jeudi, 05 novembre 2009
RIVP ; une inauguration perturbée
La direction de la RIVP, l’adjoint au Logement, et le maire du 3ème arrondissement sont ils allergiques aux mal logés ?
A Paris, on construit tellement peu de logements, que la moindre inauguration de quelques chambres de foyer pour jeunes travailleurs donnent lieu à la venue d’une dizaine de responsables du logement social.
Ce matin, à l’inauguration d’un lieu d’hébergement de la RIVP, au 148, rue des Poissoniers, on se bousculait donc pour fêter ces quelques chambres, les occasions étant rares : Jean Yves Mano, adjoint au logement du Maire de Paris, Pierre Aidenbaum, président de la RIVP et maire du 3ème arrondissement, mais aussi Bruno Julliard, adjoint à la Jeunesse, Serge Contat directeur général de la RIVP, ainsi que plusieurs élues du 18ème arrondissement.
Pour les mal logés aussi les occasions sont bien rares de pouvoir exposer en direct leurs difficultés à tous ces élus.
Nous étions donc plus de 80 mal-logés, hébergés, en foyer, à l’hôtel, dans les taudis, à nous être invités à l’inauguration. Des salariés modestes, des étudiants, des retraités, tous en attente d’un logement social. Des expulsés récents, notamment une mère de famille isolée mise à la rue d’un centre maternel géré par la Ville de Paris, qui avait pourtant reçu des garanties de maintien dans les lieux du cabinet Delanoe.
Parmi tous ces responsables en charge du logement social à Paris, pas un n’a accepté de nous rencontrer. Barricadés dans une arrière salle, nos élus sont ensuite, chacun leur tour, passés devant nous, protégés par un cordon de police, avant de s’engouffrer dans leurs voitures, et sans qu’un seul d’entre eux se soit adressé à nous.
Peut-être parce qu’ils n’ont rien à répondre aux chiffres qui déclenchent la colère des mal logés : en 2008, le nombre global d’attributions de logements sociaux a considérablement baissé, et la part de logements très sociaux s’est encore restreinte ( bilan APUR 2008 visible ici http://www.apur.org/etudes.php?visu-etudes.php?id=264 ).
Le nombre de demandeurs de logement sociaux recensés s’est accru de plus de 5000 personnes pour cette même année.
La RIVP , deuxième bailleur social parisien, compte toujours des milliers de logements intermédiaires ou en loyer libre, qui sont inaccessibles à la grande majorité des demandeurs.
Les mal logés n’ont donc pas d’autre choix que de crier haut et fort ces chiffres, qui sont la réalité de la politique parisienne, que les élus et les directions des grands bailleurs voudraient cacher sous quelques inaugurations en grande pompe.
D'autres actions et analyses sur la politique de la RIVP :
La RIVP n'est toujours pas un bailleur social
Une pépinière d'entreprise RIVP occupée par des Mal-logés
Scandale de la RIVP : colère des mal-logés
UN LOGEMENT POUR TOUS, MAINTENANT !
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jeudi, 22 octobre 2009
La RIVP est elle vraiment un bailleur social ?
Le Collectif des Mal-Logés en Colère à occupé près de 4 heures les locaux d'Habitat Social Français, une des filliale de la RIVP.
Un rendez vous à été obtenu avec le directeur Général du deuxième bailleur parisien, Sergé CONTAT.
Le communiqué :
LA RIVP est elle vraiment un bailleur social ?
Les Mal-Logés en Colère continuent leur tournée collective des bailleurs parisiens pour avoir la solution du mystère : comment le nombre de demandeurs de logements peut-il sans arrêt augmenter alors que tous les bailleurs sociaux affichent des chiffres de production toujours plus élevés ?
Nous occupons aujourd’hui une des nombreuses filiales de la RIVP, l’Habitat Social Français.
En juin dernier, nous investissions une pépinière d’entreprises appartenant au deuxième bailleur social parisien. Nous dénoncions le fait qu’un bailleur social investisse dans la production de locaux destinés à l’activité économique alors qu’il n’est pas en mesure de répondre à la demande des mal logés, sa vocation initiale.
Nous dénoncions aussi la situation incroyable de familles hébergées dans un hôtel appartenant à la RIVP, et à qui aucune proposition de relogement n’avait été faite depuis des années.
Six mois plus tard, rien n’a changé pour ces familles : seule l’une d’elles s’est vue proposer un relogement ….à Orly. La RIVP communique sur la mixité sociale, sur la soi disant production de logements sociaux dans les beaux quartiers, mais envoie les Parisiens modestes dans les banlieues pauvres !
La raison ? La RIVP , deuxième bailleur social parisien , persiste dans une politique qui ne répond pas aux besoins des mal logés, comme le montrent quelques chiffres tirés du rapport d’activité 2008.
Seuls 39 logements de type PLA-I ont été attribués, alors que 70 % des demandeurs de logements ont des ressources correspondant à cette catégorie. Par contre, 293 logements de type PLS, les logements sociaux le plus chers ont trouvé preneur, et 610 en loyers libres !
La RIVP refuse de transformer ces loyers libres en logements sociaux, en prétextant que la plupart sont occupés. Pourtant, même lorsqu’ils sont disponibles, aucun effort n’est fait pour les transformer en HLM.
La RIVP affiche 1500 logements financés en 2008, moins de 12 % en PLAI pour 27 % en PLS. Et encore une fois logement financé ne signifie pas logement construit, en réalité seuls 25 % de ces logements sont neufs, le reste consiste en logement rachetés, souvent occupés ! Et les nombreuses places de foyer comptent comme de vrais logements dans les chiffres : dans les faits la majorité des PLA-I sont des hébergements précaires !
