez d'opacité et d'injustice

2014-02-26 15.18.41.jpgSoixante dix demandeurs de logement parisiens ont occupé aujourd'hui la mairie du 3ème arrondissement pour manifester leur colère et leur ecoeurement devant une énième affaire , concernant les logements à loyer libres des bailleurs sociaux parisiens: combien de temps encore, les mal-logés de la capitale devront-ils entendre leurs élus parler de "transparence" et d'"égalité" , alors qu'on ne cesse d'apprendre l'existence de logements de luxe loués à des prix bien inférieurs à ceux du marché à des personnes dont les revenus élevés ne justifient pas de telles "ristournes ". Suite à l'occupation, Mr Aidenbaum, maire du 3ème arrondissement et président de la RIVP, nous recevra dans les jours qui viennent.

La plupart des gens pensent qu'un bailleur social fait uniquement du logement social. Ce n'est malheureusement pas une réalité à Paris. Le sujet des « loyers libres » refait surface régulièrement, en période d'élections où l'on apprend par les médias que telle ou telle personnalité vit dans un logement de prestige, avec un loyer défiant toute concurrence, dans un beau quartier de la capitale...et que ce logement appartient à un bailleur social, parisien, souvent la RIVP ou ELOGIE récemment épinglée dans l'affaire du duplex attribué du directeur de la Fédération de Tennis, dans un hôtel prestigieux du Marais.

Puis après la vague d'indignation et les dénégations des élus sur toute responsabilité dans ce cas particulier, le silence se fait jusqu'à la prochaine « affaire ». Et les 140 000 demandeurs de logement parisiens restent seuls à se demander pourquoi les bailleurs sociaux n'ont pas d'appartement décent à leur proposer, mais gardent dans leur patrimoine des biens immobiliers de luxe .

La plupart ignorent l'ampleur réelle du problème : ainsi la moitié du parc d'ELOGIE est composé de « logements non-conventionnés ». En ce qui concerne la RIVP, c'est 35 % du parc qui n'est pas conventionné, dont 13 562 loyers libres...A titre de comparaison, la RIVP compte 588 logements PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 70% des demandeurs de logements ! Résultat : en 2012, sur les 4000 logements attribués par la commission de la mairie centrale, plus de 1500 étaient des logements non conventionnés

Ces chiffres mettent en avant une évidence : le conventionnement de ces « loyers libres » désengorgerait immédiatement les files d'attente des demandeurs, et offriraient une solution à une partie des Parisiens aux revenus modestes, qui sont écartés des commissions d'attribution! Dans la situation actuelle, au contraire, les 70% de demandeurs de logement issus des classes populaires sont forcément condamnés à attendre beaucoup plus longtemps que les autres, puisque les logements disponibles en commission sont si peu nombreux à correspondre à leurs revenus !

Le conventionnement offrirait également une bonne manière de réaliser cet objectif de mixité sociale mis en avant dans le discours des élus : dans le 16ème arrondissement, 48% des logements des bailleurs sociaux sont non conventionnés. Pourquoi acheter à prix d'or au privé des immeubles déjà occupés dans ces quartiers, quand le parc public en compte déjà tellement, qui pourraient être reconventionnés en logements sociaux PLA-I ?

A ces questions, les élus de la Ville ne donnent jamais de réponse claire : à chaque nouvelle polémique sur un appartement en loyer libre, la réponse est qu'il s'agit d'une survivance de l' « ère Tibéri », et que tout est en ordre sur le « reste » du parc..Ces affirmations sont totalement invérifiables, puisque ces logements sont au nombre de 37 000, et que leur attribution est éparpillée entre les différents contingents ( mairie centrale, mairies d'arrondissement, 1% patronal).

« Transparence » et « égalité » sont pourtant les maîtres mots des discours de nos élus depuis deux mandatures : malheureusement, ces mots-là, les mal-logés de la capitale les entendent surtout quand il s'agit de justifier le non-relogement, et de faire passer la colère légitime de celles et ceux qui vivent dans les pires conditions pour une volonté de « passer avant tout le monde pour avoir son HLM ».

Mais c'est bien parce que le parc des bailleurs sociaux comporte une masse de logements qui ne sont pas des HLM,que les demandeurs des classes populaires , loin de « passer devant tout le monde », sont les grands oubliés , les Parisiens de seconde zone, dont les droits sont bafoués, année après année, et même décennie après décennie, puisque le nombre de demandes de logement vieilles de plus de dix ans ne cesse de s'accroitre ?

Alors, en cette période de campagne électorale, où Anne Hidalgo promet un « choc » sur le logement, nous sommes venus exiger qu'on commence, tout de suite, par en finir avec les « loyers libres ». 

 

Note : les chiffres cités dans notre communiqué sont tous issus des documents de l'APUR, organisme sous contrôle de la Ville de Paris.

17:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pierre aidenbaum, rivp, loyers libres, elogie, ian brossat, anne hidalgo | | |  Facebook

 
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