Nous occupons aujourd’hui la filiale l’Habitat Social Français pour exiger que la RIVP fasse son boulot de bailleur social, transforme ses loyers libres en logements sociaux, et construise de vrais HLM en masse !
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lundi, 21 septembre 2009
SGIM : des logements sociaux de luxe ?
Le vendredi 11 septembre, le Collectif Mal Logés en Colère occupait le siège de la SGIM, bailleur social racheté en 2006 par la Ville de Paris.
Suite à cette occupation, nous avons été reçus par le directeur général de la SGIM. Nous lui avons posé des questions précises sur l’activité actuelle et passée de cette société, dont le rachat a été financé en partie par l’argent du logement social. Sur le papier, cette société contribue de manière massive à la fameuse « production » de nouveaux logements sociaux, à ces 40 000 HLM promis pour la nouvelle mandature. Mais qu’en est il réellement ?
Olivier Leblanc, directeur général de la SGIM a donc répondu oralement à nos questions et la SGIM a publié un communiqué de réponse.
Communiqué qui confirme malheureusement la pertinence de nos interrogations.
Du logement social «de fait » au logement social
Sur l’utilité et le coût du rachat de cette société par la Ville de Paris : certes sur le papier, les attributions de logement de la SGIM par la commission de la Ville de Paris sont passées de 200 à 900. Mais les logements concernés, ce sont les 6000 logements non conventionnés , patrimoine de la SGIM depuis les années 30, « logement social de fait » selon les termes même du communiqué de la SGIM, déjà attribués et occupées par des Parisiens modestes de toute façon éligibles au logement social.
Le rachat ne change donc rien. Et son coût réel reste pour le moins opaque. Les actionnaires privés majoritaires ont été rémunérés par le produit de la vente de plusieurs immeubles de la SGIM à un autre bailleur social, les 3F. C’est donc bien l’argent du logement social qui a permis à la Ville de Paris de devenir majoritaire, sans que cet investissement aboutisse de fait à la mise sur le marché de nouveaux logements.
A chaque fois, qu’un de ces 6000 logements est conventionné, il compte comme un nouveau logement « produit » inclus dans la comptabilité établie par la loi SRU.
Mais ces logements ne constituent pas une offre nouvelle pour les catégories populaires puisque leurs loyers étaient déjà ceux du logement social (parfois même inférieurs pour les logements « loi de 48 »)
Concernant le « transfert » de 2000 logements de la société SEM Paris Seine vers la SGIM.
Cette opération a donné lieu à d’importants transferts de fonds, entres différentes entités juridiques contrôlées par la Ville de Paris. Mr LEBLANC nous a expliqué que ces opérations étaient trop complexes pour pouvoir être comprises, qu’elles avaient nécessité l’intervention d’ « experts en ingénierie financière ». En tout état de cause, ce « transfert » s’est traduit par un chèque de 120 millions d’euros de la SGIM, bailleur social ….à La Ville de Paris et non à la SEM qui a transféré les logements.
Peut-être n’y a-t-il là rien d’anormal, mais pour les demandeurs de logement, l’intérêt de ce transfert de patrimoine est pour le moins douteux. Sur ces 2000 logements vendus par la SEM Paris Seine, 1400 étaient déjà des logements sociaux. Pour les 600 autres, ils sont tous en cours de conventionnement, et vont donc compter comme de nouveaux logements « produits ».
Pour ces logements presque tous occupés la SGIM , dans son communiqué parle d’un taux de rotation de 60 % sur cinq ans. Chiffre parfaitement fantaisiste et en contradiction totale, avec les chiffres de rotation extrêmement faibles dans le logement social (de 1 à 5%).
Mais surtout, la moitié de ces logements sont occupés par des foyers ayant des revenus bien au dessus des plafonds du logement social. Certes dès le conventionnement, les locataires sont assujettis au paiement d’un surloyer. Seulement, il s’agit de logements situés pour la plupart dans les arrondissements centraux, et dans des quartiers particulièrement prestigieux. Ainsi, le directeur de la SGIM a évoqué 24 logements situés sur l’Ile Saint Louis. Même avec un surloyer, il n’y a évidemment pas de comparaison avec le loyer pratiqué dans le privé pour de tels appartements.
Avec une gêne manifeste, Olivier Le Blanc a argué qu’une centaine de locataires sur 300 étaient déjà partis. Pour les deux cent autres, des « négociations » seraient en cours, et il parait que le problème pourrait se résoudre de lui-même pour certains, à cause de l’ « âge avancé » des occupants.
En attendant, ce sont donc bien deux cent logements prestigieux au cœur de Paris, qui viennent d’être conventionnés et comptabilisés comme de « nouveaux » logements produits alors même qu’ils sont occupés par un public aux revenus élevés.
Aujourd’hui, la vente d’un seul de ces logements de l’Ile Saint Louis rapporterait de quoi financer plusieurs appartements dans un quartier plus ordinaire. En lieu et place, on les conventionne en logements sociaux, alors qu’ils sont déjà occupés.
Au nom de la mixité sociale, des gens aux revenus élevés continuent donc à habiter des quartiers prestigieux, mais leurs appartements comptent désormais dans les 40 000 nouveaux logements promis par Delanoe !
En tant que demandeurs de logement, dans des situations d’urgence, nous comptons autrement : un logement occupé par des gens aux revenus élevés sur l’Ile Saint Louis, ce n’est pas un logement social de plus.
Cette occupation de la SGIM nous aura en tout cas permis de refaire les comptes : entre les centaines de logements sociaux « de fait », conventionnés en HLM et comptabilisés dans la production, et les logements du « domaine privé », le chiffre de la « production » de logement social à Paris est bien gonflé artificiellement, notamment par les opérations de la SGIM !

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jeudi, 10 septembre 2009
le Collectif Mal-logés en Colère occupe la SGIM
Comment comprendre le décalage entre le discours et les objectifs affichés par la Ville de Paris en matière de production de logement sociaux, le peu de relogements effectifs et le nombre toujours croissant de demandeurs de HLM dans la capitale ?
Le Collectif des Mal-logés en Colère est allez poser la question à la SGIM, bailleur dit social dont la Ville est actionnaire majoritaire, mais dont moins d'un tiers du parc immobilier correspond à des plafonds de loyers accessibles aux revenus modestes.
Comme la RIVP, la SGIM compte de nombreux logements intermédiaires, et des centaines d'appartements dans le centre de Paris, achetés occupés à un autre bailleur.
Nous avons donc exigé et obtenu un rendez vous avec le directeur général de la SGIM, car les bailleurs de la Ville ont des comptes à rendre aux mal-logés parisiens qui attendent en vain , et s'entendent toujours répondre qu'on " ne pourra pas loger tout le monde à Paris".
Nous attendons non seulement un détail précis des politiques menées, mais aussi un changement immédiat pour que celles-ci correspondent aux besoins des demandeurs de logement.
Le communiqué diffusé sur place :
Logements sociaux à Paris : les bons comptes font les bons amis….ou pas
Le collectif des Mal-logés en Colère vient aujourd’hui rendre une visite groupée au bailleur social SGIM, contrôlé par la Ville de Paris et propriétaire de plus de 12 000 logements dans la capitale. La Ville de Paris a annoncé la production de 40 000 nouveaux logements sociaux pour la deuxième mandature de Bertrand Delanöe. Sur le papier, les chiffres sont en effet en progression constante.
Pourtant, le nombre de demandeurs de logements ne baisse pas. Pourtant, les petits salaires, les précaires, ne parviennent toujours pas à se loger sur Paris.
Alors, où faut-il chercher l’erreur ?
D’abord dans la définition du « logement social » tel que le conçoivent la Ville et ses bailleurs sociaux.
Soixante dix pour cent des demandeurs de logement parisiens, vu la faiblesse de leurs ressources ne peuvent pas accéder à un autre type de logement que le PLA-I ou éventuellement le PLUS.
Actuellement, le patrimoine de la SGIM, ne compte que quelques 3000 logements conventionnés, le reste étant composé de logements non conventionnés ( 6500 ) et de logements PLI , c'est-à-dire intermédiaires , les plus chers du marché.
Et dans les 3000 logements conventionnés, combien sont des PLS, inaccessibles aux salariéEs modestes ?
La vocation d’un bailleur social, financé par des fonds publics est-elle d’entretenir, de financer et de proposer en grande majorité des logements à loyer libre ? Quand la collectivité ne répond pas aux besoins des demandeurs de logement social, qui n’ont pas accès au marché privé, peut-on prétendre lutter contre le mal logement sans remettre en cause, ce parc de logements à loyer libres ?
Nous sommes aussi venus demander des comptes à la SGIM sur une forme de « production » de logements sociaux qui a la particularité de ne créer de nouveaux logements ….que sur le papier.
En effet, en 2008, la SGIM a acquis plus de 600 logements en loyer libre, précédemment propriété d’une autre société : la SEM Paris Seine. Ces logements sont occupés, et leurs locataires ne seront évidemment pas mis à la porte. Mais les logements vont être conventionnés, et devenir des « logements sociaux », même si le niveau de loyer ne change pas.
Ces six cent logements ne seront donc pas de nouveaux HLM , disponibles pour les demandeurs de logement actuels. Pourtant, ils seront bien comptabilisés dans la « production » de nouveaux logements sociaux, dans les 40 000 de plus promis par Bertrand Delanoë, au même titre que les logements réellement construits.
Malheureusement, les mal-logés, eux, ne peuvent se contenter de logements en papier. Après les diverses occupations menées contre la politique immobilières de la RIVP, ses loyers libres et ses pépinières d’entreprises, nous venons donc exiger de la SGIM, qu’elle joue son rôle de bailleur public, en adaptant son offre aux besoins de la population parisienne
UN LOGEMENT POUR TOUS , TOUT DE SUITE
Quelques images video de l'occupation :
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mercredi, 21 janvier 2009
Solibail: Le rêve pour les propriétaires, toujours rien pour les mal logés
Le dispositif "Solibail" ou "Louez Solidaires" consiste à offrir aux propriétaires des travaux gratuits, des déductions d'impôts sur les revenus des loyers, et des subventions pour la rénovation lourde, dès lors que ceux-ci accpetent de louer leurs logement à des demandeurs de HLM.
Présenté comme un palliatif à l'hébergement d'urgence en hôtels, mais aussi comme un moyen de ne pas laisser à la rue les mal logés dans l'attente de leur relogement, ce dispositif est financé par l'argent du logement social.
Un an et demi après sa mise en oeuvre sur Paris, malgré les dépenses de communication engagées, seuls 200 appartements, la plupart de petite taille ont été débloqués: loin des proclamations triomphales des éluES, la réalité des mal logéEs n'a pas changé.
Le collectif Mal Logés en Colère a donc commencé une campagne , pour que Solibail soit l'hébergement minimum àpour tous ceux qui sont en hôtels dans la rue et en errance et le souhaitent, mais que ce type de dispositifs ne soit pas en réalité une nouvelle manière de pomper l'argent du logement social pour financer les propriétaires privés et la spéculation.
Le 8 janvier, l'occupation d'Habitat et Développement se concluait par une évacuation policière, et un refus de la Ville de Paris de toute discussion, le directeur de cabinet de Jean Yves Mano nous ayant enjoint de "nous démerder ".
Le 15 janvier, une centaine d'entre nous se sont donc invités à un débat organisé par la Ville sur "Le Logement des plus démunis " en présence de Patrick Doutreligne de la Fondation Abbé Pierre.
Nos deux communiqués ci dessous :
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OCCUPATION d'HABITAT ET DEVELOPPEMENT
Les Mal Logés en Colère sont donc aujourd'hui au siège d'Habitat et Développement, cette « réussite « , vantée à la fois par Bertrand Delanoe et Christine Boutin tardant à avoir des effets ailleurs que dans les communiqués de presse.
Malgré des campagnes de communication couteuses et omniprésentes, malgré les fonds versés aux associations censées développer ce dispositif à Paris, seuls 220 logements avec un bail précaire ont été débloqués en un an et demi, soit moins de quinze par mois. La plupart sont de petits logements, et ne répondent donc pas aux besoins criants des familles franciliennes. Ce dispositif côute très cher, peut-être un peu moins que les hôtels, mais rien n'est moins sûr, si en plus des loyers un peu inférieurs au prix du marché, l'on compte les déductions d'impôts de 30 pour cent sur les revenus dégagés par les loyers, les travaux de remise en état totalement pris en charge, le coût de la « médiation », et les possibilités de subvention de travaux lourds ouverts par l'ANAH. Autant d'argent pris sur le budget du logement social, pour une solution qui ne met à terme aucun HLM sur le marché.
Mais effectivement, pour les concerné€s c'est toujours mieux que l'hôtel, la rue ou un hébergement précaire. Seulement comme toutes les mesures annoncées en grande pompe, pour pallier aux hébergements pourris, les mal logé(e)s en voient peu la couleur : hébergements de « stabilisation » , maisons relais, résidences sociales, lorsqu'on lit la communication des Ministères et des collectivités territoriales, on se demande pourquoi des gens meurent dans la rue, pourquoi les logements insalubres trouvent encore preneur, pourquoi les hôtels sont toujours pleins.
C'est simple : il ne s'agit toujours que de quelques hébergements témoins qu'on fait visiter à la presse en leur promettant des milliers d'autres pour la suite, qui ne viennent jamais.
Résultat : pour les mal logés en urgence, c'est toujours rien.
Nous sommes donc venus exiger des solutions immédiates, des Solibail tout de suite pour ceux qui le souhaitent , et si ce n'est pas possible un vrai logement maintenant !
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Que Faire à Paris pour le relogement des plus démunis ?
Des logements sociaux maintenant, évidemment !
Le Collectif Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui au débat organisé par la Délégation à la Politique de la Ville et à l'Intégration de la Ville de Paris, en présence de Patrick Doutreligne, président de la Fondation Abbé Pierre. Dans les médias, Bertrand Delanoe avait annoncé que Mr Doutreligne et la Fondation Abbé Pierre seraient chargés de l'Observatoire Parisien de la Politique du Logement.
Les mal logés ne sont-ils pas parmi les mieux placés pour répondre à la question posée dans ce débat organisé par les responsables de la politique du Logement à Paris ?
Ce n'est manifestement pas ce que pensent les élus parisiens qui la mettent en œuvre, mais traitent avec le plus profond mépris les collectifs de mal logés qui osent mettre en doute ses résultats.
Ainsi, une grande part de ce débat sera certainement consacrée à la mise en œuvre du dispositif « Louez Solidaires », censé permettre à des mal logés en situation d'errance ou en hébergements précaires d'accéder à des logements avec bail précaire , en attendant un éventuel relogement dans le parc social.
Ce dispositif offre aux propriétaires des travaux de remise en état gratuit, des déductions d'impôts très avantageuses. Les propriétaires bénéficient par ailleurs d'un « accompagnement » sans failles, proposé par l'association Habitat et Développement, qui dispose de fonds publics sur le budget du logement pour leur offrir ce service.
Nous sommes allés le 8 janvier demander collectivement à Habitat et Développement de permettre aux mal logés d'accéder à ce dispositif.
En effet, au-delà des annonces médiatiques, l'immense majorité des mal logées concernés n'a même pas la possibilité de déposer un dossier : les travailleurs sociaux surchargés des quartiers populaires parisiens n'ont tout simplement pas le temps de traiter les demandes.
Contrairement à ce qui est dit, ce dispositif ne s'adresse pas à tous les mal logés en urgence, mais uniquement à ceux qui vivent en hôtel : les habitants des taudis, les hébergés de manière très précaires, la plupart des SDF en sont exclus ! Et même pour les résidents en hôtel, ceux qui sont contraints de survivre dans les plus dangereux, ceux dont les services sociaux de la Ville refusent le financement des nuitées sont interdits de dispositif !
Le 8 janvier, nous avons été expulsés par la police. Habitat et Développement nous a indiqué qu'elle s'occupait des propriétaires, pas des mal logés. L'association a tenté de nous obtenir un rendez –vous avec l'adjoint au Logement mais son directeur de cabinet nous a fait savoir par téléphone que nos problèmes ne l'intéressaient pas et que « nous n'avions qu'à nous démerder (sic) tous seuls ».
Voilà la réalité de ce dispositif, celles que vivent au quotidien les mal logés de notre collectif et les autres, pendant que les élus se vantent de sa réussite ( 200 logements en bail précaire et pour quel prix de revient ?)
Depuis cinq ans, ni le mépris, ni les évacuations policières ordonnées par les élus de la Ville, ni l'expulsion de notre local du 19ème arrondissement également du fait de la Ville, ne nous ont empêché de continuer notre lutte, notamment en dénonçant au grand jour le décalage entre les effets d'annonce et la réalité des politiques menées.
Nous continuons, parce que le relogement des « plus démunis », qu'on nous présente comme un problème insoluble n'est qu'une question de volonté dans une des Villes les plus riches du monde qui ne peut prétendre manquer de moyens pour le mettre en œuvre immédiatement.
UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE
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mardi, 24 juin 2008
Les mal logés interdit de réunion publique par le Maire du 10ème arrondissement
Ce soir la Mairie du 10ème arrondissement invitait les habitants du quartier à une réunion sur la Politique de la Ville
http://www.mairie10.paris.fr/mairie10/jsp/site/Portal.jsp...
Les problèmes de logement font intégralement partie de la Politique de la Ville, c'est pourquoi le collectif avait décidé de participer à cette réunion afin d'exposer nos problèmes aux élus présents: Rémi Ferraud, maire du 10ème et Gisèle Stiévenard adjointe à la Politique de la Ville, ainsi qu'Alain Lhostis étaient annoncés.
Mais, manifestement, quand la Ville de Paris invite les habitants de sa commune, il s'agit d'une invitation sélective: les mal logés sont interdits de réunion, interdits de mairie, interdits de parole.
A l'étonnement des autres habitants présents, les élus ne se sont pas montrés et ont décidé d'annuler purement et simplement le débat que tout le monde attendait.
Tandis qu'une partie des gens venus participer au débat étaient interdits d'entrée par les vigiles de la Mairie de Paris, nous avons été évacués par les CRS.
D'un côté , la Mairie du 10ème affirme sur son site " La participation active des habitants et de leurs associations est une dimension essentielle de la Politique de la Ville. Ils sont appelés à participer aux réflexions, à l'élaboration et à la mise en oeuvre du projet de quartier. "
De l'autre, elle préfère annuler un débat lorsque les habitants du quartier sont présents en nombre. Nos luttes pour un logement décent participent pourtant activement de la vie du quartier, même si elles nous opposent à une politique municipale qui nous refuse le minimum.
La réunion serait reportée en septembre: si la Mairie ne veut pas de mal logés à ses réunions publiques, qu'elle nous reloge tous !
Le texte diffusé sur place
UN LOGEMENT POUR TOUS ! TOUT DE SUITE !
Ce soir la mairie du 10ème arrondissement organise avec le CICA une rencontre sur le thème de la Politique de la Ville dans le 10ème. Il s'agirait de « réduire les inégalités sociales entre territoires ». Selon les élus parisiens présents ce soir « La participation active des habitants et de leurs associations est une dimension essentielle de la Politique de la Ville ».
Nous sommes parisiens, nous sommes victimes des inégalités sociales puisque nous sommes mal logés ou même sans domiciles. Dans le 10ème , ces inégalités sociales nous condamnent à vivre dans des conditions dignes du 19ème siècle.
Quelques exemples :
Au 211 rue Saint Maur, et dans plusieurs autres immeubles avoisinants, des familles s'entassent dans des logements trop petits et insalubres. La présence de plomb a été constatée, par la Préfecture comme par la Mairie, sur les murs mais aussi dans le sang des enfants, dont certains ont un taux de plombémie qui dépasse le seuil légal ou le saturnisme est avéré.
La réponse des pouvoir publics ? Pas de relogement mais des travaux en site occupé, en l'occurrence la pose d'un « papier anti plomb » . Pas dans tous les appartements, pas derrière les meubles. Dans les logements touchés par l'humidité le papier se décolle dès la fin des travaux. Les contrôles quand ils ont lieu ne sont jamais effectués avant un an. La maladie et les traitements lourds doivent être gérés dans des conditions indignes.
Au 8, rue Jarry, depuis plus de huit mois, l'hôtel a été déclaré « insalubre » par la Préfecture de Police. La mairie de Paris a interrompu le financement des chambres, l'hôtelier a tout tenté en vain pour faire partir les familles : coupures d'eau, d'électricité, de chauffage, tentatives d'expulsion sauvage.
La réponse du maire du 10ème et de la Ville de Paris ?:
Dans un premier temps, on a proposé aux familles d'autres hôtels, le plus souvent en banlieue, c'est-à-dire quitter l'enfer d'un hébergement précaire dans son quartier pour un autre hébergement précaire, plus loin. Face à la détermination des habitants, membres de divers collectifs de lutte contre le mal logement la Mairie du 10ème a pris la lourde responsabilité de tenter de les diviser, en acceptant la discussion avec certains collectifs mais pas d'autres. Depuis, si des relogements ont été arrachés par la lutte à la Préfecture ou à des bailleurs sociaux, beaucoup de familles croupissent encore dans l'hôtel, livrées à tous les dangers.
Deux exemples, parmi d'autres qui expliquent nos manifestations hebdomadaires devant la Mairie du 10ème pour que le maire de l'arrondissement respecte ses engagements, notamment sur l'éradication de l'insalubrité. Notre lutte est traitée par le mépris : évacuation policière de notre propre mairie, et refus total de négocier, au niveau de la mairie centrale, comme de la mairie d'arrondissement..
Le 10ème arrondissement ne compte même pas 10 pour cent de logements sociaux et seuls mille logements, dont un tiers de logements VRAIMENT sociaux ont été mis sur le marché depuis 2001.C'est cette réalité là qui devrait déranger les élus municipaux et non pas le regroupement des mal logés en collectifs de lutte qui en est la conséquence.
Nous espérons donc ce soir être considérés, pour une fois , comme les autres habitants du 10ème, et que de vraies solutions soient apportées à nos urgences.
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jeudi, 06 mars 2008
Paris:Les mal logés en colère s'invitent à la direction de la Politique de la Ville
Quelques jours avant les élections municipales, nous voulons rappeler la réalité du mal logement à Paris, souvent éludée pendant cette campagne, où le bilan du maire sortant s'est résumé à répéter en boucles quelques chiffres, en en oubliant un, celui du nombre de demandeurs de logement qui a augmenté depuis 2001.
De fait des milliers de Parisiens, sont non seulement privés d'un logement décent, mais aussi de l'ensemble de leurs droits à cause de la politique sociale de Bertrand Delanoé
La politique de la Ville à Paris, ce sont par exemple les familles hébergées à l'hôtel qui doivent en permanence passer d'un hôtel à un autre, au gré des ruptures de financement décidés par les services sociaux selon l'état des hébergements, des familles où les enfants ne cessent de changer d'école, où la place en crèche quand il y en avait
une est perdue du fait des déménagements incessants.
La politique de la Ville, c'est aussi une bonne dose de poudre aux yeux: Bertrand Delanoé et son équipe n'ont cessé de mettre en avant l'avancée considérable constituée par les sous locations dans le privé mises en place avec des associations et censées remplacer les hôtels, mais pour l'instant cette expérience se résume à quelques dizaines
d'appartements, et en réalité, ces sous locations , dans lesquelles on investit l'argent du logement social pour financer des locations privées ne remplacent pas les places en hôtel mais les vrais logements auxquelles les mal logés devraient normalement accéder.
La Politique de la Ville, c'est cette déclaration scandaleuse de Jean Yves Mano dans "Métro" il y a quelques jours: " Nous ne pourrons pas loger tout le monde " prévient l'adjoint au Logement. Qu'est ce que cela signifie ? Que les Parisiens modestes, qui n'ont d'autre solution que le logement social devront quitter leur ville ? La politique de la Ville, est donc faite d'exclusion des plus pauvres ?
Toutes ces questions, nous les avons posées pendant l'occupation à l'adjoint de Mr Lanvers, directeur de la structure. Celui-ci nous a donné une bien étrange réponse: tout ceci n'aurait rien à voir avec la Politique de la Ville ou l'Intégration.....A quoi sert donc cette direction, installée en grande pompe au coeur de la partie la plus pauvre du 19ème arrondissement si elle n'est pas là pour répondre aux problèmes des habitants de l'arrondissement qui compte le plus de mal logés dans tout Paris.
Elections oblige, nous sommes repartis avec une kyrielle de rendez-vous avec les interlocuteurs du logement et de l'action sociale ( a la direction de la politique de la Ville et de l'integration, ainsi qu'a la DASES)
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vendredi, 29 février 2008
Scandale de la RIVP : les mal-logés en Colère occupent la Mairie du XIVéme arrondissement
LA RIVP EST UN BAILLEUR SOCIAL…NOUS EXIGEONS DES LOGEMENTS !Malgré le scandale Bolufer, Pierre Castagnou, maire du 14ème arrondissement et président de la RIVP a annoncé la semaine dernière le maintien du niveau actuel de loyers pour ces logements en loyer libre, et confirmé son refus de les transformer en logements sociaux adaptés aux besoins des demandeurs de logement parisiens.
Comment les promesses de Bertrand Delanöe en matière de logements sociaux peuvent elles se réaliser concrètement ?, Comment la production de vrais logements sociaux va pouvoir augmenter de manière significative, si la politique d'un des principaux bailleurs sociaux consiste à maintenir des loyers libres ?
La RIVP est elle un bailleur social destiné à répondre à la demande de logements à bon marché ou un propriétaire privé ? Un outil au service du logement social financé par l'argent public ou un vulgaire promoteur ? Car les logements à loyer libre ne sont pas le seul secteur ou l'activité de la RIVP ressemble étrangement à celle de n'importe quel investisseur immobilier : ainsi dans le 19ème arrondissement, l'un de ceux qui compte le plus de mal logés à Paris, dans un quartier ou les habitants pauvres ou modestes sont chassés par la flambée des prix , la RIVP achète 7000 m2 pour créer, des locaux commerciaux. Sur l'ensemble de l'opération, seuls 130 logements sociaux sont prévus contre 230 pour du privé ( Axentia et BNP Paribas)
Vendredi dernier, nous étions une centaine à occuper l'antenne nord de la RIVP: lors d'un rendez-vous obtenu suite à cette occupation, la direction de la RIVP a opposé une fin de non recevoir à nos demandes de relogement, tout en confirmant que les 18 000 logements à loyer libre ne deviendraient pas du logement social. Elle nous a proposé un
autre rendez vous avec Serge Contat , directeur général de la RIVP, après le premier tour des élections municipale et sans proposer la moindre avancée concrète.
La Ville de Paris a déboursé 240 millions d'euros pour devenir actionnaire majoritaire de la RIVP. Autant d'argent qui aurait pu être investi dans la construction de logements sociaux, et une dépense qui n'apportera rien de plus aux mal logés: depuis 2000, la Ville de Paris était déjà décisionnaire en matière d'attribution des logements sociaux de la RIVP, le seul avantage du rachat était donc la transformation des logements en loyers libre, en vrais HLM.
Nous sommes donc aujourd'hui venus exiger de Mr Pierre Castagnou, maire du 14ème arrondissement, élu de la majorité municipale et Président de la RIVP de trouver les solutions concrètes qui permettront aux mal logés parisiens d'accéder aux logements de la société qu'il préside. Nous exigeons aussi de le rencontrer avant le premier tout afin de pouvoir rendre compte publiquement des positions sur ces sujets essentiels pour les 109 000 Parisiens demandeurs de
logement.
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| Tags : rivp, paris, mal-logés, logement social, municipale, 14éme |
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vendredi, 22 février 2008
Occupation de la RIVP par une centaine de Mal-logés en Colère !
LA RIVP EST UN BAILLEUR SOCIAL…NOUS EXIGEONS DES LOGEMENTS !
La RIVP est aujourd’hui le deuxième bailleur social parisien contrôlé par la Ville de Paris, après l’OPAC. Sur les 56 000 logements de son parc immobilier, plus de 18 000 sont en loyer libre, c'est-à-dire totalement inaccessibles à l’immense majorité des demandeurs de logement parisiens.
Le scandale autour du directeur de cabinet de Christine Boutin, logé dans l’un de ces appartements n’a pas seulement mis en lumière le clientélisme et le double discours politique.
Il a surtout fait éclater une réalité intolérable pour les mal logés : les collectivités publiques gèrent des logements de luxe, des logements dont les loyers n’ont rien à voir avec ceux d’un bailleur social.
Aujourd’hui, à quelques semaines des élections, Pierre Castagnou, président de la RIVP et maire du 14ème arrondissement fait une annonce pour le moins contradictoire avec les ambitions affichées de l’équipe municipale sortante pour la prochaine mandature : d’un côté la promesse d’un effort sans précédent sur le logement social. De l’autre, les 18 000 logements de la RIVP vont, selon Pierre Castagnou garder leur statuts et donc rester inaccessibles aux Parisiens précaires et modestes. Pire certains vont voir leurs loyers s’aligner progressivement sur les prix du marché privé !
Comment les promesses de Bertrand Delanöe peuvent elles se réaliser concrètement ?, comment la production de vrais logements sociaux va pouvoir augmenter de manière significative, si la politique d’un des principaux bailleurs sociaux consiste à maintenir des loyers libres ? Même en cas de départ des occupants actuels, sur le tiers de son parc immobilier
La RIVP est elle un bailleur social destiné à répondre à la demande de logements à bon marché ou un propriétaire privé ? Un outil au service du logement social financé par l’argent public ou un vulgaire promoteur ? Car les logements à loyer libre ne sont pas le seul secteur ou l’activité de la RIVP ressemble étrangement à celle de n’importe quel investisseur immobilier : ainsi dans le 19ème arrondissement, l’un de ceux qui compte le plus de mal logés à Paris, dans un quartier ou les habitants pauvres ou modestes sont chassés par la flambée des prix , la RIVP achète 7000 m2 pour créer, des locaux commerciaux. Sur l’ensemble de l’opération, seuls 130 logements sociaux sont prévus contre 230 pour du privé ( Axentia et BNP Paribas ).
Il y a un an, lors de la prise de contrôle de la RIVP par la Mairie de Paris, les élus parisiens et le nouveau président de la société annonçaient leur intention de développer son rôle « d’acteur majeur du logement social » ( communiqué de la Ville du 19 septembre 2006 ). Plus d’un an après, on est loin du compte. D’ailleurs , le nouveau directeur du logement social , Serge Contat, exerçait anciennement la même fonction à l’ANAH ( Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat ) dont le rôle principal consiste à organiser le financement des propriétaires privés, grands ou petits, sans contreparties sur la durée en termes de niveau de loyers.
Si la politique pratiquée par la RIVP lui permet réellement de répondre aux besoins des mal logés, fonction première des bailleurs sociaux, alors nous demandons à Mr Castagnou et à Mr Contat de le prouver en répondant immédiatement à nos besoins.
Collectif « Mal-Logés en Colère »
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| Tags : Mal-logés, Paris, RIVP, loyers libres, hlm, castagnou, bolufer |
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vendredi, 08 février 2008
Delanoe en campagne, les mal logés en galère !
Jeudi 7 février, Bertrand Delanoe animait deux réunions de campagne, l'une dans le 19ème, avec le maire sortant et candidat à sa propre succession, Roger Madec, l'autre dans un hôtel de luxe de 10ème, avec Rémi Ferraud, candidat dans le 10ème arrondissement.
Bientôt expulsés de leurs hôtels ou de leurs logements, bloqués depuis des années dans des appartements trop petits et insablubres, les mal logés des deux arrondissements avaient décidé de venir à là rencontre de leurs élus et de leur rappeler, en manifestant devant leurs réunions, que rien n'est réglé à Paris sur le front du logement.
Parmi nous, les habitants des hôtels de la rue Jarry ( 75010) : après des mois d'interruption du financement des hébergements par la Ville, et une lutte très dure pour pouvoir rester dans les lieux à défaut d'un relogement, ils viennent d'apprendre que l'hôtel va fermer définitivement. Après un hiver ponctué par les coupures d'électricité, les tentatives d'expulsions sauvages, doivent-ils se résigner à finir à la rue ou dans un autre hôtel pourri au printemps ?
Parmi ces Parisiens que le Maire n'a pas voulu rencontrer, préférant barrer l'entrer de ses réunions publiques avec un cordon de CRS, beaucoup de grandes familles entassées dans des logements minuscules au loyer hors de prix, mais aussi des retraités, à qui leurs faibles revenus ne permettent pas d'accéder à un autre type de logement que les HLM.
Les demandeurs de logement sont 109 000 à Paris, donc plus nombreux qu'en 2001. En plus de l'attente, ceux des quartiers populaires sont confrontés à des maires d'arrondissement qui refusent de construire de nouveaux logements sous prétexte qu'il y en aurait déjà trop.
En tout cas, dans la mesure ou Bertrand Delanoe leur en interdit l'accès, il ne risque pas d'y avoir trop de mal logés dans les réunions de campagne, ce qui permet ainsi d'éviter le sujet du nombre scandaleusement bas de logements bon marché comparé à celui en hausse constante des logements sociaux pour classes moyennes supérieures!
Voici les deux tracts diffusés au public des deux réunions lors de ces manifestations qui ont réuni une centaine de mal logés.
Le texte diffusé dans le10ème
Hôtels de la Rue Jarry : les occupants toujours menacés d’expulsion.
Depuis les incendies en 2005, les fermetures d’hôtel se multiplient. La liste noire des hébergements que la Ville de Paris refuse de financer s’allonge. Pour autant, si la Ville et la Préfecture se protègent ainsi de toute mise en cause en cas d’accident lié à l’insalubrité, dans les faits, personne ne protège les mal logés en les relogeant, ni même en leur garantissant l’accès à un hébergement stable
Depuis le 11 octobre, par exemple, plus aucun financement n’est assuré par les services sociaux de la Ville de Paris, pour les familles de l’hôtel Crystal ( 75010) .
La cause : un arrêté de péril, lié à l’état des façades, pris par la Préfecture le 11 août. C’est seulement fin septembre que les habitants auront connaissance de l’existence de cette mesure, ni les services préfectoraux , ni la Ville n’ayant jugé bon de les en informer jusqu’à cette date, ou les travailleurs sociaux leur apprennent que le paiement de leurs hébergements va être interrompu, sans qu’aucune solution, ni de relogement, ni d’hébergement ne leur soit proposée.
Les habitants s’organisent , occupent la mairie du 10ème, interpellent Olga Trotsiansky, adjointe à la Petite Enfance , et candidate à la succession de l’actuel Maire du 10ème, Tony Dreyfus. Celui s’engage à débloquer des hébergements stables rapidement, mais à ce jour, rien n’a bougé. Il a été expliqué aux résidents qu’ils pouvaient pour l’instant de maintenir dans l’hôtel sans payer, à cause de l’arrêté de péril
Comment la Ville de Paris peut-elle simultanément refuser de financer les hébergements au prétexte que les hôtels sont dangereux, et dans le même temps enjoindre aux familles de rester sur place et ne faire aucune proposition de relogement dans l’urgence.
Comment Bertrand Delanöe peut-il vanter l’exemplarité de sa politique du logement ? Dans le seul 10ème arrondissement, les habitants des innombrables hôtels meublés, qui y attendent depuis des années un relogement qui ne vient pas sont la preuve que l’éradication de l’insalubrité et du mal logement n’a pas eu lieu.
Une nouvelle fois, des discours d’un côté, sur la qualité de la politique du logement menée par la Ville, sur l’augmentation du nombre d’hébergements « de stabilisation « par le Ministère et de l’autre une réalité qui s’aggrave de jour en jour. Des Parisiens livrés aux pressions des marchands de sommeil ou à la rue.
Ne reste donc aux habitants des hôtels de la rue Jarry, comme à tous les mal logés, que la pression des actions collectives pour contraindre la Ville et la Préfecture à assumer leurs responsabilités et à trouver rapidement de vraies solutions.
Le texte diffusé dans le 19ème
Aujourd’hui 80 pour cent des Parisiens pensent que la politique du logement de la Ville de Paris n’a pas permis d’améliorer la situation en général, et 63 pour cent que la politique en matière de logement social n’a pas changé les choses.
De fait, nous sommes plus nombreux à attendre un logement social qu’il y a dix ans.
Et les demandeurs sont majoritairement issus des quartiers populaires, notamment du 19ème.
Et pour cause : l’augmentation des loyers privés, et celle des prix à la vente est une des plus fortes de tout Paris. Les personnes, les familles qui avaient une location dans le privé se voient expulser par des propriétaires qui vendent leur bien. Elles n’ont aucune chance de retrouver un appartement dans le privé, pas plus que celles qui n’ont déjà pas de logement et sont hébergées chez des proches ou à l’hôtel.
Effectivement, des taudis sont détruits, des hôtels interdits à la location ; mais dans la réalité, les arrêtés de péril, les constats d’indécence ou de sur-occupation du logement ne suffisent pas à l’obtention d’un relogement. Pire, dans les hôtels, ils aboutissent à une fin de la prise en charge du loyer par les services sociaux, sans solution alternative acceptable. Au mieux, c’est un hébergement en banlieue, dans des villes ou personne ne veut de ces mal logés, au pire, aucune proposition n’est faite.
Et pour cause : les quartiers riches de la capitale n’accueillent pas beaucoup plus de logements sociaux qu’en 2001. Mais dans le 19ème, la mixité sociale est pour les élus plus importante que le relogement des habitants pauvres. Les nouvelles constructions qui remplacent les taudis sont soit du privé hors de prix, soit une immense majorité de PLS, c'est-à-dire des logements publics pour classes moyennes, mais pas pour les plus modestes.
En 2004, face à cette situation, le Collectif Mal Logés en Colère est né : un collectif de lutte regroupant des demandeurs de logement de toutes conditions, de toutes origines, de tous statuts. Parce que nos souffrances sont ignorées quand elles sont subies en silence, nous avons choisi de montrer la réalité des mal logés sur la place publique. Non seulement en nous en prenant à la politique menée par l’Etat mais aussi en allant à la rencontre des élus de la Ville, dans leurs interventions publique : nous étions là à l’inauguration du 104, rue d’Aubervilliers, à celle du Jardin d’Eole, à celle de Paris Plage. Pas parce que nous n’aimons pas les musées, les jardins ou les fêtes, mais parce que sans une vraie politique de logement social, une partie des Parisiens sera toujours exclue de fait de la vie économique et culturelle.
Manifestement, la majorité des Parisiens partagent ce constat : pourtant le maire du 19ème, et la Mairie de Paris semblent vouloir cacher la réalité au lieu de la changer. Nous avons été violemment évacués de Paris Plage cet été, notre local de la rue Mathis a été expulsé, et nos demandes de rendez-vous restent vaines.Roger Madec, affirme que le nombre de logements sociaux dans le 19ème est suffisant, alors que le nombre de demandes n’y a jamais été aussi élevé.
Ce soir, nous manifestons donc devant le gymnase Jaurès ou, Bertrand Delanoe et Roger Madec présentent leur programme. En effet, les mal logés revendicatifs ne sont pas les bienvenus dans les réunions publiques.
UN LOGEMENT POUR TOUS !
14:29 Ecrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Envoyer cette note
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